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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Le délire du numérique à l’école

Le délire du numérique à l’école

Le grand n'importe quoi numérique

JPEG Le temps ne fait rien à l'affaire.

Je sors d'une formation à la baladodiffusion qui me laisse pantois. Ainsi donc, nos chers responsables s'apprêtent à nous demander de consacrer nos jours et nos nuits à préparer des cours de plus en plus sophistiqués avec les moyens nécessairement modernes pour satisfaire aux exigences d'une jeunesse exclusivement branchée ! Et pour ceux qui auront encore un peu de temps, il leur faudra encore communiquer par mails ou par d'autres moyens tout autant virtuels afin de poursuivre l'imprégnation de nos chères têtes blondes.

Je vais tenter d'expliquer la chose aux quidams qui pensent encore qu'enseigner c'est établir une relation frontale et néanmoins bienveillante entre un groupe d'élèves et un adulte. Tout cela va disparaître au profit d'une panoplie de plus en plus délirante de suggestions alternatives, modernes forcément, virtuelles nécessairement et numériques par essence divine.

Le stage en question voulait nous inciter à munir nos chers élèves de MP3 à des fins didactiques. Ils vont sourire sans doute devant cette manipulation grossière qui ferait passer leur merveilleuses boîtes à musique pour des répétiteurs portables. Le cours enregistré, pourquoi pas ? Il est vrai que l'écoute est désormais si fragile qu'une bonne bande son nourrira un peu plus les ânes inattentifs !

Mais il faut aller plus loin et naturellement individualiser le message, l'adapter au niveau de chacun, le modifier en fonction des compétences langagières des uns et des autres. Accélérer le débit pour celui-ci, ralentir le rythme et laisser des blancs pour cet autre. Une bonne trentaine de messages différents, enregistrés par un moine de l'enseignement qui établira sa cellule dans son collège afin de pouvoir mener à terme cette tâche démentielle …

Mais non, je suis stupide ! au collège, ce n'est guère possible puisque le matériel y est obsolète ou bien en panne, que les moyens ne permettent pas de réaliser de telles prouesses et que les connexions y sont si lentes, qu'il ne pourrait jamais remplir son apostolat. Non, c'est chez lui que ce missionnaire de la cause perdue devra effectuer cet immense travail et qui plus est, avec son propre matériel.

C'est d'ailleurs par souci de réciprocité qu'il sera demandé aux élèves eux-mêmes de s'acheter le nécessaire à cette folle entreprise. Remarque au passage : si l'envie lui manque de travailler par lui-même, le cher élève mettra alors des bâtons dans les roues du stakhanoviste de la cause pédagogique en oubliant le précieux matériel, ce qui anéantira tous ses efforts ...

Puis, s'il reste encore un peu de temps et d'énergie à ce dément du travail volontaire, il lui faudra effectuer quelques montages vidéos pour agrémenter ses cours d'images chocs ou révélatrices, d'extraits de films ou de publicité pour coller toujours davantage à la modernité : la seule référence qui compte désormais dans ce métier aux prises avec une extraordinaire mutation.

Le courageux enseignant, totalement pris par sa tâche, n'aura pas remarqué le départ de son épouse, excédée de le voir ainsi travailler comme un damné pour des queues de cerise et le mépris de la population. Il se consolera de cette cruelle absence en se lançant dans une veille permanente afin de répondre aux mails de ses élèves, de corriger les travaux numériques envoyés par la toile, cette immense piège gluant.

Voici, c'est ainsi que se rêve ou se prépare le futur métier de professeur. Un être, attaché jour et nuit à son ordinateur pour préparer, corriger, moduler, évaluer, organiser des cours, des exercices, des animations tout en n'oubliant pas de se rendre parfois en classe afin de se rendre compte que tous ses efforts sont de peu d'utilité.

