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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Un pan de la mémoire de Loire

Un pan de la mémoire de Loire

« Au Peuplier »

Robert et Madeleine tinrent durant plus de trente ans ce café installé sur la rive Sud entre le Pont Royal et le Pont de Vierzon. Leur établissement portait le nom du vénérable Peuplier qui avait été planté durant le règne de Louis XV en 1749 et qui fut abattu en 1953, alors qu’un orage l’avait mis à mal. Nos deux amis connurent les pêcheurs, les gars qui travaillaient à la sablière et au béton, les braconniers, les tireux de jars et les passeurs ; tout ce petit peuple de la rivière qui buvait quotidiennement leur quatre à cinq litres de vin rouge pour le moins.

Robert a 92 ans, Madeleine deux ans de moins, ils ont tous deux des souvenirs plein la tête, des anecdotes qu’ils avaient envie de partager, pour redonner vie à ce monde interlope et pittoresque qui leur a transmis l’amour de la Loire. Eux, ils étaient de Beauce, lui né à Huêtre, elle à Lion en Beauce. Ils se rencontrent en 1944 dans des bals clandestins, lui trouve embauche lors des deux louées, à la Toussaint pour huit mois, à la Saint Jean pour quatre mois. Elle vit chez elle, elle s’occupe de son jeune frère, depuis que sa mère est morte.

Robert mène les chevaux, passe la charrue et les autres engins agricoles qui sont encore sous traction animale. Il ne reçoit sa paie qu’après le terme de la louée, si bien qu’il vit chichement et fait des économies. Robert et Madeleine mettent du temps à se décider. Le temps n’est sans doute pas aux amours immédiates. Il fait connaissance avec la Loire en 1945, quand venant à Orléans pour passer le permis de conduire, il en profite pour apprendre à nager dans le bateau piscine installé sur le duit Saint Charles.

En 1950, Robert et Madeleine se lancent dans la grande aventure, il quittent leur Beauce pour venir s’installer à Saint Jean Le Blanc. Les années d’économie permettent à Robert d’acheter au comptant ce petit café à l’ombre du peuplier. C’est le début d’une grande aventure pour eux et une vie passée, sans dimanches et fêtes, à servir de drôles de zouaves et des clients plus respectables. En 1952, Robert s’offre sa première voiture, une traction, il avait bien fait de quitter la terre, le temps des chevaux était révolu ...

Immédiatement, nos deux amis se prennent d’affection pour ces curieux personnages qui vivent sur la Loire ou sur ses rives. Deux années d’ailleurs, au début de leur commerce, Robert a travaillé lui aussi sur la rivière. C’est à Sandillon, de mai à septembre, qu’il allait améliorer l’ordinaire en tirant le sable. La Mignognette, les petits grains, la Falaise un sable plus grossier, les gravillons et le jars, des cailloux plus gros. Il manie la queue de singe pour sortir le sable de l’eau plus la mandoline pour charger le camion. Quatre à cinq mètres cubes par jour, triés et mis dans la benne du camion. Un effort considérable avec la double manipulation de plus de sept tonnes sans compter toute cette eau qu’il faut évacuer.

Cette expérience lui donnera sans aucun doute ce profond respect qu’il a pour les gars qui travaillent dans les sablières. En dépit de leurs travers, il a encore dans la voix des intonations qui ne trompent pas. Madeleine partage du reste ses sentiments et c’est ainsi qu’ils évoquent quelques figures locales particulièrement attachantes.

Le plus truculent sans doute, celui qui restera à jamais gravé dans leur mémoire c’est le Dédé Souillier. C’était d’abord un excellent client, il commandait systématiquement une chopine de rouge et ne repartait jamais sur une jambe. Faut dire qu’il fallait qu’il reste d’aplomb car ensuite, il filait en petite Loire, armé d’une fourchette pour débusquer des brochets dans les trous. De l’eau jusqu’à la poitrine, il braconnait sans se cacher vraiment et nombreux étaient ceux qui avaient commerce avec lui. Pour prix de ses services, il héritait de quelques passages en prison.

