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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Les galériens parisiens du logement s’organisent

Les galériens parisiens du logement s’organisent

Se loger à Paris relève pour les jeunes du parcours du combattant, avec souvent, au bout, le sentiment de se faire flouer par des bailleurs en situation de force. Face à cette situation, la résistance s’organise. Un collectif a vu le jour, « Jeudi noir », en référence à la date de parution du Particulier à particulier, hebdomadaire bien connu de petites annonces. Leur arme : l’humour.

La France entière sait que les loyers parisiens atteignent des montants totalement déconnectés de la réalité, à un point tel (jusqu’à 660 euros/mois pour un studio de 17 m²) que les bonnes villes de province n’osent même plus prendre en référence les pratiques parisiennes. Tout un symbole !

Trouver un appartement à Paname relève du chemin de croix. Des logements toujours plus chers et des bailleurs toujours plus exigeants. Le collectif Jeudi noir a choisi de réagir en organisant des actions des plus insolites. Ses militants n’hésitent pas à débarquer par dizaines lors d’un rendez-vous pour une visite et à improviser une petite fête au nez et à la barbe des propriétaires, ou à s’inviter à une conférence de presse de Jean-Louis Borloo, ministre du Logement, pour décrocher un rendez-vous. A chaque fois, la vidéo est présente, histoire de saisir ces moments ubuesques et de peser, par leur publication sur le site officiel du collectif, sur les acteurs du logement.

Derrière la dérision pourtant, l’objectif de Jeudi noir est des plus sérieux : rappeler aux pouvoirs publics que les politiques du logement doivent aider prioritairement les personnes qui ont besoin de se loger.


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46 réactions à cet article    


  • wired 30 novembre 2006 13:51

    J’aime bien ce genre de révolte. Une nuisance, une révolte humoristique, et sans doute un peu sans illusion. Ils ne restent plus que ca...Alors allons y gaiemment. smiley


    • (---.---.23.58) 30 novembre 2006 19:21

      Ah les problèmes des fils de bourges qui veulent habiter Paris pour ne pas rencontrer les immigrés en Banlieue. Et qui ne veulent pas prendre un scooter parcequ’ils auront trop froid à leur petites fefesses. C’est rigolo. smiley


    • guillaume (---.---.155.178) 11 décembre 2006 15:43

      Quand on voit une merde du 93 se vendre au même prix qu’une merde du 16ème, on ne fait pas ce genre de commentaire.


    • clairette (---.---.55.65) 30 novembre 2006 14:01

      Ne parler que de Paris, c’est un peu réducteur, je peux vous citer des exemples vécus sur Montrouge, Châtillon...(92). Ma fille, après une séparation, a dû cacher qu’elle avait deux anfants pour obtenir 33 m2 à Montrouge (comptés pour 39 par l’agence...)... Il y avait quinze personnes qui voulaient ce logement, c’est grâce à la caution des parents et avec ce mensonge qu’elle l’a emporté ! Depuis c’est mieux, elle a un trois pièces à Châtillon pour 950 euros par mois... c’est presque la moitié de son salaire ! et toujours la caution des parents ! alors, ceux qui n’ont pas de parents, qu’est-ce qu’ils font ?

      Je partage ce coup de g.... de l’auteur !

      Lors de ma dernière visite à Châtillon, j’ai discuté avec des jeunes hommes qui m’ont dit dormir dans leur voiture... et ils ont un emploi, 1000 à 1500 euros, comment se loger ? Je suis atterrée !


      • Antoine Diederick (---.---.217.79) 8 décembre 2006 22:25

        il n’y que l’intervention politique pour changer la situation :

        > Bloquer les loyers.

        > Incitation fiscales pour les proprios.

        > Politique du logement.

        etc....c’est une honte....la situation actuelle...

        La bulle immo ds les pays anglos saxons va se dégonfler...cela suivra en Europe mais avec retard....

        Politique du logement, c’est le seul moyen pour donner du logement décent.


      • (---.---.75.144) 30 novembre 2006 14:02

        effectivement, quand est ce que les pouvoirs publics vont-ils mettre des limites à cette exploitation honteuse des logements, bien au delà de la juste nécessité de faire fructifier un patrimoine ? smiley


        • Offset (---.---.48.80) 30 novembre 2006 14:11

          « Trouver un appartement à Paname relève du chemin de croix. »

          Paris c’est cher, on le savait. Mais il n’y a pas que Paris, passez la « frontière », en enjambant le perif, et vous aurez un loyer 30% moins cher. Pourtant, on pourra pas dire que des villes limitrophes de Paris soient mal équipés en transport en commun et services divers. Je trouve cela très psycologique : c’est Paris ou rien. Donc du coup, les prix de Paris même augmentent démesurément.

          Je trouve ca marrant les gens qui veulent absolument habiter dans Paris même. Ca fait un peu bobo comme réaction.


          • clairette (---.---.119.237) 30 novembre 2006 16:29

            @ Offset,

            si vous lisez mon commentaire précédent, vous verrez qu’il n’ya pas qu’à Paris intra-muros que les loyers sont inabordables ! Quand vous écrivez que la banlieue est 30% moins chère, précisez laquelle ? Car je peux aussi vous citer des exemples dans le 91 à 30 km, voire 40 km de Paris, ou dans les Yvelines, où les prix flambent aussi ! Mais il suffit de lire les annonces des agences pour comprendre ! Et les moyens de transports en commun « pratiques » vous avez déjà essayé d’aller de Montrouge à Epinay sur Seine ? et de Massy à Enghien ? et de Châtillon à Noisiel ? Les prix des transports s’ajoutent au prix du loyer ! Personne ne rêve dans mon entourage, de vivre à Paris, mais tous souhaitent ne pas faire une heure et demi de trajet matin et soir pour se rendre au travail et rentrer dans son studio de 20 m2 pour se relaxer !

