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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > NDE/Near Death Experiences : du nouveau !

NDE/Near Death Experiences : du nouveau !

Le phénomène des NDE (Near Death Experience), en Français EMI (Expériences de Mort Imminente) fut découvert en France grâce à l'ouvrage de Raymond Moody "la vie après la vie" paru en 1977 [1].

Cet ouvrage décrivait pour la première fois des témoignages de personnes ayant subit un état de mort clinique. Les témoins racontaient alors une expérience consciente mémorisée durant cette phase.

L'apparition relativement récente de ce phénomène associé au grand nombre de témoignages collectés fut sans doute lié aux progrès des techniques de réanimation, elles permirent en effet depuis une cinquantaine d'années de sauver de nombreuses personnes en état de mort clinique.

L'analyse des témoignages mit en évidence une grande similitude dans leur contenu, ce dernier étant par ailleurs indépendant de la culture des témoins.

Pour des raisons évidentes, c'est le monde médical qui fut dès le début en première ligne pour rapporter ces informations. Par conséquent, depuis plus de 40 ans, ce sont des médecins et spécialistes de la santé qui étudient ce phénomène.

LES DONNÉES COLLECTÉES
A travers les témoignages collectés depuis environ 40 ans, un scénario récurrent (totalement ou partiellement mémorisable) constitué de 2 phases distinctes a été observé :
1) Phase EHC = Expérience Hors du Corps, au voisinage de ce dernier
2) Phase dite transcendante car située dans un espace non déterminé

Phase EHC
Dans cette phase, le témoin se retrouve soudain au voisinage de son corps physique, en général situé à une position qui semble être à la verticale de ce dernier comme "collé au plafond".
La particularité de ce qui est perçu vient du fait que la vision est "sphérique", le témoin voit "partout en même temps".
Il perçoit également les dialogues de la scène mais d'une manière qu'il qualifie lui même de "télépathique" et donc pas par captation des ondes sonores.
Le témoin peut se "déplacer" en "traversant" les obstacles (murs, portes...).
L'impression globale en terme de perception est de vivre une réalité bien plus réelle que celle que nous connaissons.
Le témoin n'est que spectateur des événements, il ne peut (sauf exception) communiquer avec les êtres humains du voisinage même s'il capte parfaitement ce qui se dit, en informatique on appellerait cela mode "lecture seule" (Read Only).

Un point clé de ces témoignages est que le témoin effectue une acquisition d'informations objectives hors de portée de ses sens, ces informations peuvent être ultérieurement confirmées.

Externalisation de la conscience
Pour expliquer cette acquisition d'informations, l'hypothèse la plus crédible est basée sur le fait que la conscience est extériorisée (ou extériorisable) par rapport au corps humain et en particulier par rapport au cerveau.

Un système de stockage externe
Puisque ces informations sont mémorisées, il existe donc un second système de stockage (le 1ier étant le cerveau) relié à la conscience qui est extérieur à l'organisme physique.

Phase transcendante
Le passage entre les 2 phases s'il est mémorisé est décrit comme une chute dans un tunnel sombre. A la sortie de ce dernier est présente une lumière non éblouissante de très forte intensité.
Arrivés à cette lumière, les témoins décrivent un contact avec une ou plusieurs présences dont certaines sont reconnues comme étant des personnes décédées.
Une revue de la vie passée du témoin (RDV) est rapportée avec la connaissance de toutes les conséquences de se actes.
La lumière proprement dite semble être une entité consciente inconnue qui propose un choix au témoin : soit il retourne dans son corps pour "terminer sa mission sur terre", soit il poursuit sa route mais sans retour possible.
On note donc l'existence d'un point limite ou de non retour.

LES NOUVEAUX CONCEPTS
Les travaux de Jean Pierre Jourdan [4] et Rudy Rucker [5] proposant une interprétation dimensionnelle de l'univers perçu lors des NDE.
Le tunnel et la phase transcendante n'ont jamais fait l'objet d'une interprétation, cet article en propose une.

L'hypothèse de JP Jourdan
Énoncée sous une forme conceptuelle, voici l'hypothèse de Jean Pierre Jourdan [2][4] :
"Lors d'une EMI, tout se passe comme si la conscience du témoin percevait notre monde habituel depuis une dimension d'espace supplémentaire"
En effet, la perception de 4 dimensions d’espace au lieu de 3 explique les sensations décrites, la vision sphérique "partout en même temps", le passage à travers les obstacles (murs,...) qui est en fait une illusion [2].

