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Partir

Dans le cœur une envie d'ailleurs !

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Pour mieux revenir ?

Il est des moments dans l'existence où tout semble aller de guingois : rien ne va et la vie devient irrespirable. Le monde s'acharne contre vous : le banquier dont l’œil noir vous regarde, agite férocement devant vous votre compte si rouge , vous mettant lourdement en garde , l'emploi vous fuit, la famille est le siège de sourdes menaces. Les quelques coins de ciel bleu ne vous redonnent aucun courage : vous craignez tant qu'ils ne s'évaporent définitivement .

Amie, depuis quelques temps, manifestement vous étouffez ! De l'air ! Rien n'est plus indiqué pour mettre de la distance entre les soucis et votre vie. Il vous faut enfin respirer ! C'est décidé : vous allez prendre la route, aller au hasard des chemins et des amis, espérant que les kilomètres parcourus relégueront les périls à l'écart, loin de vous, enfin. Belle illusion qui vous maintient debout alors que tout tangue et menace autour de vous.

Le départ est pour vous une bouée de sauvetage, l'aspiration à un ailleurs protecteur, une bulle qui vous isolera de la tempête. Vous avez établi vos plans, organisé votre fugue, pris vos dispositions pour cette parenthèse vitale. Tout est prêt ; chacun, autour de vous, a compris la nécessité du moment. Le silence se fait, l'acceptation n'est pas toujours compréhension. Qu'importe pour vous, vous avez la certitude de ce besoin absolu !

Puis l'échéance approche et les inquiétudes se font plus fortes encore. Est-ce vraiment le bon choix ? Que se passera-t-il pendant votre fuite ? Que deviendront ceux que vous laissez et que vous chérissez tant ? Il n'est plus temps de vous laisser envahir par le doute. Un voyage jusqu'au bout de ses rêves, n'est-ce pas ainsi qu'il faut envisager ce départ insensé ?

Le jour est venu. Les adieux, si douloureux, ont été écourtés, évités, refusés. Vous ne savez plus, vous hésitez encore, à deux doigts de renoncer. Vous devez vous faire violence pour partir enfin. Fermer la porte au passé, c'est espérer encore un demain plus heureux. Le départ sera la page tournée, le rideau qui tombe sur le dernier acte.

Tout ira déjà un peu mieux avec la longue et monotone succession des kilomètres. Puis le paysage va changer et le dépaysement sera baume au cœur : il effacera les derniers remords. Vous êtes enfin plongée dans cette nouvelle aventure. Il n'est plus temps de reculer ; vous avez franchi le pas. Laissez-vous porter par les circonstances, les rencontres et les décors somptueux que vous avez choisis.

Des amis de cœur vous accueilleront à bras ouverts. Vous entrerez chez eux comme un réfugié trouve un bateau de secours. Vous vous abandonnerez à leur gentillesse, leur prévenance, leur bienveillance. Mais l'essentiel sera ailleurs. Vous oublierez tout, livrée à vous-même ; toute la journée, vous le savez, vous serez dans la solitude et le silence nécessaires pour méditer, en l'absence de vos hôtes, occupés par leur vie professionnelle.

Dans cette retraite salvatrice, vous allez renaître à la vie, à vous-même, à la simple certitude que le pire n'est jamais certain et qu'il subsiste toujours des raisons d'espérer. « Dieu me tient par la main », direz-vous ; quand d'autres se tourneront vers un penseur, un artiste, un idéal. Qu'importe ! Chacun trouve sa voie de lumière, la vôtre sera ce que vous en ferez.

Partir c'est mieux se reconstruire. Partir c'est rompre avec la succession infernale des déboires. Partir c'est redonner confiance à demain. Il y aura des angoisses, des jours un peu plus gris mais aussi de belles confidences échangées avec ceux qui vous auront accordé cette merveille. Il y aura surtout ce renouveau au plus secret de vous : une étoile qui brille dans le lointain et qui vous montre un autre chemin.

Alors, partir n'a de sens que dans le revenir. À nouveau, au moment de cet autre départ, surgiront les incertitudes et les doutes, les peurs et les frissons. Puis la route sera encore votre thérapeute. Elle sait mieux que vous que le trajet ne compte pas, que c'est la destination, seule, qui a de l'importance. Votre trajectoire avait besoin d'un aller et retour lointain ? Et bien soit ! Car rien ne sera plus beau que les retrouvailles.