            Cordialement.


          • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 18:27

            Offset a bien parlé.

            Les gens qui veulent habiter Paris sont des délicats qui veulent être bien au chaud dans le métro pour ne pas conduire une voiture ou un deux-roue. Ils ont peur de la banlieue parce qu’on leur a dit à la télé qu’il y a avait des noirs et des arabes. Il est juste qu’ils payent pour cela. Leurs revendications de néo-soixante-huitards dorés sur tranche me fait rire. smiley


          • Moise (---.---.20.111) 30 novembre 2006 21:59

            La surévaluation des loyers est certaibne. Ce n’est pas etre Bobo que de vouloir passer plus de temps chez soi que sur la route ! En plus, la voitureou le cyclo, çà coute cher ! tres cher ! Carburants, assurances reparation entretien !

            D’autre part, je suis informaticien, et tout ceux comme moi, qui cherchent un emploi, savent tres bien que cela se passe a Paris pour celui qui veut évoluer et ne pas rester confiné dans un travail qui ne correspond meme pas a ce qu’il a comme formation.Il y en beaucoup je sais mais l’informatique çà evolue vite, tres vite, et si vous n’vez pas trvailler dans le secteur de votre formation rapidement, c’est peine perdue !

            C’est quand meme ABHERENT, de demander a un locataire un salaire de quatre fois le loyer, quand on sait que la mojorité des salaires stagne entre 1200€ et 1500€ brut /mois.Alors avec des loyers comme cités au dessu par une dame, a 660€, on se dit que oui effectivement y’a que les bobos qui peuvent se loger a PARIS. Léconomie nous conduit au vieux temps de la monarchie, les bourgeois entre eux et les pauvres autours.

            Je sui d’accord avec ce point de vue selon le quel paris est un regroupement de BOBOS !


          • Eric 1er décembre 2006 09:34

            Faux ! Sous la monarchie, la ségrégation était verticale. Les marchands en bas en boutique, les nobles au bel étage, les pauvres sous les toits. Ils cohabitaient sous le même toit et comme l’escalier de service n’était pas encore inventé, ils pouvaient se rencontrer....

            C’est un acquis de la démocratie sociale de parquer les pauvres en banlieue à grand coup de HLM et de règlements protégeant les locataires contre les propriétaires, imposant les surfaces minimales, et fiscalisant les revenus locatifs de telle façon que beaucoup de surface ne sont pas louées.

            Monsieur Moreigne ? C’est encore une association de la mouvance trotskiste comme votre réseau éducation sans frontière ?

            On voit bien les effets économiques potentiels de cette transgression des droits de l’homme (droit de propriété)

            Un propriétaire qui veut mettre son bien en location risquera désormais de se retrouver avec un collectif débarquant chez lui pour faire la fête. Une bonne raison de plus de ne pas louer ou de louer a ses proches.

            Est-ce bien toujours la même logique ? Aggraver les tensions pour hâter l’advenue de la révolution ? On remplace la peinture sur les ambassades par les confettis chez les gens.

            Ah retournez voir Mourir à 30 ans (Romain Goupil)


          • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 09:50

            « Faux ! Sous la monarchie, la ségrégation était verticale. Les marchands en bas en boutique, les nobles au bel étage, les pauvres sous les toits. Ils cohabitaient sous le même toit et comme l’escalier de service n’était pas encore inventé, ils pouvaient se rencontrer.... »

            Non, ca c’est plutôt XIXéme siécle. Sous l’ancien régime, les nobles avaient tout l’immeuble pour eux. Enfin, dans les beau quartier (encore que Baumarchais avait son immeuble face à la Bastille..). Quand au petit noble, il restaient dans leur chateau, à la campagne (Paris n’avait que 600.000 habitant sous Louis XVI, pour quoi ? 26 millions d’habitant totalt).

            « C’est un acquis de la démocratie sociale de parquer les pauvres en banlieue à grand coup de HLM et de règlements protégeant les locataires contre les propriétaires, imposant les surfaces minimales, et fiscalisant les revenus locatifs de telle façon que beaucoup de surface ne sont pas louées. »

            Exact. D’ou aussi au XIXéme siécle les ouvriers mal logés..

            « Un propriétaire qui veut mettre son bien en location risquera désormais de se retrouver avec un collectif débarquant chez lui pour faire la fête. Une bonne raison de plus de ne pas louer ou de louer a ses proches. »

            Plus que jamais, le réseau et l’offre informel. Soyons prudent : ils sont partout.


          • Henry Moreigne Henry Moreigne 1er décembre 2006 10:44

            Tremblez bourgeois des jeunes ennivrés au Champomy menacent de débarquer dans vos logements, armés des langues de belle-mère entre les dents !lol Soyons sérieux. La réaction de ce collectif est aussi sympathique que normale. Pas plus dérangeante à mes yeux que la loi Robien qui par la défiscalisation qu’elle accorde (toujours aux memes) contribue à cette inflation des loyers (là aussi tjrs payés par les mêmes).


