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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Les prouesses des handicapés : salto arrière avec sa chaise roulante (...)

Les prouesses des handicapés : salto arrière avec sa chaise roulante !

Un jeune Américain handicapé a effectué un salto arrière avec sa chaise roulante. Un autre handicapé, celui-là mental (autisme), est parvenu à énumérer de mémoire 22 514 chiffres du chiffre Pi sans la moindre faute !

Dans les deux cas, la prouesse a été réalisée en public avec tous les moyens médiatiques pour donner aux événements le plus grand retentissement possible.

Salto arrière en fauteuil roulant

Une dépêche de l’AFP du samedi 11 août a annoncé l’exploit réalisé par un jeune Américain handicapé, Aaron Fotheringham, âgé de 14 ans et originaire de Las Vegas, qui a effectué un salto arrière avec sa chaise roulante. Cette performance a été réalisée pour la première fois en Allemagne à Schwalbe (ouest), à l’occasion d’un rassemblement de personnes en fauteuil. Aaron Fotheringham s’est engagé sur une rampe pour prendre de l’élan avant de faire un spectaculaire salto arrière, accroché à son fauteuil roulant. Ce jeune homme a révélé son talent particulier pour la première fois il y a un an en Californie. Sa mère raconte que son fils a toujours été très habile avec son fauteuil. Un jour, son frère l’emmène sur des rampes de skate-board, où Aaron se révèle être un talentueux acrobate. Il s’entraîne depuis tous les jours.

Le génie des chiffres

Le journal Le Monde dans un article intitulé "Les chiffres comme langage" relate le don étonnant de Daniel Tammet, 28 ans, qui vit en Grande-Bretagne. Cet homme est doté d’une mémoire visuelle hors du commun qui lui permet d’exceller de façon prodigieuse dans la maîtrise des chiffres et des langues. Surnommé l’ "homme-ordinateur", il ne "calcule" pas lorsqu’il multiplie deux nombres : la solution lui apparaît quasi instantanément sans effort conscient. Daniel maîtrise aussi une dizaine de langues : l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’espéranto, le finnois, le français, le gallois, le lituanien, le roumain et l’islandais. Il a assimilé cette dernière, pourtant très difficile, en l’espace de quatre jours passés à Reykjavik.

A Salt Lake City, Daniel a rencontré le plus célèbre "savant" autiste, Kim Peek, l’homme qui servit de modèle au Rain Man, incarné en 1988 par Dustin Hoffman.

Le quotidien conclut en disant que par son exemple, Daniel aide à combattre les préjugés qui accablent les autistes : "En récitant le nombre Pi, je voulais leur dire qu’un handicap n’est pas un obstacle fatal." Alibi de bon sentiment ? Non, le journal a déjà montré son intérêt pour ce handicap. Mais est-ce le cas des divers médias qui opèrent sur internet ? C’est moins sûr. On en voit qui se contentent de mettre à leur "une" la photo du jeune en fauteuil roulant effectuant son salto spectaculaire, pour le côté étonnant et racoleur de l’image, mais sans ajouter ni commentaires ni lien. Cela n’a rien d’odieux bien sûr mais cela n’apporte pas assez au visiteur sur la question du handicap.

Commentaires sur ces informations

On peut être partagé devant ce genre de spectacle. D’un côté, on en voit l’utilité. Les personnes handicapées font ainsi parler d’elles et gagnent un peu de fierté. Le cas de Daniel peut même aider la science, il fait l’objet d’observations et d’études pour aider à comprendre l’origine de ses dons si particuliers. D’un autre côté, on peut suspecter certains médias d’exploiter le filon du sensationnel et de l’image racoleuse pour faire vendre et parler d’eux. On pourait même y voir la survivance, mais édulcorée et plus respectueuse, des lancers de "nains" et expositions de monstres de foire du début du XXe siècle. Ces personnes étaient d’ailleurs consentantes aux actions dévalorisantes que des personnes avides leur faisait vivre, car elles étaient intéressées à l’affaire.

Toute cette médiatisation ne sauraient faire oublier que des prouesses sont accomplies tous les jours par les personnes handicapées dans leur vie quotidienne. Dans les moindres gestes de la vie courante. Mais nous avons parfois tendance à l’oublier ou bien nous ne l’avons jamais su parce que nous ne nous sommes jamais mis à la place d’une personne handicapée pour vivre l’une de ses journées. Ce serait sans doute humainement plus enrichissant. Certaines expériences pédagogiques, mais trop peu nombreuses, sont menées d’allieurs en ce sens.

Les mêmes droits pour tous

Un traité des Nations unies pour des droits égaux et une existence digne pour les personnes handicapées a été approuvé par l’Assemblée générale qui s’est tenue le 13 décembre 2006. Après cinq ans de négociations, le texte de la Convention a été officiellement approuvé, à New York sous la devise "Nothing about us without us (rien à notre sujet sans nous)".

Extrait de l’article 1er de la Convention : la prise en compte du handicap par les gouvernements permettra "d’assurer la jouissance pleine et entière par les personnes handicapées, sur un pied d’égalité, de tous leurs droits de l’homme et de toutes leurs libertés fondamentales."

D’après les estimations, 10 % de la population mondiale sont des personnes handicapées. La situation des personnes handicapées est principalement difficile dans les pays en voie de développement, mais partout dans le monde, ces personnes doivent faire face à la discrimination qui a une influence sur tous les aspects de la vie. Elles ont souvent moins accès à l’enseignement, au marché de l’emploi, à l’information ou aux biens de première nécessité et donc ces dernières font souvent partie des personnes les plus défavorisées, dans chaque société civile.

Le but principal est donc un changement radical d’attitude envers les personnes handicapées, partout dans le monde.

Le Parlement européen a d’ores et déjà appelé les pays européens à ratifier cette convention : le processus de ratification a débuté en mars 2007.

Pour voir la convention et connaître les associations qui ont participé à sa naissance, voir ce site :

Les mêmes droits pour tous.



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33 réactions à cet article    


  • Boileau419 Boileau419 16 août 2007 11:27

    Mon cher frérot,

    Je t’envoie cette épistole parce que tu ne réponds plus quand j’appelle sur ton portable. Non, je ne suis pas jalouse, hihi ! Je sais pertinemment bien, trop bien même, ce qui te tient si occupé.

    Rassure-toi, je ne t’écris pas pour te ramener dans le parti. Tu as décidé de t’en aller parce que tu trouves qu’Alain Soral te fait de l’ombre, c’est ton choix, je dirais même plus : c’est ton droit ! On ne reviendra plus là-dessus.

    Si je t’écris aujourd’hui, c’est parce que je me fais beaucoup de souci pour toi.

