• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Quand le monde était binaire

Quand le monde était binaire

Était-ce le pied ?

Il fut un temps où tout nous semblait simple. Nous allions tranquille à la découverte du monde avec des certitudes et une lecture de son fonctionnement des plus primaires. Ainsi, dans notre vie quotidienne, la complexité avait de rassurantes limites, nous savions que les filles allaient à l’école des filles et les garçons à celle d’en-face. Chacun trouvant chaussure à son pied bien plus tard, quand l’existence mettait enfin en présence ces deux catégories distinctes de l’humanité.

Il en allait de même pour les choses ordinaires. Nous avions une alternative domestique qui respectait en tout point le principe binaire qui prévalait encore à cette expression. Nous étions pantoufle ou bien chausson pour ne pas encourir le courroux de la maîtresse de maison. C’était on ne peu plus simple et il n’y avait pas lieu de déroger à la règle.

Certes, il y avait bien une exception notable quand par surprenant qui soit, nous mettions les pieds dans une maison tiers. Il se pouvait alors qu’on nous prie de grimper sur des patins afin de glisser maladroitement sur des sols lustrés, briqués, cirés et forcément glissants. C’était sage précaution tout autant que pratique incertaine qui nous faisait bien vite renoncer à une prochaine visite.

Pour le reste, le monde était ainsi séparé en deux catégories. Les savates avaient la fâcheuse habitude de traîner les pieds, se montraient négligents et souillons, méritaient bien le qualificatif de mules eux qui faisaient souvent leur mauvaise tête tandis que leurs homologues les chaussons quoique sans doute un peu plus frileux, avaient de la tenue et de la rigueur. La charentaise était à carreaux et c’est de la sorte que nous devions nous tenir dans l’intérieur de nos familles. Elle venait de France et nous ignorions alors que le commerce allait se mondialiser.

Nous étions certains de ne pas confondre. Savates ou bien chaussons restaient à la maison. Seuls quelques vieillards déboussolés sortaient de chez eux munis de l’un ou de l’autre tandis que nous n’aurions jamais songé à sortir avec des lacets défaits et des chaussures non cirées. Le temps était à l'impeccable, les boulons tout autant que les boucles étaient bien serrés.

Puis tout bascula dans le plus exotique n’importe quoi. Le métatarse ne savait plus où donner de la tête. L’espadrille nous arriva du Sud. Elle vint perturber notre représentation de la chose podologue. Elle s’émancipa bien vite des intérieurs cossus pour aller parcourir la cité de manière négligente. Ce fut la porte ouverte au grand n’importe quoi. La semelle de cuir ne fut bientôt plus la seule à battre le pavé, elle fut concurrencée par la corde puis par le bois des sabots hollandais qui surfèrent sur la vague hippie.

L’Asie s’invita autour de notre gros orteil. La Tong fit une percée fracassante, apporta de la couleur et de la décontraction dans la tenue. Le pied libéré, les mœurs allaient suivre. Les doigts de pieds se mirent en éventail, la révolution des mœurs prenait son pied et ouvrait les portes d’un autre monde. Tout ceci ayant naturellement de graves conséquences dans nos maisons. Certains désormais portaient même leurs chaussures dans l’espace confiné de l’intimité. C’était à ne plus rien y comprendre.

Puis arrivèrent toutes sortes de chausses qui nous firent le pied gros, léger ou bien voyageur. Les Pataugas furent les premiers à donner l’envie d’ailleurs avant de n’arrivent les Rangers, les Santiags, les Boots, les chaussures de randonnée, celles qui se perchèrent sur des semelles qu’on pensaient impossibles, les Crocs et autres fantaisies toujours plus surprenantes. Les bottes abandonnèrent les cours de ferme et s’invitèrent à la fête. Les couleurs s’immiscèrent elles aussi pour rompre avec la monotonie de l’époque. Pire encore, je ne sais si je peux l’écrire tellement la chose est indécente, certains marchaient désormais les pieds nus dans la ville. Le monde avait basculé ...

Depuis, seuls les adeptes de la boule de fort honorent encore la belle et fourrée charentaise. Ils l’enfilent avec dévotion quand ils entrent dans ce qu’ils appellent encore une société, montent sur un parquet briqué comme un sous-neuf et la boule désaxée à la main tentent de s’approcher du maître cochonnet sur une piste de jeu incurvée. Le temps du trajet de la boule, ils boivent un petit verre de vin du pays. Ils sont les gardiens d’une tradition d’un temps révolu et c’est pourquoi je les aime bien.

Cordonnièrement vôtre.

Documents joints à cet article

Quand le monde était binaire

Moyenne des avis sur cet article :  3.29/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

44 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 6 janvier 11:35

    Le monde se divise en deux catégories : ceux qui pensent que le monde se divise en deux catégories et les autres !


    • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 11:46

      @diogène

      Une réflexion au pied levé sans doute


    • Diogène diogène 6 janvier 12:03

      @C’est Nabum

      c’est que j’ai tendance à prendre tout au pied de la lettre.


    • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 12:36

      @diogène

      L’en-tête prend de la hauteur, le pied de page rarement


    • juluch juluch 6 janvier 12:08

      La charentaise pouvait se porter dedans comme dehors, beaucoup des vieux le faisait à la campagne y compris dans mon petit village....dont la grand mère sauf au jardin  smiley


      A la maison je suis en croc.....

      et vous ?

      • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 12:37

        @juluch

        Je suis un adepte du pied nu ce qui me met dans de beaux draps

        je n’ai même pas honte


      • juluch juluch 6 janvier 13:04

        @C’est Nabum

         smiley

      • C’est toucher là mon point sensible. Chevillée au sol, mes pas sont portés par mes ancêtres qui m’indiquent le chemin à suivre. Les pointillés de la vie. La cheville fine et fragile, je me vois lentement interdire ce qui fut ma passion. Point celle de la hauteur girafeuse. Non, la chaussure à son pied, celle qui vous va comme un gant et qui dès l’entrée dans l’antre de la fée mise à nu vous attire à l’aveugle. Le temps est venu de quitter la pompeuse pour l’exotique. Le talon plat mais le décor haut en couleur. L’amérindienne. Elle a un prix. Mais qu’à celle ne tienne. Comme dit le dicton. L’a...https://www.google.be/search?q=chaussure+am%C3%A9rindienne&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjr9rv4mcPYAhXHKlAKHS2RATAQ_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=-rRa7NtMrIvWnM :


        • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 12:38

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Je veux vous lire l’avenir dans la plante de vos charmants petons


        • @C’est Nabum


          J’ai le pied grec qui permet de faire « l’orteil d’honneur » (celui du père). A l’inverse de ma mère qui l’avait l’égyptien. 

        • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 14:19

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Le mien est égyptien

          Nous pouvons explorer nos exotiques arpions


        • J’avoue avoir vécu avec un homme qui se refusait à la chaussure. Pantalon de velour rose et sac à main. Mais bien mâle, façon César.https://www.google.be/imgres?imgurl=https://www.expertisez.com/images/easyblog_images/511/b2ap3_thumbnail_Csar-expertisez.jpg&imgrefurl=https://www.expertisez.com/magazine/cesar&h=264&w=191&tbnid=0cIQl0X9lwgSoM :&tbnh=186&tbnw=134&usg=__4yphR87IJQ1N_Mvj4aORyizRGNY%3D&vet=10ahUKEwis7Peom8PYAhVJZVAKHVX4BOwQ_B0IfDAK..i&docid=B7sMoQwZ673tvM&itg=1&sa=X&ved=0ahUKEwis7Peom8PYAhVJZVAKHVX4BOwQ_B0IfDAK.


          Un jour, à six heure du matin, réveillé parce que sa voiture était « mâle » garée, il est descendu à poil pour satisfaire la dame excédée. A côté de lui, je faisais un peu Mademoiselle Jeanne. Un jour une douleur lancinante à l’orteil le força à l’opération. Il pensait que cette castration était la résultat que quelques coups de pieds bien sentis aux culs des fachos. il n’acceptait qu’une seule marque, quel qu’en fut le prix. HUSH PUPPIES

          • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 12:39

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Voilà quelqu’un que j’aurais aimé rencontrer


          • @C’est Nabum

            et je l’ai imposé dans l’immeuble « petit bourges » dans lequel je créchais. Mon appart actuel est plus haut de gamme et supporte mieux la fantaisie tant que les limites du « vivre en commun » (pas ensemble) sont respectées. 


          • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 14:22

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Laissez-moi venir à vous et nous allons réveiller le voisinage rupin


          • Corps rit j’ai,...Il pensait que cette castration était la résultat de quelques coups de pieds bien sentis aux culs des fachos. Il n’acceptait qu’une seule marque, quel qu’en fut le prix. HUSH PUPPIES


            • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 14:22

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              je vines vous défendre


            • J’ai eu le bonheur de rencontrer le sculpteur César en 1986. Ainsi que celui qui fondait réellement ses sculptures ; Un certain Duffaux. Nous mangions très souvent chez lui.


              • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 14:23

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                Je vous décerne un César d’honneur pour l’ensemble de vos commentaires


              • @C’est Nabum


                bizarre tous ces César qui jalonnèrent ma route. Mon grand-oncle paternel, César de la Forge de Lourmarin et celui de Paris. je ne suis pourtant pas née par cés-aryenne. Seul m’importe votre approbation sur Agora-voX populi. 