          • guillaume (---.---.155.178) 11 décembre 2006 15:50

            Paris est un repère de bobos et de jeunes qui bouffent des pates.

            Vous ne vous demandez pas pourquoi des jeunes gens sans le sou sont près à bosser à Paris dans ces conditions ?

            Mais bon, avant l’élection, il n’y aucune raison que l’immobilier baisse : faudrait pas que le proprio parisien nouvellement endetté se mette à voter Le Pen. Ouhlàlà...


          • wired 30 novembre 2006 14:20

            Ca va au delà de Paris...


            • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 30 novembre 2006 15:04

              Pauvre petit parisien. Pas possible de trouver un 5 pièces dans le marais pour 400€/mois. Paris est une toute petite capitale (en superficie) par rapport aux autres villes alors tout le monde ne peut pas y habiter, c’est tout.

              Sinon je remarque que comme à chaque fois on stigmatise, ces salauds de propriétaires qui sont de plus en plus regardant avec les pauvres locataires ...


              • panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 16:35

                Vous oubliez de dire que Paris n’est pas une ville chère en comparaison avec d’autres capitales européennes.

                Personnellement, j’habite en province, où la location d’un 3 pièces de 70m2 coûte 1200 euros par mois, sans les charges.


              • clairette (---.---.119.237) 30 novembre 2006 16:36

                @ Cris,

                On n’a pas dû lire le même article, il me semble qu’il n’était pas question d’un cinq pièces mais d’un studio de 17 m2 ? ça vous dit quelque chose : vivre dans 17 m2 ? J’imagine que c’est l’espace que vous réservez généreusement à votre employée de maison, ou à votre majordome, puisque vous paraissez si bien connaître les hôtels particuliers du Marais ?


              • Yvance77 (---.---.234.111) 30 novembre 2006 17:28

                C’est complètement con comme raisonnement. Au regard des salires medians Paris est une ville chère, Londres ou Dublin voir Bucarest sont horriblement chères ... c’est le curseur qu’im faut déplacer.

                A peluche


              • Panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 15:12

                C’est la loi de l’offre et de la demande. Il n’y a presque plus d’offre, alors les prix explosent, partout en France.

                Les pouvoirs publiques n’ont pas une marge de manoeuvre énorme : qui va financer tout ça ? Les caisses sont vides !

                La situation va redevenir un peu moins tendue : il y a 3 vendeurs pour 1 acheteur actuellement. Si les prix au M2 et en corollaire les loyers ne baissent pas brutalement, c’est que les faire baisser actuellement plongerait dans le rouge toute l’économie du pays, et en particulier les banques et grandes entreprises qui ont investi massivement dans l’immobilier.

                Souvenez-vous : à la fin des années 90, le Crédit Lyonnais était en faillite virtuelle à cause de l’explosion de la bulle immobilière. Nous, contribuables, avons tous payé.

                Recommencer ? Non merci ! Vos actions sont sympathiques mais vont à l’encontre de la tendance actuelle. Ca ne sert à rien de pisser contre le vent : l’aterrisage se fera en douceur, cette fois.


                • Moise (---.---.20.111) 30 novembre 2006 22:06

                  alors pourquoi certains logements sont -ils vide ? c’est n’importe quoi !

                  on préfèrent laisser des logements vides plutot que de les liouer a des gens qui travaillent et gagnent honnétements leur vue EUX, sans forcement spéculer !


                • FreeIngrid (---.---.121.76) 1er décembre 2006 04:08

                  « Les pouvoirs publiques n’ont pas une marge de manoeuvre énorme : qui va financer tout ça ? Les caisses sont vides ! »

                  => si facille, dans chaque commune de + de 30000 habitant, prendre 10 sites a la periphérie ( des champs ) et les passer a constructible ( changer le plan d’occupation des sols )

                  les prometteurs, viendrons, pas de souci et ca fera mécaniquemment baisser le prix du metre carré dans toutes la ville.

                  Pas besoin d’argent public, juste avoir la volonté de délivrer les permis de construire.


                • (---.---.92.11) 30 novembre 2006 15:32

                  En clair dormez dans vos voitures c’est tendance. On croit rêver. Franchement je trouve ce mouvement bien sympathique face à quelque chose qui est intolérable, la difficulté à se loger. C’est quand même un besoin essentiel. Peut être créer les logements du coeurs ... smiley


                  • Richard (---.---.193.53) 30 novembre 2006 15:50

                    « l’aterrisage se fera en douceur, cette fois » Que j’aime cette expression smiley C’est la méthode coué pour s’éviter un krack immobilier ? Oups, je l’ai dit smiley


                    • panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 16:32

                      Oui c’est un peu de la méthode coué !

                      Ca serait aussi préférable pour tous, vous ne croyez pas ?


                    • LE CHAT (---.---.75.49) 30 novembre 2006 16:50

                      que fait Julien Courbet ?

                      Paris n’est pas le centre du monde , venez voir un peu dans le 13 et le 06 .............


                      • panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 17:11

                        Oh Le Chat, vous êtes un voisin ?


                      • (---.---.150.232) 30 novembre 2006 18:36

                        Marseille : UN FONDS DE PENSION NETTOIE LE VIEUX-PORT

                        Le fonds de pension Lone Star a traversé l’Atlantique pour racheter la moitié de la rue de la République, une artère populaire de Marseille. L’objectif de cette opération immobilière répond au mot d’ordre de la mairie : « reconquérir le centre-ville » en boutant hors de ses murs les petits locataires.

