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Tirant d’air ou tirant d’eau ...

Le voyage du Suave acte 2

La flotille se retrouvait ce samedi après-midi à Mardié pour parcourir le second bief accessible depuis Combleux. Le voyage ne serait pas long, 5 km séparent les deux écluses. C’est donc sans inquiétude que les participants fourbissent armes et victuailles avant ce saut de puce. Les bateaux pilotes sont presque tous là, seuls manquent les canoës et avirons de Combleux qui ne peuvent passer l’écluse.

Cette fois, je suis du voyage à bord du bateau Amiral : le Wiking, fûtreau du président des Chemins de l’Eau, remorqueur éventuel et éclaireur de l’opération. Une journaliste est montée à bord, elle écrit pour la République du Centre. Elle prend de très nombreuses notes, écoutant les explications particulièrement détaillées de Jean-Louis Sénotier. Elle parcourt même mon récit à la première personne, celui qui donne la parole à la belle flûte : une première sans doute dans cet organe de presse !

Pendant ce temps, l’équipage s’agite sur le Suave. La péniche est en travers, la rive a été trop affectueuse, il y a eu un premier blocage qui a provoqué le calage du vieux moteur Baudoin. C’est en effet une pièce de musée qui se trouve dans les soutes, un moteur de 1960, 100 chevaux et un système de démarrage à la mèche. Je vous confie le soin d’en savoir plus par vous-même, j’avoue ne pas avoir tout saisi !

Après de longues minutes d’attente, un énorme panache de fumée marque la réussite du réveil du géant. L’armada va pouvoir partir. Sera-t-elle invincible ? C’est tout l’enjeu de ce parcours car il faut passer sous la tangentielle, cette voie rapide qui, construite bien après l’abandon du Canal, n’a pas songé à se mettre sur la pointe des pieds pour l’enjamber… C’est ainsi que surgit le problème du tirant d’air de notre flûte berrichonne !

Inquiet de ne pouvoir passer sans baisser la tête, l’équipage a pris les devants, en bon connaisseur des choses de la physique. Ne pouvant réduire la hauteur de la péniche, il était préférable de baisser celle du bief en réduisant quelque peu son tirant d’eau. CQFD, les vannes ouvertes, le passage ne serait alors qu’une formalité avec 20 centimètres d’eau en moins.

Nous allions dans un premier temps admirer la justesse du raisonnement. Le Suave arrivait à toute vapeur sur ce tunnel. Nous eûmes tout juste le temps de débarquer un peu plus loin afin de l’aider en le halant, que le petit monstre, sur sa lancée avait avalé l’obstacle sans coup férir. Il y avait de quoi se réjouir… Nous allions arriver à l’écluse dans l’horaire imparti !

C’est quand on crie victoire que bascule souvent le cours des choses. À quelques encablures de là, la flûte se trouva une première fois collée à son canal, incapable d’avancer. C’est le tirant d’eau qui reprenait ses droits. Alors qu’autrefois, la voie bénéficiait de 1 m 80 de profondeur pour permettre le passage de péniches lourdement chargées, les années d’abandon ont laissé place à la vase, c’est ennemi insidieux tout autant qu’invisible.

La bourde, le halage, le tractage vinrent supplanter un moteur impuissant à se sortir du piège. Une première fois, la manœuvre fut couronnée de succès. Nous avions néanmoins pris du retard et je décidai de terminer la course à pied, ma posture favorite, pour faire patienter les nombreux curieux à l’écluse.

Arrivé à poste, j’annonçai un petit retard, je narrai l’histoire du canal, de la péniche, je donnai des informations pour que patiente le public. Le temps se faisait long, heureusement que le groupe « Les Manqu' pas d’Airs » me relayait pour distraire l’attente. C’est avec une heure de retard que la cabotine s’octroya une arrivée triomphale. Entre temps, consigne avait été envoyée par les nouvelles voies de communication pour envoyer de l’eau sur le bief. Le Suave avait encore de la vase dans ses couches.

La suite ne fut qu’une course contre la montre pour tout installer dans les plus brefs délais afin que les spectacles puissent avoir lieu. La péniche se parant de sa scène, de sa tente protectrice, de sa sono et de ses lumières pour prendre ses habits de gala, fonction qui sera désormais la sienne le long du canal.

Le retard pris frustra un peu les Aquadiaux qui n’eurent guère le temps de chanter. Il fallait laisser la place aux discours officiels, au vin d’honneur et à la mise en place des vedettes du soir : la chorale ligérienne des Copains d’Sabord flanquée de ses trois musiciens. Ils enchantèrent le public courageux, désireux de braver les courants d’air pour entonner avec eux leurs joyeuses chansons.

L’aventure du Suave se poursuivra la semaine prochaine, sans encombre cette fois, entre airs joyeux et eau pourvu qu’elle ne soit que dans le canal. Fay-aux-Loges nous attend pour l’acte 3 de cette belle épopée. Le Canal d’Orléans va revivre, nous le souhaitons tous ardemment. Il faudra simplement qu’il redresse la tête sur ce maudit tunnel et qu’il tâche d’avoir meilleur fond. Il convient d’être patient !

À suivre.

 

Samedi 30 mars : FAY-AUX-LOGES

 

11h-12h : Voyage Donnery-Fays-aux-Loges

18h15 : Histoire du Suave par C’est Nabum + Aquadiaux

18h45 : Accueil de la municipalité et verre offert par la municipalité 

21h : Grand concert sur la péniche : Galway

 

 

Dimanche 31 mars : FAY-AUX-LOGES

15h – 18h : tours en futreaux pour la population

 

Photographies de Sylvie Revert

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