    Comme tu ne répondais pas au téléphone, j’ai fait ma petite enquête à ton sujet et ce que j’ai découvert m’a horrifiée :

    Je savais déjà que tu dévalisais les bureaux du tourisme de Trémazan à Vitré pour te procurer les dépliants dont tu as un besoin urgent pour tes articles sur Agoravox, mais voilà que j’apprends qu’en plus tu fais désormais la tournée des hospices de l’arrière-pays breton, toi qui détestes les vieux, surtout depuis la victoire de Sarko !

    On m’a dit que c’était pour faire chevroter aux pauvres mémés, entre un petit verre de chouchen et une vidange de chaise percée, des anecdotes sur le « bon vieux temps ». Apparemment il te faut ces balivernes pour épicer tes papiers, preuve que toi aussi, tu les trouves désespérément fades et monotones.

    Ecoute-moi, Jacquot : entre nous, tu sais quand même bien qu’en fait de talent littéraire, le bon Dieu, en qui tu ne crois pas, ou plutôt plus, s’est montré un peu chiche envers toi. Papa disait encore l’autre jour que si tu n’avais été beau gosse tu aurais probablement fini dans un lycée technique, et surtout, puisqu’on parle des dons d’écrivain, que si la Bretagne était une machine à lessiver, tu aurais été parfait pour en écrire, tiens-toi bien, le mode d’emploi !

    Et comme si ça ne suffisait pas, tu as l’art de choisir les sujets qui ennuient ! A te lire on a vraiment du mal à croire que tu as à peine 35 ans. Tu parles de plus en plus comme les professeurs Tournesol du forum, les Sylvain Reboul et les Emile Mourey, ces vieux rats d’université dont l’haleine pue la naphtaline. D’ailleurs, il n’y a pratiquement qu’eux pour envoyer des commentaires à tes articles.

    La journée tu te crèves à interroger des vieux gagas et la nuit tu te fous en l’air les yeux à lire les registres de paroisse poussiéreux de Roudouallec et de Locunolé. Et, comble du comble, tu refuses de parler à ta grande soeur. Et pour quel résultat ? Veux-tu que je te le dise ? Je crois que c’est devenu nécessaire tellement tu es tombé bas : on a plus de chances de rencontrer un chef sioux à Douarnenez qu’un commentaire pertinent sur tes fils !

    Je ne suis pas méchante, je ne fais que te dire ce que tout le monde peut voir.

    Et pendant qu’à la différence de Chapelain tu te tues à écrire en prose, le funeste Démian continue à te mener au nombre de commentaires. Je ne veux pas te faire de la peine, mais tu en es arrivé au point que s’il ne venait pas mettre la pagaille sur tes fils, tu aurais à peine deux commentaires et demi.

    Heureusement qu’il reste pour te délasser les séances de banc solaire à Brest-tu veux comme tout le monde avoir l’air d’un estivant qui a du fric-et les promenades dans ton magnifique jardin à l’anglaise, dont tu es si fier et si jaloux.

    A ce propos, Franseza, ta voisine la fermière se plaint que tu ne laisses pas entrer ses petits garçons, qui voudraient bien y cueillir des fraises sauvages.

    Pour quelqu’un qui voudrait faire entrer tous les bronzés de la terre en France, ce grand jardin que nos ancêtres ont soigné avec autant d’amour que tu en mets à cultiver tes amaryllis sur un terrain à 250 euros le mètre carré, tu ne trouves pas qu’il serait temps de pratiquer la plus élémentaire hospitalité envers ton prochain d’à côté ?

    Enfin, laissons là la politique et revenons-en à nos moutons : il est temps de te tirer du mauvais pas où tu t’es fourré. Tu connais comme moi la phrase d’Oscar Wilde qu’il n’y a qu’ UNE seule chose dans la vie qui soit pire que le fait que tout le monde parle de toi, c’est que PERSONNE ne parle de toi. Encore deux ou trois articles sur le roi d’Armorique Nominoé, le tombeau de Chateaubriand à Saint-Malo ou la fin de la chouannerie, et tu en seras là, j’en ai bien peur.

    Je ne te dis pas t’abandonner (je sais bien que quand tu t’es mis une idée en tête tu es plus obstiné qu’une vieille mule d’Estrémadure), mais d’être simplement plus malin, et aussi plus honnête en reconnaissant une fois pour toutes l’unique motif qui te fait trimer jour et nuit : battre le lâche Démian à la course aux commentaires en faisant exploser l’audimat d’Agoravox.

    Puisque que c’est ainsi et que tu te moques de la Bretagne, des handicapés, de Tocqueville et des femmes écrivains comme de ton premier caleçon, pourquoi t’embarrasser de tant de scrupules et te donner tant de mal ?

    Pour arriver à tes fins, qui à défaut d’être sublimes sont tout à fait compréhensibles chez un homme de ton genre, tu dois-c’est douloureux à dire—t’inspirer dès à présent de ton ennemi juré.

    Regarde-le : tu crois qu’il passe des nuits sans sommeil à écrire ses articles infâmes ? Tu t’imagines que comme toi il passe de longs moments à méditer la ligne de Mallarmé :

    La Clarté déserte de ma lampe/Sur le vide papier que la blancheur défend

    Je peux t’assurer—c’est une de ces ex-maîtresses étoile de music-hall oubliée qui me l’a raconté—que ce cochon dort plus de 12 heures par jour (il faut dire aussi qu’il a le physique et l’âge où la nuit et le lit ne servent plus qu’à dormir, hihi !).

    Comme toi, du talent, il n’en a pas vraiment à revendre, mais contrairement à toi, il est malin, lui ! Dix minutes grand maximum lui suffisent à boucler son devoir quotidien : toc, toc, toc chez Google, descente éclair chez X Y Z pour un copier-coller vite fait bien fait, retour pleins gaz à la case départ, j’ajoute trois petits mots compliqués de mon cru voilà voilà, encore un petit tour à la rédaction d’Agoravox et puis je m’en vais !

    Deuxième tour : je me forge une personnalité de mégalomane style De Funès dans la Folie des grandeurs ; je prétends être tour à tour, ou en même temps peu importe ! le Confident, le Confesseur, l’Amant, l’Assassin, l’Esclave, l’Espion, le Paon, l’Epagneul Enragé, bref n’importe quoi pourvu que ce soit scabreux et fantastique, des célébrités les plus en vue du moment !

    Troisième tour : j’injurie et je passe la brosse à reluire tous azimuts : sur mes fils et SURTOUT extra-muros sur les fils des autres. Je prends soin de distribuer à parts égales les claques et les flatteries selon le principe « étrille les intelligents et flatte les sots, à chacun ce qu’il lui faut ».

