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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Toutankhamon « démasqué » ? Première nouvelle !

Toutankhamon « démasqué » ? Première nouvelle !

Décidément, les médias en font trop. Parfois, vous allez me dire, ils font leur travail, comme cette semaine le visionnage des préparatifs du départ des enfants tchadiens, filmés par l’agence Capa par l’un des journalistes brièvement détenu, Marc Gamirian. Effrayants dans leur simplicité, les préparatifs d’une mise en scène avec fausse hémoglobine, etc. Mais revenons à une autre actualité plus historique : celle de l’ouverture, ou plutôt de la réouverture, de la tombe de Tout-Ankh-Amon, dont le visage est « montré pour la première fois », paraît-il. Ce qui est rigoureusement faux.

Si c’est la première fois pour une génération avide de scoops télévisuels, certes. Mais pas pour la génération papier, ou pour les historiens, au fait depuis 1922 de l’allure du monarque décédé à 19 ans. En réalité, on peut voir dans la présentation au public du corps de Toutankhamon une excellente opération promotionelle du directeur des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, qui joue un peu trop à mon sens à Indiana Jones, le chapeau qui va avec. L’homme apparassait comme plutôt autoritaire et craint, dans un très bon reportage de France3 (Les Secrets du trésor de Saqqara de F.Wilner) déjà diffusé à plusieurs reprises, où on voyait le travail admirable des archéologues français, à l’humour ravageur. Pour l’amadouer, la France l’a déclaré le 8 juillet 2007 Officier dans l’Ordre des Arts et Lettres, voilà qui devrait assainir les petits différends qui surviennent parfois lors des campagnes de fouille. L’homme tient à sa réputation, entretenue savamment sur son propre site internet, mais aime aussi se mettre en scène. Durant les scènes qu’on a pu voir du transfert de Toutankhamon à son nouveau sarcophage transparent, plein de choses ne "collaient" pas.

D’abord, de dire que c’est "la première fois depuis 1922 qu’on le ressort" de son sarcophage. En fait, c’est la... cinquième, au moins, si on compte l’extraction par Carter le 12 février 1924, (il aura mis deux ans pour vider et répertorier la tombe découverte en 22) et les trois passages successifs du corps au scanner, selon en fait l’évolution des techniques médicales. Soit en 1968, 1986 et la dernière en 2005 pour des chercheurs néo-zélandais qui voulaient refaire le visage en 3D à partir de l’intégralité d’une image IRM. Une reconstitution qu’on peut juger assez fantaisiste, en définitive. On en a une bien meilleure représentation avec les statues faites de son vivant. Enjolivées, certes, mais assez bien représentatives de ce gamin de 9 ans devenu dieu vivant.

Ce qui ne colle pas non plus, dans les nombreux reportages visionnés, c’était, on l’a bien vu, la propension du responsable à recouvrir ce qui reste du corps, pour n’en laisser apparaître que la tête, au final dans un sarcophage de polycarbonate ressemblant à celui qui protège la momie...de Mao Tsé Dong. Ces gestes répétés m’ont intrigué. En fait, depuis l’ouverture de la tombe, il y a 85 ans, il faut bien se rendre à l’évidence : la momie n’est plus entière, c’est un vrai puzzle, tout noir de bitume. La tête, les pieds et les mains ne sont plus fixées au corps. Un embaumement raté (fait à la hâte ?), dans lequel on a surdosé le natron, a fait de la momie de Toutankhamon un bout de carbone, ou plutôt plusieurs, les articulations ayant toutes été rongées. Toutankhamon est un vrai puzzle aujourd’hui et non une momie présentable. Des images photographiques l’attestent. Ses doigts de pied et ses phalanges étaient recouvertes d’étuis en or (on a aussi retrouvé ses gants, mais c’était pour faire du cheval). La tête portait un serre-tête d’or. En les retirant, on en a malencontreusement détaché les éléments, qui ne tenaient déjà plus au reste. La phrase, hier, du ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, indiquant que "la momie avait déjà été endommagée par Howard Carter, qui a utilisé des outils aiguisés pour extirper le masque en or", est à prendre avec des pincettes. Dans l’ouvrage décrit ci-dessous, on ne distingue aucune altération due a l’enlèvement du masque mortuaire. On a davantage l’impression que le gouvernement égyptien vient surtout de se rendre compte de son erreur, en laissant trop longtemps les restes de Toutankhamon se dégrader en présence de l’humidité provoquée par les visites des touristes (comme ce fut le cas à Lascaux). La comparaison des photos de 1922 et de 2007 est édifiante. La momie s’est beaucoup abîmée, elle qui n’était pas déjà dans un bon état à sa découverte ! L’opération de transfert décidée ressemble aujourd’hui à une opération de la dernière chance, inutile d’en rajouter gratuitement sur Carter, qui a mis deux ans avant d’ouvrir le sarcophage ! Attendre autant pour tout saccager à la dernière minute, c’est simple, on ne peut y croire.