Au début, le Dédé dormait dans l’herbe sur le bord de Loire. Madeleine découvre que les jours de pluie, il se protège sous une tôle ce qui ne le met pas à l’abri de l’humidité. Elle lui suggère de dormir dans le grenier du café auquel on accède par une échelle de meunier. Certains soirs, ce sera un redoutable obstacle pour ce premier locataire à titre gracieux.

Il sera rejoint par deux autres figures. Clothaire, la cloche sublime et Juju le petit malheureux. Ils étaient donc trois sacrés noceurs qui cuvaient leur vin juste au-dessus de l’endroit où ils l’avaient bu. Un prudente façon d’agir en somme.

Clothaire avait une curieuse habitude. Quand un pêcheur à la ligne revenait avec son attirail après une journée peu glorieuse, il lui disait toujours « Il doit te rester des asticots ? » L’autre savait ce qu’il allait se passer et se faisait une joie de sortir sa boîte de sa musette. Clothaire soufflait un grand coup pour chasser la sciure, en homme de goût, il convenait de ne pas mélanger avant que d’avaler les petites larves. Il héritait alors d’une chopine pour faire passer le tout.

Juju, le troisième larron était né du côté du Mans. Infirme avec un très fort déhanchement et un corps difforme, ses parents l’avait abandonné sur un tas de cailloux. Toute la force qui lui faisait défaut dans les jambes, il l’avait développée dans ses bras, d’une puissance redoutable. Il avait travaillé aux betteraves à Patay avant que de se retrouver à écoper le gabarot de la sablière. Une nécessité incessante quand on tire le sable.

C’est sans doute pour ça que Juju ne buvait que du vin, il n’était d’ailleurs pas le seul parmi tous ces gars de la rivière si bien que Robert vendait chaque jour un peu plus de cent litres de rouge, qu’il tirait de tonneaux de 110 litres, des quarts qu’il allait chercher chez Piouf, place Saint Charles. Avec toutes les gueules à vin de son établissement, il y allait souvent.

Juju vénérait tout particulièrement Jehanne. Les fêtes étaient alors pour lui l’occasion de cuites mémorables. Garçon fragile, il avait pris l’habitude de confier sa paie à Madeleine qui gérait au mieux ses intérêts et ses dépenses, fermant les yeux sur la dépense excessive du 8 mai. Un jour Juju a voulu retourner dans la région du Mans dans l’espoir de retrouver les siens, lui qui avait été trouvé sans nom et qui fut baptisé de deux prénoms : Julien Germain. Madeleine l’a accompagné au Grand Saint Louis, un magasin de vêtements pour obtenir pour lui un costume défraîchi qui ferait bien l’affaire. Le garçon est revenu sans en savoir beaucoup plus sur ses origines.

Le drame surgit pourtant dans cet univers toujours joyeux. Dédé après un séjour plus prolongé en prison pour faits de braconnages revint décomposé, affirmant : « Ces salauds vont me tuer ! » Il ne manquait pas si bien dire car le lendemain matin, s’inquiétant de n’avoir pas vu son client fidèle et locataire discret, Robert montant au grenier. Dédé pendait au bout d’une corde.

Robert descendit, avertit ses clients, leur demanda d’empêcher Madeleine de monter et partit prévenir la police. A son retour, la pression était grande parmi la curieuse compagnie du Peuplier. Chacun voulait un morceau de la corde. Robert décrocha le pauvre braconnier et débita la corde pour satisfaire à la superstition de ses clients. Arrivés quelques temps plus tard, les policiers lui en firent reproche sans trop insister. Eux aussi connaissaient la maison. Le curé Masson tint pourtant à recevoir Dédé dans son église, tant il le tenait en haute estime. Sans doute avait-il profité lui aussi de quelques brochets pris à la fourchette surtout en période de Carême.

