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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Orléans, le canal bat de l’aile

Orléans, le canal bat de l’aile

Il y a de l’eau dans le gaz.

Depuis le lancement des travaux en 1908, cet appendice au canal d’Orléans n’a cessé de faire couler bien plus d’encre que d’eau. Est-ce parce qu’à l’origine, sa construction relevait davantage d’un caprice que d’une nécessité ? La marine de Loire était morte et enterrée tandis que le transport fluvial voyait déjà fondre sur lui son rival routier.

La grande guerre, paradoxalement du reste mit un frein aux travaux de terrassement. Il est certain que les hommes avaient certainement à creuser plus utile sur la ligne de front. Toujours est-il que c’est avec l’aide de prisonniers de guerre que fut achevé ce petit prolongement de six kilomètres à peine en 1920.

Ce tronçon avait de quoi interroger ou bien provoquer l’admiration. Construit à même le lit de la Loire, il offrait un décor somptueux avec son mur digue qui sillonne entre canal et rivière tout autant que les promesses de bien des tracas. Les rongeurs, les fuites d’eau, les mouvements karstiques ne plaidaient pas pour sa pérennité. Quelques incidents d’ailleurs ont émaillé son histoire, ouvrant des failles et parfois des brèches.

Trente-quatre années plus tard, l’opération vantaux clos était décrétée. Le canal se mourait dans l’indifférence générale, laissant cette partie urbaine aux seuls loisirs nautiques. Il se fit un club de joute, une école de natation et même des championnats de France. Puis le canal se perdit dans les intentions urbaines, il faillit devenir voie routière avant que de sombrer définitivement dans l’oubli.

Une partie de son parcours pourtant, véritable gageure pour les uns ou pure folie pour les autres, avait été bouchée du Cabinet vert jusqu’à l’écluse qui débouchait dans la Loire devant la Motte Sanguin. Il est vrai qu’une piscine avait voulu prendre sa place pour un usage plus récréatif. Puis un maire ambitieux, dans la foulée de la création du Festival de Loire voulut repercer ce qui avait été bouché par un prédécesseur. Faire et défaire, c’est toujours de l’ouvrage prétendent ceux qui ne mettent pas la main à la poche.

Le canal renaquit, plus élégant sans doute mais pas plus étanche hélas. Il y eut même quelques soucis de niveau sans que son approvisionnement en eau ne fut sérieusement envisagé. Pour aggraver la situation et tourner à la farce, une capitainerie fut installée à son embouchure tandis que l’écluse permettant d’accéder à la partie historique du canal demeura hermétiquement close. La ville d’Orléans s’équipant ainsi d’un canal à une seule issue, une prouesse fort appréciée des contribuables.

Le temps passa, ce canal incertain eut malgré tout ses heures de gloire lors du Festival de Loire avec de belles animations et une possibilité de navigation sur deux kilomètres. Oui, il convient de n’en pas rire, c’était déjà un grand pas pour le nautier. Malheureusement, l’écluse donnant sur la Loire, la seule en état de marche était douée d’une soif inaltérable. Chaque éclusée ponctionnait gravement une réserve d’eau très limitée.

La fantaisie de l’un, les désirs des autres mirent à sec ce bief sans partage. Pour le Festival, nécessité se fit de pomper l’eau de la rivière pour alimenter le canal. Une opération qui, lors les autres éditions, ne provoqua pas le courroux des citoyens. Mais cette année, il y eut une levée de boucliers. La sécheresse, le niveau dramatiquement bas de notre Loire, les restrictions d’eau firent passer le pompage pour le fait du Prince, ce qui en Orléans, ne peut laisser indifférent.

Les uns pompèrent l’air en de véhémentes protestations, les autres se prenant pour des shadoks pompaient la Loire tandis que les GiBis seraient les invités d’honneur du prochain festival. Il y avait de l’eau dans le gaz et les prémices d’une querelle de nature à mettre le feu aux esprits chauffés à blanc. Pour calmer tout ce joli monde, un petit récit s’imposait, histoire de jeter de l’huile sur le feu ou bien de noyer le poisson. Chacun considérant la chose selon ses convictions.

Hélas, je tiens à préciser que pour les poissons c’était trop tard. Ils sont morts dans l'indifférence des responsables qu’ils soient politiques ou bien de la fédération de pêche. Voilà une histoire qui, c’est certain ne tournera pas en queue de poisson, il n’y en a plus ! Pendant ce temps, le 14 septembre, à Combleux se prépare la fête du canal, le vrai, celui qui espère renaître de ses cendres pour rallier son grand frère de Briare. Espérons que les soubresauts orléanais ne viendront pas gâcher la fête de l’échappée belle.

Battelièrement leur.

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2 réactions à cet article    


  • Le421 Le421 31 août 16:34

    Bah !!

    Chez nous, on a un baron local qui s’entête à faire réaliser une déviation aussi obsolète que hors de prix.

    Que ne feraient pas ces « sachant » pour faire reluire leur blason pour des décennies. Et avec l’argent des clampins comme moi, c’est tellement plus facile !!

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