• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Quels sont les fantasmes japonais ? : approche des hentaï (mangas (...)

Quels sont les fantasmes japonais ? : approche des hentaï (mangas pornographiques)

Il est de notoriété publique, pour les esprits réducteurs du moins, que les mangas sont un amas de violence et de pornographie sadiques, complaisantes et déviantes qui déclinent à souhait toutes les perversions. Si tous les mangas ne sont pas concernés par ces adages, certains sont particulièrement choquants ou étranges pour notre oeil occidental. En quoi les hentaï, mangas pornographiques où les auteurs se livrent à tous les fantasmes possibles et imaginaires, révèlent-ils l’univers fantasmatique du peuple japonais ?

Inutile de le nier : la violence dans les mangas fait partie de l’ordinaire et beaucoup de genres, dont une majorité de shônen, baignent dans un érotisme diffus ou intermittent avec des héros en quête de leurs premières expériences, comme dans Vidéo Girl Aï, des personnages largement dénudés comme dans Crying Freeman, ou érotomanes jusqu’à la caricature sur le modèle de City Hunter. Il ne faut bien sûr pas exagérer, à ces mots, l’intérêt des passionnés de mangas pour l’érotisme et la production importante mais non majeure qui lui est rattachée. Toutefois, la question des mangas érotiques, autrement appelés hentaï, semble incontournable, car elle présente des fantasmes et une imagerie féminine très intéressants, qui semblent de plus en plus attirer le lecteur occidental.

Soft ou hard, un certain nombre de publications exposent une sexualité sans grand tabou, sous un point de vue original qui pourrait à lui seul faire l’objet d’un mémoire. Permissive en matière de sexualité, la position japonaise peut paraître paradoxale puisqu’elle n’hésite pas, comme je le montrerai ultérieurement, à exposer des scènes d’enfants et d’adolescents dans des postures lascives, tout en proscrivant, selon l’hypocrite censure de la commission cinématographique Eirin, de montrer des organes sexuels en action et même les poils pubiens ! C’est à ce niveau, en effet, que se situe le seul interdit de cette production, souvent contourné d’ailleurs par l’usage d’artifices et de symboliques qui font légion comme les phallus apparaissant en silhouette blanche ou noire, les images d’une vague s’enfonçant dans un coquillage, d’un énorme sexe de pierre soulevant l’héroïne à l’instant du plaisir ou encore une représentation plus mécaniste par le bâton de dynamite ; d’où toute la différence avec les magazines masculins et bandes dessinées érotiques en provenance d’Europe et des Etats-Unis, qui présentent souvent avec un grand luxe de détails les anatomies avant leur intervention et l’acte en question.

Outre les mangas scatologiques qui peignent surtout des femmes passives et jouets sexuels des hommes avec un déchaînement de toutes les pratiques déviantes, le classique attrait pour des femmes (très ?) âgées illustré par le Obasan - grand mère- complex ou encore l’uro-guro, genre érotique-grotesque où le sexe flirte avec des situations fantastiques, monstrueuses, exagérées, confinant souvent au ridicule au moyen de scènes de viol de jeunes femmes par des créatures démoniaques qui, par exemple, les ligotent avec leurs tentacules pour rappeler le fantasme du ’’bounding’’ , le genre dominant à la limite de la pédophilie, et non moins apprécié des lecteurs de mangas français, est désigné sous le terme de Lolicon.

Ayant pour sempiternel thème les rapports sexuels perpétrés en général sous la contrainte, par des individus d’âge mûr à l’encontre de petites écolières qu’ils initient aux sensations fortes et jeux sexuels (sado-masochisme soft, sodomie, bondage...) plus ou moins censurés dans le Japon actuel, le Lolita Complex conjugue fantasme universel de domination masculine, viol et fétichisme en apparence symptomatique des Japonais, envers l’uniforme et la petite culotte à fraises ! Phénomène récent, au caractère commercial prononcé, il s’est développé dans la mouvance du Lôlicon des Bulusera shoppu qui mettent à disposition de leur clientèle albums d’uniformes d’écolières, sêrâfuku, shorts de gymnastique, burumâ et sous-vêtements portés par des collégiennes et lycéennes (rémunérées 100 à 400 F pièce) et vendus à prix d’or.