Hypothèse du tunnel trans-univers
Le tunnel qui est un invariant des récits de NDE pourrait être un pont d'Einstein-Rosen [3] qui permettrait se sortir de notre univers.

Un pont d'Einstein-Rosen également appelé "trou de ver" est un concept issu des calculs mathématiques de la relativité générale. Il s'agit d'un concentré de déformation de l'espace-temps qui percerait la surface (dite S3) de notre univers pour atteindre :
1. Un autre point de celui-ci, s'il est courbé ou plié : trou de ver intra-univers
2. Un autre univers voisin : trou de ver extra-univers

Le modèle présenté ici est du second type, ce pont permettrait de relier notre univers (univers A) à un autre univers (univers B ).

UN MODÈLE THÉORIQUE GLOBAL
A l'issue de ces préambules, un premier modèle explicatif complet des expériences NDE peut être proposé :

Phase 1 : EHC
Lors d'une NDE, le témoin effectue une première phase EHC (Expérience Hors du Corps).
Sa conscience s’externalise mais reste localisée au voisinage de son corps physique, donc dans notre univers (Univers A). Mais cette dernière perçoit 4 dimensions d'espace.
Au passage, cette perception démontre que notre univers perçu en 3 dimensions d'espace est immergé dans un univers plus vaste à 4 dimensions d'espace [2].

Phase 2 : Tunnel
Si le témoin relate un passage dans le tunnel, cela signifie que sa conscience pénètre dans un autre univers (B ) à travers un pont d'Einstein-Rosen.
Dans cet univers, se situerait la système de stockage externe à la conscience. En particulier, chaque vie serait engrammée dans cette gigantesque base de données.

Phase 3 : Dans un autre univers
Arrivé dans cet univers B, le témoin rapporte plusieurs choses :
- RDV : revue de vie avec visualisation des conséquences de ses actes
- impression de connaissance totale, absolue : accès à toutes les données collectées par l'humanité
- rencontre et dialogue avec des personnes décédées
- rencontre et dialogue avec un "être de lumière"
- choix de poursuivre ou de retourner en arrière

Phases 4 et 5 : retour !
Nouveau passage dans le tunnel dans l'autre sens, retour dans le corps physique, puis réveil du témoin.

CONCLUSION
En synthèse, les recherches sur les expériences de NDE ont permis de déboucher sur les hypothèses suivantes :
- la conscience est externe à l'organisme ou à minima externalisable
- cette dernière perçoit 4 dimensions d'espace
- elle peut sortir de notre univers
- il existe un autre univers "des consciences" qui possède son propre système de stockage des informations captées par chaque être humain. Chaque vie humaine serait enregistrée dans ce dernier.

Comme on le voit, depuis la publication des travaux de Moody en 1977, la recherche sur les NDE a très fortement progressé.

Edgar Morin [6] a toujours défendu l'idée qu'une condition nécessaire pour avancer dans la connaissance était de décloisonner les différentes disciplines scientifiques.
Le sujet des NDE en apporte la preuve car les découvertes effectuées dans ce domaine peuvent être réutilisées dans celui de la cosmologie, mais c'est une autre histoire...

(Retrouvez l'intégralité de cette étude en 3 parties ici : [1] [2] [3])

Références
[1] NDE/EMI – Partie 1 : Etat des lieux
[2] NDE/EMI - Partie 2 : Une percée scientifique majeure
[3] NDE/EMI - Partie 3 : La phase transcendante, une première modélisation
[4] "Deadline, dernière limite" Jean Pierre Jourdan
[5] "La 4ième dimension" Rudy Rucker
[6] "Introduction à la pensée complexe" Edgar Morin


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156 réactions à cet article    


  • Harfang Harfang 7 décembre 2011 10:05

    Ou alors, tout cela est issu de pures hallucinations liées au mode de fonctionnement du cerveau sous l’effet de l’endorphine et des autres substances générées par la douleur du mourant.

    Notez que je n’évoque cela que comme une autre hypothèse : ces théories sont invérifiables (sauf à franchir le pas, mais le « retour » n’est pas garanti).
    En outre, est-il vraiment souhaitable de connaître la vérité, dans un sens comme dans l’autre ?
    Je vous invite à lire (ou à relire) les Thanatonautes de Bernard Werber, ce thème y est amplement abordé...


    • Bernard Pinon Bernard Pinon 7 décembre 2011 10:44

      Ou alors, tout cela est issu de pures hallucinations liées au mode de fonctionnement du cerveau sous l’effet de l’endorphine et des autres substances générées par la douleur du mourant.