En fait, tous les éléments que je décris là, photos à l’appui, le sont depuis 1966 dans un livre fabuleux (Toutankhamon, vie et mort d’un pharaon) écrit par une dame extraordinaire : Christiane Desroches-Noblecourt, inspecteur général des musées de France, et qui a été conservateur en chef du département des Antiquités égyptiennes au musée du Louvre, professeur d’épigraphie puis d’archéologie égyptienne à l’École du Louvre pendant... une cinquantaine d’années. Dans six ans, elle fêtera son centenaire, et nous pouvons songer, à l’occasion de l’événement dont je vous parle, à lui rendre ici un vibrant hommage. Cette dame est tout simplement la pédagogie faite femme. Elle n’a pas qu’écrit sur les pharaons, elle est aussi à l’origine du sauvetage des temples d’Abou Simbel, dans les années 60. La création du barrage d’Assouan les menaçait alors. Le 8 mars 1960, depuis la tribune de l’Unesco, en compagnie de Sarwat Okasha, le ministre égyptien de la Culture, elle lance un appel solennel à la solidarité mondiale pour sauver la Vallée menacée. Quatorze temples, des milliers de tonnes de pierres à déplacer (on les découpera à la scie pour les remonter plus haut !), et des fouilles de toute urgence doivent être entreprises sur des sites qui seront recouverts par l’eau montante. La dame ne sait pas comment convaincre les autorités, et s’en remet à de Gaulle. Celui-ci ignorait au départ l’engagement qu’avait déjà pris l’égyptologue au nom de la France. Dans son entourage, on craint sa réaction ! De Gaulle apprécie en effet rarement se voir apprendre des choses le concernant. L’entretien démarre fort : "Comment, madame, avez-vous osé dire que la France sauverait le temple, sans avoir été habilitée par mon gouvernement ?" Mme Desroches-Noblecourt se croit alors perdue. Son projet refusé... quand lui vient une idée iconoclaste, prononcée sur un ton que pas un homme n’aurait su tenir devant le "Grand Charles", comme on le surnommait et le redoutait : "Comment, général, avez-vous osé envoyer un appel à la radio, alors que vous n’aviez pas été habilité par Pétain ?" Et toc, dans le mille, de Gaulle, immédiatement séduit par ce caractère bien trempé lui accorde les crédits nécessaires qui se montent à des millions de l’époque, et les soutiens logistiques et politiques nécessaires. Madame Noblecourt s’en souviendra sept ans après, en montant à Paris l’extraordinaire exposition Toutankhamon au Grand Palais. Charles de Gaulle lui rend visite en compagnie d’André Malraux et de l’égyptologue. Dans les semaines qui suivent, on dénombre plus de 1 200 000 visiteurs... Quand on cherche, aujourd’hui, le premier exemple de culture de masse réussie, on en revient invariablement à cette exposition fabuleuse. L’occasion de saluer une fois de plus cette grande dame de l’archéologie française ! On peut revisionner sans hésiter avec plaisir un double DVD sorti en 2004 avec son savoureux commentaire.

Pour faire redécouvrir... la découverte du tombeau et de ses richesses, on peut bien entendu sillonner le web. Mais le meilleur compte rendu, à part l’ouvrage de Noblecourt, c’est une chose extraordinaire, une... bande dessinée en quatre feuillets. Le meilleur compte rendu de la découverte est... une BD ! Mais pas faite par n’importe qui : Edgar P. Jacobs, oui, le papa de Blake et Mortimer. Une contribution phénoménale qui s’explique, car notre homme, féru d’opéra (il a chanté à l’opéra de Lille !) était un passionné d’histoire égyptienne. Tintin avait fait appel à lui pour dessiner les décors du Mystère de la Grande Pyramide (à vous de vérifier sa minutie), logique qu’il se lance un jour dans le compte rendu de la plus grande découverte archéologique du siècle. Les planches de Jacobs sont copies conformes des seuls clichés pris par Carter au moment de l’ouverture de la tombe, avec ce souci du détail qui le caractérise. Un vai chef-d’œuvre, encore trop méconnu pour un auteur aussi fondamental. Afin de vous les faire redécouvrir, je vous les ai scannées. Ceci grâce à l’amitié d’un dessinateur lillois de talent, Marc Rouchairoles, qui m’a retrouvé les planches d’origine du numéro de SuperTintin de 1983 (première parution en décembre 1964). Marc est fan de Poïvet, autre géant de la BD dont je vous parlerai ici un jour. Admirez le tracé, et comparez surtout les planches avec les documents d’époque pris en photo par Howard Carter (ou plutôt Harry Burton). La comparaison est saisissante. A signaler que le dessinateur d’Alix, Jacques Martin s’y est mis aussi plus récemment, en éditant un superbe ouvrage comportant 19 planches couleur à découper de 20 x 41 cm.

