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[Le Mercredi on Converge] L’exception, c’est les règles


Avoir ses règles, avoir ses ours, avoir ses ragnagnas, avoir ses coquelicots, avoir ses groseilles, avoir son coulis, avoir son chat au museau cassé, écraser ses tomates, préparer le ketchup, traverser la mer rouge, appeler les pompiers, voir les anglais débarquer, jouer à cache-tampon j’en passe et des plus mûrs : le moins qu’on puisse dire, c’est que les français ont été prolixes pour trouver des images afin d’éviter de parler des menstruations des femmes.
C’est que le tabou concernant les règles est particulièrement vieux et tenace ! Les menstruations d’une femme sont par exemple associées à une forme de souillure contagieuse dans le 15ème chapitre du Lévitique de la Bible

La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair, restera sept jours dans son impureté. Quiconque la touchera sera impur jusqu’au soir.


Et au passage, je vous signale mesdames que pour être totalement pures après vos règles, selon la bible vous devez attendre 7 jours puis sacrifier deux tourterelles le huitième sachant cependant que 2 pigeons peuvent faire l’affaire…

Pourtant les menstruations constituent un phénomène si courant dans la vie d’une femme (420 cycles dans tout une vie en moyenne) qu’on pourrait imaginer qu’on puisse en parler librement, entre adultes. Ou même aux enfants, pourquoi pas, et aussi facilement qu’on pourrait leur diffuser un Walt Disney. Saugrenu ? Et ben pas tellement à vrai dire :


Je vous traduis pas, tout, c’est un sacré morceau quand même, mais je vous livre l’essentiel, Disney Style :

Les menstruations, c’est la perte de la partie superficielle de la muqueuse de l’utérus, l’endomètre, évacué par un flux sanguin passant par le vagin. Un peu comme la scène de la grande cascade dans Kuzco :


L’endomètre s’épaissit préalablement en réponse à la production d’une hormone, la progestérone : c’est la décidualisation de l’endomètre... Un peu comme la forêt dans la belle au bois dormant :

Belle au bois dormant
Les règles ont donc lieu quand le taux de progestérone diminue et si un embryon ne s’est pas implanté dans l’endomètre. La progestérone inhibe les contractions rythmiques de la musculature utérine et du coup quand son taux baisse, c’est Space Mountain :


Ces contractions, elles sont provoquées par le myomètre, une couche de muscle lisse qui se trouve sous l’endomètre.

UtérusUtérus en coupeSchéma de l'utérus
Ces contractions se traduisent, au moment des règles, par des crampes menstruelles et vont du fond de l’utérus vers le col, la sortie. Ca semble évident mais saviez-vous que ces contractions ne suivent pas le même sens tout au long du cycle menstruel ? Et oui, les contractions myométriques, autour de la période d’ovulation, vont du col vers le fond de l’utérus, suggérant qu’elles pourraient avoir un rôle dans le transport des spermatozoïdes vers l’ovule. Peu après l’ovulation, les contractions diminuent fortement, ce qui pourrait faciliter l’implantation de l’embryon dans l’endomètre. Et si y’a eu chou blanc, pas de fécondation, pas d’implantation de l’embryon, on largue les amarres et les vagues contractiles de l’utérus changent de sens et facilitent l’évacuation de l’endomètre via le vagin.

Et voilou, vous savez l’essentiel sur les menstruations. Je vous traduis tout de même le mot de la fin du court métrage de Disney “The Story of Menstruation” :

Il n’y a rien d’étrange et de mystérieux à propos des menstruations. La vie est bâti sur des cycles et le cycle menstruel est une partie normale et naturelle du plan éternel de la nature : la transmission du don de la vie !

