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Bac Philo 2021, séries technologiques, explication d’un texte de Bergson

Bac Philo 2021, séries technologiques, explication d'un texte de Bergson

L'auteur :

Henri Bergson, né le 18 octobre 1859 à Paris, ville où il meurt le 4 janvier 1941, est un philosophe français. Parmi les ouvrages qu'on lui doit, les quatre principaux sont l’Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), Matière et mémoire (1896), L'Évolution créatrice (1907) et Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932). Bergson est élu à l'Académie Française en 1914 et il reçoit le prix Nobel de littérature en 1927. Il est également l'auteur du Rire, un essai sur la signification du comique (1900). Ses idées pacifistes ont influencé la rédaction des statuts de la Société des Nations. Il fut à la SDN le premier président de la Commission internationale de coopération intellectuelle, ancêtre de l'UNESCO. (source : encyclopédie en ligne Wikipédia)

L'œuvre : 

Les Deux Sources de la morale et de la religion est un ouvrage du philosophe français Henri Bergson paru en 1932. Il s’agit du dernier ouvrage du philosophe. Sa réflexion sur la morale l’amène à discuter les approches sociologiques de son temps (Émile Durkheim, Lucien Lévy-Bruhl) en insistant particulièrement sur le concept d’obligation qu’il place au cœur des relations interindividuelles. Il pose la distinction restée célèbre entre « société ouverte » et « société fermée » (qui sera reprise dans une autre perspective par l’épistémologue Karl R. Popper). Le dernier chapitre expose la vision de l’avenir de l’auteur et contient le passage célèbre sur le « supplément d’âme » dont le corps serait en attente, à la suite des possibilités extraordinaires que lui confère la technique. Cette réflexion est placée sous le signe de la dualité mécanique/mystique. (source : ibidem)

Le texte :

"L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l’espoir de réussir et la crainte d’échouer. C’est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu’il doit mourir.

Le reste de la nature s’épanouit dans une tranquillité parfaite. Plantes et animaux ont beau être livrés à tous les hasards, ils ne s’en reposent pas moins sur l’instant qui passe comme ils le feraient sur l’éternité. De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous (1) quelque chose dans une promenade à la campagne, d’où nous revenons apaisés.

Mais ce n’est pas assez dire. De tous les êtres vivant en société, l’homme est le seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à des préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause ; partout ailleurs, l’intérêt individuel est inévitablement coordonné ou subordonné à l’intérêt général.

Cette double imperfection est la rançon de (2) l’intelligence. L’homme ne peut pas exercer sa faculté de penser sans se représenter un avenir incertain, qui éveille sa crainte et son espérance. Il ne peut pas réfléchir à ce que la nature lui demande, en tant qu’elle a fait de lui un être sociable, sans se dire qu’il trouverait souvent son avantage à négliger les autres, à ne se soucier que de lui-même."

BERGSON, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932

(1) « Nous aspirons à nous » : nous recevons

(2) « La rançon de » : le prix à payer pour

QUESTIONS :

A. Éléments d’analyse 1. Bergson écrit : « L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne ». Pourquoi pourrait-on dire des animaux qu’ils n’hésitent pas, ne tâtonnent pas ?

2. Pourquoi, dans le seul cas des êtres humains, des « préoccupations égoïstes » conduisent-elles les individus à « dévier de la ligne sociale » ?

3. Que veut dire Bergson lorsqu’il affirme que notre intelligence entraîne toujours une « double imperfection » ?

B. Éléments de synthèse

1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre ?

2. Dégagez les différents moments de l’argumentation.

3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.

C. Commentaire

1. Doit-on considérer, à partir de ce texte, que l’appartenance sociale des êtres humains fait obstacle à leur liberté ?

2. Quel sens le texte permet-il de donner à l’idée de liberté ?

"L'homme est le seul animal dont l'action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne" : l'homme est un animal comme les autres, il a un corps, des besoins, (boire, manger, se reproduire) comme les autres animaux, mais son action est moins bien assurée que celle des animaux ; contrairement aux animaux, il hésite et tâtonne, il fait des essais, des erreurs, il se trompe, il échoue, alors que les animaux ne se trompent jamais. Les animaux sont mus par l'instinct, par un mouvement intérieur qui les pousse à exécuter des actes adaptés à un but dont ils n'ont pas conscience. 

L'action de l'homme est "mal assurée" alors que l'instinct des animaux est un comportement héréditaire et spécifique accompli sans apprentissage et en toute perfection.