    Quatrième tour : je choisis des sujets biscornus, de préférence sur l’art et à l’étranger : Amsterdam, Sydney, Le Cap, Osaka, Rio, tout y passe et rien ne m’arrête, surtout pas le prix du billet d’avion en « business class ».

    Et voilà pourquoi et comment ce monstrueux idiot te bat à tous les coups sur le forum.

    En fait, tout le secret de cet individu immonde tient en quatre, cinq mots : té, erre, ô, deux elles : TROLL. Fais, je t’en supplie, comme lui : crée-toi une école de trolls !

    Voilà la clef, le sésame ouvre-toi, l’élixir du succès : les trolls, mon petit Jacquot, produisent des déjections, un guano de première qualité qui fertilise le sol des articles les plus arides-je parle des tiens !—mieux que ne le font toutes les références aux archives de Quimper et les tournures de style empruntées à Flaubert.

    Je n’en dirai pas plus, je n’ai déjà été que trop longue. Mets-toi dès aujourd’hui au travail et surtout, surtout fais-le dans la bonne direction. Je suis sûre qu’il ne faudra pas longtemps pour que tu répondes enfin, et avec une reconnaissance éperdue, aux appels de ta petite Mimi.

    Rappelle-toi que là où les trolls passent, les commentaires s’amassent !

    Ta Marine honnie et chérie,

    La Trinité-sur-Mer, le 16 août 2007


    • La mouche du coche La mouche du coche 16 août 2007 13:33

      LA TAVERNE, ON A TROUVE UNE BALEINE EN BRETAGNE !! smiley

      « Mercredi a été retrouvée échouée sur la plage de Saint-Jean-Trolimon dans le Finistère, une baleine de 19 mètres. Non blessée mais amaigrie, elle fera l’objet d’une autopsie sur la plage »

      VITE ! UN ARTIIIIIIIIICLE ! smiley


    • Gasty Gasty 16 août 2007 11:39

      Vraiment très intéressant, ceci démontre les performances que peuvent accomplir chaque individus. Que ces performances ne sont ni cloisonné ou réservé à une prétendue élite proclamé, si ce n’est que par des malpensants . C’est spectaculaire !

      Toutefois je ne suis pas d’accord, il y a quand même des handicaps fatal. Je connais un beauf qui a englouti 3 pacs de bières bien calé sur son fauteuil dès la première mi temps en rotant des insanités. Il n’a jamais vu la seconde.Et à chaque match , c’est pareil. smiley


      • LE CHAT LE CHAT 16 août 2007 13:11

        chacun peut accomplir des prouesses ! J’ai connu un aviateur qui avait pissé sur le mur du son ! smiley


      • Gasty Gasty 16 août 2007 14:10

         smiley smiley smiley


      • LE CHAT LE CHAT 16 août 2007 14:22

        après deux semaines , amadou blédanlvirage a réussi l’incroyable ,torcher le cul d’un éléphant avec un confetti plié en quatre ! si ! si ! il ne faut pas se décourager ! smiley


      • Boileau419 Boileau419 16 août 2007 12:02

        Je te remercie Gasty. Tu as enfin mis la méthode Boileau en ligne. On peut l’utiliser universellement, j’espère ?


        • Boileau419 Boileau419 16 août 2007 12:06

          Chapelain, c’est l’une des victimes des traits de Boileau, le vrai. De lui, mon éponyme disait : « Il se tue à rimer : que n’écrit-il en prose ? »