Il y avait encore des tireux de sable qui faisaient les passeurs pour améliorer l’ordinaire. Garrot Deziasse et Landré tiraient le sable en petite Loire et le ramenait à la cale Saint Charles. Leurs clients étaient les maraîchers du sud qui allégeaient leur terre pour les semis avec ce sable si fin : la si bien nommée Mignognette. Les orléanais aimaient à traverser la Loire en bateau, ils demandaient aux passeurs de franchir le duit pour arriver là où aujourd’hui se trouve le bateau lavoir.

Robert et Madeleine eurent deux enfants. C’est leur fille Odile qui se prit de passion pour la Loire. Elle aimait servir les clients qui avaient beaucoup d’affection pour la gamine. Parmi eux, un certain Bernard Sodore, un pêcheur à la ligne, un ouvrier des sables de Loire, emmenait la petite à la pêche aux poissons volants. Sur le duit Saint Charles, il y a deux conduites forcées passant sous le pierré, l’eau s’y engouffrait violemment et les ablettes craignant sans doute pour leur survie sautaient, prises de panique et retombaient sur le chemin. Odile faisait ainsi cueillette de poissons pour son plus grand plaisir.

 

Le café s’agrandit. Robert et Madeleine installèrent au fond du jardin un hôtel pour recevoir 21 clients. Le café proposait également une belle terrasse avec une tonnelle et un restaurant ouvrier qui ne désemplissait pas. Madeleine avait largement de quoi faire avec près de soixante-dix couverts par jour.

La vie continua ainsi jusqu’à ce qu’ils cèdent leur café en 1982. Les nouveaux propriétaires furent moins habiles, d’autant plus que les sablières cessèrent leurs activités et l’affaire périclita. Un autre se retrouva à la rue, c’est le Juju qui fut pris sous l’aile protectrice du curé de Saint Jean Le Blanc, l’abbé Masson. Il devint son homme à tout faire et à la mort de celui-ci termina sa vie aux Petites sœurs des pauvres.

Ainsi allait la vie en bord de Loire en un temps où il y avait encore des petits métiers qui y gravitaient. Il est possible que ce récit ne conviennent pas à la loi Évin, mais rassurez-vous, le rouge ne faisait que 8°5, il ne faut pas exagérer et tout voir en noir !

Le café « Au peuplier » a été peint en 1951 par Georges Blanchard, un professeur de l’école des Beaux Arts. Il a fait également le portrait de André Souillier, le braconnier céleste. Ce tableau doit dormir dans les réserves du musée. Il serait bon de lui redonner vie après ce récit à la gloire des hommes de Loire.

Mémoriellement leur.

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32 réactions à cet article    


  • Juilen Germain,.... Voilà que je me mets à imaginer une inversion de ma généa-pas-logique. Et si Julien, mon grand-père maternel, flamand, inculte, mais travailleurs et penché des journées entières dans la cave humide à découper des piles de tissus pour confectionner des pantalons que sa femme, Flore, une wallonne cultivée cousait sur sa Singer pour faire vivre la famille, s’était mariéé avec mon grand-père paternel ; Gilbert, patron d’une fabrique de tissus, très cultivé lui-même marié avec Germaine, une flamande, bonne ménagère, mais inculte. L’histoire est un chassé-croisé. Je me souviens de ce bistrot accolé à la maison de mes grand-parents maternels, juste à côté de l’Eglise SAINT-HERMES. Je ne me rappelle plus son nom. Parfois, ma grand-mère allait dans ce café pour discuter, peu familière de ce genre d’endroit un peu douteux. Entre les cloches de l’église, les chants de la chorale, les lampions qui clignotaient aux fenêtres de la taverne et les disques de Piaf et Trenet, il y avait comme une dystopie. L’histoire ne se ré-écrit pas, mais parfois pour retisser le canevas du passé il faut le traverser de haut en bas ou de droite à gauche en sautant les cases noires et rebroder les maux d’un filin d’or pour en révéler les mots.


    • Renaix étant passé sous les fourches caudines de la Flandre, la maison de mes grands-parents maternels et la taverne furent détruites. J’y suis retournée à deus reprises. La première, le jour de la mort de Bérégovoy. Sur le mur était peint une superbe scène breughelienne. https://www.google.be/search?biw=1280&bih=675&tbm=isch&sa=1&ei=J0jgWtiPCIHUgQax04e4DA&q=breughel&oq=breughel&gs_l=psy-ab.12..0l6j0i10k1j0j0i10i30k1j0i30k1.10185.10185.0.13879.1.1.0.0.0.0.1 17.117.0j1.1.0....0...1c.1.64.psy-ab..0.1.112....0.TQDMisa9AOo#imgrc=rDdOb9733tXjeM : en se penchant sur le parapet on peut encore voir le ru qui courait derrière les maison : https://fr.wikipedia.org/wiki/Renaix#/media/File:RonseRenaix09-2013.jpg. J’y suis retournée en 2016, et la superbe fresque avait été effacée et Renanix semblait morte. Comme effcée de la carte. Heureusement, à l’arrière se trouve une beau musée du tissage. Maic certainement pas celui des langues. Celle de son gardien, m’imposait le flamand pour parcourir les lieux et y retrouver les métiers de mon autre grand-père.



      • Ce pan de ma mémoire est bien ancrée dans celle du Pan (Fils d’Hermès)-talon. Qui se rappelle d’Hermès PAN ?. https://www.youtube.com/watch?v=ZLowSijlqOA

        • covadonga*722 covadonga*722 25 avril 11:39

          un paon de la mémoire de Loire .....

          • @covadonga*722

            le Paon se caractérise surtout par sa faculté à vous éblouir. Rajoutez lui des talons et avec un peu d’effort il pourra voir la Hollande (HOLT=:BOIS). Qui contrairement à l’origine de son nom, n’est pas vraiment boisée mais ensablée. 

          • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 14:56

            @covadonga*722

            Auto-portrait


          • C’était l’époques où les Flamands adoraient les pantalons tissés en pied-de-poule. Raison pour laquelle ils sont en train actuellement de piétiner les coqs wallons, du haut de leur échasses, ils avancent à grandes enjambées, Cest le Rock and Roll des gallinacés.


            • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:06

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Et les Wallons alors ?


            • @C’est Nabum

              Elio et Bart dans un bain : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/1311012/2011/08/29/ Elio-et-Bart-prennent-du-plaisir-dans-le-meme-bain-video.dhtml. Signification de BART : celui qui passe, écrase avec le Paon de Mons.


              Le coq wallon est encore debout, bien que déplumé. Elio veille, c’est d’ailleurs lui qui souffla sur les braises. Il se prenait pour Hélios, mais était plutôt du côté d’Eole et sa rencrontre avec BART le tisserand (De Wever) autour d’un feu de bois qui a scellé l’alliance d’un pacte diabolique). En 2019,, il semble qu’il prennne enfin sa retraite. Le Doudou de Mons a fini par l’évincer. Ma mère avait réussi à lui arracher un crin de sa queue (au doudou). https://www.google.be/search?q=doudou+du+Mons&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwji6JfUrNfaAhXMCMAKHQJNDK4Q_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=NvFBFNMzjRsozM : Et il commence à avoir un peu mal au pet (fesses chez les franquaoui). Son co-équipier et rival. Celui qui inspira http://www.senate.be/www/?MIval=/showSenator&ID=4517&LANG=frde nombreux français lors de son combat contre la balaine (le CETA) : Paul Magnette (pas Newman). http://www.senate.be/www/?MIval=/showSenator&ID=4517&LANG=fr. Coeur de pierre (Elio et son fameux cri du coeur qui ressemblait plutôt à celui d’un chattemite : j’ai le coeur brisé,...). Commedia del’ARTE. Magnette prend du poil de la grain et perd un peu son côte : don-juan de supermarché. VIVE 2 mille dix n’oeufs. https://www.google.be/search?q=Paul+Magnette&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjB_qb8rtfaAhUPa8AKHXwKB3MQ_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=pjRLchsB2pIt1M :

            • C'est Nabum C’est Nabum 26 avril 09:31

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Le coq Mauzan est Wallon et c’est un club de Rugby où je suis allé disputé un tournoi.