 

Roooh, ben si ça vous confirme pas que la menstruation est le phénomène le plus naturel du monde, ça ! J’veux dire, Dame Nature n’est pas une sadique hein ? Si les femmes subissent ce cycle, c’est que c’est une partie inhérente du cycle reproductif humain, voire du cycle reproductif de tous les mammifères, non ? Les chats, les vaches… Tiens c’est fou que j’ai jamais trouvé une ligne de tampons et de serviettes pour animaux domestiques en magasin… Mais elles ont bien leurs menstruations toutes les femelles de ces animaux, non ?

NON !

(ouah c’te révélation !) Et non chers amis : une écrasante majorité de mammifères se passe complètement des tracas menstruels. Les lapins, les souris, les chevaux ou les cochons n’ont pas leurs ours (et les ours non plus d’ailleurs) mais subissent l’œstrus ou chaleurs. Pour être plus précis, même s’il peut arriver que quelques femelles saignent (notamment chez les chiennes), il ne s’agit pas du relargage de l’endomètre et ce n’est donc pas, par définition, des menstruations. C’est nous humains, qui sommes plutôt l’exception qui confirme la règle (enfin j’me comprends quoi…).

Ah ha !, mais c’est bien sûr ! C’est notre incroyable supériorité intellectuelle qui doit expliquer ce phénomène. Pour les plus fervents chrétiens parmi vous, il pourrait s’agir d’une trace de La Chute et de la malédiction divine qui nous tourmente depuis l’expulsion d’Adam et Eve du Paradis.
Malheureusement pour ces théories, il faut savoir que nous ne sommes pas les seuls parmi les mammifères à craindre les ragnagnas de nos compagnes. C’est un trait que nous partageons déjà avec la plupart des primates :

Orang-OutanLagotriche gris
Mais aussi quelques chauve-souris :

glossophaga sorcinaMolossus ater
et enfin le Rat à trompe des roches de l'Est :

Elephantulus myurus
Là, tout de suite, on se sent moins spécial… Si en plus on reporte ce caractère sur un arbre phylogénétique des mammifères (c’est à dire qui retrace leurs liens de parenté) , on peut vite s’apercevoir…

Distribution des menstruations parmi les mammifères placentaires
… qu’il est fort probable que les menstruations sont apparues indépendamment au moins 3 fois au cours de l’évolution des mammifères placentaires. Chez les autres mammifère placentaires, l’œstrus ou période de chaleur coïncide avec le moment où l’utérus s’épaissit mais celui-ci devient véritablement décidualisé qu’au contact d’un embryon. S’il n’y a pas implantation de l’embryon, l’endomètre est réabsorbé.

Bon mais maintenant la question qu’on est en droit de se poser, c’est pourquoi les menstruations ont été sélectionnées au cours de l’évolution, d’autant plus que s’il y a convergence évolutive, cela suggère fortement que le caractère sélectionné est avantageux. Mais c’est quoi au juste l’avantage d’avoir ses ragnagnas ? C’est vrai ça ! Les menstrues, c’est quand même un gâchis périodique de tissus et de sang, c’est probablement une source d’infections et je vous raconte pas la discrétion dans la nature quand on veut éviter des prédateurs…

Suivez la piste
Pas mal d’hypothèses ont été avancées pour expliquer l’avantage du phénomène : nettoyage de pathogènes apportés par le sperme, économie d’énergie par rapport au maintien d’un endomètre différencié ou encore “préconditionnement” des parois utérines (un peu comme l’utilité d’un bon ménage de printemps). Cependant ces hypothèses ont été assez facilement réfutées, d’autant plus facilement qu’aucune n’explique véritablement le phénomène de convergence évolutive.