      Cette hypothèse a été depuis longtemps réfutée par ceux qui étudient ce phénomène. Le nombre d’invariants est trop élevé pour être explicable par un phénomène hallucinatoire. De plus, l’acquisition d’informations normalement inaccessibles (par ex. ce qui se passe dans la pièce à côté) contredit l’hypothèse hallucinatoire.

    • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 10:45

      Le point crucial concerne l’acquisition d’informations lors de la période d’inconscience, à ce sujet il faut citer le célèbre cas de Pam Reynolds qui a subit une ablation d’un anévrisme géant au niveau du cerveau.

      Durant l’intervention, tout fut enregistré :

      EEG (Electro-Encéphalogramme)

      - activité du tronc cérébral

      - dialogues des intervenants

      Après son réveil, Pam Reynolds raconte une expérience EMI.
      Elle décrit avec précision ce qui s’est passé durant l’intervention : dialogues, description des outils utilisés, etc...
      L’horodatage du contenu de son témoignage fut comparé aux enregistrements réalisés lors de l’intervention.
      Cette comparaison a démontré que ce témoignage était parfaitement synchronisé avec la phase où l’activité cérébrale était totalement stoppée : EEG nulle, pression sanguine dans le cerveau nulle.



    • Hermes Hermes 7 décembre 2011 11:54

      Bonjour,

      Je trouve cette recherche très intéressante.

      Sur la remarque vis-à-vis des hallucinations, à partir du moment où c’est la partie la plus basique et primitive du cerveau qui les produirait, il n’y a aucune raison que les invariants ne soient pas très nombreux. En effet, les contenus cérébraux centraux et primitifs ont plus de « chances » d’être communs à l’ensemble des personnes.
      Il est même probable qu’ils soient très semblables à ceux des animaux qui sont plus proches de nous évolutivement (les mammifères et plus particulièrement les primates).
      Donc, ce n’est pas une piste à balayer d’un revers de la main.
      @ l’auteur : il manque d’ailleurs une pièce importante au dossier : la connaisance des effets du DMT (Diméthyltryptamine), une substance que le cerveau libère à la mort de l’individu. Elle est justement consommées en Amérique du Sud pour les hallucinations qu’elle produit, accompagnées de l’effet de sensation d emort immédiate. Bien qu’il n’y ait pas d’effet secondaire connu, c’est une drogue interdite et classée dans les stupéfiants dangereux.

      Quand aux possibilités de nos sens, elles sont sous-exploitées en permanence par la pollution mentale que nous entretenons. Qu’en savons nous réellement ?

      Personne n’aimerait imaginer qu’il cesse d’exister un jour, n’est-ce pas ? Il y aurait donc un blocage permanent de l’émission du DMT dans l’organisme, sans doute dû aux mécanismes de surprotection de nos structures mentales et des barrières émotionnelles associées..

      Et si nous essayons de cesser d’exister en tant qu’ego qui tente à tout prix de tenir son destin en main (par le pouvoir ou l’espoir, dans une dépendance temporelle), il parait que l’on peut accéder dans le présent, à des états plus lumineux. Sans parler de l’illumination du bouddha, c’est ce que chacun expérimente à modeste échelle quand il sort de la spirale de ses errances mentales autour de ses ennuis, contrariétés et problèmes. La perception change. L’hypothèse d’un changement de fonctionnement global du cerveau ne me semble pas très risquée. Celà peut peut-être aller en fonction du niveau de « réveil » jusqu’à la libération de cette DMT. L’ultime réveil n’est-il pas en effet l’acceptation totale de notre impermanece et de notre mort inévitable ?

      Il y a donc à différents degrés une autre dimension de vie possible, et il n’est pas indispensable de parler d’univers paralèlles pour l’affirmer.

      En tout cas un travail sérieux de connaisance de soi, en se rapprochant du présent et de la perception, par l’identification des mécanismes d’auto-dépendance temporelle et de surprotection du psychisme, constitue assurément une bonne façon de se rapprocher de notre condition mortelle et de mieux comprendre ce que la mort implique sur le plan psychologique.
      Si le voyage vers un univers parallèle à travers un trou noir semble compromis (pilulle rouge ou bleue ? smiley ), cette expérimentation du quotidien peut nous rapprocher de la compréhension de notre condition de façon très pragmatique.