                        Seul un esprit tordu verrait dans le rictus grasseyant de Gaudin, le maire d’aujourd’hui, une réminiscence du cynisme satisfait de Bousquet, le préfet d’hier, qui sous-traita le dynamitage du quartier du Vieux-Port à la Wehrmacht. Une telle comparaison vaudrait à son auteur d’être traîné devant les tribunaux pour diffamation, et nous ne nous y risquerons pas.

                        Mais tout de même, que de similitudes dans les discours successifs justifiant l’expulsion des pauvres (voir anthologie)... Seul l’apport langagier des sociologues a un peu enrichi la rhétorique des épurateurs : aujourd’hui, on cause mixité sociale et dé-paupérisation, là où hier on éructait hygiène et éradication.

                        Quant aux moyens employés, s’ils sont moins brutaux (on promet de saupoudrer le projet final de quelques logements sociaux), ils n’en sont pas moins dégueulasses. Dès l’automne, les dynamiques mais anonymes capitalistes de Lone Star mandatent auprès de tous les locataires de la rue (qui ont appris qu’ils avaient changé de proprio par les journaux) des individus louches, des « médiateurs » auto-proclamés, pour faire pression sur eux et précipiter leur départ. Alors que les précédents bailleurs (SIM, Danone, P2C...) avaient parié sur le pourrissement et la spéculation à moyen terme, Lone Star prétend toucher le jack-pot tout de suite.

                        Les « Texans » ont annoncé haut et fort qu’ils avaient pour projet de se débarrasser des occupants, de rénover et de revendre leur parc immobilier en faisant une marge de bénéfices de 18 % d’ici 2007 !

                        Les fameux « médiateurs » n’y vont donc pas avec le dos de la cuillère. Ils racontent aux vieux isolés que des travaux seront bientôt effectués dans les cages d’escaliers et les ascenseurs, ce qui les empêchera de descendre de chez eux pendant des semaines, voire des mois ! Ceci après les avoir fait parler de leurs angoisses et de leurs pénuries, et leur avoir promis un logement alternatif « plus près de [leurs] enfants »...

                        Pour les loyers loi 1989 (loi socialiste limitant la durée du bail à six ans), il s’agit simplement de presser le mouvement : si la fin du bail est éloignée, on fait miroiter une « indemnité de départ ». Mais les sommes en question sont tenues secrètes, négociées au cas par cas et seulement après que le locataire se soit engagé à vite débarrasser le plancher. Avec les baux loi 1948 (plus d’une centaine sur toute la rue), l’affaire se complique : les occupants, protégés par la loi, ont souvent effectué de gros travaux d’amélioration de leur appartement, et ils sont décidés à résister. Ce sont surtout eux qui se sont associés autour de Michel Quadra. Comme ils sont dispersés sur toute la rue, ils pourraient paralyser les travaux de réhabilitation pendant des lustres.

                        Ces dernières années, de mystérieux incendies se sont multipliés dans les cages d’escaliers, ainsi que des feux de paillasson sur le palier de certaines personnes âgées. On accuse sans preuve les squatteurs (60 % des logements étant vides, de nombreux sans-logis s’y sont installés, servant malgré eux de repoussoir).

                        Un pharmacien, qui refusait la résiliation de son bail, a vu arracher les conduites de gaz attenantes à son commerce. Lorsqu’il a voulu porter plainte, on lui a dit que seul le propriétaire était habilité pour ce genre de procédure. Chose que P2C, le proprio de l’époque, s’est bien gardé de faire. Le pharmacien : « Cela est arrivé à l’époque de la fièvre America’s Cup. Sur les plans d’Euroméditerranée [projet pharaonique de constructions de bureaux], nous avions disparu. À notre place, un hôtel de luxe. »

                        Certains commerçants, craignant un avenir trop aléatoire, ont déjà accepté la somme proposée et ont mis la clé sous la porte, tel cet artisan-boucher de la rue des Phocéens. Comme lorsqu’on découvre ces petits-fils d’esclaves se balançant dans des rocking-chairs sous la véranda des palais coloniaux de la vieille Havane, on éprouve une joie certaine à voir les immeubles de la rue de la République, construits pour les nantis, envahis par la plèbe. Au pied de ces façades prétentieuses, on se mêle volontiers au va-et-vient des cafés et des épiceries. Entre parties de cartes et estampes orientales, on prend son petit noir au bar du Globe, où la patronne viet se fait appeler maman par les jeunes du quartier. On s’arrête pour lire le proverbe du jour que le fruits-et-primeurs écrit à la craie sur sa devanture. Mais à la mairie, ils n’aiment pas ça. Sous prétexte d’aménagement du tramway, la moitié des petits commerces a été retranchée du décor, éloignée des clients et des habitués par un labyrinthe de barrières métalliques. Aucun service municipal n’a jugé bon d’informer les riverains de la durée des travaux. Un autre front est ainsi ouvert : après la spéculation privée, l’asphyxie et l’arbitraire « public ». L’hallali a-t-il sonné ? Pas si sûr. Michel Quadra est optimiste : la guérilla judiciaire s’annonce longue, et Lone Star pourrait bien déchanter.