Dans l’Empire du soleil levant, cette attirance pour les adolescentes en jupons, comparables à des poupées dont on se joue pour satisfaire une libido constamment contenue du fait des obligations du travail et d’un sentiment hédonistique encore peu développé, semble associée à la réalité de la femme et aux conceptions de la société qui en font un être réservé, appartenant à la sphère privée. L’épouse ayant sûrement une sexualité moins érogène, voire dénuée de valeur érotique, en raison du cliché qu’on lui attribue volontiers de mère et soutien de famille, préoccupée du seul bien-être de la maisonnée, la " pure " adolescente s’est peu à peu substituée à la femme adulte. Pourquoi alors certains fans français, enfiévrés par ces nymphettes qui feignent souvent faussement l’innocence, sont-ils prêts à troquer leur Play Boy pour un manga ?
A vrai dire, je n’ai guère d’autre explication à fournir qu’un même attrait pour l’uniforme, plutôt rare dans nos contrées, et donc objet de désir ! Mais peut-être ne doit-on pas exclure non plus un goût des lecteurs pour ces fleurs de femme, conscientes ou non de leur pouvoir de séduction et capables, par exemple, d’offrir leur corps au premier venu pour se payer une chaîne hi-fi ? Considérant cet aspect assez choquant et les tabous qui entourent érotisme et pornographie dans notre société, il est facile de comprendre que les fans français affichent quelque pudibonderie et frilosité pour évoquer ce genre de lecture.

Ainsi que le souligne la citation suivante extraite de la revue MOCI : " Le spectacle des hommes dans les wagons est édifiant : la moitié sont endormis, les autres lisent des revues pornographiques ... et des magazines de bandes dessinées ", la consommation de ces BD au Japon ne paraît pas attachée aux mêmes connotations péjoratives qu’en Occident, ce qui explique leur profusion. Il est pourtant exclu de croire que le fan de mangas français, contrairement à son homologue japonais, ne s’intéresse pas à ces publications ! Dans notre pays, le marché du manga s’est très tôt ouvert à ces fantasmes de papier journal qui trouvent des mordus exclusifs, mais confier lire de mangas érotiques ou catalogués X fait du plus mauvais genre.


Moyenne des avis sur cet article :  4.31/5   (150 votes)




Réagissez à l'article

38 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 25 janvier 2007 11:25

    @demian

    je comprends pourquoi l’autre chantait " j’ai crevé l’oreiller !)


  • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 12:49

    Les Japonais ont en effet une vie très codifiée, très coutumière et dans les grandes villes, il est évident que la lecture de tels manga, sans la moindre honte, s’explique aussi bien que la fameuse bière au bar avec serveuses sexy à la sortie du travail. Cela permet une décompression évidente, rapide et sans prise de tête. Cependant, il faut aussi apprécier que la fantasmatique développée notamment dans les hentaï avec monstres, rejoint aussi les angoisses de l’imaginaire collectif sur la destruction du Japon, l’« apocalyptisme »...


  • LE CHAT LE CHAT 25 janvier 2007 11:23

    merci fuchinran pour ce sujet qui nous change un peu de ces érections présidentielles !

    y’a t-il des chats à neuf queues dans les hentaïs ? Je ne suis pas adepte de la chat stetée ,et j’aime les petites culottes du pays du soleil levant ( haradukutakataté) ;c’est bien les fantasmes comme dit l’amiral kichiduoduma , les briser ferait kasésonkou ! smiley

    je sens que ça va délirer grave aujourd’hui sur ce fil....  smiley


    • Rocla (---.---.129.26) 25 janvier 2007 11:38

      Tu es un chat cosmopolitique et glotte-trotter. Fais gaffe aux métisses sages .

      Rocla


    • LE CHAT LE CHAT 25 janvier 2007 12:45

      @DW

      T’es pas à prendre avec des baguettes aujourd’hui ! tu souffres de surpliage ? heureusement les japonais ont inventé les origamis pour les drôles d’oiseaux dans ton genre smiley


    • LE CHAT LE CHAT 25 janvier 2007 13:00

      tu tiens à te faire electriser par le bout de la queue du chat ! courant alternatif ou courant continu ( AC/DC) ?