      Par ailleurs le développement d’une attitude plus consciente (moins avoir et plus être) peut avoir sur le plan collectif des « bénéfices » bien plus intéressants que l’accumulation de pouvoir, de richesses et la consommation effrénées dans la recherche du seul plaisir.

      A l’auteur : au plaisir de vous rencontrer et bonne journée à tous.


    • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2011 17:44

      @Hermès
      Je trouve votre contribution particulièrement intéressante.
      @Harfang
      Je pense aussi à la libération de substances chimiques, ultimes tentatives de survie de l’organisme (ce n’est qu’un avis, faut-il le préciser non autorisé...).
      Oui, les Thanatonautes de Weber et la suite. Ce gars a une imagination débordante.


    • Hermes Hermes 7 décembre 2011 18:00

      Merci.

      Il y a un point qui mérite toute notre attention : quand la perception n’est plus filtrée par nos jugements et nos a priori, la masse d’information enregistrée est collosale. Notre capacité à les structurer dynamiquement ainsi qu’à changer notre « point de vue » est aussi multipliée.

      Au contraire quand la perception ne donne plus d’information, la mémoire se libère pour compléter l’expérience. Essayez de marcher dans la rue les yeux bandés par exemple.

      Ces phénomènes poussés à l’extrème dans les différentes phases de la mort physique, dans des étapes successives, peuvent aussi contribuer à en dissiper les mystères.

      Le besoin d’objectiver l’expérience vécue, par habitude, en donne une relation qui est forcément sujette à caution, puisque en plus il s’agit là de changements radicaux et successifs des modes de perception et d’interprétation.

      Bonne soirée.


    • la_gata la_gata 7 décembre 2011 20:00

      est-il vraiment souhaitable de connaître la vérité, dans un sens comme dans l’autre ?

      je ne suis pas chretienne .. mais comme disait Jean 8:32

      « et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera »


    • la_gata la_gata 7 décembre 2011 20:09

      @ Hermes :
      vous dites.
      il manque d’ailleurs une pièce importante au dossier : la connaisance des effets du DMT (Diméthyltryptamine), une substance que le cerveau libère à la mort de l’individu. Elle est justement consommées en Amérique du Sud pour les hallucinations qu’elle produit, accompagnées de l’effet de sensation d emort immédiate. Bien qu’il n’y ait pas d’effet secondaire connu, c’est une drogue interdite et classée dans les stupéfiants dangereux.

      la DMT est contenue dans une tisane qu’ on boit en Amerique du Sud depuis des miliers d’années (ayahuasca, yagé , natem , daime , etc etc) .

      et est justement interdite et classée dangerouse en Europe car ici les gouvernements n’ont aucun interet en que les gens se liberent de la peur de la mort ou que devenant ecolos dans l’âme , rejetent la societé de consomation et la course au toujours plus de profit.


    • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 21:20

      Carlos Castaneda revisited...


    • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 21:34

      « La diméthyltryptamine (N,N-diméthyltryptamine) ou DMT est une substance psychotrope puissante (souvent synthétique mais aussi présente de façon naturelle dans plusieurs plantes dont les psychotria ou Anadenanthera). Elle est considérée comme un stupéfiant dans certains pays. Se présentant pure sous forme cristalline et généralement fumée, elle procure un effet hallucinogène quasi-immédiat et de courte durée ainsi qu’une expérience de mort imminente dans certains cas (en sens inverse, certaines études lient cette expérience de mort imminente à une possible production de diméthyltryptamine par la glande pinéale). » http://fr.wikipedia.org/wiki/Dim%C3%A9thyltryptamine

      Alors vite, allons voir Glande pinéale :

      « La glande pinéale fut l’avant-dernière des glandes endocrines dont la fonction fut identifiée. Cela explique sans doute les spéculations tant physiologiques que métaphysiques qui ont entouré son rôle supposé central dans la pensée du fait de sa position dans l’encéphale.
      [...]
       La plus célèbre de ces théories est sans doute celle du philosophe français René Descartes qui désigna la glande pinéale comme le « siège » de l’âme 5. » Ouille !


    • ottomatic 7 décembre 2011 10:36

      J’adore les scientifiques ! Ca se lance dans des théories des plus complexes juste pour ne pas arriver la la conclusion qui est des plus simple et connu par l’homme depuis les premières civilisations : le corps et l’esprit sont 2 choses différentes.

      Ceci dit, ce n’est pas étonnant dans un monde ou seul le matériel compte...