                        Car énumérer les repreneurs successifs qui ont tenté leur chance avec la rue de la République, c’est égrener une série d’échecs cuisants. Échecs des élites dans leur quête d’un centre-ville où elles puissent pavoiser à leur aise. La greffe d’un commissariat en plein cœur de la Canebière, n’est-ce pas l’aveu de cet échec, quand l’État ne peut que mettre en scène une reconquête par la force, fût-elle « publique » ? Ce fortin au milieu du désert des Tartares est un constat d’impuissance. On a brisé la dynamique du bazar de Belsunce avec l’instauration des visas obligatoires et en envoyant le trabendo se cacher dans les entrepôts du boulevard des Dames ou dans les locaux trop étroits du marché du Soleil, mais rien n’y fait : les galeries d’art subventionnées de la rue Thubaneau, supposées remplacer le souk et les putains, tapinent dans le vide. Les facultés et leurs étudiants ont du mal à rendre l’atmosphère du centre plus studieuse, moins canaille. Les « bobos » ne sont qu’une insignifiante minorité et le dernier Africain débarqué s’intègre dix fois plus vite qu’eux. Non, décidément, Marseille n’est toujours pas une ville présentable.

                        Bien sûr, les millions de Lone Star alliés à ceux d’Euroméditerranée finiront bien par faire du dégât, malgré l’évaporation du fantasme humide de l’America’s Cup (voir CQFD n°4). Bien sûr, les pagnolades de Gaudin ne doivent pas faire oublier sa stratégie de démantèlement du Marseille populaire (il a été à bonne école lorsqu’il était délégué à l’urbanisme sous la houlette de Defferre). La guerre menée contre cette ville n’est pas circonscrite à la rue de la République, ni même au périmètre Euroméd. Elle va du saccage de l’ancien quartier ouvrier du Rouet jusqu’à l’éventration de Sainte-Marthe. Elle vise à creuser un peu plus le fossé qui sépare le Sud bien pensant et bien votant du Nord racailleux, ghettoïsé, coupé du reste de la ville par un réseau de transports en commun volontairement anémique.

                        Alors, d’échec en improvisation, le commis actuel de la pathétique bourgeoisie locale finit toujours par détruire quelques pans du Marseille qui nous plaît. Et entre les sombres rodomontades des cow-boys de la BAC, la triste mine des barbus et de leurs femmes emballées comme des meubles au rancart, et les pâles silhouettes des néo-Marseillais se rendant à leurs néo-jobs aux Docks de la Joliette, l’avenir ne serait pas folichon.

                        L’utopie grise des urbanistes, qui craint la diversité et la spontanéité populaire comme la peste, aura-t-elle raison de la déraison marseillaise ? Qui sait ?

                        En tout cas, la lumière crue du ciel méditerranéen se chargera de réaffirmer les angles vifs de la réalité, avec ses personnages imprévisibles et son admirable capacité de résistance passive. Comme disait Nasser au « médiateur » envoyé chez lui par Lone Star : « C’est tout Marseille qui n’est pas aux normes ! » Alors, puisque ici on exagère, pourquoi ne pas proclamer dès demain le communisme des maisons ?

                        ARTICLE PUBLIÉ DANS CQFD N°19, JANVIER 2005.


                      • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 18:42

                        Bof à Marseille, c’est déjà la mafia italienne. Il ne pensent quà l’argent. smiley


                      • LE CHAT (---.---.75.49) 1er décembre 2006 09:32

                        Bonjour Panama , chtimi en exil dans les BDR , je trouve que les prix de terrains et les loyers n’ont rien à envier à Paname ; Aix en provence ou La Ciotat sont hors de prix , quand au 06 , nombreux sont les gens qui y refusent les mutations tant les loyers sont élévés


                      • panama (---.---.198.59) 1er décembre 2006 12:22

                        Bonjour le Chat : cannois d’origine francomtoise ! Les prix de l’immobilier ici valent bien ceux de Paris.

                        Je suis condamné malgré un bon salaire à vivre dans 40 m2.

                        Je confirme que des ingénieurs refusent d’être mutés ici parce qu’ils ne veulent pas échanger leur maison dans le sud-ouest ou dans le nord contre un petit 3 pièces de 70 m2.


                      • Antoine Diederick « the Contrarian ». (---.---.217.79) 8 décembre 2006 22:32

                        @(IP:xxx.x23.150.232) le 30 novembre 2006 à 18H36

                        Bon commentaire...

                        Quand j’ai lu, il y a un an cette info sur Marseille, j’ai été sidéré de comprendre que ce quartier historique n’avait pas trouvé d’investisseurs français pour rénover....

                        Ensuite, une plus value de 18 % , c’est énorme....c’est plus que les 6 % de la moyenne acceptable...cela ressemble a de l’arnaque...

                        Enfin, bon, je suis peut-être trop critique smiley


                      • chercheApptF1 (---.---.143.80) 30 novembre 2006 17:19

                        Ma demande de logement à la mairie de Paris date de 1998 ! (donc 8 ans)

                        Malgré mes nombreux courriers au maire, à la mairie de paris, à la région (Huchon), et au préfet... RIEN.

                        Dans son courrier, début 2006, le préfet me confirme que je rentre bien dans les « critères » des demandeurs d’un logement (petit salaire, logement insalubre : sans chauffage...)

                        LE SUFFRAGE UNIVERSEL N’EST QU’UN LEURRE CENSE NOUS FAIRE CROIRE QUE NOUS PARTICIPONS A NOTRE PROPRE EXPLOITATION, ALORS QUE LES CHOIX QU’ILS NOUS PROPOSENT NE NOUS LAISSENT AUCUNE CHANCE POUR RENVERSER LEUR SYSTEME DE DOMINATION, HORMIS LE PROCESSUS NATUREL D’UNE REVOLUTION SOCIALE !