          Satire IX

          C’est à vous, mon esprit, à qui je veux parler. Vous avez des défauts que je ne puis celer : Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l’insolence ; Mais, puisque vous poussez ma patience à bout, Une fois en ma vie il faut vous dire tout. On croirait à vous voir dans vos libres caprices Discourir en Caton des vertus et des vices, Décider du mérite et du prix des auteurs, Et faire impunément la leçon aux docteurs, Qu’étant seul à couvert des traits de la satire Vous avez tout pouvoir de parler et d’écrire. Mais moi, qui dans le fond sais bien ce que j’en crois, Qui compte tous les jours vos défauts par mes doigts, Je ris, quand je vous vois, si faible et si stérile, Prendre sur vous le soin de réformer la ville, Dans vos discours chagrins plus aigre et plus mordant Qu’une femme en furie, ou Gautier en plaidant. Mais répondez un peu. Quelle verve indiscrète Sans l’aveu des neuf soeurs vous a rendu poète ? Sentez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d’un esprit divin font mouvoir les ressorts ? Qui vous a pu souffler une si folle audace ? Phébus a-t-il pour vous aplani le Parnasse ? Et ne savez-vous pas que, sur ce mont sacré, Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré, Et qu’à moins d’être au rang d’Horace ou de Voiture On rampe dans la fange avec l’abbé de Pure ? Que si tous mes efforts ne peuvent réprimer Cet ascendant malin qui vous force à rimer, Sans perdre en vains discours tout le fruit de vos veilles, Osez chanter du roi les augustes merveilles : Là, mettant à profit vos caprices divers, Vous verriez tous les ans fructifier vos vers, Et par l’espoir du gain votre muse animée Vendrait au poids de l’or une once de fumée. Mais en vain, direz-vous, je pense vous tenter Par l’éclat d’un fardeau trop pesant à porter. Tout chantre ne peut pas, sur le ton d’un Orphée, Entonner en grands vers « la Discorde étouffée » ; Peindre « Bellone en feu tonnant de toutes parts », « Et le Belge effrayé fuyant sur ses remparts. » Sur un ton si hardi, sans être téméraire, Racan pourrait chanter au défaut d’un Homère ; Mais pour Cotin et moi, qui rimons au hasard, Que l’amour de blâmer fit poètes par art, Quoiqu’un tas de grimauds vante notre éloquence, Le plus sûr est pour nous de garder le silence. Un poème insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l’auteur : Enfin de tels projets passent notre faiblesse. Ainsi parle un esprit languissant de mollesse Qui, sous l’humble dehors d’un respect affecté, Cache le noir venin de sa malignité. Mais, dussiez-vous en l’air voir vos ailes fondues, Ne valait-il pas mieux vous perdre dans les nues Que d’aller sans raison, d’un style peu chrétien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien, Et du bruit dangereux d’un livre téméraire, A vos propres périls enrichir le libraire ? Vous vous flattez peut-être, en votre vanité, D’aller comme un Horace à l’immortalité ; Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures. Mais combien d’écrivains, d’abord si bien reçus, Sont de ce fol espoir honteusement déçus ! Combien, pour quelques mois, ont vu fleurir leur livre, Dont les vers en paquet se vendent à la livre ! Vous pourrez voir, un temps, vos écrits estimés Courir de main en main par la ville semés ; Puis de là tout poudreux, ignorés sur la terre, Suivre chez l’épicier Neufgermain et La Serre ; Ou de trente feuillets réduits peut-être à neuf, Parer, demi-rongés, les rebords du pont Neuf. Le bel honneur pour vous, en voyant vos ouvrages Occuper le loisir des laquais et des pages, Et souvent dans un coin renvoyés à l’écart Servir de second tome aux airs du Savoyard ! Mais je veux que le sort, par un heureux caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice, Et qu’enfin votre livre aille, au gré de vos voeux, Faire siffler Cotin chez nos derniers neveux ; Que vous sert-il qu’un jour l’avenir vous estime, Si vos vers aujourd’hui vous tiennent lieu de crime, Et ne produisent rien, pour fruit de leurs bons mots, Que l’effroi du public et la haine des sots ? Quel démon vous irrite et vous porte à médire ? Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ? Laissez mourir un fat dans son obscurité. Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ? Le Jonas inconnu sèche dans la poussière ; Le David imprimé n’a point vu la lumière ; Le Moïse commence à moisir par les bords. Quel mal cela fait-il ? Ceux qui sont morts sont morts. Le tombeau contre vous ne peut-il les défendre ? Et qu’ont fait tant d’auteurs, pour remuer leur cendre ? Que vous ont fait Perrin, Bardin, Pradon, Hainaut, Colletet, Pelletier, Titreville, Quinault, Dont les noms en cent lieux, placés comme en leurs niches, Vont de vos vers malins remplir les hémistiches ? Ce qu’ils font vous ennuie. O le plaisant détour ! Ils ont bien ennuyé le roi, toute la cour, Sans que le moindre édit ait, pour punir leur crime, Retranché les auteurs, ou supprimé la rime. Ecrive qui voudra : chacun à ce métier Peut perdre impunément de l’encre et du papier. Un roman, sans blesser les lois ni la coutume, Peut conduire un héros au dixième volume. De là vient que Paris voit chez lui de tout temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans ; Et n’a point de portail où, jusques aux corniches, Tous les piliers ne soient enveloppés d’affiches. Vous seul, plus dégoûté, sans pouvoir et sans nom, Viendrez régler les droits et l’état d’Apollon ! Mais vous, qui raffinez sur les écrits des autres, De quel oeil pensez-vous qu’on regarde les vôtres ? Il n’est rien en ce temps à couvert de vos coups ; Mais savez-vous aussi comme on parle de vous ? Gardez-vous, dira l’un, de cet esprit critique : On ne sait bien souvent quelle mouche le pique ; Mais c’est un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis. Il ne pardonne pas aux vers de la Pucelle, Et croit régler le monde au gré de sa cervelle. Jamais dans le barreau trouva-t-il rien de bon ? Peut-on si bien prêcher qu’il ne dorme au sermon ? Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N’est qu’un gueux revêtu des dépouilles d’Horace ; Avant lui Juvénal avait dit en latin « Qu’on est assis à l’aise aux sermons de Cotin. » L’un et l’autre avant lui s’étaient plaints de la rime, Et c’est aussi sur eux qu’il rejette son crime : Il cherche à se couvrir de ces noms glorieux. J’ai peu lu ces auteurs, mais tout n’irait que mieux, Quand de ces médisants l’engeance toute entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière. Voilà comme on vous traite : et le monde effrayé Vous regarde déjà comme un homme noyé. En vain quelque rieur, prenant votre défense, Veut faire au moins, de grâce, adoucir la sentence ; Rien n’apaise un lecteur toujours tremblant d’effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu’il remarque en soi. Vous ferez-vous toujours des affaires nouvelles ? Et faudra-t-il sans cesse essuyer des querelles ? N’entendrai-je qu’auteurs se plaindre et murmurer ? Jusqu’à quand vos fureurs doivent-elles durer ? Répondez, mon Esprit ; ce n’est plus raillerie : Dites... Mais, direz-vous, pourquoi cette furie ? Quoi, pour un maigre auteur que je glose en passant, Est-ce un crime, après tout, et si noir et si grand ? Et qui, voyant un fat s’applaudir d’un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, Ne s’écrie aussitôt : « L’impertinent auteur !  »L’ennuyeux écrivain ! Le maudit traducteur ! « A quoi bon mettre au jour tous ces discours frivoles,  »Et ces riens enfermés dans de grandes paroles ?" Est-ce donc là médire, ou parler franchement ? Non, non, la médisance y va plus doucement. Si l’on vient à chercher pour quel secret mystère Alidor à ses frais bâtit un monastère : « Alidor ! » dit un fourbe, « il est de mes amis,  »Je l’ai connu laquais avant qu’il fût commis : « C’est un homme d’honneur, de piété profonde,  »Et qui veut rendre à Dieu ce qu’il a pris au monde." Voilà jouer d’adresse, et médire avec art ; Et c’est avec respect enfoncer le poignard. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance. Mais de blâmer des vers ou durs ou languissants, De choquer un auteur qui choque le bons sens, De railler un plaisant qui ne sait pas nous plaire, C’est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire. Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité ; A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l’or de Virgile. Un clerc, pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila ; Et, si le roi des Huns ne lui charme l’oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille. Il n’est valet d’auteur, ni copiste à Paris, Qui, la balance en main, ne pèse les écrits. Dès que l’impression fait éclore un poète, Il est esclave né de quiconque l’achète : Il se soumet lui-même aux caprices d’autrui, Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui. Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu’il ennuie a beau demander grâce ; Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Qui lui fait son procès de pleine autorité. Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire ! On sera ridicule, et je n’oserai rire ! Et qu’ont produit mes vers de si pernicieux, Pour armer contre moi tant d’auteurs furieux ? Loin de les décrier, je les ai fait paraître : Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l’oubli demeurerait caché. Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché ? La satire ne sert qu’à rendre un fat illustre : C’est une ombre au tableau, qui lui donne du lustre. En les blâmant enfin j’ai dit ce que j’en croi ; Et tel qui m’en reprend en pense autant que moi. « Il a tort », dira l’un ; « pourquoi faut-il qu’il nomme ?  »Attaquer Chapelain ! ah ! c’est un si bon homme ! « Balzac en fait l’éloge en cent endroits divers.  »Il est vrai, s’il m’eût cru, qu’il n’eût point fait de vers. « Il se tue à rimer : que n’écrit-il en prose ? » Voilà ce que l’on dit. Et que dis-je autre chose ? En blâmant ses écrits, ai-je d’un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux ? Ma muse, en l’attaquant, charitable et discrète, Sait de l’homme d’honneur distinguer le poète. Qu’on vante en lui la foi, l’honneur, la probité ; Qu’on prise sa candeur et sa civilité ; Qu’il soit doux, complaisant, officieux, sincère : On le veut, j’y souscris, et suis prêt de me taire. Mais que pour un modèle on montre ses écrits, Qu’il soit le mieux renté de tous les beaux esprits, Comme roi des auteurs qu’on l’élève à l’empire : Ma bile alors s’échauffe, et je brûle d’écrire, Et, s’il ne m’est permis de le dire au papier, J’irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : « Midas, le roi Midas a des oreilles d’âne. » Quel tort lui fais-je enfin ? Ai-je par un écrit Pétrifié sa veine et glacé son esprit ? Quand un livre au palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite, Que Billaine l’étale au deuxième pilier, Le dégoût d’un censeur peut-il le décrier ? En vain contre le Cid un ministre se ligue : Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue, L’Académie en corps a beau le censurer : Le public révolté s’obstine à l’admirer. Mais, lorsque Chapelain met une oeuvre en lumière, Chaque lecteur d’abord lui devient un Lignière. En vain il a reçu l’encens de mille auteurs : Son livre en paraissant dément tous ses flatteurs. Ainsi, sans m’accuser, quand tout Paris le joue, Qu’il s’en prenne à ses vers que Phébus désavoue ; Qu’il s’en prenne à sa muse allemande en françois. Mais laissons Chapelain pour la dernière fois. La satire, dit-on, est un métier funeste, Qui plaît à quelques gens, et choque tout le reste. La suite en est à craindre : en ce hardi métier La peur plus d’une fois fit repentir Régnier. Quittez ces vains plaisirs dont l’appât vous abuse : A de plus doux emplois occupez votre muse ; Et laissez à Feuillet réformer l’univers. Et sur quoi donc faut-il que s’exercent mes vers ? Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, « Troubler dans ses roseaux le Danube superbe ;  »Délivrer de Sion le peuple gémissant ; « Faire trembler Memphis, ou pâlir le Croissant.  »Et, passant du Jourdain les ondes alarmées, « Cueillir » mal à propos, « les palmes idumées » ? Viendrai-je, en une églogue, entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux, Et, dans mon cabinet assis au pied des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres ? Faudra-t-il de sens froid, et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l’air faire le langoureux ; Lui prodiguer les noms de Soleil et d’Aurore, Et, toujours bien mangeant, mourir par métaphore ? Je laisse aux doucereux ce langage affété, Où s’endort un esprit de mollesse hébété. La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l’utile, Et, d’un vers qu’elle épure aux rayons du bons sens, Détrompe les esprits des erreurs de leur temps. Elle seule, bravant l’orgueil et l’injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice, Et souvent sans rien craindre, à l’aide d’un bon mot, Va venger la raison des attentats d’un sot. C’est ainsi que Lucile, appuyé de Lélie, Fit justice en son temps des Cotins d’Italie, Et qu’Horace, jetant le sel à pleines mains, Se jouait aux dépens des Pelletiers romains. C’est elle qui, m’ouvrant le chemin qu’il faut suivre, M’inspira dès quinze ans la haine d’un sot livre ; Et sur ce mont fameux, où j’osai la chercher, Fortifia mes pas et m’apprit à marcher. C’est pour elle, en un mot, que j’ai fait voeu d’écrire. Toutefois, s’il le faut, je veux bien m’en dédire, Et, pour calmer enfin tous ces flots d’ennemis, Réparer en mes vers les maux que j’ai commis. Puisque vous le voulez, je vais changer de style. Je le déclare donc : Quinault est un Virgile ; Pradon comme un soleil en nos ans a paru ; Pelletier écrit mieux qu’Ablancourt ni Patru ; Cotin, à ses sermons traînant toute la terre, Fend les flots d’auditeurs pour aller à sa chaire ; Saufal est le phénix des Esprits relevés ; Perrin... Bon, mon esprit ! courage ! poursuivez. Mais ne voyez-vous pas que leur troupe en furie Va prendre encor ces vers pour une raillerie ? Et Dieu sait aussitôt que d’auteurs en courroux, Que de rimeurs blessés s’en vont fondre sur vous ! Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d’injures, Traiter en vos écrits chaque vers d’attentat, Et d’un mot innocent faire un crime d’Etat. Vous aurez beau vanter le roi dans vos ouvrages, Et de ce nom sacré sanctifier vos pages ; Qui méprise Cotin n’estime point son roi, Et n’a, selon Cotin, ni Dieu, ni foi, ni loi. Mais quoi ! répondrez-vous, Cotin nous peut-il nuire ? Et par ses cris enfin que saurait-il produire ? Interdire à mes vers, dont peut-être il fait cas, L’entrée aux pensions où je ne prétends pas ? Non, pour louer un roi que tout l’univers loue, Ma langue n’attend point que l’argent la dénoue, Et, sans espérer rien de mes faibles écrits, L’honneur de le louer m’est un trop digne prix ; On me verra toujours, sage dans mes caprices, De ce même pinceau dont j’ai noirci les vices Et peint du nom d’auteur tant de sots revêtus, Lui marquer mon respect et tracer ses vertus. Je vous crois ; mais pourtant on crie, on vous menace, Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse. Hé ! mon Dieu, craignez tout d’un auteur en courroux, Qui peut... - Quoi ? - Je m’entends. - Mais encor - Taisez-vous !