      @ Harfang : et non l’explication des hallucinations ne tient absolument pas la route... l’activité cérébrale étant inexistante pendant une NDE...

      Au fait, pas besoin de NDE, pour sortir de son corps...

      • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 10:48

        En effet, il y a un coté humoristique à commencer à démontrer scientifiquement ce que l’on subodore depuis longtemps !

        Le point crucial est que l’on sort (enfin) du domaine de la croyance (religion, mysticisme, etc...) pour entrer dans le domaine du rationnel....


      • Gabriel Gabriel 7 décembre 2011 10:54

        Au fait, pas besoin de NDE, pour sortir de son corps...

        Vous faites sans doute référence au voyage astral. Il est vrai que l’on peut assimiler, la première phase de la NDE (Sortie du corps) à cela, mais cette pratique, même très poussée s’arrête aux limites du fameux tunnel de lumière.


      • Gontran Gontran 7 décembre 2011 10:57

        Pour comprendre comment se construit le souvenir d’une expérience extracorporel en état de mort cérébrale, il faut comprendre comme nous percevons le temps.


        En effet, notre perception du temps est relative à notre état de conscience : on a l’impression qu’il passe vite quand nous dormons ou que nous sommes occupés, et parfois on a l’impression qu’il passe plus lentement. 

        AMHA, les sensations et expériences dont se souviennent les gens qui ont fait des EMI peuvent avoir été construites en une fraction de seconde (avant l’arrêt de l’activité cérébrale, ou après, ou les deux), alors que la personne aura l’impression que ça a duré plusieurs minutes.

        Si au moment de mourir notre conscience disparaît et avec elle, notre conscience du temps, peut-être que ce que l’on appelle l’au-delà, c’est simplement l’infime moment ou notre conscience s’évanouit, et avec elle notre perception du temps, juste avant que notre cerveau ne cesse de fonctionner définitivement. Les gens autour de nous nous voit mourir, mais peut-être que notre conscience survit dans cette dimension de temps pendant une durée indéterminée. 

        Mais rien de scientifique n’a jamais indiqué que le cerveau et que ce que certains appellent « l’esprit » ou « l’âme » soient deux choses différentes, à ma connaissance.

        Cela dit, bien que n’étant pas très spirituel, j’espère vraiment que vous avez raison, car ça signifierait que l’expérience de la conscience ne s’arrête pas au moment de mourir, ce que tout le monde espère bien sur, personne n’aime l’idée de disparaître entièrement à tout jamais.


      • ottomatic 7 décembre 2011 11:53

        @zevengeur

        Le soucis est que la science à remplacé la religion et malheureusement, et tant qu’a prendre la place, elle en a bien souvent pris les vices. Il ne faut jamais oublier que la science passe la grande majeure partie de son temps à se planter en long, en large et en travers, à trouver des explication tordus pour tout faire tenir dans le modèle... le pire étant ce qui démontre que le modèle est faux, qui devra donc être nié, ridiculisé etc.

      • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 15:11

        @Gontran

        Sur cette étude, j’ai tenté d’avoir l’approche la plus rationnelle possible mais sans les à priori habituels du monde scientifique sur le modèle proposé.

        Au sujet du temps qui reste un très grand mystère pour la science, j’ai un chapitre complet qui évoque ce sujet dans la partie 3 :
        NDE/EMI - Partie 3 : La phase transcendante, une première modélisation


      • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 18:02

        @ ottomatic

        Le soucis est que la science à remplacé la religion et malheureusement, et tant qu’a prendre la place, elle en a bien souvent pris les vices. Il ne faut jamais oublier que la science passe la grande majeure partie de son temps à se planter en long, en large et en travers, à trouver des explication tordus pour tout faire tenir dans le modèle... le pire étant ce qui démontre que le modèle est faux, qui devra donc être nié, ridiculisé etc.

        Vous dites vous même que la science passe son temps à se planter, en effet, lorsque l’observation est en contradiction avec le modèle, on modifie ce dernier.
        La science est évolutive et non figée.

        Par contre je ne suis pas d’accord du tout lorsque vous dites qu’elle a prit les vices de la religion.
        En effet, les religions ne s’embarrassent pas de la problématique du réel, elles dictent des dogmes figés basés sur des écrits abscons dont on ne connait pas l’origine et lorsque les observations ne collent pas avec les textes, on brule l’observateur !