Tous ces petits rappels pour redonner envie de refaire un peu d’égyptologie. Faut vraiment être mauvais pour ne pas faire apprécier cette période de l’histoire à des enfants. Remarquez, mon fils (Mortimer, oui, comme E. P. Jacobs !) a eu ça comme cadeau d’entrée en sixième il a quelques années. Une d’enseignante d’histoire de ce type. Ça existe, malheureusement, mais il y en a plein aussi qui font tous les jours leur beau métier-sacerdoce. Et qui s’inspirent du travail de Desroches-Noblecourt.

Pour faire apprécier, outre la BD, plein d’autres possibilités existent : comme en musique, l’audition de la... trompette découverte en 1922 dans le fatras de la chambre mortuaire dont le contenu avait été renversé par des voleurs. En argent décoré d’or, mesurant 58 cm de long, son "pavillon" faisant 8,8 cm, elle est dotée d’un timbe plutôt aiguë, elle n’a été jouée que deux fois depuis, en 1939, juste le temps de faire un enregistrement audible.

On peut jouer sur le registre "détective" façon série TV, en quelque sorte Les Experts cairotes, en rappelant les raisons de la mort à 19 ans du pharaon. En 1968, une radiographie a permis de détecter des fragments osseux à l’intérieur du crâne, ce qui a longtemps laissé croire qu’il avait pu être assassiné, thèse démentie depuis les dernières expertises effectuées en janvier 2005. On pense en effet aujourd’hui qu’il est décédé d’une infection survenue à une jambe.

Toujours dans le registre NCIS ou X-Files, on peut aussi rappeler les méthodes et techniques d’embaumement. Les gamins adorent quand on leur dit qu’on retirait la cervelle avec un long crochet, par le nez. Ne me demandez pas pourquoi, je n’aime pas la cervelle. On peut aussi insister sur le fait que les archéologues ne sont pas infaillibles (moins que les héros de séries TV) : ainsi, on a retrouvé en juin dernier la momie de la plus grande reine avant Cléopâtre : Hapchepsout, retrouvée au fond du musée du Caire où elle était depuis 1903. Le même jour, on découvre que celle de son père, Thoutmosis, n’est pas la bonne. Comme quoi... une momie peut en cacher une autre. A noter que l’annonce de sa "découverte" a été faite après que notre conservateur égyptien a passé un accord avec Discovery Channel, pour un reportage exclusif. Les accords financiers permettent aussi d’obtenir des laboratoires d’analyse ADN, ce qui a permis d’ailleurs d’identifier la momie grâce à une... dent.

En technologie, on peut jouer à comment empiler plusieurs boîtes dans un endroit aussi réduit. Tout a donc été construit sur place, pour l’éternité. Maintenant, calculez donc la difficulté à démonter tout ça sans casser quand on est archéologue. Carter mettra trois mois à atteindre le sarcophage proprement dit, la tombe ouverte.

Question déco : le dernier point qui manque, dans tous les musées consacrés à l’Egypte, ce sont les fleurs. Les Egyptiens en mettaient partout, on en trouve entre le sarcophage et les bandelettes, ou sur le casque d’or de Toutankhamon. Mais de ça ne reste que les photos en noir et blanc de Carter. A peine touchées, elles tombent en poussière, comme certaines momies d’ailleurs. De tout ce qu’ont pu dire les archéologues, les fleurs séchées ont toutes été considérées comme les plus beaux gestes d’affection laissées au défunt. Deux tonnes d’or, mais ce sont une douzaine de lys qui émerveillent. C’est cela, être archéologue !

Et plein d’autres possibilités encore que je vous laisse découvrir par vous-mêmes, avec tous les liens disséminés le long de cet article.

Documents joints à cet article

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11 réactions à cet article    


  • claude claude 6 novembre 2007 15:12

    merci morice pour ce bel article ! smiley


    • stephanemot stephanemot 10 novembre 2007 14:38

      Dans l’histoire, il y en a un qui s’arrange pour capter une fois de plus les projecteurs : le Dr Zahi Hawass, directeur du Supreme Council of Antiquities égyptien.