        • Gasty Gasty 16 août 2007 12:21

          C’est une version Bêta, elle demande encore des mises au point. smiley


        • Djanel 16 août 2007 16:11

          Hé ! Boileau le fuyard. Tu me dois des réponses et je ne veux que du concentré pensée, parce que si c’est trop long, je ne lis pas.

          Ton deuxième poste je ne sais où tu es allé le chercher mais je doute qu’il soit de ta main.

          Pas d’ouvrage de Boileau chez moi. Ne peux pas vérifier et puis après tout, je m’en fiche.


        • Marsupilami Marsupilami 16 août 2007 16:28

          Merde à Boileau et vive Katerine :

          Putain, Marine le Pen, oh non

          Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois pas putain

          Marine le Pen, oh non

          Mais Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois ça ?

          Ouais. Tu sais c’était samedi là, à côté d’la maison d’la radio, heu j’marchais dans la rue et puis y’a une fille juste devant moi avec ses grands cheveux blonds, tu vois.

          J’ai commencé à la suivre parce que j’sais pas, j’avais envie d’baiser et puis, tout d’un coup elle s’est retournée et là, qu’est-ce que je vois ?

          Putain, Marine le Pen, oh non

          Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois pas putain

          Marine le Pen, oh non

          Mais Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois ça ?

          - Alors ? Alors ?

          Alors j’me dis ok c’est bon, je rentre chez moi, j’la dépasse et puis je marche Avenue du Président Kennedy jusqu’à la Place de Varsovie et puis il faisait bon et c’était cool.

