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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Le nez, siège de l’intuition ?

Le nez, siège de l’intuition ?

Évidemment non, puisque chacun sait que c’est une petite glande, située entre nos 2 yeux, un peu plus haut sur le front, l’épiphyse, appelée aussi la glande pinéale...qui est considérée comme le fameux 3ème œil.

Mais quid du nez alors ?

N’utilise-t-on pas l’expression « avoir du nez » pour qualifier la faculté d’une personne dotée d’une bonne intuition...et qui, suivant l’expression consacrée « a du flair » ?

Ce nez, qu’une certaine reine égyptienne aurait largement utilisé pour exercer son charme, est aussi l’outil de travail des sommeliers ou des inventeurs de parfum.

Un « fin nez » est aussi une personne qui, en gastronomies diverses, sait l’utiliser pour faire découvrir les qualités gustatives de tel ou tel produit...

Et si « parler du nez » signifie seulement que l’intéressé est frappé par un bon rhume...ou un défaut nommé rhinolalie, résultant d’une anomalie nasale, le nez dit aussi pas mal de choses sur ce que nous sommes. lien

En effet, s’il faut en croire Joseph Messinger, psychologue et spécialiste des langages symboliques et de la gestuelle professionnelle, si votre interlocuteur se bouche machinalement le nez entre le pouce et l’index, c’est qu’il ne croit pas un seul mot de ce que vous être en train de lui dire...

Mais il y a mieux.

Messinger tout en rappelant que le nez est le siège du flair, et celui du savoir-faire, avant d’être le symbole du sexe, affirme que si votre interlocuteur casse l’arête de son nez du bout de son index, coude en appui, c’est qu’il apprécie votre vivacité d’esprit...par contre, si ce même interlocuteur écrase la pointe de son nez du bout de son index signifie qu’il exprime consciemment son mépris pour toute proposition que vous seriez amené à lui faire.

Il en est de même pour celui qui se pince le nez entre le pouce et l’index, coude en appui, car votre interlocuteur vous signifie que vous êtes en train de vous engager sur une voie de garage.

Quand à celui qui passe répétitivement pouce et index sur ses narines, c’est qu’il pense exactement le contraire de ce qu’il dit.

Le psychologue nous met aussi en garde contre celui qui se tripote les poils du nez : c’est un obsessionnel. lien

On le voit, nos nez sont très bavards.

Y compris dans le domaine sexuel...

S’il faut en croire Dounia Malki, adepte du Siang Mien, littéralement « lecture du visage », un nez en trompette ou retroussé fait de vous un(e) romantique, adepte des nouvelles expériences sexuelles, et si ce nez est doté d’une petite bosse, vous êtes insatiable en matière de sexe, passionné(e) pour les jeux coquins. lien

Dans ce domaine, l’affirmation comparant la longueur du nez, et celle du sexe, serait du domaine de la fable (lien) même si l’on se souvient que dans le Cyrano de Rostand, ce même nez était plutôt handicapant sur le chapitre de l'amour, et la tirade qu’il a inspirée est restée célèbre. lien

Mais revenons à l’intuition.

Télescopage des genres, rappelons que l’intuitif George Orwell, s’appelait en réalité Éric Blair, en précisant que le mot blair est l’argot du mot « nez ».

En effet, Orwell avait tout anticipé : novlangue, totalitarisme, contrôle des individus, etc, comme le rappelle Saïd Mahrane dans les colonnes du « Point » du 16 août dernier ? lien

Des 1945, Orwell avait prévu la guerre froide, et les dangers de la course aux armements.

Il avait aussi annoncé la « novlangue  », ce langage appauvri dont il disait qu’elle anéantissait la pensée.

Il avait aussi imaginé la mécanisation à outrance écrivant dans « Quai de Wigan » en 1937 : « sans doute devons-nous prendre notre parti de la machine, mais comme nous prenons notre parti d’une drogue à absorber, c’est-à-dire sans enthousiasme, et avec quelque méfiance ». lien

Quant à son livre culte, « 1984 », (pdf) vendu à 30 millions d’exemplaires, il évoquait aussi la surveillance technologique.

Dans son ouvrage, les « télécrans » servaient autant au divertissement qu’à la surveillance.

On sait aujourd’hui à quel point la surveillance s’est installée dans nos vies, avec ses caméras, ses radars, ses drones...

Plus étonnant encore, à chaque évènement mondial, les ventes de « 1984 » sont relancées.