Mais dans un récent article paru dans Bioessays, Emera, Romero, et Wagner ont renversé le problème. Pour eux, l’idée n’est pas de déterminer pourquoi ces différents mammifères ont des menstrues, mais plutôt pourquoi ils se mettent soudain, spontanément, à décidualiser leur endomètre. Comme je l’ai dit plus haut, la décidualisation de l’endomètre chez la majorité des mammifères ne s’effectue qu’au contact de l’embryon. La décidualisation, c’est véritablement un remaniement profond de l’endomètre qui permet de connecter les tissus maternels et fœtaux. La décidualisation est donc le plus souvent induite par le fœtus. Pourquoi les femelles primates, chauve-souris et rats à trompes se mettent-elles à décidualiser par cycle ? Et bien quand on retourne la question de cette manière, les hypothèses à émettre semblent d’un coup plus pertinentes, en tout cas en terme évolutif.

Pour s’assurer cependant qu’ils n’étaient pas en train de faire fausse piste, les auteurs cités plus haut se sont tout de même demandés si les menstruations et la décidualisation spontanée n’étaient pas des phénomènes indépendants. Pour l’instant, c’est du solide car toutes les espèces présentant des menstruations sont également caractérisées par une décidualisation spontanée.

Les deux hypothèses principales évoquées rentrent dans la catégorie du conflit fœto-maternel. Alors c’est le moment de vous expliquer le concept de baston génétique entre maman et fœtus.

Ready to fight
En terme évolutif, l’intérêt d’un organisme est de propager ses propres gènes. Parfois, Tout lot de gènes va donc rentrer en compétition pour optimiser sa transmission. Ca peut donner des situations assez étranges comme la coopération et le sacrifice chez les fourmis, ne présentant un avantage évolutif évident qu’une fois qu’on a compris qu’au sein d’une fourmilière, les individus partagent 3/4 de leurs gènes.

Du coup, ce qu’il faut comprendre ici chez les mammifères placentaires, c’est qu’une mère et son enfant n’ont globalement qu’une moitié de leur génome en commun et deux contraintes totalement différentes au cours de la grossesse. Du point de vue du fœtus, le but est simple : pour transmettre à terme ses gènes, il doit survivre à la grossesse et se préparer à la sortie. Pour cela il doit optimiser l’exploitation et l’extraction des nutriments prélevés à sa mère. Pour vous donner une image plus efficace, c’est comme si vous mettiez un gros glouton en face d’un buffet gratuit. Y’a de fortes chances que ça donne ça :

On a dit buffet gratuit, non?
De son côté la mère a certes un intérêt à ce que le fœtus qu’elle porte atteigne maturité pour transmettre la moitié de son génome, mais il est encore plus intéressant pour elle de s’assurer d’une part que le fœtus est viable, et d’autre part qu’elle pourra par la suite porter d’autres fœtus : transmettre ses gènes une fois, c’est cool… transmettre ses gènes plusieurs fois, c’est mieux ! En gros la mère joue le rôle du serveur tyrannique qui vous fait culpabiliser quand vous tentez de vous goinfrer.

Serveur tyrannique
Un exemple de conflit fœto-maternel survient dans le taux glycémique durant le 3ème trimestre de la grossesse. Il a été observé que l’insuline maternelle est produite en plus grande quantité mais semble moins efficace. Il est ainsi probable que le fœtus manipule la réactivité maternelle à l’insuline pour qu’elle laisse passer plus de glucose dans le sang afin de se bâfrer et que de son côté, la mère compense en produisant plus d’insuline.

Bref, vous l’aurez compris, la relation fœto-maternel n’est pas sans rappeler la relation hôte-parasite… Charmant, non ?

Alors quelles sont ces deux hypothèses entrant dans le cadre de la lutte maman-bébé et qui aurait entrainé, à terme, la malédiction des ragnagnas ? Rappelez-vous, pour expliquer les ragnagnas, il faut expliquer la différenciation spontanée de l’endomètre : la décidualisation spontanée. La première hypothèse est que cette décidualisation permet de contrer l’effet d’un embryon à implantation trop agressive.