Partir c'est revenir un jour. De ce moment, vous ne pouvez rien savoir encore. Il n'est d'ailleurs pas temps d'y penser déjà. Allez, fuyez ce poids qui vous oppresse, abandonnez-vous à la magie du chemin ! Quand vous reviendrez sur vos pas, le voyage aura eu son merveilleux effet. Forte de cette certitude, vous pouvez sans crainte vous mettre en route . Partez, vous serez attendue à votre retour.

Voyageusement sien.


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12 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 10 octobre 2014 16:53

    Partir, c’est mourir un peu, dit une maxime.

    On ne s’expatrie jamais de gaieté de cœur.
    Il faut de bonnes raisons. Manque de travail. 
    Cela peut être la volonté de connaître un meilleur climat.
    De pouvoir vivre moins cher, donc pour vivre mieux.
    Il suffit de voir ceux qui bravent tous les dangers pour rejoindre l’Europe.
    « Pourquoi partons-nous en voyage ? », une bête question en définitive.
    Moi qui ai pris l’avion récemment, je peux vous dire que les voyages ne vont faire que s’accentuer.
    Les aéroports sont de véritables ruches.
    Les low-cost ont accentué le phénomène.
    La capacité des avions s’est accrue.  

    • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 2014 07:39

       L’enfoiré


      Partir c’est chercher à guérir

      Je conçois le voyage comme un chemin intérieur

    • L'enfoiré L’enfoiré 11 octobre 2014 09:49

      Je vous y invite, dès demain, sur mon blog. smiley



      • bakerstreet bakerstreet 11 octobre 2014 02:04



        On dit toujours beaucoup de banalités sur les voyages
        Les voyages sont devenus si banaux, vendus sur catalogue. 
        A quoi bon prendre l’avion faire des milliers de kilomètres, pour vous retrouver dans une zone commerciale si semblable à celle de votre ville. 

        En plus vous êtes un touriste un gogo.
        le touriste se décline en tourista en bakchich, en « where do you come my friend ? »
        Tout est vain, « poussière tu n’es que poussière », comme dit le vieux livre saint, et la femme de ménage de cet hôtel soit disant trois étoiles
        Tu touches le fond des toilettes, au lieu de la nuit étoilée

        Que faire ?

        Mettez vous en Don Quichotte, 
        prenez le bateau d’Ulysse, et partez pour le songe d’une nuit d’été, 
        plutôt que pour une saison en enfer, avec un paletot idéal
        Aux poches trouées
        Et vous aurez brouillé les pistes. 

        Surtout ne prenez pas l’avion, vous arriverez trop vite nulle part
        L’essentiel est dans le cheminement, 
        ce long zigzag comme un lacet défait qui fouette la route devant vous
        Avec un peu de chance, vous finirez bien par marcher dessus.
        Ensuite commence l’aventure



        • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 2014 07:40

          bakerstreet


          Je pensais ne pas avoir écrit de banalité ...

        • L'enfoiré L’enfoiré 11 octobre 2014 09:56

          Salut l’homme de la rue de Westminster,


          « A quoi bon prendre l’avion faire des milliers de kilomètres, pour vous retrouver dans une zone commerciale si semblable à celle de votre ville. »

          Et bien pas du tout. Une zone commerciale ne ressemble pas du tout à une autre en fonction de l’endroit où vous êtes. 
          oui, prenez le bateau... Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage...
          Qu’est-ce qui vous en empêche ? 
          L’aventure est toujours au coin du chemin.
          Encore faut-il l’observer à sa juste valeur avec des yeux émerveillés.
          Sinon, autant rester sans bouger. 
          Cela fait près de 60 ans que je voyage de par le monde, c’est dire que j’en connais un bout. smiley

        • marmor 11 octobre 2014 10:31

          Alors Nabum, on s’est fait larguer ? Elle avait ( ou il avait ) besoin d’air ? Comme l’abeille qui s’enivre du suc et du parfum des fleurs, doit partir loin pour sa récolte mais doit aussi revenir apporter son tribut indispensable à la ruche ? Mefiez vous, parfois ces butineuses trouvent d’autres reines, d’autres essaims, et désertent à jamais !


          • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 2014 10:51

            marmor


            Le Nabum n’est pas toujours caché derrière un texte D’autres existences trouvent grâce à ses yeux

          • marmor 11 octobre 2014 11:12

            Tout à fait ! Le Nabum parle parfois de l’homme qui se cache derriere la lanterne, comme Aladin !!


          • colza 12 octobre 2014 09:42

            Si vous avez des problèmes et que votre départ n’est que la fuite de ces problèmes, ne vous faites pas d’illusion, vous les retrouverez dans votre sac à dos, partout où vous irez.

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