      Je sens qu’on va se faire un de ces hentais qui foutraient le bambou aux nippons mous du mawashi smiley


    • miaou (---.---.122.88) 25 janvier 2007 11:56

      Le hentaï et ses diverses déclinaisons ent tant que faciliteur masturbatoire et révélateur sans concession et sans tabou de fantasmes.

      A quand le véritable sexe virtuel (représentation 3D et animée hyper-réaliste, choix à l’infini des acteurs et de leurs caractéristiques physiques , execution rapide de telle ou telle « position » ou actes sexuels...) ?

      Condition d’une sexualité libérée et sans crispation ou signe d’une profonde misère sexuelle ?


      • Marsupilami Marsupilami 25 janvier 2007 12:04

        @ Miaou

        L’hypothèse la plus probable est celle d’une profonde misère sexuelle. Les japonais se tuent au boulot. Grâce à leurs mangas porno débiles, ils montrent qu’ils sont aussi capables d’être de petits branleurs.


      • Dominique (---.---.135.238) 25 janvier 2007 13:58

        Marsu, non les Japonais lecteurs de mangas ne sont pas que des petits branleurs, ils sont juste or-ga-ni-sés smiley  ; Pour preuve ces love hôtels thématiques (pour les passages à l’acte « déviants » comme dirait l’auteur de l’article). Et je vous mets des images en lien tout de suite, uniquement pour faire avancer le débat bien sûr

        @ L’auteur, merci de nous offrir un article consacré au sexe, ça manquait.


      • Dominique (---.---.135.238) 25 janvier 2007 14:18

        Chose promise...

        http://www.hotelalphain.com/ love hôtel d’inspiration sm, j’ai trouvé ça plus parlant que les établissements à déco winnie l’ourson, mais ça existe aussi.


      • panama (---.---.198.59) 25 janvier 2007 13:00

        Je n’ai pas lu le mot « homosexualité » dans votre article, par ailleurs très intéressant. Pourtant, le thème est récurrant dans les hentaï.

        Autocensure ?


        • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 13:32

          Non c’est tout à fait volontaire, d’ailleurs c’est précisé dans le texte. Je préapre une série d’articles sur les manga et j’aurais l’occasion d’en parler.

          Je ne suis pas du tout d’accord sur ce que vous affirmez sur la récurrence de l’homosexualité dans les hentaï. Pourriez-vous affiner votre argument ? Au Japon, il y a des manga avec des histoires d’homosexuels qui sont par ailleurs lu par des femmes, généralement hétérosexuelles. Ce sont les yaoï et ce ne sont sûrement pas des manga pornographiques ni même érotiques. L’homosexualité est rarement abordée sur le front sexuel dans les manga. D’ailleurs, rares sont les manga qui évoquent des scènes homosexuelles comme celles qui ponctuent tous nos films X occidentaux, par exemple.

          Pourquoi parlez-vous donc d’autocensure ?


        • (---.---.229.236) 25 janvier 2007 13:13

          Ou sont les images de tous ca ???


          • L’exilé (---.---.11.30) 25 janvier 2007 18:34

            Si certains veulent se renseigner un petit peu plus sur les titres les plus connus de l’univers du Hentai, ils peuvent toujours aller visiter le site suivant qui donne les résumés de quelques animés, mangas et même jeux vidéos de ce genre ainsi que des articles consacrés au sujet.

            http://www.hentaineko.com/index.html

            (En anglais, je préfère préciser)

            Intéressant à visiter, mais n’espérez pas y satisfaire votre soif d’images pornos, ce n’est pas le but du site.


          • Fabiolo (---.---.104.2) 25 janvier 2007 13:15

            Assez récurrent en effet...