Coupe d'une implantation embryonnaire



Une fois fécondé, l’embryon doit se nicher dans l’endomètre. Or, l’agressivité de cette implantation varie entre embryons de mammifères placentaires. Et devinez quoi ? Toutes les espèces qui ont des menstrues ont également des embryons à implantation très agressive ! Coïncidence ?
La décidualisation spontanée, selon cette hypothèse, reviendrait à préparer à l’avance un endomètre bien épais pour contrer cette invasion. En plus la décidualisation permet aussi de créer une barrière de cellules qui vont sécréter des molécules inhibant celles que va sécréter le fœtus pour mieux s’implanter. L’endomètre décidualisé est aussi riche en cellules immunitaires qui vont carrément tuer des cellules embryonnaires trop invasives ! Un vrai champ de bataille cet utérus ! Du coup, vaut mieux préparer le terrain en avance…
La seconde hypothèse, non exclusive de la première, donnerait un rôle de senseur à l’endomètre : Il a en effet été observé que chez certaines femmes ayant des troubles de la décidualisation, les fausses-couches tardives sont plus courantes ainsi que le taux de malformations fœtales. Comme si l’absence d’une bonne décidualisation révélait toutes les implantations d’embryons n’ayant pas lieu en temps normal ! Il serait alors possible qu’un endomètre correctement décidualisé soit en mesure d’évaluer la qualité des embryons, et d’avorter le programme si celui-ci est jugé déficient, afin de préserver les ressources de la mère pour un embryon plus robuste.

Dans tous les cas, la menstruation ne serait que la conséquence logique de la décidualisation spontanée, une sorte de dommage collatéral dans la grande guerre maman-fœtus…

Bref, mesdames, si vous aviez envie de blâmer quelqu’un ou quelque chose pour vos crampes menstruelles, vous avez votre cible toute trouvée : c’est cette garce d’évolution (vous pouvez aussi blâmer les fœtus, mais faut se rappeler qu’on en a tous été un…) !

Et si d’aventure, les lecteurs masculins s’imaginent que l’on fait beaucoup de foin pour pas grand chose, prenez garde ! On pourrait vous défier de porter l’engin suivant : la ceinture à menstruation !

Menstruation Machine
Liens :
Article Pharyngula
Podcast Skeptically Speaking (via Martin Clavey)
Article HARDSciences

Références :
Emera D, Romero R, Wagner G (2011) The evolution of menstruation : A new model for genetic assimilation : Explaining molecular origins of maternal responses to fetal invasiveness. Bioessays 34(1):26-35.
Renfree MB (2012) Why menstruate ? Bioessays 34(1):1.
Aguilar, H. N. ; Xiao, S. ; Knoll, A. H. ; Yuan, X. (2010). "Physiological pathways and molecular mechanisms regulating uterine contractility". Human Reproduction Update 16 (6) : 725–744

van Gestel I, MM IJ, Hoogland HJ, Evers JL. (2003) Endometrial wave-like activity in the non-pregnant uterus. Human Reproduction Update d2:131–138.


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24 réactions à cet article    


  • easy easy 8 février 2012 15:30

    Très bon Taupo

    Restait juste à aborder la fin de l’âge des menstrues surtout au sens de ce que la médecine peut y bricoler les échéances.

    J’avais bien étudié la chose au CHU Saint Antoine mais nous n’y avions pas du tout étudié ce qui se passait chez les bestioles. Maintenant, grâce à vous, jesétou


    Dites Taupo, comme sujet à nous proposer, il y aurait l’embryogénèse au sens très onto-phylo en nous livrant ce qu’il y aurait de pertinent et aussi ce qui, ne collerait pas trop, éventuellement. Voire, ce que certains moments de l’ontogénèse pourrait nous montrer du chaînon manquant.

    Au fait, auriez-vous repéré des animations d’embryogénèse ou carrément des vidéos in utero ?




    Un autre sujet assez étonnant pour le profane c’est tout ce qui concerne la respiration (au niveau macroscopique) chez des bestioles qui nous semblent moins soucieuses que nous de reprendre un bol d’air après seulement deux minutes sous l’eau.