Les fourmis par exemple, qui vivent en société comme les hommes savent d'instinct le rôle qu'elles doivent jouer, les araignées tissent des toiles parfaites depuis toujours, les abeilles construisent des ruches qui sont des modèles de perfection géométrique sans avoir jamais appris à le faire. Les animaux n'hésitent pas, ils vont droit au but et font instinctivement ce pour quoi ils sont faits.

Les animaux n'ont pas de "préoccupations égoïstes" : chez les fourmis, la reine est entièrement au service de la colonie, son rôle est de pondre des œufs, les guerrières de défendre la colonie, les ouvrières d'aménager le nid et de construire des galeries, les fourmis nourricières de nourrir la reine et les larves, chaque fourmi accomplit la tâche qui lui est dévolue au sein de ce que l'on pourrait appeler une "division naturelle travail".

Chaque fourmi joue son rôle sans "dévier de la ligne social" : les ouvrières n'éprouvent pas l'envie d'être des reines et les fourmis nourricières celle de consommer la nourriture de la reine. Il n'y a pas de préoccupations égoïstes dans la société des fourmis, ni de déviation de la ligne sociale.

Au contraire, dans les sociétés humaines, on observe que les individus peuvent chercher à défendre et à assouvir avant tout leur intérêt personnel, sans se soucier de celui des autres. 

Le riche pas exemple cherchera à devenir plus riche, à posséder davantage de biens, de maisons, de voitures, d'objets de luxe, etc. sans se préoccuper des autres. Le dandy ne se préoccupe que de son apparence, le parasite - il y en a aussi chez les animaux, mais ils sont pas de la même espèce - vit aux dépens des autres.

A la différence des autres animaux, la conduite des hommes n'est pas réglée par l'instinct, mais par l'intelligence. Pour le meilleur et pour le pire, les hommes sont plus "libres" que les animaux, ils peuvent dévier de la ligne social et ne se préoccuper que d'eux mêmes.

Le fait de ne plus être soumis à l'instinct, mais d'être des animaux intelligents entraîne une double imperfection : a) l'homme peut échouer et a conscience qu'il va mourir - b) il peut faire passer ses propres intérêts avant l'intérêt général.

"Le reste de la nature s'épanouit dans une tranquillité parfaite" : les animaux et les plantes vivent dans le présent, ne se préoccupent ni de réussir, ni d'échouer, n'hésitent ni ne tâtonnent et ignorent qu'il vont mourir.

Bien qu'ils soient exposés au danger et aux aléas naturels, comme les hommes ils se reposent sur l'instant présent, sans se préoccuper des incertitudes de l'avenir. Ils vivent dans un éternel présent, alors que la conscience humaine est soumise au temps. 

Note : Cette assertion doit être nuancée à la lumière d'observations sur les corbeaux et d'autres animaux qui font des provisions et se préoccupent de l'avenir. Il n'est pas question de dénier que les animaux aient une certaine forme d'intelligence, y compris une intelligence du temps.

Cette différence a été soulignée par Martin Heidegger dans son ouvrage au titre significatif : Sein une Zeit (Etre et temps). Heidegger montre que le "Dasein" (mot à mot le "là" de l'Etre", l'homme, la conscience humaine) transcende le moment présent : il est tourné vers le passé (le souvenir, le regret, le remord) et vers l'avenir (le souci), alors que l'animal est attaché au "piquet de l'instant". Comme le dit Etienne Klein dans Les tactiques de Chronos : "Nous sommes séparés de nous-mêmes par notre propre attente."

Heidegger demandait à ses étudiants quel était le mot le plus important dans le titre de son ouvrage et il répondait que ce n'était pas le mot "Être" (Sein), mais le mot "Temps" (Zeit). La temporalité, la conscience du temps est la caractéristique essentielle du Dasein.

"Nous revenons apaisés d'une promenade à la campagne car nous oublions momentanément nos soucis et nos regrets pour partager l'inaltérable confiance des animaux et des plantes."

Les animaux, les fleurs, les arbres nous donnent une leçon : cesser de vivre dans l'inquiétude et le regret, être simplement présents au monde.

Même si cette attitude semble contraire à la constitution ontologique de la conscience humaine, elle est un ressourcement salutaire.

Bergson tente de répondre à la question de la double imperfection de la condition humaine. Ses arguments sont les suivants :

a) L'homme est le seul animal dont l'action soit mal assurée.

b) Il est le seul animal qui sache qu'il doit mourir.

c) Les animaux et les plantes s'épanouissent dans une tranquillité parfaite.

d) De tous les être vivant en société, l'homme est le seul qui puisse dévier de la ligne sociale en privilégiant son intérêt personnel par rapport à l'intérêt général.

f) Cette double imperfection est la rançon de l'intelligence.