                        • panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 17:32

                          C’est tout simplement qu’il y en avait d’autres qui étaient plus prioritaires que vous.

                          je vous dirais simplement soit de changer de métier pour mieux gagner votre vie, soit de partir dans une région moins chère.

                          Désolé d’être direct, mais votre mentalité d’assisté ne vous rend en rien sympathique à vos malheur.


                        • chercheApptF1 (---.---.49.212) 30 novembre 2006 18:17

                          Panama :

                          1) Je ne suis assisté en aucun cas ; J’ai un salaire.

                          2) Ne sois pas « désolé » par ta mentalité de charogne !


                        • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 18:48

                          CHERCHEPAPPTF1,

                          ce n’est pas parceque tu as un salaire que tu n’es pas un assisté. Regarde à la Sncf. C’est dur mais c’est pour ton bien. il faut que tu l’admettes : Tu es un assisté.

                          cordialement smiley


                        • wired (---.---.92.11) 1er décembre 2006 10:33

                          Franchement il y en a marre de ce genre de commentaire à deux balles. RAS le bol ! Ras le bol de cette société qui coince les gens au ieu de les aider. Mentalité d’assister ? J’aimerais bien qu’il y ai du boulot, que ca avance et que tout le monde puisse avoir un logement...Il n’y a que des barrières ! :-<< :-<<. Un jour ca va barder pour de vrai ! (Désolé mais là trop c’est trop).


                        • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 10:40

                          On a besoin de ton HLM pour les immigrés de Cachant.

                          Il faut que tu apprennes la Solidarité. Eux n’ont rien, toi, au moins, tu travail.


                        • guillaume (---.---.155.178) 12 décembre 2006 14:54

                          Mentalité d’assisté, c’est au choix :
                          - Revenu minimum d’insertion,
                          - Politique agricole commune,
                          - Crédit à la consommation ?

                          Non. On bosse, on touche pas le RMI, pas la PAC, on est pas endetté, et on est des assisté ?

                          Et puis, quand vous parlez de Cachan, vous vous posez la question de où sont logé les normaliens de Cachan ? Ce sont des assistés qui n’ont qu’à déménager à Etampes ? Encore des assisté, toujours des assistés, et encore des assistés.

                          Pour moi, un assisté, c’est un bénéficiaire de la PAC. Pas un gars qui bosse pour gagner sa croûte. Un gars qui s’éndette pour acheter une croute en banlieue parisienne, j’appelle pas ça du dynamisme économique, mais du suivisme.

                          Enfin pourquoi la France ne contient parmi ses plus grosses fortunes que des gens qui possède du luxe, de la grande distrib, des armes, de la com. C’est pas de l’innovation, ça. En voilà d’autres assistés : les entrepreuneurs qui vivent de l’aumône publique, qui se sucrent sur les municipalités en faisant du chantage à l’emploi. De beaux assistés. Ou encore les entreprises d’espace verts qui font gratos les jardins des conseillers municipaux... Quelle « esprit d’initiative ». Et tout le monde applaudit ?

                          Et puis si vous regrettez que les groupes français soient sous-capitalisés, il ne faut pas regretter la façon dont vous, par vos votes « démocratiques », contraignez le bon peuple à dépenser ses sous. Continuez à scier les bancs publics, ça fera sûrement plus de pognons pour les brasseries. Continuez à spolier les petits actionnaires.

                          C’est quand même désagréable de se voir dire par des gars qui ont construit leur logement à l’époque-où-il-fallait-être-le-copain-du-maire-pour-constructibiliser-son-terrain que nous sommes des assistés.

                          Il paraît que la France, on l’aime ou on la quitte.

                          Je suis assez sidéré de voir comment on utilise des revendications sociales ou socialisantes pour empêcher le jeu de la concurrence. Les monopoles privés qui font semblant d’être publics, ça fait bander les français.

                          Peut-être que j’aimerai mieux la Suisse.


                        • loga (---.---.60.253) 30 novembre 2006 17:33

                          Le crédit lyonnais ne s est pas effondré à cause de limmobilier. Un autre paramétre tout bête vous avez une entreprise qui marche et vous souhaitez embaucher .Les entretiens sont positifs mais ne trouvant pas à se loger les jeunes ne restent pas (salaire cadre pourtant) et en plus la compagne qui ne trouve pas de boulot .(voir sur sophia ou grenoble)

                          Les administrations ne trouvent personnes pour certains postes dans de grandes villes le rapport loyer /salaire est trop élevé pour les gens de catégorie C ou B débutant.

                          La baisse non elle ne sera pas aussi importante que l augmention . La notion de l offre et de la demande peut expliquer cette folie des tarifs et elle restera car si on fait venir des européens qualifiés :on les logent où ?

                          Et puis il y a la selection sociale par le prix du m² les gens qu on ne veut pas ne peuvent plus se loger et vont en banlieue .

                          La natalité n est pas trop forte et celon certain cela va poser des problémes économiques -heureusement que ces analystes ne pensent pas aux logements car leurs théories seraient à mal.


                          • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 18:36

                            Il faut embaucher des immigrés. Place à ceux qui veulent travailler. smiley


                          • reinette (---.---.49.212) 30 novembre 2006 18:12

                            Aujourd’hui en France 86 500 personnes vivent dans la rue.

                            934 000 personnes ne possèdent pas de domicile et vivent à l’hôtel, dans des habitats de fortunes, en camping, hébergées chez un tiers (hors famille), en meublé, en résidence sociale ou foyer d’urgence.