          Et puis là j’me retourne, puis j’la vois qui marche derrière moi, puis j’commence à flipper parce que j’me rends compte qu’elle me suit vraiment, dans les Jardins du Trocadéro, Place de Chaillot, tout ça, j’me rends compte qu’elle me suis vraiment, Métro Boissière, j’accélère, Métro Kléber et puis j’la vois elle est toujours derrière moi.

          Et puis j’appelle un taxi et puis il est pris et puis j’commence à courir et c’est vraiment un cauchemard et puis je monte parce que j’ai pas trop l’choix je monte et je m’retrouve Place de l’Étoile, et y’a plein de bagnoles comme d’habitude, et puis elle est à deux mètres, je sens qu’elle est à deux mètres de moi, j’ose pas m’retourner et là j’appelle un taxi, miracle, il s’arrête, je monte dedans, au dernier moment, l’horreur absolue

          Marine le Pen, oh non

          Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois pas putain

          Marine le Pen, oh non

          Mais Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois ça ?

          Ce jour là j’me suis dit qu’il aurait mieux fallu rester chez moi

          Ce jour là j’me suis dit qu’il aurait mieux fallu rester chez moi

          - Fallu... Fallu... C’est... C’est un mot ? C’est, c’est quoi, c’est heu ? Passé compliqué ça ?]
          - Non il aurait, il aurait mieux fallu c’est, euh, conditionnel passé première forme. Tu vois là on aurait pu dire « il aurait mieux valu » aussi, mais, du verbe valoir. C’eut été plus élegant.

          - Alors ?

          - Ben, voilà.

          - Alors ?

          Putain, Marine le Pen, oh non

          Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois pas putain

          Marine le Pen, oh non

          Mais Marine le Pen, non mais

          Tu le crois pas

          Tu le crois ça ?

          Conclusion : Boileau pue de la gueule (signé Marsupilami).


        • claude claude 16 août 2007 14:39

          bonjour la taverne poétique.

          les avatars de la vie ont fait que depuis 15 ans, je fais partie des personnes nommées « handicapées ».

          mais au cours du temps, de l’évolution et des caprices de ma saloperie, j’ai revu ma définition du « handicap ».

          si je puis, je vais modestement vous en faire part.

          auparavant le salto réalisé par aaron, c’est gé-nial ! il a tout simplement changé d’objet de glisse : il a pris un fauteuil au lieu d’un skate ou d’un snow board...

          si on regarde la définition du handicap : la plupart d’entre-elles leur donne une connotation négative :

          http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/0001/bin26/monweb/def_hand.htm

          ***" DEFINITION DU HANDICAP

          Le handicap est la conséquence d’une incapacité (déficit au niveau des performances fonctionnelles) qui rend difficile l’accomplissement des rôles attendus dans la société, en fonction de l’âge et du sexe d’un individu. Il s’agit d’une discordance entre les performances de l’individu (ses capacités) et les attentes du milieu.

          On considère donc comme handicapées, les personnes pour lesquelles, suite à une atteinte de leurs fonctions physiques, psychiques ou intellectuelles, les activités quotidiennes et/ou leur participation à la vie sociale sont rendues difficiles. La notion de handicap concerne donc l’individu et la société." ***

          http://www.aphrso.org/def_ph.htm :

          *** "Voici la définition qu’en donne le dictionnaire Robert, dans la version CD-Rom de 1998 :

          handicapé, ée [’Sdikape] adj. et n. • 1957 ; de handicap ¨ Qui présente un handicap physique ou mental. (REM. Handicapé ou handicapé physique tend à remplacer infirme.) Travailleurs handicapés. « L’aide des psychologues à l’éducation des enfants handicapés, sourds-muets, aveugles, etc. » (Piaget). - N. Handicapé visuel (Þ amblyope, aveugle, malvoyant), auditif (Þ malentendant, sourd). Handicapé mental (Þ débile, mongolien...). Handicapé moteur, physique. Þ infirme, invalide, paralysé, paralytique (cf. Personne à mobilité* réduite). Sport pour les handicapés. Þ handisport. Afin de mieux comprendre la portée de cette définition, nous ajoutons la partie utile à notre propos, de la définition de handicap, donnée par le même dictionnaire : à Désavantage, infériorité qu’on doit supporter. Þ désavantage, entrave, gêne, inconvénient. Son âge est un sérieux handicap pour obtenir ce poste. « Apatride, sans raison sociale ni domicile fixe, vous cumuliez de lourds handicaps » (Modiano). ¨(1964) Infériorité momentanée (économique, sociale, politique) d’une collectivité par rapport à une autre. Le handicap économique des jeunes nations.

          Cette description met l’emphase sur le désavantage d’un handicap, qui impose à une personne, un état d’infériorité. C’est un regard sur la conséquence.

          Voyons maintenant celle proposée par la «  Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées » qui est aussi utilisée par l’ « Office des Personnes Handicapées du Québec » :

          Chapitre 1 point 1 g) «  personne handicapée » ou « handicapé » : toute personne limitée dans l’accomplissement d’activité normales et qui de façon significative et persistante, est atteinte d’une déficience physique ou mentale ou qui utilise régulièrement une orthèse, une prothèse ou tout autre moyen pour pallier son handicap.(...) " ***

          la notion de handicap est surtout apportée par le regard des autres, qui ne savent comment se comporter : pitié ? commisération ? dégoût ? peur de perdre sa propre intégrité physique ?

          certes le handicap est un frein à une vie « comme les autres », mais aussi, le handicap ne prend pas tout : on peut se passer de jambes pour faire du sport et pour travailler, quand on n’a pas de force musculaire, rien n’empêche de se servir de ses petites cellules grises musclées...

          le handicap ne se place que sur un plan : celui de l’incapacité à faire une sorte d’activités. mais il reste toutes les autres...

          le handicap n’enlève pas les compétences de celui qui en est atteint. il faut juste prendre en compte la différence entre une personne valide et une handicapée, afin d’adapter le travail et les loisirs.

          nombre d’handicapés ne peuvent travailler, car on leur a ôté la possibilité d’exprimer leur savoir-faire en les cantonnant dans une case bien précise.

          je souhaite que de plus en plus d’handicapés fassent des saltos arrières, car malgré tout nous sommes des gens « valides mais différents ». smiley


          • jako jako 16 août 2007 14:41

            Merci à Claude pour cet éclairage circonstancié.


          • La Taverne des Poètes 16 août 2007 15:20

            Merci Claude. Je saisis chaque occasion qu’il m’est donnée pour parler du handicap. J’avais proposé cet article dans la rubrique « handicap » et il figure dans « étonnant ». Je m’en doutais un peu. Ce n’est pas grave. Ce qui compte c’est de parler des handicapés encore et encore. J’avais aussi mis un titre plus sobre « Les prouesses des handicapés ». Point. Et juste la photo du jeune en fauteuil. Agoravox a ajouté la vidéo. L’équipe d’Avox est plus apte que moi à gérer l’aspect com’ et c’est vrai que ce procédé permet de faire venir plus de lecteurs pour sensibilier et informer davantage de gens. L’article a de plus été référencé sur Yahoo.