            Plusieurs choses sont assez contradictoires également, notamment le fait qu’il y ait obligation de flouter tout clitoris ou gland ( y compris dans les productions pornos photos et vidéos ) alors que certaines situations notamment le bukkake sont autrement plus « dégoutantes » que de voir un clitoris. Le gore des certaines situations est vraimment paradoxal avec le fait de ne pas montrer un organe naturel.

            l’autre chose assez étrange est la vente ou la distribution libre de certains lolicons ou l’age ( entre 6 et 10 ans ) ne semble pas poser des problèmes. J’avoue mal connaître la loi japonaise au niveau majorité sexuelle, pédophilie ou autres mais apparemment en terme de dessins il ne semble pas y avoir de problème de légalité.

            Mais somme toute, tout cela reste du dessin pour assouvir certains fantasmes et au moins personne de « réel » n’en souffre......


            • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 13:37

              Si vous avez bien lu, c’est bien les poils qui sont plus problématiques (et sources de plaisir) que l’organe en soi, mais dans les scènes officielles, notamment dans les films pornos, beaucoup moins dans les manga, tout est caché, flouté. Les manga sont justement l’un des moyens les plus sûrs pour accéder à une production pornographique sans censure. Mais tous ne sont pas admis. La loi est de plus en plus contournée au Japon par les circuits illicites qui mettent justement en vente des produits « uncensored ». Les contradictions font partie de la pensée, de la société, des mentalités. L’hypocrisie sociale peut être soulignée, mais je ne pense pas que nous, Français ou Occidentaux, le soyons moins à bien des titres.


            • ropib (---.---.27.229) 25 janvier 2007 14:17

              @l’auteur

              Cette question de poil je me la pose aussi en ce qui concerne le porno européen ou finalement les acteurs et actrices sont de plus en plus glabres. Et si finalement, et puisque le porno accède petit à petit à l’imaginaire collectif (les publicités « porno chic » en étant une preuve) et donc à la sphère publique, il était nécessaire de supprimer ce qui est de caractère toujours intime : le poil ?


            • Jaimz (---.---.101.8) 25 janvier 2007 15:53

              Article qui change des sujets traditionnels, je suis un fan de hentaï que j’apprécie bien plus qu’un film pornographique. Etant déjà BD-vore, j’ai découvert cette culture japonaise il y a quelques années par hasard sur un site ouaib. Depuis j’en ai téléchargé et acheté une bonne centaine... traduits en Français, Anglais ou en Vo (peu importe les dialogues souvents). Attiré par le style graphique soigné, les scénarios souvent louffoques, toujours très imaginatifs (il est difficile d’imaginer ces situations dans la vrai vie) et abordant pratiquement tous les sujets de la sexualité, masturbation, inceste, viol, sm, uro, pédophilie,... pratiquement pas de tabou, si ce n’est les poils et les sexes. C’est cet aspect libre et en même temps déjanté qui est attirant, pas de fausse pudeur, pas d’interdit et c’est stimulant mentalement. Le fait de ne pas avoir de « gros plans » sur les sexes ou alors des alternatives, supprime l’aspect vulgaire du porno occidental. Pour un néofite je conseille les pastiches qui sont très humoristiques, avant d’attaquer les Supper Staboo et Hot Tails (comics), puis des héros plus connus (Sailormoon...).

              A noter que la lecture des mangas (hentaï ou autre) est très présente chez les ado actuels, ils y trouvent l’action et l’aventure qui font parfois défaut au BD classiques un peu trop intellectuelles.


              • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 20:24

                « Attiré par le style graphique soigné, les scénarios souvent louffoques, toujours très imaginatifs (il est difficile d’imaginer ces situations dans la vrai vie) et abordant pratiquement tous les sujets de la sexualité, masturbation, inceste, viol, sm, uro, pédophilie,... pratiquement pas de tabou, si ce n’est les poils et les sexes. »

                C’est d’autant plus révélateur d’un rapport au corps, à l’intime qui devrait être creusé, à mon sens, grâce à l’interdisciplinarité, car il me semble intéressant de souligner ce pseudo tabou...


              • L’exilé (---.---.236.244) 25 janvier 2007 18:13

                Un article incroyablement bien documenté qui nous offre luxe de détails et de de termes techniques. Chapeau bas et profond respect envers l’auteur !...

                De toute évidence vous maitrisez parfaitement le sujet et avez dû passer un certain temps à étudier de près la culture Japonaise.