            • C'est Nabum C’est Nabum 26 avril 09:55

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              J’aime assez ces deux animaux


            • D’une certaine manière l’histoire encore se répète. Elio, originaire d’Italie a conquis la Belgique. Cela remonte à l’affaire Benedetti en 1988http://www.lesoir.be/archive/recup/1296162/article/actualite/monde/2016-08-20/benedetti-et-l-opa-ratee-sur-generale-ma-grande-erreur-pralines (. Quand le banquier italien a voulu faire main basse et racheter les banques belges. Ensuité, Elio di Rupo qui fait main basse sur le P.S. belge, evinçant roger Lallemand. Tertio, l’amoureuse d’ADAMO, la Princesse Paolo épouse d’Albert qui est au plus maL. J’espère qu’Ambiorix renverra ces cathos de mes deux dans leurs Abruzzes,....La fille cachée d’Albert est en passe d’avoir un peu de l’ADN de son père. 


            • juluch juluch 25 avril 13:13

              Un morceau de bibliothèque bien raconté !


              Les arbres ont eu un sursis, souhaitons qu’ils le garde à jamais 

              merci Nabum !

              • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:07

                @juluch

                Je l’espère de tout cœur

                le maire beaucoup moins mais il n’a pas de cœur


              • La mémoire de PAN. Il était si laid en naissant avec ses cornes et ses pieds de bouc, que sa mère l’abandonna à sa naissance. Hermès le transporta sur l’Olympe roulé dans une peau de lièvre où il fit rire tous les dieux et en particulier Dionysos. Il mit en fuite les Titans en guerre contre les dieux grâce à sa voix redoutable amplifiée par les conques découvertes sur le rivage. Comme tous les dieux sylvains il s’amusait à faire peur aux voyageurs qui s’égaraient dans les bois. Il les épouvantait souvent par ses brusques apparitions d’où l’expression de terreur panique.Génie de la nature sauvage, son culte fut associé à celui de la Grande-Mère ; plus tard, Pan entra dans le cortège de Dionysos.


                • Dans le Premier discours de Julien il est question du Dieu PaN. Lire Julien, ‎Tourlet - 1821
                  par la mère des dieux , métamorphosé en pin. ( Voyez fa première note sur le discours de Julien , en l’honneur de la mère des dieux. ) Le pin était également consacré au dieu Pan. Or , ce dieu, comme l’a dit Orphée , figurait la nature entière ou l’univers.


                  • nono le simplet nono le simplet 25 avril 15:41

                    jolie description de ces personnages hauts en couleur, dont la dominante était quand même le rouge ...
                    dans ma jeunesse j’ai croisé des vedettes dans le même genre, Dédé, Jeannot Lagrange, Toto Feuille et d’autres dont j’ai oublié le nom ... ils venaient de temps en temps dans le café-restaurant que nous fréquentions et nous avions tous une tendresse pour ces « personnages » ...

                    une petite anecdote des années 70
                    Dédé, Toto et Jeannot habitaient dans une ruelle qui descendait de l’hopital à la place de la cathédrale ..
                    un après-midi d’été, en débauchant de l’hôpital je descendais la ruelle quand j’entendis la télé hurlant venant de chez eux ... c’était les derniers km d’une étape du Tour de France ... je rentrais par la porte grande ouverte pour voir l’arrivée ... bonjour rapide ... une chaise, et je regardais avec eux ...
                    Dédé, sans un mot ; m’avait servi un verre de vin dont je bus quelques gorgées sans remarquer quoique ce soit ... ce n’est que quelques minutes après l’arrivée, au moment de m’en resservir un autre, je remarquais, en tendant mon verre, la couleur gris-foncé mauve de ce qui avait été un verre transparent ... pas chien, je bus mon verre mais résistais à la rafale qui n’aurait pas manqué de suivre ... j’ai oublié plein de choses de ma jeunesse mais ce moment reste présent ... je les aimais bien ...