L'idée principale du texte est donc que la faculté de penser, l'intelligence qui est le propre de l'homme entraîne une double imperfection : l'incertitude et la tentation de l'égoïsme.

Bergson ne considère cependant pas que l'appartenance sociale des êtres humains fasse obstacle à leur liberté. L'homme n'est pas comme les fourmis ou les abeilles. Même si la société exerce sur lui une pression qui l'oblige à se conformer à une norme de conduite, à une "ligne sociale", il a la possibilité de ne pas le faire parce qu'il n'est pas régi par l'instinct, mais que chez lui, l'instinct a fait place dans l'évolution à la faculté de penser.

Le texte insiste donc sur l'idée de liberté opposée à l'instinct. La liberté n'est pas la faculté d'échapper au déterminisme, mais de ne pas être régi par l'instinct et la liberté est consubstantielle chez l'homme au développement de son intelligence.

L'hésitation, le tâtonnement, la formation de projets avec l'espoir de réussir et la crainte d'échouer, qui caractérise le développement de l'individu et de l'espèce, en particulier l'histoire des sciences, la conscience de la maladie et de la mort sont consubstantiels à la liberté humaine.

La possibilité de dévier de la ligne sociale en cédant à des préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause alors que partout ailleurs (dans les sociétés animales) l'intérêt individuel est coordonné ou subordonné à l'intérêt général sont une "rançon de l'intelligence", mais aussi le signe que l'homme possède un degré de liberté plus grand que les autres animaux.

Cette caractéristique ne confère à l'être humain aucune supériorité sur l'animal, mais un surcroit de responsabilité. S'il n'est pas souhaitable que les sociétés humaines ressemblent à celles des fourmis et des abeilles, l'homme est responsable de l'usage qu'il fait de son intelligence, de sa faculté de penser.

Il est le seul animal qui se sente sujet à la maladie et qui sache qu'il doit mourir, mais il est libre par rapport à ce savoir : il peut assumer l'idée de la maladie et de la mort ou bien fuir dans le divertissement et l'inauthenticité.

L'homme est le seul animal qui puisse dévier de la ligne sociale en cédant à des préoccupations égoïstes, mais il a la liberté d'adhérer consciemment et de façon critique à la ligne sociale, pour autant qu'elle soit juste, il peut faire librement ce que les animaux font par instinct : ne pas négliger les autres et ne pas se soucier que de lui-même, non en obéissant à l'instinct, mais en se conformant à l'éthique.


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23 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 28 juillet 08:27

    « L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne ».

    Pourquoi pourrait-on dire des animaux qu’ils n’hésitent pas, ne tâtonnent pas ?

    Ils ne portent pas le joug, et n’ont aucunes dispositions « naturelles » pour la servitude.

    J’ai bon prof !? smiley


    • Séraphin Lampion 28 juillet 09:48

      @Clocel

      t’as vu ? on a été virés par Dugué


    • Clocel Clocel 28 juillet 10:01

      @Lampion

      Il cumule ce pauvre garçon, même d’humour il est dépourvu, ça pourrait pourtant être l’objet d’une vraie réflexion :

      Les appareils scientifiques à forts grossissement rendent-ils myope à toutes autres réalités que celles observées ?

      On va soumettre ça au prof ! smiley


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 28 juillet 10:58

      @Clocel

      Oui les animaux ne portent pas le joug à moins que l’homme ne le leur impose. Quant aux hommes, il peuvent se soumettre volontairement à la servitude. Dans ce cas, la société humaine ressemble à celle des fourmis (société totalitaire à la chinoise aujourd’hui). C’est l’idéal d’une société « organiquement organisée » dans laquelle les individus ne sont que des rouages. L’organisation sociale des fourmis ne peut pas constituer un modèle pour les hommes. Maintenant tout le problème est de savoir par quoi remplacer cet instinct qui ne tâtonne pas, qui n’hésite pas. 


    • Clocel Clocel 28 juillet 11:23

      @Robin Guilloux

      « par quoi remplacer cet instinct qui ne tâtonne pas, qui n’hésite pas. »

      La spiritualité, sans cette dimension, nous sommes moins que des bêtes.

      Attention à notre représentation des animaux sociaux, je vis avec des abeilles depuis plus de 40 ans, elles me surprennent encore.