                Deux regrets cependant :

                1) Il aurait peut-être été intéressant de souligner la différence existant entre les mangas du genre « echi » (érotique) et hentai (porno pur et dur). Si le premier genre devient effectivement de plus en plus populaire en France, en particlier avec des titres comme « Step-up Love Story » (« Futari Echi » en VO), le second reste encore infiniment plus confidentiel dans l’hexagone par rapport au Japon.

                2) Il aurait été bon de souligner de façon un petit peu plus marquée la situation des femmes au Japon dont le statu social reste encore aujourd’hui très inférieur à celui de l’homme dans cette société très patriarcale. C’est là une différence fondamentale par rapport à la France dont certaines régions ont une dominance matriarcale très marquée.

                Les travers et déviances sexuels qui sont mis en scènes dans certains mangas Hentaï ont ainsi bien moins de chances de rencontrer le même succès dans l’hexagone.

                Les genres shonen, seinei, shojo ou même echi, yaoi et yuri ont ainsi bien plus de facilité à trouver leur public en France.


                • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 19:42

                  BOnjour,

                  votre commentaire est très intéressant et complète bien le mien.

                  « 2) Il aurait été bon de souligner de façon un petit peu plus marquée la situation des femmes au Japon dont le statu social reste encore aujourd’hui très inférieur à celui de l’homme dans cette société très patriarcale. C’est là une différence fondamentale par rapport à la France dont certaines régions ont une dominance matriarcale très marquée. »

                  Je ne l’ai pas précisé tout simplement parce que j’ai écrit plusieurs autres sujets non validés encore mais dans lesquels je vais explorer ces idées. J’espère qu’ils seront publiés. Comme je débute sur ce site, je ne suis pas très au fait des délais de publication ou des conditions d’acceptation des articles.


                • roumi (---.---.74.206) 25 janvier 2007 21:05

                  continue .

                  ton article est pointus , mine de rien !

                  il m’a dérangé , et ton lien wikipédia aussi .


                • Corsaire (---.---.204.206) 25 janvier 2007 22:46

                  Faire un article comme celui-ci sans se plonger plus profondément dans le culturel de la société japonaise, c’est un peu faire une critique sur un film dont on ignore tout de la filmographie de son auteur.

                  Quid du fait que les japonais ne sont pas chrétiens (1% recensés là-bas) et donc ne connaissent pas le péché d’Adam et Eve ?

                  Quid des on-sen ces bains publics très prisés à l’eau chauffée par géothermie (oui, cela veut dire s’exposer nu au vu des autres) ?

                  Quid du fait que les love-hotel ne sont pas un objet de bizarrerie dans les pages de City-Hunter mais bien des établissements trés répandus (et quelque part plutot pratique si chez soi est un taudit dans lequel on se refusera à y faire poser un orteil à son partenaire -d’un soir ou d’une vie-) ?

                  Et on peut continuer très loin comme ça. Non sans rire tous les articles qui parlent de ça, ici compris, sont un ramassis de préjugés et les commentaires ne sont pas mieux.


                  • Fuchinran Fuchinran 25 janvier 2007 22:49

                    C’est clair, heureusement que vous êtes là pour changer tout ça :)


                  • yoda (---.---.63.52) 26 janvier 2007 05:27

                    Excellent article ! Au dela du phenomene Manga ou Hentai qui ne m’est pas tres familier, mon sentiment est que, dans la société japonaise, tous les comportements s’expriment dans les cadres et selon les codes fixées par la société, y compris les comportements de frustrations, de lutte ou de fuite vis a vis de la réalité sociale ! Voila pourquoi ces comportements de frustration, consumeristes, compulsifs, exhuberant sont tres bien acceptés du moment qu’elles suivent des regles ou des coutumes sociales (pachinko, prostitution, fetichisme, modes vestimentaires etc...). Ces antichambres de la société ou s’exprime le mal-etre individuel, évite ainsi que ce mal-etre ne s’exprime contre la société sous forme de violence, d’incivilités, de contestations sociales comme il arrive souvent dans les sociétés occidentales.