Il pourra se remettre de ses émotions ou de ses déceptions quand il fera quelques séjours derrière les barreaux. Car, naturellement tout ce travail numérique se fait à la lisère de la légalité. Les défenseurs du droit d'auteur lui tomberont dessus et la grande administration de l' Éducation Nationale fera alors la sourde oreille si le malheureux sollicite son aide ou sa caution. Le papier n'aura plus sa place dans la future école. L'image et le son vont prendre la suite. Ce métier qui n'était pas facile va basculer dans une surenchère folle et démesurée.

Des esprits malintentionnés pourraient croire que c'est à l' Education Nationale de mettre à disposition de ses enseignants des ressources numériques adaptées afin de leur faciliter la tâche et leur permettre de se concentrer sur l'essentiel : la relation à l'élève et au savoir à transmettre. Ce serait effectivement une proposition judicieuse si cette grande administration n'était si affairée à la rédaction de directives, notes, programmes, contre-programmes, enquêtes et lettres de recadrage ! Se concentrer sur l'essentiel, c'est cela à ses yeux , tout le reste est à laisser aux tâcherons de base.

Numériquement leur. 


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34 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 22 mai 2014 09:13

    c’est la rançon du progrès........
    on prépare l’humanité 2.0 avec les machines directement greffées dans la tête
    http://www.wallpaperup.com/103950/Technics_Face_Robot_Fantasy_Girls_cyborg_ cyborgs_robot_robots_sci-fi.html
    l’ être humain augmenté ça s’appelle .......par une bande de crétins incapables de comprendre que plus il y a de machine moins il y à d’humain.
    mais il faut s’y faire il parait où aller aux champignons en attendant le premier orage solaire qui va griller nos jolis jouets ou le jihad butlérien.


    • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 09:31

      gaijin


      Il y a des crétins qui suivent bêtement les directives
      Il y a surtout des gens qui ont un projet de société avec Big Brother à sa tête 

    • morice morice 22 mai 2014 09:17

      oh ce n’est pas ça le pire


      on a ressorti l’enseignement de la PROGRAMMATION informatique dans les collèges : c’est le retour du plan informatique pour tous : un DESASTRE.

      c’est RIDICULE, on a pas à refaire la roue en marche arrière enfin !

      • trevize trevize 22 mai 2014 09:43

        Je vois pas ce qu’il y a de mal à ça... La programmation informatique, c’est des maths et de la logique, c’est pas très compliqué, ça peut être très amusant pour les enfants si les cours sont bien faits.

        Et surtout, ça me paraît important qu’ils aient au moins des bases sur la technologie qui est en train de transformer radicalement le monde, plutôt que de subir tout ça sans rien y comprendre, et d’en avoir une vision quasi-magique. Personnellement, je trouve ça très grave qu’on ait totalement laissé de côté l’enseignement de cette science, la plus importante découverte depuis... l’imprimerie à caractères mobiles de Gutenberg ?


      • lcm1789 22 mai 2014 22:55

        Ne racontons pas n’importe quoi, la programmation ce n’est ni de la logique ni des mathématiques, ni un mélange des deux...


        Quand à son enseignement dans le secondaire, il est lamentable 

        (réduit à de l’algorithmique toute pourrie)

        Après il faut dire la vérité, il n’y a pas de professeur d’informatique dans le secondaire....seulement quelques agrégés de mathématiques option informatique et encore, cela enseigne l’option informatique en classe préparatoire...

        De toutes façons, on n’enseigne pas la logique ni au collège, ni au lycée (peut être quelques professeurs de philosophie un peu rigoureux le font-ils et encore)

        Non ce dont parle Nabum, c’est de la mise en place de ce que l’on appelle « ingénierie pédagogique » et qui n’est qu’une privatisation des moyens d’enseigner et une illusion pédagogique dangereuse qui si elle surcharge le professeur de travail, n’apporte pas grand chose à l’élève.

        Quelques siècles avant JC Socrate démontrait à un esclave la duplication du carré avec un bout de bois et de la poussière montrant que l’enseignement c’est d’abord le partage universel de la raison...point n’est besoin pour cela de ludo-pédagogie, de juke-box langagier, d’exerciseur, de logiciel de tracé et autre TBI couteux....