    Sinon, pour revenir à l’homme. Pourquoi ce difficile carrefour du larynx alors que la nature aurait pu concevoir deux voies parallèles avec la bouche à la place du nez ? Quand un éléphant barrit, tout se passe par voie strictement nasale et il peut probablement continuer de mastiquer sa pizza, n’est-ce pas ? Est-ce pour chanter Mon ami Pierrot que notre voix est bien plus buccale ?



    • lsga lsga 8 février 2012 19:46

      «  Pourquoi ce difficile carrefour du larynx alors que la nature aurait pu concevoir deux voies parallèles avec la bouche à la place du nez ? »


      parce qu’il n’y a pas de dessin intelligent, pas d’ingénieur divin, pas de Nature concevant quoi que ce soit... juste les lois contingentes de la sélection génétique.



    • gordon71 gordon71 9 février 2012 00:47

      merci isga 


      de nous simplifier la vie

      la vie = quelques coups de tonnerre dans un flaque de purin et hop c’est parti

    • lsga lsga 9 février 2012 19:48

      en fait le purin est un produit animal, donc c papopossible smiley


      et puis je ne parle pas de ’la Vie’ (concept difficile à définir clairement), mais de nos corps crasses, souffrants, imparfaits, mal fagotés parce que fruit hasardeux de l’évolution. 

      Nos corps ne sont pas sacrés, améliorons tout ça. 

    • Scorsonère noire géante de Russie 9 février 2012 19:55

      L’ortie est un animal sauvage. Grrrrr !!!


    • zelectron zelectron 8 février 2012 16:02

      Je me demande qui peut moinsser cet auteur, probablement quelqu’un qui n’a pas récupéré tout le patrimoine génétique nécessaire à son cerveau pour aprécier ?
      brillant exposé, arguments construits.


      • Annie 8 février 2012 19:25

        Très instructif et aussi poétique... tous ces pétales de roses.
        Si je comprends bien, la guerre des générations commence dans l’utérus.


        • lsga lsga 8 février 2012 19:31

          hé bé, ça change des articles pseudo-scientifiques de carevox...

          ça fait du bien !

          C’est clair qu’à l’école les cours de Biologie viennent trop tard. De nombreuses petites filles ont les seins qui commencent à pousser à l’âge de 10ans, et se posent beaucoup de questions. Il n’est pas toujours évident d’en parler en famille ; et cela peut générer de très grandes angoisses.

          Il y a désormais des pilules qui permettent de ne plus avoir de menstruations... et ça va quand même dans le bon sens. Les femmes devraient avoir le choix d’avoir leurs règles ou non, de la même manière qu’elles peuvent choisir d’allaiter ou non. 

          Le corps féminin est beaucoup plus complexe que le corps masculin (y compris au niveau cérébrale : voir le corps calleux), et cette complexité a un coût en terme de qualité de vie. La grossesse elle même est une épreuve qui peut se terminer par la mort de la femme et de l’enfant, et qui a des conséquences physiologiques et esthétiques sur le corps de la femme qui peuvent poser problèmes. Peut-être un jour développerons nous des utérus artificiels permettant aux femmes qui le souhaitent d’épargner à leur corps la violence animale de la grossesse. Nul doute alors que les anti-IVG d’hier seront contre... Le corps de la Femme est l’objet de tous les tabous religieux. 

          Quoi qu’il en soit, le 21ème siècle sera celui du trans-humanisme, du dépassement de l’animalité de l’Homme grâce aux nouvelles technologies. Les Femmes, plus encore que les hommes, auront encore une fois le rôle le plus important dans ces questions médicales. 