              • Oui, mais après homme-livres (12 mille bandes dessinées). Tous les Fayards sur l’histoire ; un homme-lessive s’imposait.


                • Ouam Ouam 6 janvier 14:19

                  @Nabum
                  Pourquoi etait ?

                  « Quand le monde était binaire »

                  Il ne l’a jamais été autant

                  Sinon nous ne pourrions pas lire tes articles smiley


                  • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 14:24

                    @Ouam

                    Alors qu’il soit  !


                  • L'enfoiré L’enfoiré 6 janvier 15:50

                    Nabum 


                    En fait, le monde n’a jamais vraiment tourné en binaire mais en système décimal (en système 10) ou vigésimal (en système 20) avec lequel les Mayas faisaient leur compte.
                    Ensuite, il est devenu duodécimal (en base 12), pour les heures et pour les mois.
                     
                    Mais le monde est redevenu binaire avec l’informatique et le numérique (en base 2).
                    Après l’octal, l’hexadécimal ont suivi tout naturellement.
                    Comme le dit Ouam, il ne l’a jamais été autant.

                    • C'est Nabum C’est Nabum 6 janvier 16:11

                      @L’enfoiré

                      Je fonctionne en base douze
                      je compte avec mes phalanges tout en marchant sur des œufs et en essayant de sortir de ma coquille à toute heure du jour et de la nuit


                    • Ouam Ouam 8 janvier 16:57


                      @C’est Nabum
                      "....Je fonctionne en base douze
                      je compte avec mes phalanges tout en marchant sur des œufs et en essayant de sortir de ma coquille à toute heure du jour et de la nuit "
                       
                      http://a403.idata.over-blog.com/2/26/68/87/objets-calimero/horloge-calimero.jpg
                       smiley smiley


                    • C'est Nabum C’est Nabum 8 janvier 17:47

                      @Ouam

                      Faites donc un détour par la Mésopotamie


                    • Ouam Ouam 8 janvier 17:56

                      @C’est Nabum
                      Je connais bien je vous l’ai dit, l’avez vous oublié ?
                      M’enfin le tigre et l’euphrate c’est un peu loin ... non ?


                    • ZXSpect ZXSpect 6 janvier 18:45

                      Vouloir à tout prix (et sujet) publier chaque jour, et transformer les « réactions » en tchat entre copains... probablement une récente évolution d’AgoraVox !


                      • nono le simplet nono le simplet 6 janvier 20:31

                        @ZXSpect

                        au moins, par rapport aux experts en géopolitique ou plein d’autres domaines qui racontent n’importe quoi ou toujours la même chose, ça repose smiley

                      • @ZXSpect

                        Seul l’échange authentique peut faire évoluer la pensée. Je ne vois nullement l’intérêt de venir jeter son venin ou ses déjections comme c’est le plus souvent le cas. L’échange introduit la limite. 

                      • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 07:53

                        @ZXSpect

                        Demandez ma radiation je vous en prie


                      • mmbbb 7 janvier 09:07

                        @C’est Nabum et la mienne J ’ ai deja ete radie de Dugue qui raconte neanmoins n importe quoi et de l autre nombriliste Grangil qui ne supporte pas la controverse Pas etonnant il est aussi dans Causeur avec le nevrose Cela finira en club de pensee tres restreint ou vous pourrez vous auto congratuler et vous passez la brosse a reluire . Ago est autant tolerant que la presse sovietique de jadis .


                      • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 09:21

                        @mmbbb

                        La tolérance aime les maisons du même nom


                      • mmbbb 7 janvier 09:57

                        @C’est Nabum mon pere me le disait « la Tolérance il y a des maisons pour cela ! »


                      • Henry Canant Henry Canant 7 janvier 00:43

                        Nabum,

                        Je ne t’ai jamais traité de con, tandis que ton comparse le gros porc adipeux aviné de simplet l’a fait.

                        Si tu trouves que critiquer tes lamentables articles est une insulte à ta personne, soit, mais il faut que tu le précises.

                        Faire entrer dans ta coure des attardés philosophant et cuvant de la vinasse au fond d’une brouette, c’est ton choix. Mais si critiquer tes articles est une insulte à ta personne, alors je vais louer.

                        Dors bien, je ne te méprise même pas.

                        • Henry Canant Henry Canant 7 janvier 01:12

                          @Henry Canant
                          Nabum,

                          Si je ne t’ai jamais traité de con,  c’était pour ne pas leur faire pas insulte.

                        • nono le simplet nono le simplet 7 janvier 03:38

                          @Henry Canant
                          attardés philosophant et cuvant de la vinasse au fond d’une brouette


                          tu vois, quand tu veux, t’arrives à faire preuve d’imagination smiley
                          par contre il faudra faire moins de fautes d’orthographe si tu veux écrire un article un jour ... « entrer dans ta coure » tssss tssss !



Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



-->