        Tous les budgets sont en baisse sauf celui du numérique...et il n’est pas question de démonter une machine informatique pour voir comment cela fonctionne...il n’est pas question de ressusciter le langage LOGO créé dans les années 1980 par Supélec pour l’E.N, non il est question de vendre de la merde numérique et d’enchainer les enseignants à leur poste informatique pour mesurer la quantité de travail.

        Le culte de l’évaluation et du management poussé à l’ubuesque.



      • morice morice 22 mai 2014 09:18

        il parait où aller aux champignons 


        méfiez-vous on commence comme ça on finit jardinier à driver une équipe de trolls sur le net...

        • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 09:32

          Morice


          Je vais prendre la clef des champs et battre en retraite 

        • Allexandre 22 mai 2014 09:58

          Bonjour Nabum,


          Le numérique est devenu la panacée. Il faut se mettre au diapason et à la portée des élèves. Il faut désormais que les cours soient ludiques. Qu’importe qu’on ne transmette plus de savoirs, de savoir-faire, de réflexion, d’esprit critique. A la limite c’est mieux comme ça pour ceux qui nous dirigent. Il faut faire de nos élèves des robots incultes et bons consommateurs dans l’esprit libéral qui s’impose partout. Ce numérique me sort par les yeux et je résiste. Je ne crois pas qu’il y ait mieux que le rapport entre le professeur et les élèves dans un échange mêlé de respect mutuel et de confiance. Mais nos dirigeants n’ont pas vu d’élèves de collège et lycée depuis des lustres. Et comme nous sommes considérés comme quantité négligeable, jamais nous ne sommes consultés. Mais tout ça a un prix, et ce n’est pas fini. Plus de 20 % des moins de 25 ans au chômage. Mais on ne cherche pas le pourquoi du comment. La réforme qui s’imposerait en primaire n’est pas à l’ordre du jour. La moitié des élèves entrent en 6 ème en ne sachant ni lire ni écrire correctement. Mais qu’importe. La grève, ce n’est pas 1 jour qu’il faut envisager, c’est un mois. Là vous verriez le bazar. On nous écouterait peut-être !!!

          • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 12:22

             Allexandre


            Une grève longue Quelel folie

            Ils nous remplaceraient par des machines en ne faisant qu’accélerer ce qu’ils compte bientôt faire.
            L’humain n’a plus depuis bien longtemps leur préoccupation

          • Allexandre 22 mai 2014 14:30

            à Nabum,


            Je ne pense pas qu’en un mois ils aient les moyens logistiques et financiers de nous remplacer. Il faut les surprendre par ce à quoi ils ne pensent même pas. Mais le problème, c’est que les profs sont globalement panurgiques et n’osent pas se rebeller contre le pouvoir. Il suffit de voir la réaction d’un prof quand l’inspecteur s’annonce !!!

          • foufouille foufouille 22 mai 2014 11:47

            "il lui faudra effectuer quelques montages vidéos pour agrémenter ses cours d’images chocs ou révélatrices, d’extraits de films ou de publicité pour coller toujours davantage à la modernité "

            faut leur faire comprendre que c’est pas possible le montage vidéo. il faut pas le faire avec première comme logiciel ?
            autant le MP3, il suffit d’un vieux coucou genre PII, pour la vidéo l’ordinateur doit être puissant


            • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 12:24

               foufouille


              Facile ? 

              Venez essayer avec nos vieux coucous !

              L’informatique à la maison c’est possible, à l’école c’est une catastrophe

            • foufouille foufouille 22 mai 2014 15:08

              c’est quelle puissance tes ordis ?


            • ZEN ZEN 22 mai 2014 12:20

              Le e-learning est à nos portes, avec les entreprises privées qui vont avec...
              Enseignants : obsolescence programmée !


              • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 12:25

                ZEN


                C’est demain

                La médiocrité des socialistes ne fera qu’accélérer les plans dans les cartons de l’UMp

              • Doume65 22 mai 2014 12:30

                « il leur faudra encore communiquer par mails ou par d’autres moyens tout autant virtuels »

                Bonjour. Je ne vois pas ce qu’un mail a de virtuel. Pouvez-vous m’éclairer ?
                Ceci dit, vous allez devoir le faire par quelque chose que vous estimez virtuel : ce forum. D’ailleurs, je suppose que l’article auquel je répond est virtuel, c’est-à-dire qu’il n’a pas de réalité. Je ne devrais pas en prendre compte, mais je suis incorrigible.


                • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 12:32

                  Doume65


                  Vous avez raison j’ai commis maladresse langagière, elle est bien réelle pour traduire l’absence du lien physique

                  Je vous présente des excuses numérisées

                • Doume65 24 mai 2014 15:31

                  « Je vous présente des excuses numérisées »
                  Acceptées ! smiley Surtout que tu as bien voulu utiliser le mot numérisées et pas digitales. (parce que des excuses relatives au doigt, on se demande où on peut se les mettre !)


                • C'est Nabum C’est Nabum 25 mai 2014 07:21

                  Doume65


                  La courtoisie est sans aucun doute le préalable à toute communication numérique ou digitale ou évanescente ...

                  Sans celà c’est le gouffre des portes de l’enfer $$$

                • Primum non nocere Primum non nocere 22 mai 2014 14:41

                  Je m’étonne et souffre d’être spectateur d’une telle technophobie.

                  Evidemment, c’est un peu brut, comme première réaction, je m’explique donc : Ne le prenez pas mal, les uns les autres (je ne m’adresse pas seulement à l’auteur de l’article, mais aussi aux commentateurs) mais j’ai l’impression de sentir ici suinter un certain rejet « par principe » de la numérisation des médiums interactionnels environnants. J’ai lu parmi d’autres « Ce numérique me sort par les yeux et je résiste », ou encore « Il y a surtout des gens qui ont un projet de société avec Big Brother à sa tête » ce qui me semble manquer de nuance tout de même. 

                  Lorsque je me creuse la tête, moi, petit étudiant sans grand intérêt dans l’imbroglio de près de 15 000 de mes pairs (pour ma seule université), je suis bienheureux de trouver des TEDs, des centaines de diapos, des milliers de thèses/mémoires et des trillions d’articles pour me répondre plutôt que d’espérer vainement pouvoir attirer l’attention d’un prof déjà suffisamment écrasé par ses recherches et/ou la conception de pléthore CMs. Mieux, je ne suis pas cantonné à un point de vue unique et unilatéral, j’ai accès à un tout qu’il me faudra obligatoirement discriminer, repositionner continuellement, qui me demande tant soit peu d’esprit critique. Quel meilleur usage de son encéphale que cela ?

                  En vérité, je n’ai jamais eu accès à meilleur enseignement que depuis mon entrée en licence (même si il y a aussi des problèmes dans l’enseignement en fac). Le lycée, c’était des bouquins obsolètes, dans des états lamentables, souvent inutiles (au mieux, 10 pages utilisées sur à peine quelques centaines, pas génial comme ratio. Je passais plus de temps en classe à bouquiner qu’écouter, c’est quand même dommage), des profs oscillants entre manque de motivation, stigmatisation des élèves et débordements divers (le tout dû, je pense, à la précarité que vous pointez très justement du doigt). Le collège, même combat, le côté « tu n’es qu’un élève, en somme rien, pli le genou et ne réfléchi pas » en plus. No kidding, on me l’a déjà sortie, parce que je reportais mes feuilles volantes en .docWord plutôt que d’utiliser un cahier encombrant 24x32. Je parle évidemment d’expérience personnelle, il est possible voire fort probable que ce ne soit pas le cas absolument partout, mais la rigidité et l’archaïsme de ce format d’enseignement me gênaient profondément.