          • Annie 8 février 2012 19:54

            Si j’ai bien compris l’article, les menstruations ont un rôle à jouer, et aussi déplaisantes et parfois aussi douloureuses soient-elles, je ne suis pas sure que prendre des pilules pour les arrêter soit très judicieux, et cela ne représente certainement pas un progrès à mes yeux, même si on comprend encore mal leur raison-d’être, ou peut-être surtout parce que l’on comprend mal leur raison-d’être. Une chose que je trouve particulièrement intéressante, d’un point de vue psychologique plutôt que scientifique est les femmes cessent d’avoir des menstruations lorsqu’elles sont soumises à des stress ou des chocs, ou se trouvent dans des situations traumatisantes, comme si l’organisme se mettait en branle pour empêcher des enfants de naître dans des conditions qui ne sont pas optimales.
            Ce n’est pas tout à fait comparable avec l’allaitement, que j’ai toujours trouvé beaucoup plus libérateur que d’avoir à stériliser des biberons, acheter du lait en poudre etc. sans oublier que c’est le moyen le plus sain de nourrir un enfant.


          • Annie 8 février 2012 21:05

            @Sabine,
            Je n’ai pas pensé en écrivant aux jeunes filles ou femmes anorexiques. Mais à moins de penser que l’anorexie n’a rien à voir avec une souffrance psychologique, il s’agissait juste de citer certaines circonstances dans lesquelles les menstruations d’une femme peuvent s’arrêter.


          • Annie 8 février 2012 22:10

            Non, et je serai la dernière à le nier. Je n’ai pas cité l’anorexie, mais à moins de penser qu’il s’agissait d’une omission délibérée ou inconsciente , j’essayais simplement de donner un exemple simple, simple dans le sens où ce que j’ai vécu (mes règles se sont arrêtées pendant tout le temps où j’ai vécu en Afrique) peut être compris. Il n’y avait pas de traumatisme, simplement un environnement inhabituel, ce qui peut représenter pour l’organisme un traumatisme. L’anorexie est un autre problème qui me dépasse. Ce n’est pas que je ne connais pas de jeunes femmes anorexiques, mais que je ne comprends pas pourquoi et comment elles en sont arrivées là. Ce n’est pas tant leur problème que le mien, mais je suis capable de reconnaître l’immense souffrance psychologique qui conduit à l’anorexie.


          • lsga lsga 9 février 2012 12:41

            non mais les règles c insupportables.

            Au 20ème siècle on a déjà réussis à instaurer la contraception et l’IVG, l’étape suivante est bien entendu l’arrêt des règles (pas obligatoire hein... ). C’est tout de même normal que la science permettent aux femmes de reprendre le contrôle de leurs corps. Les hommes suivront derrière. Il est temps de contrôler le taux de testostérone de la population masculine pour limiter les comportements violents, ou de permettre à ceux qui le souhaitent de réguler leurs pulsions sexuelles autrement que par la masturbation.

            Le phénomène des mères porteuses montrent bien que de nombreuses femmes qui ont les moyens préfèrent éviter de faire subir le choc de la grossesse à leur corps, et je les comprends... Les utérus artificiels seront une des plus grandes conquêtes de la femme :


            D’ici là :

            Pilule conseillée pour les femmes qui fument, car elle diminue le risque de cancer. Effet secondaire plus que désirable et qui améliore grandement la qualité de vie : arrêt du cycle des menstruations. 

          • Scorsonère noire géante de Russie 9 février 2012 12:52

             (...) Il est temps de contrôler le taux de testostérone de la population masculine pour limiter les comportements violents, ou de permettre à ceux qui le souhaitent de réguler leurs pulsions sexuelles autrement que par la masturbation.(...) Les utérus artificiels seront une des plus grandes conquêtes de la femme (...) Isga, vous êtes un grand malade. Il faut vous faire soigner ! 


          • lsga lsga 9 février 2012 13:05

            vous ne voyez pas loin, ce n’est pas de ma faute. 