      • ottomatic 7 décembre 2011 18:55

        « Par contre je ne suis pas d’accord du tout lorsque vous dites qu’elle a prit les vices de la religion.  »


        Pourtant c’est bien le cas ! Prenez l’exemple de l’audition, pour les scientifiques il y moins de 20 ans, l’oreille était considérer comme un micro allant dans le cas parfait de 20 à 20 khz. Un membre de ma famille travaillait dans la hifi et se voyait bruler sur l’hôtel de la science car il avait compris que l’audition était bien plus complexe qu’un simple micro. Maintenant que psychoacoustique a fait des progrès,ce qui était inconcevable est devenue la norme. 
        Oui la science évolue, mais il faut des fois que certains passent sur le buché...

      • Ménédée 7 décembre 2011 20:38

        Cher Ottomatic, le dualisme corps/esprit n’a rien de simple, et ce n’est pas une vérité. Vous pouvez croire que le corps et l’esprit sont deux choses différentes, c’est honorable, mais ce n’est pas prouvable, c’est de la foi, et la thèse des hallucinations est tout à fait recevable pour au moins deux raisons : 

        1 de fait ce n’est pas un mort qui a communiqué ces données 
        2 donc, puisque c’est un vivant il y a un corps, et un cerveau. Ces états de conscience, comme dans le sommeil, se caractérisent entre autre par la présence de DMT (Diméthyltryptamine) une substance extrêmement psychotrope, psychédélique même. 
        Qu’il y ait des patterns peut s’expliquer par l’héritage culturel, ou/et par la structure mentale humaine.
        En d’autres termes : cette question est et va encore rester une impasse, une aporie.
        On ne peux pas définitivement prouver le dualisme esprit/corps, et on ne peut pas non plus discréditer les phénomènes métaphysiques. 

      • Gabriel Gabriel 7 décembre 2011 10:48

        L’étude des NDE est un sujet qui, pendant de nombreuses années, fut la risée des milieux médicaux. Cependant, les milliers de témoignages concordants issus de personnes de pays, cultures et religions différentes, ont fini par effacer les rictus moqueurs de nombreuses lèvres et ont amené la communauté scientifique à se pencher sérieusement sur le sujet. Quelques précurseurs comme Moody que vous avez cité mais aussi Elisabeth Kübler-Ross, côtoie le phénomène de très prés. Comme le cite Harfang, le roman « Les Thanatonautes » de Werber est intéressant en terme de vulgarisation du phénomène. Ces expériences et témoignages se heurtent souvent à des esprits cartésiens ou religieux, ce qui est un peu normal, on n’efface pas vingt siècles de culture d’un claquement de doigt. Ce qu’il  faut retenir, c’est que les personnes ayant eu cette expérience en sont revenues transformé et ont changé radicalement leur regard et leur attitude sur leur vie ici bas en donnant priorité à la vie et à la considération envers tout êtres vivants. J’aime cette citation de Spinoza : « Nous sentons et nous savons par expérience que nous sommes éternels … »


        • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 10:52

          Cet article est un résumé en 3 pages d’un article d’une cinquantaine de pages publié sur mon blog, j’ai du simplifier !


        • Duke77 Duke77 8 décembre 2011 00:48

          Je dirais plutôt place aux témoignages. si tous les gens qui ont subit un état de mort clinique nous racontent qu’il y a un tunnel, une perception à 360° etc... c’est que ça doit ressembler à ça ! Pourquoi faire appel à l’imaginaire alors que la réalité semble déjà formidable !


        • Nanar M Nanar M 7 décembre 2011 10:59

          Science-Fiction ou pas, merci pour cet article qui à le mérite d’offrir des territoires infinis à notre imaginaire.


          • Gasty Gasty 7 décembre 2011 12:37

            Cette réflexion mérite d’être immortalisée dans nos mémoires tellement c’est fort.


          • Harfang Harfang 7 décembre 2011 11:51

            Je précise que mon premier commentaire n’était nullement goguenard, je posais simplement la question (puisque je sais que cette hypothèse avait été émise) d’une éventuelle hallucination. J’avoue ne pas m’être intéressé aux EMI depuis des années, et ma culture à ce sujet n’est probablement pas à jour... Je précise aussi, en bon agnostique que je suis (aussi bien sur le plan religieux que scientifique d’ailleurs) que je ne prend pas parti dans ce débat et reste ouvert à toutes les hypothèses.

            Comme je l’ai déjà précisé, je crains malheureusement que toutes les spéculation sur le phénomène ne reste que des spéculations justement jusqu’au jour ou nous irons le vérifier par nous-même. Ce qui, reconnaissons-le, est le plus grand dénominateur commun de l’humanité : personne n’y échappera.