          • La Taverne des Poètes 16 août 2007 15:25

            Aux personnes handicapés et aux professionnels qui s’occupent des personnes handicapées : je tiens à vous rassurer. Le mauvais score de l’article n’est pas lié au sujet mais à une opération de représaille envers l’auteur de l’article (je vous passe les détails, c’est sans intérêt). Cet article est très lu. Il a été référencé sur Yahoo.


          • Djanel 16 août 2007 15:29

            Il ne fallait pas venir la taverne. Laisse tomber. Boilo a travaillé longuement pour rien sans rigoler.


          • Gasty Gasty 16 août 2007 16:06

            Merci Claude !


          • La Taverne des Poètes 16 août 2007 17:49

            Djanel, je me fous de vos manigances obscures. Moi, je fais les choses en plein jour. Si l’auteur me fout la paix, je lui fiche une paix royale. S’il veut continuer à venir me chercher, je continuerai à l’ennuyer aussi mais de façon décuplée. C’est une règle très simple et je m’y tiendrai. Quant à Boileau : je n’aime pas les frontistes. Qu’il fasse ce qu’il veut, cela ne me regarde pas.


          • Djanel 17 août 2007 10:06

            La taverne des poètes

            Il n’y a pas de manigances obscures. Mon action est claire et parfaitement lisible. Si tu cherche à lire entre les lignes pour découvrir ce qui est caché, c’est un trait de ton caractère. Comme on dit vulgairement tu projettes ton comportement sur celui des autres pour découvrir les choses cachées. Si tu as besoin d’une explication de texte pour cette dernière phrase, ne t’en prive pas, je suis à ton service.

            J’ai seulement voulu te donner un conseil de prudence. Puisque tu n’as pas l’air de comprendre et qu’il faille tout t’expliquer, alors écoute bien la leçon petit con, j’utilise rarement l’insulte.

            Si j’avais été à ta place et après être allé emmerder Demian sur son fil, je ne serais pas revenu sur le mien sur pour empêcher le Demian de me suivre en lui disant que si tu venais troller sur mon fil la seule chose que tu ferais, c’est d’ennuyer les autres commentateurs qui ne sont pour rien dans notre querelle. Tu ne te ferais seulement que mal voir et je te raterais pour te brosser une nouvelle réputation.

            J’aurais laissé Boileau tranquille et je n’aurais pas manqué le lendemain de lui dire qu’il avait travaillé pour rien parce que j’étais absent. C’est tout pour aujourd’hui, guerrier de pacotille.

            Le mont Saint Michel est en Normandie et il a été construit par les Normands et d’ailleurs son style est typiquement normand. Il n’y rien de breton dedans. Na !


          • talife 16 août 2007 16:03

            http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/Voyage-au-centre-du-cerveau/1116508.html diffusé il y a belle lurette, et vraiment très intéressant

            http://www.youtube.com/watch?v=o7f1Aa-Y1x0 posté il y a un an

            ben alors, la taverne, on fait dans le recyclage ? Faut arrêter de gaspiller de l’énergie pour faire bouger les électrons de ton cable réseau pour pas grand choses.


            • COLRE COLRE 16 août 2007 16:58

              Cher Taverne,

              J’avais lu l’article du Monde sur Daniel Tammet qui m’avait fascinée. Merci de faire connaître ce cas exceptionnel, mais votre article est un peu court. Je donne donc la référence :

              http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-941913,0.html

              Allez y, c’est un article assez approfondi qui donne envie d’en savoir bcp plus. Pour tous ceux qui s’intéressent au cerveau et aux sciences cognitives, on a l’impression d’être devant un « miracle » incomprhensible. Fascinant, vraiment.


              • La Taverne des Poètes 16 août 2007 17:44

                COLRE : vous avez bien fait de mettre le lien. Je ne savais pas que l’article était encore en libre consultation. C’est fascinant en effet.


              • La Taverne des Poètes 7 septembre 2007 21:15

                ...................................................................... .................................


              • Mango Mango 16 août 2007 18:52

                C’est un bel article et un beau sujet : dommage que personne ne semble disposé à en débattre.

                Merci à Claude pour les précisions et les définitions.

                J’ajouterai que le handicap se définissant par rapport à une norme, ladite norme n’étant rien d’autre qu’ une moyenne tirée de la majorité , on peut se demander si, dans un pays où 70% de la population a besoin de lunettes, la normalité ne va pas bientôt basculer du côté des « binoclards » ?

                Enfin, une simple myopie ne constituait pas à proprement parler un handicap avant la scolarisation massive, la conduite automobile et la civilisation de l’image. Aujourd’hui, même légère à moyenne et facilement corrigée, la myopie correspond à la définition de handicap (besoin de prothèses).

                Il me semble que certaines civilisations ou certaines époques ont même glorifié certaines formes de handicap : les nains de Velasquez, les Vénus callipyges... Allant jusqu’à des mutilations volontaires.

                Si un lecteur historien ou ethnologue pouvait nous en dire plus, ou serait-ce hors sujet ? Il vaudrait peut-être mieux faire un article sur l’histoire du handicap.

                Pour ma part, je suis un peu gênée devant ces courses à l’exploit des personnes handicapées, tout comme les excès du féminisme, des revendications communautaristes me mettent mal à l’aise.

                Mais peut-être est-ce justement le but : déstabiliser les soi-disant « normaux majoritaires » pour les amener à se poser des questions et faire évoluer les choses ? Car le fait est que les choses bougent, lentement, mais elles bougent.

                Pour terminer, je voulais apporter mon témoignage : je travaille avec des enfants déficients (troubles de la personnalité, limite HP), et j’ai pu observer que non seulement ils sont capables de faire certaines choses « mieux » que d’autres (théâtre par exemple - voir à ce sujet le documentaire de La Borde- Nicolas Philibert- : pendant la représentation, bien malin qui fait la différence entre patients et soignants !), mais ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils trouvent leur place parmi les autres pour faire avec les autres.


                • La Taverne des Poètes 16 août 2007 19:00

                  Mango : les débats deviennent impossibles sous mes articles. Dès qu’un début de discussion commence, Demian West et sa bande frappent pour faire dévier du sujet. Voilà l’explication.

                  Merci de votre commentaire.


                • claude claude 16 août 2007 23:40

                  bonjour mango,

                  le thème du handicap est difficile à aborder, car beaucoup de personnes ne savent pas comment appréhender ce qui ne rentre pas dans la « normalité » : l’image renvoie à sa propre « décrépitude ».

                  mais comme tu l’as si bien souligné, les « handicapés » ne sont que des personnes qui, par obligation vivent de manière différente. on peut continuer à vivre en société et accomplir nos gestes quotidiens. ce n’est pas un exploit, rien que de bien ordinaire, et c’est comme cela que ce devrait être perçu.

                  l’exploit c’est d’arriver à gommer le malaise, la pitié, le ton inutilement bas ou infantile que l’on emploie quand on s’adresse à un handicapé ou alors c’est le rejet, le dégoût le plus complet... la plus grosse bataille, c’est celle contre la connerie, qui n’arrête pas de multiplier les obstacles avec une navrante bonne volonté.

                  la vie est la même que pour les autres, mais simplement, on doit s’adapter à quelques contraintes supplémentaires. à part ceux qui sont condamnés à être grabataires, il y a beaucoup de manière d’utiliser et de développer les compétences acquises. chacun porte en soi, une lumière qui nos rend différent et unique dans l’humanité. et c’est cette lumière qu’il nous faut entretenir... smiley

                  j’aurais quelques années de moins, j’aurais bien aimé tenter le salto comme le jeune homme ! car c’est cool !fun ! et chargé d’ondes positives...

                  les exploits, ce sont les sportifs qui les accomplissent ou les astronautes... nous on fait comme vous : on se lève tous les matins.

                  mais, il serait quand même temps que la société aménage les cités et les immeubles afin d’améliorer la possibilité de déplacement des personnes à mobilités réduites : rares sont les lycées qui peuvent accueillir les fauteuils, les bus accessibles, les gares ! les trottoirs, les distributeurs de billets de banque, etc...

                  laissons les grincheux bougonner dans leur coin, et applaudissons encore la magnifique pirouette au destin de ce jeune homme ! coooool !!! smiley smiley smiley smiley


                • La Taverne des Poètes 16 août 2007 19:24

                  Mango, comme je disais aussi plus haut, il ne faut pas manquer une occasion de parler du handicap car les gens ne sont jamais assez sensibilisés et les efforts gagnent à être poursuivis. Il faut en parler encore et encore, et avec sérieux. C’est le meilleur moyen de faire passer les messages.


                  • Mango Mango 16 août 2007 19:51

                    D’autant que nous sommes tous destinés à vieillir et donc, futurs handicapés en puissance... Eh, oui !

                    C’est peut-être bien ce qui nous gêne avec le handicap, d’ailleurs. Bon j’arrête, ça va saper le moral à tout le monde !


                  • JC. Moreau JC. Moreau 16 août 2007 20:04

                    @ l’auteur

                    Je souhaite plus particulièrement revenir sur ce qui précède à votre conclusion.

                    Ainsi, vous écrivez :

                    - « Toute cette médiatisation ne saurait faire oublier que des prouesses sont accomplies tous les jours par les personnes handicapées dans leur vie quotidienne. Dans les moindres gestes de la vie courante. Mais nous avons parfois tendance à l’oublier ou bien nous ne l’avons jamais su parce que nous ne nous sommes jamais mis à la place d’une personne handicapée pour vivre l’une de ses journées. »

                    Il apparait, à mon sens, que vous soulevez par ces quelques lignes un impensé de la médiatisation du handicap dans l’opinion publique. En effet, il semble que seule une performance hors-norme, au-delà même de ce dont est ordinairement capable un « bien-portant », permet au handicapé de rejoindre dans l’espace médiatique le plein statut de la citoyenneté. En d’autres termes, c’est par son « exploit » qu’il semble rejoindre la norme, l’« exploit » en question devenant l’argument implicite qui justifierait l’accession à une pleine égalité des droits fondamentaux (l’accession à l’éducation, notamment...) pour l’ensemble des handicapés.

                    Ce me semble être une réthorique pernicieuse en ce qu’elle conditionne in fine l’égalité des droits, non pas à la qualité d’homme, mais à ce qu’il est en mesure de réaliser... Bref, pour ma part, je décèle une imprégnation eugéniste dans le traitement médiatique du handicap, à laquelle votre propre article n’échappe pas, du fait de son introduction axée sur les « prouesses » des handicapés.


                    • La Taverne des Poètes 16 août 2007 20:20

                      à JC Moreau : Vous n’avez pas tort. J’ai essayé d’expliquer par mon article que les handicapés font des prouesses chaque jour et dans l’anonymat le plus total : dans les gestes du quotidien, dans leurs déplacements, pour leur travail. Ce n’est pas le premier article que j’écris sur la question du handicap car je m’y intéresse de près. Ici, c’est vrai le côté spectaculaire prend un peu le dessus. A noter cependant que j’avais classé cet article dans la rubrique « handicap » et non dans « étonnant » et que je n’avais pas mis la vidéo. Ce sont là des choix de la rédaction. Je ne voulais pas forcer le trait.

                      Pour l’accès à l’éducation et à la culture : la scolarisation des enfants handicapés en milieu scolaire normal fait de réels progrès, cela avance enfin. Pour l’accès à la culture, les décrets d’application de la loi DADVSI permettant l’accès gratuit des handicapés aux oeuvres n’ont pas été pris car l’application s’avère complexe et il y a des intérêts privés en jeu (éditeurs..)


                    • Christoff_M Christoff_M 17 août 2007 02:03

                      A la Taverne, je me permets de te dire que tu perds trop de temps et d’énergie à répondre à certains qui ne viennent sous tes articles que pour te ridiculiser... peut etre es tu trop entier ou trop gentil... sans arrière pensée, c’est bien tu parles de ce que tu aimes et je te crois sincère...

                      Mais ici il y a de plus en plus de cyniques mal intentionnés !


                    • moebius 17 août 2007 01:17

                      ... moi je marche sur l’eau comme tout le monde ici, mais je ne sais pas encore faire des saltos arrieres dans une chaise roulante...je cours le marathon dans des temps honorables , n’en tire aucune gloire, c’est compulsif... plutot humilliant de se preter à ça...toujours trés tres frustrant ces petits caractéres qui s’allignent gnin gnin et gnin gnin comme des gnin gnin crottes de mouche sur ce lumineux écran. Je termine ici par le « n »(d’écran) regardez le bien, comme il brille ce « n », avec ses petites guillemets qui sont comme de guillerettes ailes d’angelots


                      • claude claude 18 août 2007 22:15

                        cher furtif,

                        je suis d’accord avec vous, sur votre réflexion quant à la performance physique...

                        mais quand même, un salto arrière en fauteuil roulant, ça doit être cooooooool.... et en plus, même les valides peuvent le faire ! smiley

                        c’est juste pour le fun , la légèreté, l’euphorie que cela peut procurer, comme quand on descend une piste de ski smiley

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