            Après tout, les pédophiles ont le droit d’avoir des pilules qui calment les pulsions sexuelles, je ne vois pas pourquoi est-ce que toute la population masculine ne pourrait pas en profiter ?
            Pour un Homme, parfois, les pulsions sexuelles s’avèrent vraiment gênantes (masturbation sur le lieu de travail, etc.). Donner le droit aux hommes de maîtriser leurs pulsions sexuelles à l’aide de petites pilules, ce serait juste du confort. 

            Pour la testostérone, on est dans un cadre normatif donc dangereux, je le concède. Toutefois, il serait possible d’évaluer un seuil de testostérone au delà duquel la personne aurait le droit à une médication pour le diminuer (une hyper-testostérone comme dirait Canguilhem). On permet bien aux femmes de réguler leurs hormones avec la pilule... Pourtant leurs hormones posent beaucoup moins de problèmes sociaux que celles des hommes. 

            Un jour, réguler ses hormones sera aussi naturel que de se brosser les dents, et cela pour tous les sexes. 

            C’est vous qui n’êtes qu’un vieux rétrograde avec un salsifis blanc qui pendouille sans vigueur smiley

          • Annie 9 février 2012 18:23

            Cela supposerait que tous les hommes avec un certain taux de testostérone sont dangereux. C’est Minority report revu et corrigé ou Sarkozy affirmant que la délinquance est génétique.


          • deborah30 9 février 2012 18:53

            Annie,

            Un taux de testostérone élevé chez un homme peut en effet le rendre agressif, cela ne signifie pas en effet qu’il sera obligatoirement dangereux.


          • deborah30 9 février 2012 19:09

            Annie,

            En fait, les femmes anorexiques (ou boulimiques) ont souvent des problèmes hormonaux d’où l’absence des règles.


          • lsga lsga 9 février 2012 19:09
            Je tiens des propos ambigus sur tout. Je suis un troll. Bref... 

            il y a bien un lien entre testostérone et comportement violent. mais la réflexion va au delà. Aujourd’hui, nous vivons encore comme des animaux. Nos corps ne sont pas le produit d’une ingénierie divine, mais le fruit hasardeux de l’évolution. 

            Résultat : ça marche très mal, et c’est très inconfortable, surtout pour les femmes. 

            Entre le système immunitaire dénué de toute stratégie qui se contente de balancer des quantités énormes d’anti-corps plus ou moins efficaces, le système endocrinien qui est ultra instable et qui influence fortement le comportement, le système digestif déréglé qui nous transforme en boule de graisse, le système de reproduction qui détruit le corps des femmes et peut les tuer, etc. etc... Il est temps d’arrêter de s’ébahir devant la beauté de la Nature et la perfection de la création divine smiley

            Les tenants de l’Intelligent Design vous expliquent qu’il aurait très difficile d’obtenir une création aussi parfaite que l’être humain par hasard.

            Les tenants du trans-humanisme vous expliquent qu’avec un tout petit peu de jugeote il serait TRES facile de faire beaucoup mieux


            Les menstruations, et le corps féminin en général, sont un excellent support de réflexion. En effet, la pensée Réactionnaire veut tout interdire : Les jeux sexuels juvéniles, la contraception, l’IVG, etc. La Femme a du se battre tout au long du XXème siècle pour défendre son droit à profiter des avancées scientifiques pour contrôler ce corps instable fruit du hasard (et même simplement pour faire reconnaître l’existence de l’orgasme féminin). 

            Discrètement, la Révolution de la fin des menstruations est en court. 
            Je suis pressé que commence le prochain combat : le droit à la procréation externalisée dans un Uterus Artificielle. 
            Nul doute qu’encore une fois, les clivages Révolution / Réaction , Rationalistes / Croyants, seront très forts. 