      Avec son éternel chapeau sur le crâne, Hawass protège plus efficacement son image que cette pauvre momie soudain exposée à ses caresses pressantes et aux flashs des journalistes.


    • fouadraiden fouadraiden 6 novembre 2007 15:23

      pas mal.

      c’est vrai que l’imposteur égyptien quise prend pour ce qu’il n’est pas ,et qui est à l’image du régime égytpien actuel, me gonfgle un peu mais pas au point de regretter l’archétype de l’archéologue-colonisateur,même decliné au féminin pédagogue.

      l’éternité est du côté des Pahraons !


      • Reymo Reymo 6 novembre 2007 22:10

        Salut morice !

        Du belle ouvrache !!!

        Ma parole mais il a mangé du « TOPSET » !!!! Tu est trés prolixe et eclectique en cette fin d’année de merde !!!

        allez a plus sur un de tes prochain articles !


        • morice morice 6 novembre 2007 22:18

          C’est une très belle fin d’année, Reymo, je trouve, au contraire, avec un président qui se prend pour Superman. D’ailleurs, il est aux Etats-Unis. Parti s’acheter un collant bleu et une cape rouge, je parie. Reste plus qu’à trouver la bonne taille...


        • ZEN ZEN 10 novembre 2007 11:20

          @ Merci, Morice, pour ce travail d’investigation très intéressant

          « une dame extraordinaire : Christiane Desroches-Noblecourt.. »

          Bien d’accord avec vous, c’est elle qui m’a appris le peu que je sais sur l’Egypte. J’ai constaté que là-bas, elle est modérément appréciée, considérée même parfois comme « fantaisiste » (dixit notre guide officiel) dans ses ouvrages de vulgarisation, les rapprochements qu’elle fait entre certains mythes égyptiens et des croyances chrétiennes postérieures.Je trouve au contraire que c’est très stimulant...


          • morice morice 10 novembre 2007 11:31

            Logique que les égyptiens, sur place raillent Noblecourt : ils n’ont pas à se soucier eux de vulgarisation, et se confortent dans l’idée que leur responsable est à la bonne place. Or l’individu, décrit dans le détail dans l’article, a choisi un voie bien trop « people » pour son travail : sur son site, on le voit en bien étrange compagnie. Je demeure personnellement persuadé que Noblecourt est de la veine d’un Duby pour le moyen-âge, ou d’un autre gigantesque, j’ai nommé Jacques le Goff. Ah, si Desroches-Noblecourt se vendait autant qu’un Christian Jacq... mais bon, faut bien un début à tout, et les lecteurs de Jacq ont eu aussi beaucoup appris...


          • moebius 10 novembre 2007 23:29

            ..c’est le retour de la momie. Mais ça peine apparemment ce mystére a de plus en plus de mal a se vendre...et tout a éte dit et redit avec ou sans le chapeau d’indiana jones que vous pouvez vous procurez au « vieux voleur » pour la modique somme de 36 euro. Au début du siecle une société commerciale faisait de ce « mystére » et surtout de l’abondance de cette matiére premiére momifié sur le sol égyptien un juteux commerce d’engrais. D’autres moins triviaux qui respectaient plus « le mystére » en faisait un pigment naturel qui rentrait dans la composition d’une teinte rare commercialisé par des fournisseur de matériel pour artistes peintres...Mais le moins que l’on puisse dire c’est que l’on devrait respecté les morts, on ne le fait pas...ici les touristes qui prennent en photos la momie et crépitent des flashs...


            • moebius 10 novembre 2007 23:34

              ...est ce l’éternité que nous voulons fixer ?...


            • moebius 10 novembre 2007 23:36

              ..en tout cas mes fotes d’ortografe m’émeuvent toujours...


            • morice morice 13 novembre 2007 21:37

              Tout-Ankh-hamon est à Londres à partir de ce week-end. L’exposition sera itinérante en Europe. Dans le numéro spécial du Point en vente cette semaine, on trouve un superbe dossier sur l’Egypte avec l’interview du responsable des antiquités décrié. Ça confirme nos craintes. Cette semaine, on a aussi annoncé à Saquarrah que le corps de Tout-Ankh-Amon serait exposé moins « longtemps » que prévu par jour... preuve de sa très nette détérioration ces dernières années. http://www.afriklive.com/Toutankhamon-l-Egypte-va-limiter-le-nombre-de-visiteurs-du-tombeau_a3304.html

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