                            2 187 000 personnes sont dans des logements dépourvus de confort de base (pas de salle d ‘eau, de WC, de chauffage) ou dans des conditions de surpeuplement accentué (plus de 2 personnes pour 9 m2).

                            Au total 3 207 500 personnes vivent un quotidien de mal logement chronique et critique.

                            À cela s’ajoute toute une population qui est en situation de fragilité et risque à chaque instant de basculer dans une situation de grave mal logement. C’est le cas pour 625 000 personnes vivant dans des copropriétés dégradées nécessitant une intervention publique urgente.

                            715 000 personnes en difficulté ont du mal à joindre les deux bouts et payer leur loyer, avec des périodes d’impayé de plus de 2 mois.

                            3 507 000 personnes souffrent de surpeuplement au sens large (entre plus de 1 à 1,5 personne pour 9 m2) Enfin, 823 000 personnes vivent hébergées chez des tiers (famille ou amis).

                            Ces 5 670 000 personnes sont donc menacées à moyen et long terme de basculer dans une situation d’extrême mal logement.

                            En tout, le mal logement concerne donc 8 877 500 soit plus de 10 % de la population française. Si nous sommes loin des 50 % de mal-logés de 1954, la situation actuelle est préoccupante car depuis le début des années 90 le nombre de mal-logés ne cesse d’augmenter.

                            Cette tendance s’accélère sous l’effet de nombreux facteurs aggravants. Le principal facteur aggravant est la part du budget d’Etat consacré au logement, 25 milliards d’euros, en baisse puisqu’il est passé en dessous des 2 % du PIB et se maintient autour de 1,8 % du PIB. Alors que les grandes déclarations consacré à cette priorité nationale qu’est le logement se multiplient le budget lui stagne.

                            Le nombre des demandeurs de logement HLM 1 300 000 continue d’augmenter et le nombre de logement manquant pour répondre à cette crise est estimé à 900 000.

                            En outre plus de 67 % du parc HLM à plus de 20 ans. Le secteur locatif recul au gré des incitations à l’accès à la propriété. Bien que 56 % des Français soient propriétaires le mal logement ne recule pas et une part du parc locatif qui accueillait des ménages pauvres disparaît.

                            Parallèlement le prix du logement à l’achat ou en location s’est envolé. La part du budget des ménages consacré au loyer devient de plus en plus lourd.

                            Pour une personne gagnant le SMIC (1254,28 euro) cette part représente 46,9 %du budget dans le privée et 28,3 % dans le parc social.

                            Pour un couple avec 2 enfants ayant un revenu de 1,5 fois le SMIC (1881,42 euro) le taux d’effort représente en moyenne 48,8 % dans le privée et 22,7 % dans le parc social.

                            Enfin depuis plusieurs années les grande villes mais aussi les villes de tailles moyennes voient de plus en plus leur centre s’embourgeoiser. Les classes populaires sont chassées des centres villes, repoussées en périphérie. Ce phénomène perçu au départ comme naturel et irréversible se révèle sinon organisé, au moins accompagné. Il entraîne une redistribution géographique très inégalitaire des classes sociales dans les villes favorisant une nouvelle discrimination spatiale.

                            L’origine du mal actuel

                            Les principales causes de cette situation se retrouvent partout en Europe :

                            • L’explosion de la pauvreté, du chômage et du travail précaire.

                            ( 7 millions de salariés en France, perçoivent moins de 722 euro par mois. Depuis les années 90, l’interim a augmenté de 130%, le nombre de CDD de 60% et les CDI de seulement 2%)

                            • baisse du rythme de la construction de nouveaux logements (dans le secteur social, les politiques de rigueur budgétaire menées dans les années 1990 ont conduit les Etats à réduire fortement la construction de nouveaux logements sociaux)

                            • Liberté des prix et phénomènes de spéculation immobilière : les mesures publiques de régulation (par ex. : encadrement des loyers dans le parc locatif privé) par les Etats Membres des marchés du logement ont, sauf dans quelques Etats Membres, disparu avec les mesures de modernisation de l’intervention publique.

                            S’il existe un « marché » où l’Etat à un rôle prépondérant c’est celui du logement et de la construction. Il construit véritablement le marché.

                            A partir des années 60 s’impose peu à peu une politique néo-libérale qui déteint sur la politique du logement.

                            Dès 1966 est mis en place le marché hypothécaire, qui ouvre aux banques la faculté d’offrir des crédits à long terme et réduit la part de l’apport initial. A ceci vient s’ajouter la création de comptes épargnes logements, favorisant un financement bancaire massif de la construction.

                            En 1962, les banques assuraient 21,7% des crédits au logement, en 1972 leur part est passé à 65,1%. A l’inverse la part du secteur public tombe lui de 59,7% à 29,7%.

                            A qui cela profite le plus ?

                            Aux constructeurs de maisons individuelles, dont la plupart apparaissent dans les années 70. Ils s’organisent pour convaincre les pouvoirs publics de favoriser la politique pour l’habitat individuel.

                            En 1968, ces professionnels trouvent un appui auprès du ministre de l’équipement Albin Chalandon, qui veut accélérer le désengagement de l’Etat. Il produit une circulaire en 1972, limitant la production d’immeubles verticaux (grandes barres) de plus en plus critiqués et encourage la production de maisons individuelles. Les entreprises de construction de maisons sur catalogue se développent alors rapidement.