          • Annie 9 février 2012 19:18

            Deborah30,
            Je suis très consciente que les taux de testostérone peuvent influencer le comportement des hommes, mais il y a aussi ce qui s’appelle le libre arbitre.
            Isga,
            Je suis pour la contraception et l’avortement, par contre, et c’était le sujet de l’article, tout dans l’organisme semble avoir un rôle (à part la rate mais on me démentira peut-être) et il est possible que l’avantage des menstruations prime sur leurs inconvénients. L’article a apporté un élément de réponse.
            Sinon d’une manière plus générale, contrôler son corps ne veut pas dire, enfin pour moi, supprimer tout ce qui en fait sa spécificité.


          • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 8 février 2012 20:44

             Toujours des sujets originaux et intéressants. Merci.


            • Valerianne Valerianne 9 février 2012 03:47

              Génial cet article, intéressant et drôle, et on apprend plein de trucs ! smiley

              Merci merci.

               


              • easy easy 9 février 2012 08:30

                Gordon, pour rire d’une réflexion d’Isga qu’il trouve trop simple, a écrit

                « la vie = quelques coups de tonnerre dans un flaque de purin et hop c’est parti »"

                Cette bonne boutade est toutefois articulée sur la théorie de la soupe primitive où nos savants ont vraiment foudroyé des mélanges élémentaires pour espérer voir surgir au moins les premiers acides aminés


                Du coup, il me vient la réflexion que le prométhéisme, en tous cas selon notre vision occidentale, va vite à concevoir que pour créer il faut cogner. Et que plus on cogne fort, plus on a des chances qu’il se passe quelque chose

                 (Dieu, parce que chez nous Il n’existe que parce qu’il a Créé, serait alors hyper puissant)

                Il y a chez nous un fond d’idée allant à considérer qu’il ne peut rien se passer d’intéressant et encore moins d’épatant si l’on n’y met pas le paquet. Plus le canon est gros, plus ça le fait.


                C’est pourtant en ne cognant pas, en ne foudroyant pas, qu’on permet que des choses de la nature se produisent
                .
                Vers 1894, Alexandre Yersin quitte l’Indochine pour aller étudier la peste qui sévit à Hong Kong . Une équipe japonaise est déjà sur place qui tient à découvrir le microbe avant lui et qui dispose d’un labo complet avec incubateurs.

                Alexandre bricole avec trois bouts de ficelles sans aucun appareil. C’est pourtant lui qui va découvrir le bacille car, curieusement, ce microbe se développe plus vite à température ambiante de 23°C qu’à 37°C 




                Dieu est en réalité du temps




                • lsga lsga 9 février 2012 19:29

                  la soupe primitive c’est simplement une théorie parmi beaucoup d’autres.


                  Aujourd’hui, si on comprend bien la formation des liposomes (la ’bulle’ externe qui forme la cellule), on ne comprend pas l’apparition des chromosomes et du code génétique (de là en déduire que c’est nécessairement un miracle...)

                  Pour les acides aminés, la théorie la plus ’en vogue’ en ce moment ce sont les météorites. 

                  Si vous vous intéressez à la notion de violence dans les sciences occidentales allez jeter un coup d’oeil du côté de Francis Bacon qui affirmait que la science devait ’torturer la Nature’ pour l’étudier (ce qui est classiquement relié au Mythe Prométhéen) :



                  Bref, passionnant, mais tout cela ne change rien au fait QUE NOUS SOMMES LE PRODUIT DE L’EVOLUTION NATURELLE. 

                  Je ne vous dit pas que Dieu n’existe pas... je n’en sais rien et cela ne m’intéresse pas. 
                  Par contre, de la même manière que l’on est sûr à 100% que la Terre tourne autour du Soleil, on est sûr à 100% que l’Homme descend du Singe qui descend du Rat selon un process d’évolution reposant essentiellement sur le hasard des mutations génétiques, de l’adaptation au milieu, et des préférences sexuelles. 

                  Bref : nous sommes un brouillon plus ou moins réussis. A nous d’améliorer tout ça. 

                • Tall 9 février 2012 19:48

                  Pour les acides aminés, on a réussi en 1953 déjà à les faire naître à partir d’un modèle de soupe primitive > source wiki

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