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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Ragondins et sagouins

Ragondins et sagouins

 

Ils ne font pas bon ménage

C'est une charmante balade forestière qui tend ses chemins et ses surprises à tous ceux qui préfèrent fuir le soleil et la foule balnéaire. Au pied de la dune serpente le chemin de la Mailloueyre, refuge merveilleux pour se laisser bercer par le bruit de l'océan et les murmures d'une nature qui lutte farouchement pour résister à cet univers hostile.

Les arbres semblent sortis d'un chaos ? Encore sur pied, ils se sont pliés aux assauts du vent, ont été façonnés, penchés, pliés, tordus, amaigris mais demeurent les témoins de l'inexorable volonté de vivre de la nature. D'autres sont tombés sur les coups plus violents des tempêtes. Ils reposent là dans un décor d’apocalypse, se plaisant à éveiller des formes toutes plus évocatrices les unes que les autres : dragon, crocodile, monstre hideux, corps souffrants…

Comment échapper au mystère et à l'envoûtement ? C'est du moins le lot des gens ordinaires qui se laissent porter par l'émotion, qui prennent le temps de parcourir respectueusement ce sentier, qui s'accordent le plaisir de l'admiration, qui font halte à l'observatoire pour admirer la faune qui a élu domicile sur l'étang : cistudes, aigrettes, hérons, ragondins, …

Hélas, ce jour-là, des gougnafiers, tous membres d'une troupe bariolée regroupant trois générations, dos à l'étang, profitant simplement de l'ombre de ce refuge, se plaisaient à communiquer avec le monde par l'intermédiaire de téléphones portables. Que faisaient-ils si loin de l'agitation de leur chère société consumériste ? Il est permis de s'interroger.

Ils n'avaient cependant pas coupé le lien avec la société. Paquets de bonbons gélatineux et boissons énergisantes leur permettaient de ne pas se sentir « désurbanisés ». Quelques papiers multicolores jonchaient la place, manière de laisser un petit souvenir de leur passage incongru en ce lieu. L'intrusion de gens ordinaires désirant regarder les animaux ne sembla pas les déranger bien qu'ils occupent toute la place et les empêchent d’accéder aux lucarnes d'observation.

Il fallut que les promeneurs expriment leur désir de passer pour qu'enfin quelques têtes lèvent les yeux de leurs écrans. Un sourire, un mot pour sonner le rappel et dans un beau mouvement simultané, la bande lève le camp, laissant-là une grande bouteille en plastique et un gros paquet de confiseries, sans faire le ménage des reliefs dispersés dans les bruyères.

Aimablement, un des curieux signale les deux principaux oublis. Un remerciement plus tard, une jeune demoiselle s'en retourne sur ses pas pour réparer ce qui ne peut être qu'une malheureuse omission. C'est du moins ce qu'il faut en conclure pour l'instant. L'observation de cet étang ayant pris quelques minutes fort agréables, les gens ordinaires reprennent le chemin inverse.

Moins de cinq mètres plus loin, dans les ajoncs, le redoutable paquet, soigneusement vidé, a terminé sa course. Quelques papiers suivent le trajet de ces petits Poucet qui veulent sans doute retrouver leur chemin. Les sagouins sont non loin de là, agglutinés autour d'un banc. Parmi les promeneurs ordinaires, l'opinion générale est de ne rien dire, le patibulaire des malotrus ne les poussant pas à l'esclandre.

Pourtant l'un d'eux tend l'objet du délit et un papier ramassé plus loin en disant sur un ton ironique : « Le vent a dû vous jouer un tour. Le paquet s'est envolé ! » Interloqué, un bambin du groupe s'adresse au patriarche : « Non, c'est elle qui l'a jeté ! ». Il ne se trompe guère en désignant la plus jeune de la bande. L'ancien prend la chose sans la moindre remarque à sa petite fille. Il n'est pas question de tancer un acte si banal.

Les passants passent, il n'est rien de mieux à faire en pareille circonstance. Ils poursuivent leur promenade, ne faisant pas une autre rencontre détestable. Puis, une heure plus tard, leurs pas les ramènent à ce fameux lieu. Un petit emballage multicolore vient indubitablement du paquet incriminé. L'idée leur vient de fouiller les ajoncs derrière le dossier.

Ils n'ont pas à fouiller longtemps, la fameuse bouteille d'un litre et demi, à moitié pleine d'un liquide douteux, a été abandonnée là. Que ces maudits salopards aient eu à subir par deux fois une remarque n'a en rien modifié leur comportement. Ces gens là se moquent de l'environnement, des autres et de leur propre dignité. Rebuts d'une société qui pousse justement à la consommation, ils sont les archétypes nauséeux de ces chevaliers noirs de la destruction de notre environnement.

Permettez moi de les vouer aux gémonies par ce billet d'humeur qui n'en dira pas plus sur ces ignobles gens. Trois générations de sagouins, tous indécrottables. Le monde n'est pas prêt d'aller mieux !

Détestablement leur.


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5 réactions à cet article    


  • juluch juluch 29 juin 17:32

    les trous du c** dans toute leurs splendeurs !!!


    • C'est Nabum C’est Nabum 29 juin 20:38

      @juluch

      Une simple fiction


    • C'est Nabum C’est Nabum 29 juin 20:39

      @C’est Nabum

      Pardon je me suis trompé de texte

      Hélas, c’est là triste réalité


    • Vivre est un village Vivre est un village 30 juin 10:26

      C’est une charmante balade forestière qui tend ses chemins et ses surprises à tous ceux qui préfèrent fuir le soleil et la foule balnéaire. Au pied de la dune serpente le chemin de la Mailloueyre, refuge merveilleux pour se laisser bercer par le bruit de l’océan et les murmures d’une nature qui lutte farouchement pour résister à cet univers hostile.

      Très beau et très musical !!!

      Un grand merci pour cette offrande, C Nabum !!!

      A bientôt.

      Amitié.

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