            Scientifiquement parlant, je trouve intéressant que l’on s’intéresse à ce phénomène (comme on devrait s’intéresser à beaucoup d’autres d’ailleurs) sans forcément de parti pris négatif. Il serait sans doute intéressant (toujours scientifiquement parlant) de barder de capteurs divers et variés la chambre d’un individu se retrouvant en mort cérébrale, afin de voir si on peut déterminer la nature de cet « esprit » qui se dissocie du corps, à supposer que cela soit physiquement possible (supposons que la « conscience » soit constitué, je dis une ânerie, de neutrinos, avant d’arriver à les détecter, bon courage).

            La « conscience » est-elle un champ électromagnétique ? Est-elle constituée de particules/ondes ? Est-elle une distorsion de l’espace-temps ? Si l’on postule qu’une âme existe, il est évident qu’elle est capable d’interagir avec la matière (puisqu’elle dirige nos corps en temps normal), peut-on donc la détecter de quelque façon que ça soit ? Voir de communiquer avec elle ? Bref, le champ des recherches est encore vaste..


            • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 15:20

              @Harfang

              L’hypothèse hallucinatoire ou autre perception créée de toute pièce par le cerveau est abandonnée par tous les chercheurs qui ont étudiés sérieusement le dossier.

              Cependant, à part JP Jourdan, personne n’a jusqu’ici proposé des explications vraiment originales basées sur nos connaissances actuelles ou du moins sur les théories actuelles.

              Je m’y suis collé (!) et voilà une première manière de voir les choses, on a maintenant un modèle à creuser, critiquer, etc...

              Et bien entendu, ces éléments de réponse amènent bien d’autres questions comme celle que vous posez, « nature physique de la conscience », « comment la détecter », ....

              Tout est à faire !


            • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 17:38

              Sur votre blog, on peut lire un de vos commentaires que je cite : « J’espère seulement que l’on n’aboutira pas à une théorie proche de la physique quantique car là on repartirait pour un tour de questions sans réponses... »

              C’est fait depuis belle lurette. Les pseudos philosophes quantiques ont déjà avancé que la conscience universelle serait un champ quantique et la conscience individuelle, la réduction locale du paquet d’onde. Cela donne de splendides poésies théoriques, surtout quand on y ajoute des phénomènes comme l’intrication quantique et permet d’écrire de très beaux articles comme http://www.neotrouve.com/?p=348

              Il y a Penrose qui avait proposé un modèle moins, disons poétique, mais qui n’a pas l’air de bien résister aux avancées de la physique théorique.http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/conscience-et-mecanique-quantique-un-revers-pour-la-theorie-de-penrose_18575/


            • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2011 17:59

              L’hypothèse hallucinatoire ou autre perception créée de toute pièce par le cerveau est abandonnée par tous les chercheurs qui ont étudiés sérieusement le dossier.
              Cette réponse laminaire demanderait certainement à être plus élaborée.
              Protocole scientifique, instruments de mesure, etc...
              Rien ne dit que les instruments de mesure de l’activité cérébrale dont nous disposons actuellement sont assez fins.


            • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 18:21

              @Mort Aucon

              C’est fait depuis belle lurette. Les pseudos philosophes quantiques ont déjà avancé que la conscience universelle serait un champ quantique ..../

              Bien sur, les pseudo-philosophes se mêlent de tout et de rien, ils déclenchent même des guerres !
              Cependant l’important est que le sujet des NDE et du mystère de la mort sorte enfin du giron des religions et du mysticisme pour entrer dans celui de la recherche scientifique.


            • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 18:41

              Quelle serait la différence entre ces théories et celle que vous exposez ? Toutes les données empiriques que vous voulez apporter sont en fait subjectives et susceptibles d’interprétations diverses. Vous dites que la collecte de données est terminée et qu’il est temps de passer à la construction d’un modèle. Je veux bien, mais en êtes-vous vraiment sûr ?


            • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2011 12:04

              Un système de stockage externe
              Puisque ces informations sont mémorisées, il existe donc un second système de stockage (le 1ier étant le cerveau) relié à la conscience qui est extérieur à l’organisme physique.

              Une sorte de ’cloud computing’ en somme ...


              • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 15:22

                @ Abou Antoun

                Oui ou un data warehouse
                 !


              • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 16:10

                « Un système de stockage externe
                Puisque ces informations sont mémorisées, il existe donc un second système de stockage (le 1ier étant le cerveau) relié à la conscience qui est extérieur à l’organisme physique.
                 »

                Oui, il me semble que cela s’appelle culture.


              • JL JL1 7 décembre 2011 13:31

                Pour ma part, je suggèrerais une piste de recherche qui m’est venue à l’idée.

                J’explique : on sait que les greffés ont comme des pensées qui seraient comme induites par le greffon.

                On sait par ailleurs, que dans une pièce totalement obscure, on finit par voir la moindre pénombre. De la même façon, dans le silence total, on entend des bruits qui sont inaudibles dans une ambiance sonore relativement sensible. On appelle ça quelque chose comme l’effet de masque (le vrai nom m’échappe).

                Mon idée est que la conscience, lorsque nos sens sont actifs, est incapable de percevoir les informations qui nous parviennent de l’intérieur - de nos organes, de notre organisme -, mais que dans le noir total et silence sensoriel absolu, et tant que le corps n’est pas encore mort, alors la conscience, perçoit des choses, et comme le temps s’est arrêté - le cœur ne bat plus -, il semble infini. Ces signaux revêtent des formes, des couleur, un certain sens, un peu comme la lumière dans un kaléidoscope.

                Mon idée est que, entre la mort (au monde), et la mort interne, il se passe un temps qui est le pendant, en quelque sorte, du temps des neuf mois passés entre notre conception et notre naissance (au monde).

                De même que pour le fœtus, ce temps de gestation est infini, puisqu’il n’a jamais commencé, de même pour le ’jeune mort’ ni plus vivant, pas encore mort, ce temps est infini, puisqu’il ne s’arrête jamais, à l’instar de la tortue qui n’arrive jamais au but, puisqu’elle dit auparavant franchir la moitié de la distance, puis encore la la moitié qui reste, encore et encore, à l’infini. On est là dans un monde qui n’a plus de repères.

                Ainsi, le contraire de la vie terrestre est ce temps d’avant et ce temps d’après qui fait que nous ne connaissons ni début ni fin : nous sommes infinis, comprendre in-finis.

                Voilà, j’ai essayé en peu de mot de vous faire part de ma croyance.


                • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 15:01

                  « J’explique : on sait que les greffés ont comme des pensées qui seraient comme induites par le greffon. »

                  C’est reparti pour un tour de NatGeo Mistery Tour. Pensée induite par le greffon... franchement....


                • JL JL1 7 décembre 2011 17:41

                  Mor,

                  en effet, j’aurais dû dire : « il se dit que le greffon ... »

                  Parce que, moi, je n’en ai aucune idée ni aucun avis. En revanche sur l’autre point cité, je suis sûr, et à lui seul, ça explique déjà beaucoup.


                • Mor Aucon Mor Aucon 7 décembre 2011 18:16

                  Il se dit aussi que le cerveau entretient une image du corps de l’individu que le greffon pourrait perturber si le patient est conscient de la greffe. On peut relier cet effet aux travaux de Ramachandran sur l’effet connu comme membre fantôme. Suivez les liens, ces travaux sont très intéressants et ouvrent beaucoup de perspectives pour comprendre les mécanismes de la cognition en général.


                • JL JL1 7 décembre 2011 19:00

                  Tout ça m’est un peu indifférent, même si j’ai lu « Les thanatonautes », par curiosité.

                  A y regarder de plus près, les témoignages relatés ici par Zevengeur recueillis ressemblent curieusement à ceux des schizophrènes quand ils décrivent ce qu’ils perçoivent dans leurs délires. Ce n’est peut-être pas sans raison.


                • thomthom 7 décembre 2011 13:37

                  merci pour ce petit résumé.
                  les hypothèses proposées sont pour le moins audacieuses, mais ne me paraissent pas fondamentalement absurdes... par contre, on est semble-t-il très loin de pouvoir les vérifier.


                  • Zevengeur Zevengeur 7 décembre 2011 15:41

                    @ thomthom

                    Certes, les hypothèses sont osées.

                    Cependant, d’autres théories assez universellement acceptées à l’heure actuelle reposent sur des données bien moins nombreuses et solides.
                    Je pense en particulier à la théorie du Big Bang ou Univers en expansion qui repose finalement sur une seule donnée : le red shift (décalage des raies spectrales lumineuses des objets lointains vers le rouge).

                    Dans le cas des NDE, on a une moisson de données qui se recoupent beaucoup plus vaste.

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