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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > « 2193 » de Florian Mazé : une futurologie de la Grande Simplification

« 2193 » de Florian Mazé : une futurologie de la Grande Simplification

Extrait du tout nouveau roman d'anticipation de Florian Mazé, auteur qui table sur une forte régression technologique, à compter de la fin du XXI° siècle.

"2193 : Le Crépuscule des humanistes"

JPEG On considérait l’Hôtel-Président comme l’un des monuments les plus remarquables de la cité balnéaire, coquette et très visitée durant la belle saison. L’immeuble, haut et large, mais pas très profond, déployait, pour chaque niveau, la superficie d’un appartement de douze pièces en comptant la cuisine et la salle de bains... En 2193, il n’y avait plus que des gens haut placés pour avoir une salle de bains.

La régression technologique, amorcée dès la fin du XXIe siècle, avait sévi universellement. Le confort était redevenu très rudimentaire. Beaucoup de logements n’avaient pas l’eau courante. Tout au plus, un robinet d’eau froide à la cuisine. Il n’y avait même plus de « commodités ». On avait retrouvé l’usage des pots de chambre, des cuvettes et des brocs à eau. Il existait des latrines communes ; au rez-de-chaussée, souvent, ou, au contraire, dans les greniers, y compris dans l’Hôtel-Président.

La cité au bord de mer appartenait à la catégorie de ces villes nouvelles construites sur des ruines. En l’occurrence, celles de l’ancienne Marseille, dont il ne restait plus grand-chose. L’architecture dominante rappelait vaguement les édifices Art déco du premier XXe siècle. Les Occidentaux en général [...] avaient été saisis par une sorte de manie rétrograde. Construit en 2158, prévu au départ pour héberger des bureaux, l’Hôtel-Président ressemblait à l’un de ces étranges et pompeux bâtiments des temps ancestraux, avec un confort intérieur... encore plus ancestral !

Pour le coup, c’était beau : des colonnes, des fenêtres à vitraux, des effets de symétrie parfaits, d’immenses baies vitrées et de hautes portes-fenêtres, à l’arrière, pour profiter de la vue. Et, à l’intérieur, des rideaux, des faïences, du marbre, des parquets cirés, des meubles imposants... Mais aucun vrai confort. Le professeur avait l’électricité, malgré tout, dans son vaste appartement qui couvrait tout le premier étage. Un privilège réservé à quelques personnages influents, aux administrations publiques, aux grandes institutions et aux entreprises. Dans l’immeuble, seuls les occupants du premier étage pouvaient s’éclairer en appuyant sur un bouton. Le reste du bâtiment vivait comme au temps des ancêtres ; on s’y éclairait aux chandelles, à la lampe à huile ou avec une sorte de pétrole d’origine végétale. D’une certaine façon, le futur s’était marié avec le passé.

De part et d’autre des nouvelles frontières, on avait encore le souvenir de grands massacres. Combats de rue, attentats, émeutes et bombardements, tous ces malheurs avaient laminé la population, détruit une grande partie du patrimoine. D’où cette idée de reconstruire des monuments à l’identique ou d’édifier des maisons d’un style rétrograde. La situation européenne ne s’était stabilisée qu’aux alentours des années 2150, début d’une longue période de paix. Mais sous la dictature.

C’est l’époque où M. François, jeune professeur de latin, de grec et de littérature, avait pris sa part de pouvoir sur les décombres de la toute dernière guerre civile. Il était devenu Premier ministre : en réalité une sorte de dictateur-adjoint.

Brillant, savant, l’un des derniers connaisseurs de langues anciennes au monde, il aurait dû rester professeur à l’Université. Il se serait bien contenté d’expliquer chaque année du grec et du latin aux derniers étudiants assez fous pour s’intéresser encore à Sophocle, Aristote ou Cicéron. Du reste, bien naturellement, il avait enseigné quelque temps ces vénérables Humanités dans la partie de la vieille Sorbonne parisienne qui avait échappé aux bombardements.


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3 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 10 novembre 12:57

    Au moin 160 ans de trop dans son titre.


    • Le Crooner du Concept 10 novembre 15:28

      Damned ! J’avais oublié le lien, vers le bouquin (ça rime). Voilà ce que c’est que d’écrire des articles dans la précipitation...

      https://www.amazon.fr/2193-cr%C3%A9puscule-humanistes-Florian-Maz%C3%A9-ebook/dp/B07J1VVXMY


      • foufouille foufouille 10 novembre 15:48

        ça a l’air nul. en plus avec un IV° reich ......

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