                    Yoda


                    • Briseur d’idoles (---.---.168.155) 26 janvier 2007 11:07

                      On dit que les Japonais passent leur temps... à bosser et à boire...

                      Il ne doit plus leur rester de temps pour le reste...

                      A moins qu’ils ne fassent ça, comme les lapins !

                      S’ils y arrivent...

                      L’alcool n’est pas vraiment un aphrodisiaque...

                      Sinon ça se saurait et se verrait !

                      Pauvres Japonaises !


                      • LE CHAT LE CHAT 26 janvier 2007 12:02

                        Et en plus , elles servent de plats ! smiley


                      • rantanplan (---.---.146.118) 28 janvier 2007 12:21

                        Boire et bosser, c’est l’idéal pour les patrons dans un système trés capitaliste:s’il ne reste plus assez de jus aux travailleurs Japonais, pour assurer avec leurs épouses, franchement, je les comprends : mais avec viagrafoujitsu tout doit rester dans l’ordre ! smiley


                      • Oresama (---.---.110.150) 26 janvier 2007 12:10

                        Chère Fuchinran,

                        Vous affirmez, dans un commentaire, que « ce sont les yaoi et ce ne sont sûrement pas des mangas pornographiques ni même érotiques ». Je vous signale que, si on trouve du yaoi « gentil », on trouve aussi beaucoup de yaoi « hard », en librairies comme sur Internet. Je ne vous ferais pas de dessin, qu’il me suffise de dire que si ces mangas ne sont pas considérés comme pornographiques, alors rien ne l’est. D’ailleurs, un jeu de mot souvent fait sur le mot yaoi est de dire que c’est une contraction de « yamete, oshiri ga itai » (« assez, j’ai mal au cul »). Alors, pour le côté bon enfant...


                        • Fuchinran Fuchinran 27 janvier 2007 18:05

                          Les yaoï peuvent être pornographiques, mais ils ne font pas partie de la problématique que j’ai choisie d’aborder sur les fantasmes collectifs. Les yaoï auxquels je me suis intéressée n’étaient pas pornographiques et ils devraient faire l’objet d’un article séparé.


                        • rantanplan (---.---.146.118) 28 janvier 2007 11:02

                          kesskonsfesschié !


                          • alyssa (---.---.205.175) 28 janvier 2007 12:04

                            Les japonais, comme la plupart des hommes à travers le monde : sexistes, machistes, misogynes et pervers.. Hommes ambivalents considérant la femme tantôt comme une machine à pondre tantôt comme une objet sexuel à maltraiter de préférence !!


                            • (---.---.31.46) 28 janvier 2007 12:09

                              Heu Alyssa, tu m’as l’air triste là. smiley


                            • Dragoncat Dragoncat 30 janvier 2007 21:16

                              @ Alyssa

                              Il est à noter que, notamment sur le Net, ces dernières années ont vu fleurir une vague de porno plus violent qu’auparavant. Le genre « gonzo », scènes non scénarisées orientées vers une agressivité spectaculaire, en est un parfait représentant.

                              Ceci apporte de l’eau à votre moulin.

                              Mais il est intéressant de voir que parallèlement, une partie des consommateurs masculins, visiblement lassé par cette violence, sont revenus dans leur consommation de produits érotiques à des images beaucoup plus soft. D’ou le développement de sites de photos proposant des images esthétiques ou artistiques, loin du porn et de toute vulgarité, ou les poses et le cadre photographique est censé magnifier la beauté des modèles féminins.

                              C’est un équilibre des tendances qui est plutôt rassurant, non ?

                              Cordialement


                            • Epikt (---.---.184.206) 29 janvier 2007 17:10

                              coucou Il y a un truc qui me chiffonne, un gros oubli même.

