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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Un peu de rose dans ce monde de brutes

Un peu de rose dans ce monde de brutes

Shoes your love, ou le projet de 3 filles pleines d’idées pour redonner un peu de couleur à Paris.

 
"Hier, je rentrais tard le long du canal St Martin avec 2 amies à moi, et tout d’un coup j’aperçois une botte rose égarée sur un piquet. Intriguée par la couleur rose bombée de cette chaussure, je m’approche. Il y a un message à l’intérieur !".

Comme en témoigne ce commentaire de plus, la promenade le long du canal St Martin réserve parfois bien des surprises. Depuis peu, des chaussures roses, désespérément seules, ont envahi ses abords. Elles attendent, accrochées à un banc, lacées autour d’une rambarde, qu’un pied charmant en pince pour elles.
Lorsqu’on demande à Camille Marquestaut d’où lui est venue l’idée, avec ses amies, d’éparpiller tout ce rose dans le quartier, c’est avec un enthousiasme non dissimulé qu’elle vous explique la petite histoire : "
Au début, on était en vacances avec ma soeur et une amie. Pendant une soirée, ma soeur a pris le numéro d’un homme et n’avait que sa chaussure pour le marquer. L’idée nous est alors venue de laisser des numéros sur des chaussures pour faire des rencontres amoureuses. On a donc récolté des chaussures, on les a peintes en rose et on a fait ce qu’on pourrait appeler du guérilla marketing : on les a disposées partout dans Paris !".

En tout, c’est plus de 1600 chaussures et autres objets rose bonbon que Camille, 23 ans, Amélie, 27 ans et Ludivine, 28 ans, ont semées le long du canal. De quoi faire un peu halluciner les riverains et les passants, selon leurs propres mots. Le projet, qui répond au doux nom de Shoes your love, a même trouvé un écho sur le net (www.shoesyourlove.com). Pourtant, le site, au design tout droit sorti d’un conte de fée, semble être à l’abandon. Le conte n’est hélas plus très rose pour les filles, qui n’ont pour l’instant pas les moyens de continuer à faire vivre un projet qui avait été pensé pour tout sauf pour faire de l’argent.

Mais Shoes your love, c’est quoi exactement ? La question a toujours l’air de surprendre. "C’est surtout pour donner du rose au quartier. A la base, on voulait rendre les gens heureux et aussi faire des rencontres amoureuses". Cela peut étonner. Rendre les gens heureux, rien que ça. Elles sont mignonnes, ces trois jeunes filles, pleines d’innocence. Pourtant, en lisant les messages qu’elles ont accrochés dans certaines chaussures, accompagnés d’un numéro, on a qu’une envie, c’est que ces trois là continuent de croire au conte de fée.
Les prétendants ont "hélas !" été peu nombreux à leur ramener le fameux soulier rose, mais nos petites ingénues ne sont pas laissées décourager. Pour pousser la chose plus loin, elles ont organisé des rencontres amoureuses improvisées, rendant tout leur romantisme aux abords du célèbre canal : "On a installé des coussins et des tables en carton dans la rue, puis on prenait des gens célibataires qui passaient, on les photographiait et on leurs faisait remplir une fiche avec leurs préférences, à quoi devait ressembler la princesse ou le crapaud idéal. Après ça, chacun se voyait attribuer un numéro et les passants faisaient leur sélection, nous disaient quelle personne ils/elles préféraient. Simon, le n°5 a eu beaucoup de succès. Il les a toutes eu quasiment !".

Avec une telle histoire qui commence par "Il était une fois", on ne peut s’empêcher de dire encore. Des projets en prévision ? "Il y en a quelques-uns oui, mais pour l’instant ils sont encore dans ma tête ! Il faut que je mette ça en forme dans les prochaines semaines. Ca restera toujours dans le même domaine : essayer de rendre les gens heureux !". Les trois filles suivent actuellement des formations, ou travaillent pour mettre de l’argent de côté. Avec la même idée colorée en tête : rendre à la capitale du romantisme ses couleurs de noblesse.
 
 
 
Photos : Markus Harnau pour Frankreich erleben
 

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6 réactions à cet article    


  • hunter hunter 6 mars 2010 13:09

    Oui oui Calmos, je confirme !

    Ah le romantisme tarifé, quel bonheur !

     smiley

    En tout cas ça c’est un papier fondamental, d’une importance considérable pour l’avenir du pays !

    Allez, me reste plus qu’à voter : « article intéressant ? »

    Je pense que vous aurez deviné mon vote non ?

    H /


    • Harakiwi 6 mars 2010 15:17

      Bien qu’on ne puisse pas vraiment dire d’un article publié sur ce site qu’il puisse être « fondamental », je vous concède bien volontiers qu’il n’a pas le mérite d’alarmer sur la situation actuelle comme le fait quotidiennement la presse et ... AgoraVox.

      Ça pue pas vraiment la joie de vivre sur la page d’accueil.

      Vous allez me dire « mon quotidien pue pas la joie de vivre », « il faut des gens pour rester constamment en alerte face aux dérives actuelles ».

      Alors je dis vous dis « prout ». Décoincez vous un peu (mais pas trop quand même, c’est dangereux le Canal St-Martin, paraît-il).