                  Il n’y a pas que des aspects positifs à la numérisation de l’enseignement, certes, vous en parlez fort pertinemment, mais je pense qu’une certaine nuance (encore elle) s’impose : Des .doc modifiables et modulables à loisir d’une année à l’autre, des liens à donner pour s’entraîner à donner aux élèves en difficulté, une adaptabilité du cours aux faits de l’actualité mondiale (je pense ici aux cours d’ECJS qui lors de mes années lycée ne servaient qu’à revoir une énième fois les quinze premières années de la Vème république). Pensez donc, ces mômes ont toutes les connaissances du monde accessibles dans le creux de leurs paumes moites, et ils ne font que jouer à Candy Crush. Si c’est pas malheureux.
                  Blâmer le numérique dans son entier est plutôt dommage, alors qu’il suffit de replacer le curseur au bon endroit, rendre utile ce qui a oublié qu’il pouvait l’être.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 16:42

                    Primum non nocere


                    Je ne serai pas ici sans le numérique vous devez vous en douter ! 
                    Je l’utilise en classe naturellement mais à petit dose, avec le soucis qu’il ne me dévore pas, qu’il ne remplace pas la relation à l’élève, qui ne serve pas de mouchard également ou qu’il ne veuille pas tout simplement me remplacer

                    Je constate des dérives et l’abus est aussi dangereux que l’absence

                  • Primum non nocere Primum non nocere 22 mai 2014 22:21

                    Que vous n’y soyez pas totalement réfractaire me paraissait plus que logique, oui, mais votre article ayant une tournure plus ou moins fermée, et surtout à la vue des commentaires foncièrement technophobes, je me suis permis de réagir.

                    Ceci dit, je pensais entre autre à l’incroyable potentiel que le professorat et l’éducation nationale détiennent. Donner les clefs de lecture aux élèves pour dépasser les ravages des mass-media, leur offrir des pistes de réflexion qui aillent au delà du seul « contenu validé ».

                    Lorsque je vois que l’on fait encore et toujours de la physique dite « classique », parfaitement biaisée et invalidée depuis des décennies en collège/lycée, alors qu’il est possible de faire de la « vraie » physique quantique accessible et ludique (comme ceci), je me dit qu’il serait dommage de se braquer face à une initiative gouvernementale (maladroite, certes) que tout un chacun pourrait tourner à son profit. Après tout, il n’est pas étonnant que l’initiative soit inadaptée au terrain : Si on se doit en permanence de faire une différence entre travail prescrit et travail réel, c’est pas pour rien. L’Organisation (avec un grand O) n’est jamais au fait de la réalité d’un Poste ou de ses aléas, ce qui demande à l’opérateur de passer outre.

                    Et c’est là une bien jolie chose : Ils ont des initiatives un peu con ? Vous êtes sur place et avez les capacités d’en faire quelque chose d’intelligent, pourquoi se priver.


                  • lcm1789 22 mai 2014 23:15

                    Primum non nocere


                    Point n’est question ici de remettre en cause les qualités et la puissance des outils informatiques, mais à l’instar de la grossière erreur de M.Serre dans « petite poussette » (qui est un livre notez l’ironie), il s’agit de se rappeler qu’écrire ici ou sur une ardoise c’est écrire, que wikipédia ou un carnet moleskine techniquement c’est la même chose...
                     Ce que je veux dire, c’est que numérique ou pas lire, écrire compter raisonner, documenter sont les même actions.

                    Alors oui on peut utiliser des TBI, des logiciels etc... tout comme on peut discuter sur Agoravox ou à l’Agora, dans le fond il y’a une production et une intéraction de transformation (ie une médiatisation : le propos que j’énonce se transforme quand tu le reçoit) qui d’essence humaine.

                    Le savoir ce n’est pas une matière morte, cela ne ce stocke pas comme de l’or, cela s’entretient et se maitrise.

                    La petite poussette tient sa tète dans ses mains : c’est un humain sans tête, sans passé, sans présent et sans avenir, juste capable de se servir.

                    De même, l’enseignement, c’est une interaction complexe, le numérique y a sa place, mais il n’a jamais été nécessaire et ne le sera jamais...

                    Je peux lire 100 fois le theorema Aegrguim de Gauss sur Wiki mathématiques, la vraie question est de savoir si une fois l’écran éteint je saurais l’utiliser et le transmettre, le relier avec le domaine concerné etc...

                    Je peux taper mes cours en Latex pour élèves ou leur dicter, ce n’est pas ce qui importe, ce qui importe c’est qu’ils se construisent (et que je les aide à) leurs propres représentations du savoir.

                    C’est pourquoi l’enseignement supporte mal le Taylorisme et la standardisation.
                    On enseigne avec ce que l’on est, si certain enseignent en promenant l’eus élèves dans les bois, d’autres le feront avec un Ipad et alors de la diversité né la richesse et la réelle innovation !
                    Mais cela va à l’encontre de la doxa neolibérale qui imprégné l’école :
                    Standardisation-évalution- certification

                    Nous nous dirigeons vers l’école de google : on se plugge sur un serveur, on suit un programme on se certifie.
                    Voilà le savoir plug and play et avec lui l’humain à obsolescence programmé, le comble du salarié jetable

                    On est loin de l’Emile de Rousseau et ce n’est pas un progrès

                  • Primum non nocere Primum non nocere 23 mai 2014 13:25

                    @lcm1789

                    Voilà une mise en perspective intéressante, et je suis en accord avec la quasi totalité du développement. However, je rebondirais juste sur le début de votre développement : écrire, compter, raisonner, documenter sont effectivement les mêmes actions, le but idem, mais les moyens ne sont pas les mêmes. Il y a une notion de facilitation/facilité d’accès, d’une part (ce qui me paraît le plus important), et un aspect ludique qui ne peut échapper à personne d’autre part, tout particulièrement lorsque l’on voit que les « jeunes générations » (comprendre : plus jeunes que moi, c’est quelque chose haha) sont habitués (pour ne pas dire conditionnés) à moins réfléchir que s’amuser.
                    Ce qui m’intéresse dans l’implantation des outils numériques dans l’enseignement, c’est de pouvoir apprendre aux jeunes pubères dopés au microcosme de la récré que les savoirs (et la transmission de ces derniers), le bon usage de la pensée, de leurs capacités de réflexion, de l’échange d’idées ne sont pas « booooring ». Le numérique, c’est le monde au bout des doigts, ce qui peut paraître dantesque, mais le prof est le premier interlocuteur de cette jeunesse pour le moment désœuvrée (moi y compris, du moins à l’époque, « oh non des maths, oh non de la philo », alors qu’aujourd’hui je tuerai pour un bouquin de Pascal), il peut faire de ce fatras quelque chose de fort, car tout ce petit monde avachit devant des vidéos de chats sur Youtube, qu’ils partageront sur Facebook, est en vérité un conglomérat de possibles penseurs en devenir, capables de tout trouver, contacter n’importe qui via les « nouveaux médias ».

                    Et là je vous rejoins complètement, absolument, sur cette idée « ce qui importe c’est qu’ils se construisent (et que je les aide à) leurs propres représentations du savoir » !


                  • Piotrek Piotrek 22 mai 2014 14:54

                    Ca me rapelle la grande vague communicante vers le milieu des années 2000 qui s’est écrasée sur les entreprises.

                    On installait des systèmes de messagerie instantanée d’entreprise, des blogs d’entreprise, on ésperait que tout le monde parle avec tout le monde, on voulait interconnecter.
                    Ils ont tout installé en vrac, en espérant que du chaos naîterait une organisation nouvelle, fluide, naturelle et plus efficace...
                    Il n’y eut pas le miracle attendu, quelque lèche-culs blogairent l’amour qu’ils portaient à leur entreprise et les managers préféraient hurler and leurs bons vieux téléphones.

                    Aujourd’hui les entreprises en ont tiré la leçon : à un but précis, un ensemble de moyens cohérents.

                    Celui qui espère des résultats contrets en ballançant une ribambelle de technologies, sans couche logicielle appropriée, sans buts précis, et ô grands dieux, sans même vous fournir le matériel nécessaire, ne doit pas être considéré comme un doux-dingue gentil, mais comme in incompétant psychopathe qui détruit en pensant construire.

                    Si j’étais vous, donc :
                    - Je traquerai le groupe de personnes à l’initiative de ce projet dangereux, les dévoilerai au grand jour et m’assurerait qu’elle ne puissent plus nuire. On ne commet pas ce genre d’erreur décisionnelle en 2014
                    - Je boycotterai la formation et ses idées démentielles.
                    - Je demanderai une véritable politique technologique à l’école en fonction d’objectifs précis, et si c’est pas possible : je préfèrerait rien du tout à la place.

                    Si vous ne faîtes pas celà, vous deverez bientôt jongler entre les mails d’insultes de certains élèves et ceux de parents qui n’arrivent pas a finir l’exercice de leur marmot votre cours de français finira en rap sur youtube... Et vous serez la victime de l’incompétance.

                    Faut faire la guerre aux cons qui pensent avoir de bonne idées. C’est vital, particulièrement pour l’enseignement.


                    • C'est Nabum C’est Nabum 22 mai 2014 16:44

                      Piotrek


                      J’aime votre conclusion

                      Trop de messages tuent les messages
                      Trop de commuication ne fait que la brouiller

                      De la nuance et de la sélection

                      C’est plus facile à écrire qu’à faire véritablement

                    • lsga lsga 22 mai 2014 16:45

                      Oui, sa réflexion ignore totalement la révolution de la Bureautique dans les anneés 90, puis celle des ERP dans les années 2000.... mais bon... soit....


                    • Piotrek Piotrek 22 mai 2014 17:49

                      Oui, mais la chose qui m’agace le plus c’est que ceux qui sont à l’initiative de projets amateuristes voire destructeurs, ne sont jamais jamais inquiétés, jamais confrontés dans leur phatasmes

                      J’ai retrouvé un article sur agoravox de 2008 (donc fin années 2000) et l’éffet de mode s’appelait « L’Entreprise 2.0 »
                      Une personne qui parle d’entreprise 2.0 de nos jours, n’est pas prise au sérieux et ce n’est pas admissible qu’un groupe force des profs à faire n’importe quoi aujourd’hui et qu’il en tire une rénumération.

                      C’est pire que le train trop large de 10cm pour moi car celà concerne l’efficacitéde l’éducation nationale, c’est un vrai scandale.


                    • lcm1789 22 mai 2014 23:35

                      Piotrek : ce n’est pas un problème d’incompétence, c’est bien pire c’est un projet concerté pour faire exploser l’éducation nationale.


                      La doxa neo libérale veut mettre en place le triptyque standardisation-évaluation-certification

                      On colle l’élève devant un ordo, on lui balance des procédure à ingurgiter, on vérifie qu’il régurgite correctement la procédure, on passe au suivant...

                      Ce n’est pas de l’enseignement, c’est du dressage.

                      Un exemple : 300 ans de probabilités poussées et quelques mathématiciens de génie plus tard, on permis de mettre en place un modèle théorique pour l’intuition de la « loi des grands nombres », ce modèle théorique est pointu il s’applique sous certaines hypothèses (indépendance ou du moins interdépendance limité des expériences), il a pour nom Loi forte des grands nombres et Théorème central limite.

                      Et bien partout de par le monde, les Kerviel de tous bords s’en servent pour mettre en place leurs stratégies financières, et leurs produits dérivées...
                      Bien sur les actions sont interdépendantes et on ne connait pas le mécanisme compliqué d’interdépendance mais qu’importe, on fait tourner la procédure (quitte à faire des prouesses intellectuelles digne des meilleurs théologiens) et on courre à la spéculation...

                      C’est bien la toute la différence entre le savoir vu émancipateur des Lumière qui permet d’éclairer et de comprendre le monde, et la compétence de la doxa neolibérale qui se doit juste de produire du résultat sans aucun recul sur celui-ci.

                      C’est pourquoi, on enseigne en terminale le théorème limite central alors que les élève ne savent pas ce que c’est des variables indépendantes.
                      C’est comme ça qu’en terminale on fait de l’intervalle de confiance sans comprendre les tenants et les aboutissants.
                      Et on construit un monde dans lequel on suit des procédures auxquels personne ne comprend rien...

                      Et dans ce monde où la compréhension n’est pas utile, pourquoi perdre du temps à apprendre l’anglais à des elèves si on peut les dresser avec un peu de Wall street english.

                      Pourquoi leur apprendre à résoudre une équation si Texas Instrument peut le faire à leur place...
                      Quelques gros cerveaux aux bonnes manettes et le reste n’a qu’à pédaler...

                      C’est pourquoi on veut achever l’enseignement pour faire place nette à l’ingénierie pédagogique, ce qui est à l’enseignement ce que le plat lyophilisé est à la cuisine.

                      Juste ce qu’il faut pour survivre

                    • Piotrek Piotrek 23 mai 2014 00:59

                      @lcml1789

                      Je ne suis pas le genre « complotiste », et je n’ai pas voulu écrire sur une raison potentielle de la future privatisation de l’éducation nationale. Mais vous m’enlevez les mots de la bouche.

                      Je m’intéresse globalement à ce que l’on nomme l’e-learning aux Etats-Unis, j’ai connu le système éducatif grec et polonais.
                      Mon avis est qu’on possède la meilleure éducation du monde, même les suisses avisés préfèrent le lycée international de Ferney-Voltaire en France plutôt que leur garderies pour ados chez eux.

                      Les profs devraient rester intraitables sur les fondements de l’éducation en France et transmettre les valeurs par le numérique en rejetant tout ersatz et surtout en condamnant leur promoteurs. 

                      Bon courage, les profs


                    • Le Gaspésien 23 mai 2014 04:05

                      L’éducation nationale, c’est 2 000 000 de salariés, 60 milliards d’€ et 40 % des élèves qui à 15 ans ne savent pas lire. Par contre les garçons sont capables d’ajuster une jupe.


                      Et comme un nombre considérable sur AV sont où on été de l’EN, je vais me faire moinsser à mort pour ces simples vérités.



                      • C'est Nabum C’est Nabum 23 mai 2014 06:41

                         Le Gaspésien


                        Préférez la jupe à carreaux et tenez-vous y, c’est plus raisonnable ...

                      • Piotrek Piotrek 23 mai 2014 08:21

                        @Le Gaspésien

                        et 40 % des élèves qui à 15 ans ne savent pas lire.
                        Et vous avez quel age ?

                        Voici donc un peu de lecture sur les stats de l’éducation nationale, car tous vos chiffres sont faux.

                        A l’entrée en 6ème, 40% des élèves n’ont pas acquis l’ensemble des savoirs fondamentaux et 15% ne savent pas lire du tout. Source

                        Vous avez fait une petite erreur d’étourderie ?

                        Et comme un nombre considérable sur AV sont où on été de l’EN, je vais me faire moinsser à mort pour ces simples vérités. 

                        Je ne suis pas de l’EN, mais vous êtes trop tentant à me tendre le bâton.


                      • Le Gaspésien 27 mai 2014 13:40

                        Piotrek, bravo


                        « Vous avez fait une petite erreur d’étourderie ? »

                        Vous vous prenez pour mon maître d’école.
                        Lui m’a apris à lire et a écrire et compter. C’était un homme bien.

                        40 % des élèves qui à 15 ans ne savent pas lire
                        et
                        15% ne savent pas lire du tout, ça n’est pas incompatible

                        En fait c’est la même différence entre illettré et analphabète.

                        Le résultat du fonctionnement de l’EN est tragique, le sabotage est la règle, que l’on puisse prendre la défense de cette engeance me sidère.

                        Oui, le corporatisme à ce niveau est à vomir !

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