                              Grand amateur d’ero-guro et de hentai tentaculaire, je suis supris de les voir expédiés en deux lignes pour ne se consacrer qu’au Lolicon (dans ce cas, autant appeler l’article « Un fantasme japonais : approche du Lolicon »), alors qu’ils sont au moins autant révélateurs de fantasmes, et qui contrairement au Lolicon trouvent leur origine au delà de la société moderne contemporaine (surtout le second). Vous avez parlé des interdits en manga et au cinéma (qui nous semblent un peu bizarres parfois), et il est clair que le tentacule à vite servi de substitut phalique bien plus efficace et stimulant qu’une simple ombre ou silhouette. Mais le hentai tentaculaire n’est pas un simple exutoire pour salaryman libidineux surexploité : le molusque (en particulier la pieuvre) est une figure récurrente de l’imaginaire érotique japonais, dont le plus illustre représentant est « Le rêve de la femme du pêcheur » de Hokusaï (début XIXe siècle), estampe qui montre un pouple faisant un cunilingus à la susmentionnée femme du pêcheur, tout en enserrant ses membres de ses tentacules.

                              Vu dans un cadre plus contemporain, le hentai tentaculaire met à mon sens en évidence deux fantasmes (d’ailleurs pas particuliers aux japonais, simplement mieux mis en valeur) :
                              - un fantasme de pouvoir et de controle sur la femme (la fille complètement à la merci des tentacules) - à relier à la pratique du bondage et à la facination pour les filles-poupées (dolls)
                              - un fantasme de souillure (le coté visceux du tentacule) - à relier cette fois au bukkake

                              Epikt =^..^=


                              • ricky (---.---.189.69) 30 janvier 2007 06:57

                                après lecture de ce texte, je suis assez attéré par le manque de connaissane, de documentation et les préjugés issus de ce texte... je rappel quela loi sur les poils pubiens par exemple n existe plus depuis quelques années maintenant, que le sexe est vu de facon tres differente au japon et en occidant ce qui end caduque les comparaisons, que les images evoquées comme le sexe ne proviennent absolument pas de ce genre de manga, que l homosexualite a son propre genre de manga repandu (et donc loin d etre si peu publie) etc n est il pas interessant d essayer de comprendre quelquechose avant de sortir un article qui prouve une mecomprehension forte d un monde ???


                                • Dragoncat Dragoncat 30 janvier 2007 21:06

                                  @ Fuchinran

                                  Pour information sur la problèmatique du poil. Vous savez surement mieux que moi que la loi s’applique également aux productions vidéos pour adultes tournées au Japon.

                                  Mais les produits japonais trouvant un public de plus en plus large en dehors de l’archipel, certains professionnels japonais ont détournés des productions locales, les vendant sur des circuits de distribution européen ou américain, sans le floutage bien sûr.

                                  Et ce phénomène a provoqué une mini-crise dans le monde de la production X nipponne. Bien des actrices ne voulaient plus tourner sans avoir l’assurance que leur vidéos ne seraient exploitées qu’au Japon, avec les poils pubiens floutés.

                                  Selon notre regard occidental, un tel conflit peu paraitre bizarre pour des actrices qui font du X, pour certaines, depuis des années. Mais il est aussi symptomatique de la mentalité japonaise.

                                  Pour finir, je voudrais vous féliciter sur la qualité des informations que vous dispensez mais je suis resté sur ma faim. Après l’état des lieux, j’aurais apprécié un papier d’opinion ou d’analyse plus fouillé de votre part. Avec un peu de chance, ce sera dans votre prochaine intervention.

                                  Cordialement


                                  • jaku (---.---.216.180) 4 février 2007 08:29

                                    Merci pour ces reflexions . Il y a des quantites de travaux sur ce sujet tres casse-gueule. Il touche le sexe, l’image, nos a priori vis-a-vis d’un pays difficile a saisir, les fantasmes de ceux qui ecrivent sur le sujet, la pedophilie, etc... Juste une remarque. Le marche de sexe au Japon est le plus developpe de toute l’Asie. Le mieux organise (tarifs affiches, enseignes qui precisent le service, photos des hotesses,...). Les hommes japonais y expriment leur libido sans retenue. Un nouveau fantasme a la mode et aussitot le service est « offert ». Arretons de faire des japonais des esclaves du travail qui boivent pour oublier. Les japonais savent tres bien s’amuser, ils le font simplement d’une facon differente de la notre et tout autant codifiee. Ils l’ont ete peut-etre autrefois. Comme nos peres lors des trentes glorieuses.

                                    J.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires