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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Sauter du coq à l’âne

Sauter du coq à l’âne

 

Paille à son : quand le bulletin fait tintamarre.

 

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Converser ; quand c'est encore possible, impose le plus souvent de s'émanciper d'une ligne de conduite, d'un thème précis qu'il convient de mettre en débat pour se laisser aller aux ricochets qui ne manquent pas d'advenir aux cours de la discussion. Tout ceci bien-sûr, si vous avez le bonheur rare de vous retrouver dans un cercle de locuteurs qui n'ont pas le nez dans leur portable. Si par malheur, vous vous retrouvez dans pareille situation, renoncez immédiatement au dialogue entre humains, l'insupportable machine tiendra le crachoir à vos comparses y compris parfois quand ceux-ci vous invitent à leur table.

Mais revenons sur la voie de la communication entre humains dépourvus de prothèse cérébrale. Un sujet a été lancé qui tient sans doute à cœur à celui qui semble vouloir ouvrir ce qu'on nommait jadis une discussion avant que le tchat ne s'en mêle et remplace le terme. Son premier souci est naturellement d'avoir été écouté pour espérer des rebonds qui aillent dans son sens. Là ce n'est pas gagné car nombre d'oreilles contemporaines sont branchés à de multiples sources d'émissions diverses et avariées.

Il est parfois du reste bien délicat de distinguer le sonotone d'un récepteur quelconque en relation avec l'immense univers musical numérisé et formaté. Pour les premiers, la réception peut être défaillante, pour les seconds, elle est souvent brouillée et parfois totalement coupée. Se faire entendre est désormais aussi compliqué que de bien s'entendre…

Il convient en outre d'être certain que l'attention soit focalisée sur l'émetteur initial. La chose n'est plus jamais acquise, nombre d'individus ont ainsi perdu cette faculté pourtant primordiale en société de tendre l'oreille. S'il est permis, à la condition de parler fort, d'être entendu, il est de plus en plus délicat d'être écouté. C'est à croire que le langage maritime a pris le dessus et que l'écoute passe pour être une corde à la patte.

Supposons un cas de figure exceptionnel, que les premières conditions soient acquises. Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos peines car il faut encore espérer que le premier propos soit intégré dans son entièreté. C'est alors que se dresse sur votre message bien des obstacles qu'ils soient lexicaux ou plus encore sémantiques.

User d'un vocabulaire compris de tous n'est plus à la portée du premier discoureur venu. Bien des mots échappent désormais à la connaissance du quidam tandis que s'aventurer sur des modes, des temps qui ne sont plus de saison, risque fort de vous mettre en porte à faux. Quant à l'usage des conjonctions de subordination, il est recommandé de s'en montrer avare.

Si tout cela a été fort bien maîtrisé, il faut alors croiser les doigts pour que dans votre intervention liminaire nul mot ne serve de bouée de secours à un auditeur afin qu'il appuie sa réponse uniquement sur celui-ci, faisant abstraction du message complexe que vous avez émis. C'est alors que débute cette fameuse conversation « chapeau de paille- paillasson » si fréquente en société.

En d'autre temps, il eut été encore permis de recadrer votre interlocuteur en lui faisant remarquer qu'il passe bien trop vite du coq à l'âne mais user ainsi de la métaphore vous expose désormais à un risque majeur. Votre interlocuteur pouvant prendre pour lui le qualificatif d'âne et vous risqueriez alors de manger votre chapeau de paille à moins que vous ne tombiez sur un militant animaliste qui se supporte plus les idiomes animaliers.

Au bout de cet examen approfondi du dialogue contemporain, il apparaît plus efficace de se contenter d'envoyer des SMS pour échanger avec vos amis, surtout si ceux-ci sont en train de faire les coqs sur un site ou un forum quelconque. Je devine que ce texte leur donnera du grain à moudre pour me traiter d'âne, ce dont je me ferai une fierté à la condition d'y ajouter le qualificatif de bâté.


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6 réactions à cet article    


  • juluch juluch 24 juin 22:40

    Salut Nabum

    J’ai enfin réussit à me reconnecter.....du coup je reviens sur agora pour vous suivre

    Jusqu’à présent j’étais sur FB

    Du coq à l’âne....ces pauvres bêtes sont souvent de toutes les sauces.

    pour info l’origine de l’expression vient du 16e siecle 


    • C'est Nabum C’est Nabum 25 juin 06:29

      @juluch

      Joyeux retour
      Votre absence a inquiété certains pisse-froid qui ne sont pas du XVI° compte tenu de leurs manières

      Qu’importe, l’essentiel est d’être là


    • Enki Enki 25 juin 07:18

      Alors j’en profite pour passer aussi du coq à l’âne, mon cher Nabum.

      Il faut profiter d’une douceur en ces temps de cauchemar.

      Julian Assange est sorti la geôle britannique. Il est en cours de libération.

      https://x.com/Stella_Assange/status/1805393089819033890

      https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/assange/wikileaks-julian-assange-est-libre-apres-avoir-conclu-un-accord-avec-la-justice-americaine_6624699.html

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