Ainsi, le 22 janvier 1984, lors du lancement du premier Macintosh, la vente du livre fait un bond de 50 000 exemplaires...plus tard, lors de l’alerte lancée par Edward Snowden, les ventes du livre ont augmenté de 6000 %.

Plus près de nous, lorsque la conseillère de Trump, Kellyanne Conway évoque le 22 janvier 2017 « des faits alternatifs », elle provoque la vente supplémentaire de 75 000 exemplaires.

On pourra bien sûr s’amuser de cette coïncidence entre ces 2 « 22 janvier », tout comme celle qui rapproche le blair du nez d’Orwell, tout en constatant que ce dernier était doté d’un appendice nasal de bonne taille.

Le conservateur anglais Roger Scruton a une opinion tranchée sur la personnalité d’Orwell : « Orwell qui se disait de gauche était en réalité un grand penseur de la droite, mais il était contraint de le cacher » écrivait-il.

Ce qui demande à être prouvée, si l’on veut bien se souvenir qu’il s’était engagé, en 1936 dans les milices espagnoles du parti ouvrier d’unification marxiste.

Quoi qu’il en soit, il faut découvrir l’article de Thomas Mahler, dans le même numéro du « Point  », le chroniqueur s’appuyant sur l’œuvre de l’écrivain pour nous rappeler ses judicieux conseils.

D’abord privilégier l’humain.

Orwell raconte dans « hommage à la Catalogne  », un épisode troublant : alors qu’il était sur le front de la guerre d’Espagne, luttant contre les fascistes, il épargna un ennemi qui, sortant de la tranchée, retenait son pantalon : « un homme qui est en train de perdre son pantalon n’est pas un fasciste », avait-il écrit.

Puis, faire passer les faits avant l’idéologie.

A l’époque il s’était fatalement indigné que la presse de gauche ne relatait pas le conflit espagnol objectivement, mais relayaient surtout la propagande communiste.

« Être curieux de tout »...est son conseil suivant.

Et cette recommandation était portée par cette pensée : « c’est en conservant notre amour enfantin pour les arbres, les poissons, les papillons, les crapauds, etc., que l’on rend un peu plus probable la possibilité d’un avenir paisible et décent ». lien

Il prônait aussi la « décence commune », affirmant sans ambages que « l’homme ordinaire n’a pas besoin de se tourner vers certaines autorités pour agir moralement ».

Il conseillait aussi de fuir les dogmes religieux, dénonçant « ces prêtes rusés » qui exploitent le bon peuple.

En ces temps troubles ou le fanatisme religieux mène un bal mortifère, cette pensée a le mérite de la clairvoyance.

« La vie vaut la peine d’être vécue sur cette terre, qui est la seule que nous avons » a-t-il écrit.

Il ne faut pas surestimer les régimes autoritaires, pensait-il... : « Les régimes autoritaires sont bien plus faibles que ne le suggère leur propagande ».

Il conseillait aussi de soigner son langage, s’en prenant à un langage qui peut aussi corrompre la pensée...transmis à ceux qui, depuis quelques temps, se fourvoient dans une piètre langue de bois.

« Un style obscur, ennuyeux et pompeux masque souvent des mensonges ou une pensée déconnectée du réel ».

Mais c’est peut-être sa dernière recommandation qui mérité l’attention.

Toujours défendre les libertés.

En 1948, il écrivit à son confrère Malcom Muggeridge : « la vraie division n’est pas entre conservateurs et révolutionnaires, mais entre autoritaires et libertaires ».

Transmis à notre méprisant chef d’état, lequel se prétendant ni de droite ni de gauche, exerce un autoritarisme de mauvais aloi, dans lequel le dialogue et la concertation tiennent une place plutôt étriquée...aurait-il les français dans le nez ? lien

En tout cas, ceux-ci, semblent assez désillusionnés, vu sa cote de popularité plongeante, (31% de satisfaits) et la démission de Laura Flessel, dite « la guêpe », ministre des sports, engagée pour promouvoir la candidature de la France pour les JO parisiens n'arrange rien. lien

Comme aime à dire mon vieil ami africain, faisant en quelque sorte un pied de nez à l’actualité : « si tu es pressé, fais un détour  ».

L’image illustrant l’article vient de pausecafein.fr

Merci aux internautes de leur aide efficace

Olivier Cabanel

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19 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 5 septembre 10:38

    Bonjour Cabanel. Oui, mais associée à la glande PINEALE. smiley.


    • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 11:31

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      bonjour Mélu...la glande pinéale, et l’épiphyse, c’est la même chose ! smiley


    • Le421 Le421 5 septembre 18:06

      @olivier cabanel

      Pour ce qui est de Mélusine et de glande « pinéale », j’ai l’impression qu’elle en aurait bien besoin...
       smiley


    • blablablietblabla blablablietblabla 5 septembre 18:30

      @Le421

      Tout à fait, cette nana est complétement à l’ouest.
      « On dit d’une femme qu’elle est sans âge quand elle a passé celui d’en avoir un »
      Pierre Dac.

    • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 19:25

      @Le421
      non, je ne le crois pas...elle a beaucoup d’intuition...

      mais je crois que tu as envie de la titiller ?! smiley

    • troletbuse troletbuse 5 septembre 21:40

      @Le421
      Surtout de pine smiley


    • Le421 Le421 6 septembre 08:43

      @olivier cabanel

      En tout cas, avec elle, dès qu’on titille la macronie...
      Depuis sa Belgique (? ?? voire) elle défends bec et ongles.
      Et moi, ça ne me va pas.

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 7 septembre 10:28

      @Le421


      Vous me connaissez aussi bien que votre banquier ou facteur. J’écris depuis le début que je suis DEcroissante et n’en ai donc rien à cirer de Macron. Mais vous êtes trop stupides que pour imaginer qu’il est peut-être utile d’avoir une cheval de Troie dans la macronie. ET de toute façon, je ne dévoile un peu de ma personne qu’à ceux qui en valent la peine,...et je ne vous direz pas qui,... 

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 5 septembre 11:11

      Et le nez mutin.....La fameuse injection faite à IRMA fut bien l’introduction de cette formi« diable aventure » que fut la psychanalyse. Comme Christophe COLOMB (pas colon) qui ayant perdu le cap s’est retrouvé en AMERIQUE. Etre nez à nez avec soi-même, n’est-ce pas aussi une manière d’être un nouveau-né ? Attention messieurs, si pour les hommes le nez (Zététique) est de nature féminine, celles-ci selon certains clichés ne sachant jamais ce qu’elle veulent exactement. Du point de VUE des DAMES, le nez serait plutôt d’un autre lieu qui est souvent remplacé par une chandelle dans les couvents. Grossière erreur. aquilin, il se fait hautain et narcissique, Droit, aristocratique et arrogant. s’il est parfois intuitif, d’un point de vue plus réaliste il permet surtout de maintenir les lunettes et d’y voir clair,...Si Sherlock avait de l’intuition, il est le plus souvent représenté avec sa loupe,...


      • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 11:35

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        merci d’avoir complété avec brio cet article de nez...

        quand à cette chère loque...sans watson, il n’était rien...
        d’autres détectives privés ont besoin d’avoir un coup dans le nez pour agiter leurs neurones...ce qui énerve la police officielle qui finit par « l’avoir dans le nez ».
         smiley 


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 5 septembre 11:39

        @olivier cabanel


        Comme don Quichochotte et Sancho qui au moins pensa,...

      • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 13:00

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        j’aime ton humour décapant.


      • bébert 5 septembre 17:57

        Cet article Nasal Cabanélien est comme un pet malodorant , tout le monde se bouche le nez , mais personne n’ouvre la bouche de peur d’avaler ces effluves pestilentielles.


        • Le421 Le421 5 septembre 18:08

          @bébert

          Gros avantage aux bouffons de service, ils ne nous ennuient pas avec les articles qu’ils n’écrivent jamais...
          Bien sûr, je ne dis pas ça pour vous.
          Quand on ne peut pas, c’est excusable...  smiley


        • bébert 5 septembre 18:12

          @Le421
          Mais tu peux , bouffon me va très bien.


        • Le421 Le421 6 septembre 08:46

          @bébert

          Heu, non, ce n’était pas du tout pour vous, en fait.
          Un bouffon, ça fait rire...


          • olivier cabanel olivier cabanel 5 septembre 19:30

            @Passante
            oui, j’étais au courant pour perpignan... je découvre pour NY...grâce à toi !

            merci

          • bob14 6 septembre 08:01
            Avoir du nez

            Signification : Avoir du flair, être perspicace, avoir de l’intuition

            Origine : Expression française du milieu du XIXème siècle qui se baserait sur la définition du nez du XVIème siècle à savoir la finesse du goût qui viendrait du monde de la chasse à courre où le chien qui a du nez ou le nez fin est capable de chasser par tous les temps. Du chien, cette expression est passée à l’homme pour désigner celui qui est perspicace et qui a du flair pour sentir les bonnes affaires.

            Expressions françaises synonymes : Avoir le nez fin, avoir du flair...

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