      J’espère vous avoir convaincu, sinon j’aurais perdu ma journée à imaginer cette réponse.


    • hunter hunter 6 mars 2010 18:20

      Donc vous m’interpellez (est-ce moi seul, ou bien Calmos est-il aussi dans le lot ?), d’un « prout », qui selon vous, serait censé me décoincer ?

      Eh bien jeune homme (n’êtes-vous pas « étudiant expatrié », comme l’indique votre sommaire profil,donc sans doute encore un jeune homme comparé à moi), soyez rassuré, je ne suis pas coincé, mais bon, je ne vais pas vous raconter ma vie,(vous risqueriez d’être surpris, voire même....envieux !) vous vous en branlez sans doute ce qui vous sert de parties génitales, et...vous avez bien raison !

      Vous avez raison aussi, en disant que la page d’accueil ne « pue pas vraiment la joie de vivre » !

      Mais n’êtes-vous pas expatrié, dans ce cas, que savez-vous des problématiques des « gens d’ici » ?

      Êtes-vous comme ces sympathiques japonais, qui croient qu’à Paname, on est tous sapés en Chanel ou en Hermès ?

      Je ne sais depuis combien de temps vous avez quitté le pays, ni si vous y reviendrez un jour, mais voilà, c’est ainsi, c’est pas rigolo tous les jours ici !

      Alors un papier sur de jeunes écervelées qui laissent des vieux ribouis peinturlurés dans la ville, avec un numéro de bigophone écrit dedans en espérant qu’un abruti va les appeler pour leur faire connaître le grand frisson, (je chipote, je chipote, car ce qu’elles veulent surtout c’est se faire défoncer la teucha n’est-ce pas ?) vous comprendrez qu’à l’heure où le pays est en plein marasme, on en a un petit peu rien à foutre non ?

      Maintenant, vous remarquerez que je n’ai pas sonné l’hallali sur votre papier, ce que d’autres n’auraient pas hésité à faire ( parcourez des éditions précédentes, vous comprendrez, et en l’occurrence, je n’aurai pas pu leur donner tort), car j’estime que tout le monde a le droit de s’exprimer.

      Mais par contre, j’ai tout à fait le droit de dire que votre papier est une sorte d’étron écrit, totalement inintéressant, que vos copines distribuant leurs pompes sont des pétasses, des débiles profondes, et que si tous les étudiants expatriés ou non, sont aussi légers que vous et vos potes, eh bien on est pas rendus !

      Voilà, sur ce, allez « prouter » dans votre coin, reprenez donc un p’tit rail de C, et j’espère que la prochaine fois, vous nous pondrez quelque chose d’un peu plus consistant !

      Je vous confirme donc que vous avez perdu votre temps à imaginer toute la journée (quelle efficacité jeune homme) la réponse insipide que vous fîtes au dessus de cette intervention, quant à moi, il ne m’a fallu que quelques minutes pour la rédiger.

      Ah cette insupportable légèreté de l’être !!!!! Je ne vous ferai pas l’affront, cher « étudiant expatrié » de vous donner le nom de l’auteur qui a pondu ce bouquin, car vous le savez n’est-ce pas ?

      Allez, retournez travailler, et revenez nous soumettre vos réflexions, quand vous aurez pris un peu de plomb dans l’aile comme on dit ! Je déteste jouer au vieux con moralisateur, mais vous ne m’avez pas trop laissé le choix.

      H /


      • Harakiwi 7 mars 2010 12:25

        Je note un plutôt bel esprit pour un vieux con moralisateur. Ca vous excusera peut-être d’avoir passé plus de 5 minute de votre samedi à me pondre une réponse plein d’arguments pertinents.

        Allez, je vous laisse le dernier mot si ça peut vous faire plaisir !


      • Charles Martel Charles Martel 6 mars 2010 20:59

        j’ai déjà vu cette info y’a 6mois au moins. C’est pas neuf.


        • Zazou 10 mars 2010 15:50

          Il est vrai qu’en ces temps de crise, il est choquant de voir ce genre d’initiative futile et naîve fleurir dans le béton de la ville. En effet, notre pays « en plein marasme » ne tolère que du gris, du gris qui se déverse à gros bouillons dans notre vie... mais, surtout pas de rose ! Toi fol expatrié (peut-être au Bangladesh, à Madagascar ou même à Bron...enfin bref, des pays de cocagne), tu ne t’en rends peut-être pas compte mais, la vie ici est incroyablement dure. Pour ne rien arranger, il neige au mois de mars : on touche le fond.Par conséquent, je propose d’interdire tout fredonnement ou vague sifflotement dans le métro : tant de joie stupide et gratuite est insupportable (s’ils demandent ensuite la charité, la chose sera en revanche tolérée)

          Sinon pour ce qui est des allusions graveleuses au bord du canal à partir de 22h, vous pourriez bien être déçus : en 8 ans, les choses ont évolué (cela arrive parfois). Aujourd’hui, on trouve davantage d’enfants de Don Quichotte que de passes à vil prix sous les ponts du canal. Les soupirs sont donc de natures bien différentes, mais vous pouvez toujours les parodier dans une chanson si cela vous amuse ou tout au moins vous désennuie

          « Le superflu chose très nécessaire » aurait dit l’autre. Cela reste d’actualité

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