                            Parallèlement, l’allocation logement à caractère social est créée, ainsi que le prêt immobilier conventionné.

                            Toutefois l’aide à la pierre persiste et interfère dans le marché de la construction. Cela limite certains potentiels de construction de l’habitat individuel.

                            Une réforme s’impose !

                            Le président en place Valérie Giscard D’Estaing décide d’engager une politique de « libéralisme avancé ». Il refuse le maintien du système mixte : aide à la pierre / aide à la personne. Il est soucieux de désengager l’Etat, pour réduire les dépenses publiques.

                            On étend à toutes les catégories de ménages des aides personnelles qui sont sensés compenser la fin de l’aide à la pierre (maintenu pour les plus démunis) Les dernières résistances sautent avec la mise en avant de l’APL (aide personnel au logement) qui doit permettre aux ménages modestes d’accéder à la propriété.

                            Cette politique du logement se révèle être une arme redoutable contre le collectif et le social. Ainsi l’accès à la propriété grâce à des crédits à long terme et le mythe du pavillon individuel, permet d’attacher le bénéficiaire à un ordre économique et social, par l’endettement contracté auprès des banques.

                            En outre les banques accumulent une masse d’argent de plus en plus importante qu’elles font fructifier sur les marchés financiers qui alimentent la spéculation notamment immobilière.

                            La politique du logement est donc orientée par des agents indirectement liés au monde du logement (en tous cas du logement social), guidés par des choix inscrits dans un projet libéral global, servant à alimenter l’économie. La politique d’extension et d’accession à la propriété privé a été élaboré dans ce but et en plus elle a permis de rallier à sa cause d’abord les cadres dans les années 80, puis les ouvriers et les petits employés...et bientôt les ménages les plus précaire puisqu’on leur propose de devenir propriétaires de leur logement HLM. Cela marque l’ultime désengagement de l’Etat.

                            Cette conception pose un problème spécifique. Les HLM ne remplissent plus leur rôle d’habitat économique sans devenir des logements regroupant les « cas sociaux ». On observe en effet une paupérisation croissante de la population du parc HLM. Il abrite actuellement 22 % de chômeurs, deux fois plus que dans l’ensemble de la population, et 13 % de personnes qui vivent de minima sociaux.

                            Le « logement très social » est de plus en plus fourni par le parc privé dégradé, dans des conditions souvent désastreuses. Les plus démunis et les personnes en situation irrégulière se réfugient en effet dans des logements privés de très mauvaise qualité, de toute petite taille ou sans équipement de confort (salle d’eau, WC, etc.), insalubres ou encore gérés par des propriétaires indélicats (marchands de sommeil...).

                            L’offre pour de tels logements demeure considérable et leur coût (au moins apparent) est plus faible que celui du logement social. Pour ne rien arranger, l’Etat a fortement réduit ces dernières années son effort en faveur de la réhabilitation des logements anciens. En particulier, les financements par l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) sont en diminution depuis dix ans.

                            L’Etat pense répondre par le seul effet de la mixité sociale : en filtrant les attributions, en « restructurant » les quartiers où il y a une trop forte concentration de logements sociaux avec une population pauvre importante et en incitant l’installation de classes moyennes dans ces mêmes quartiers pour assurer un bon équilibre social.

                            Cette politique qui consiste seulement à déplacer les populations de façon mieux répartir les pauvres en évitant tout risque de concentration est des doubles aveux :

                            1) On ne cherche plus à lutter contre la pauvreté qui est en définitif le moyen vraiment efficace et radical pour faire disparaître les problèmes sociaux

                            2) On suppose que le fait de sous-poudrer quelques ménages de classes « moyenne » dans des quartiers populaires ou de mettre quelques pauvres au milieu de riches est bénéfique au pauvres...ce qui donne une idée de l’image que se font les politiques et les institutions des catégories les plus pauvres.

                            De plus chaque « nouvelle » politique du logement reprend et prolonge le projet Giscard vantant les bienfaits de l’accès propriété. Ces politiques en visant à rendre propriétaire un maximum de particuliers et de l’autre en gérant par des mesures d’urgences, la pression exercée pour loger les plus démunies, accélère la ségrégation social et spatial par quartier à grande vitesse.

                            L’ultime solution face à cela l’Etat l’a trouvé c’est de raser les quartiers « à problèmes » où une partie. Il prévoit la destruction de 200 000 logements sur 5 ans dans 750 quartiers. On détruit des logements pas forcément insalubres, mais des lieux « en marge » où la vie sociale a atteint un niveau extrême de dégradation.

                            C’est une solution qui montre l’incapacité de réagir et de traiter réellement l’origine problème : la pauvreté et le manque de logements véritablement sociaux.


                            • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 18:30

                              Qui lit un commentaire aussi long et aussi idiot ? smiley


                            • (---.---.150.232) 30 novembre 2006 18:41

                              FEIGNASSE !


                            • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 09:06

                              « rappeler aux pouvoirs publics que les politiques du logement doivent aider prioritairement les personnes qui ont besoin de se loger. »

                              Quand on n’en a pas les moyens, on ne se loge pas à paris, voila tout.


                              • Antoine Diederick (---.---.216.250) 8 décembre 2006 23:22

                                La crise du logement montre, à mon sens, le terrible manque de politique citoyenne et le terrible déficit citoyen ,tant ds le chef des gens et de la classe politique.

                                Il est temps d’un recentrage responsable...

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