                    • nono le simplet nono le simplet 25 avril 15:58

                      @nono le simplet
                      petit rajout au fil des souvenirs qui remontent ...
                      Dédé, dont j’ignore tout du passé, avait quelque chose d’Antoine Blondin, un peu par le physique mais surtout par la verve ... il pouvait partir dans des solos d’improvisation à couper le souffle de drôlerie, de gouaille avec ce parlé de mec bourré mais pas trop, sous sa grosse moustache ... oué, c’était notre Blondin à nous ... sacré Dédé !


                    • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:08

                      @nono le simplet

                      J’écris pour recevoir de tels commentaires

                      Merci du fond du cœur


                    • Au lieu dit du Rupel, les artistes de Bruxelles se rencontrent parfois pour s’encanailler dans un sympathique bistrot. Un de lieu de transgressions, séparant les deux langues, celle du bois est des forêts, celle du sable et des marais. La bière, le houblon et le vin y ravivent la langue de bois et nettoyent le palais de l’abus des sablés.


                      • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:08

                        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                        Encanaillons nous et devenez ma sirène


                      • C’était un peu l’« Oeuvre au Noir » (oeuvre de Marguerite Yourcenar). Rupel ou Rüpel se traduisant par brutes ou malfrats. Le black-out c’est quand l’alcool fait flancher la mémoire plutôt que de broyer du noir.


                        • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:09

                          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                          œuvre à blanc de mon côté

                          elle passe totalement inaperçue


                        • Si j’avais mis de côté tout le fric que j’ai dépensé dans la boisson  ; j’aurais de quoi m’offrir une belle cave  smiley


                          • C'est Nabum C’est Nabum 25 avril 20:09

                            @Armand Griffard de la Sourdière

                            C’est pourquoi vous êtes voûté


                          • @C’est Nabum je parlais de « cave à vins » pas de caves à voûtes !
                             
                             A la bonne voûtre Cénabûme (de santé il s’entend ) 
                             Mais n’oubliez pas que l’alcoolisme est souvent un verre solitaire smiley


                          • @Armand Griffard de la Sourdière


                            Armand de la sourde oreille, si j’ai bien compris vous fumez la moquette pour oublier que vous buvez..

                          • @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                             
                             Hé oui mémé lulu tout n’est pas cirrhose qu’on le souhaite dans la vie !
                             Fort heureusement les bons crus font toujours les bonnes cuites . smiley

                             


                          • Pourquoi Eve a croqué la pomme ? C’est parce qu’elle avait la Dent. LAVAIT ADAM. Je raconte cette anedocte parce qu’un jour, punie dans le salon, je me suis couchée sur le sol et ai levé un PAN du rideau qui séparait le living-room du salon et j’ai vu ma mère qui lavait mon père. Je ne vous dis pas la scène qui s’en est suivie. M. tu est bien trop curieuse. Bon ! j’avais quatre ans et presque toutes mes dents. Mon père les enlevait encore en attachant une corde à celle qui devait tomber (mes racines étient solides. Il attachait alors la ficelle à la poignée de la porte et ouvrait celle-ci d’un coup sec. Simple rappel de l’époque de l’après guerre. Celle où les dentistes coûtaient cher.


                            • Volià des échanges comme je les aime. Riches et portant leurs fruits. A notre vendangeur : « C’est Chez Nabum ». Ce matin je suis retombée sur la photo du fameux bistrot attenant à la maison de mes grands-parents maternels et en prenant un loupe grossissante je lis. ROMAN. Que ces anecdotes Nabum enrichissent votre prochain livre


                              • @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                 Sacrée lulu qui est l’heureuse propriétaire d’une « loupe grossissante » 
                                 Non ? mais sérieux ça existe ? une loupe qui grossit à vue d’oeil  ? comment cela se peuce ?
                                 J’ai probablement loupé qqchose  smiley

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