      Et attention aux chinois, ils sont beaucoup plus résilients que n’importe quel peuple, ils finissent toujours par digérer ceux qui les ont conquis.

      Leur secret, ils ajoutent des expériences nouvelles aux anciennes, mais ils préservent leur héritage.

      Ils ont adopté avec succès une partie de l’agriculture industrielle moderne mais ils se sont bien gardés d’éliminer l’ancienne.

      Beaucoup d’anciennes variétés maraîchères que l’on croyait disparues au XIX siècle nous reviennent aujourd’hui.


    • amiaplacidus amiaplacidus 28 juillet 16:20

      @Lampion
      Bienvenue au club.


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 28 juillet 16:56

      @Clocel

      Merci pour ces précisions. Je ne parlais pas des Chinois en général, mais du Parti communiste chinois : caméras vidéos à reconnaissance faciale, fichage généralisé en fonction du degré de civisme, etc. Bergson insiste beaucoup sur la dimension spirituelle et la nécessité d’un « supplément d’âme » dans les deux sources.


    • Yann Esteveny 28 juillet 09:27

      Message à tous,

      Chacun est libre d’exprimer ses priorités, mais proposer de la philosophie conforme aux directives de l’Education Nationale durant l’installation d’une tyrannie sanitaire par le Régime n’est pas sage.


      • Séraphin Lampion 28 juillet 09:34

        @Yann Esteveny

        pareil pour les mathématiques, la physique et la chimie ?


      • Taverne Taverne 28 juillet 10:55

        @Yann Esteveny

        En effet, c’est effrayant. Le message est « va te faire vacciner pour protéger papy et mammy sinon tu es un sale égoïste ». Sois bien obéissant. Quand je vois des enfants de 12 ans se faire vacciner (images en boucles à la télé), j’ai le cœur qui se soulève.


      • Yann Esteveny 28 juillet 12:08

        Message à avatar Lampion,

        La philosophie est une discipline qui ne peut exclure la morale. Sinon vous sombrez dans la jacasserie et finalement devenez ennemi de la sagesse.

        Respectueusement


      • Gollum Gollum 28 juillet 11:09

        Pffff J’ai pas tout lu mais cette caricature complètement fausse des animaux est assez symptomatique d’une vision à priori du monde animal typique des décennies passées..

        On en est revenu depuis. Les animaux élaborent des stratégies de chasse  ils sont en apprentissage toute leur vie  ils échouent et réussissent.. 

        Bref ils nous ressemblent mais à un point assez évident. Or cette évidence n’a pas été de mise pendant longtemps..

        On peut se demander pourquoi. Allez je vous le donne en mille : la fameuse élection divine judéo-chrétienne de l’homme comme sommet de la création et bla, bla, bla et bla, bla, bla...

        L’idéologie (parce que c’en est une) religieuse voulait une rupture radicale entre l’homme et l’animal on l’a donc purement et simplement inventée.

        Heureusement depuis  et grâce à la libération des esprits apportée par les Lumières ( smiley ah ah je vois d’ici certaines têtes qui font la gueule) la vérité a enfin pu être établie l’homme est un animal comme les autres avec quelques facultés en plus..

        Reste plus à la théologie qu’à accorder une âme aux dauphins, éléphants et autres primates, je laisse ça à nos cardinaux, vieillards qui n’ont que ça à foutre de toute façon, et comme d’hab ils arriveront des décennies après la bataille...


        • Taverne Taverne 28 juillet 11:25

          @Gollum

          Absolument d’accord avec vous. Ce texte de Bergson est une compilation de niaiseries à tel point que je rechigne même à perdre mon temps à l’expliquer. Mais juste trois exemples :

          les animaux vivraient en toute tranquillité sans jamais se soucier de rien (foutaises ! )

          On revient tranquillisé par la campagne (dans la campagne domestiquée certes mais pas au milieu des tigres à dents de sabre ni dans la jungle).

          « l’homme est le seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à des préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause » : la notion de « bien commun » est souvent la première arme des tyrans. Et donc : heureusement que l’homme est doué de cette possibilité.


        • Taverne Taverne 28 juillet 11:39

          « De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous quelque chose dans une promenade à la campagne, d’où nous revenons apaisés. »

          Le séjour à la campagne, c’est surtout le moyen de se reposer de la pression sociale et de ses congénères. Jean de La Fontaine le savait. Rousseau après lui l’a aussi bien compris. Ce n’est donc pas pour l’effet de la nature qui nous ramènerait dans le droit chemin de l’instinct et de l’obéissance sociale.

          Merci à l’auteur pour cet article qui élève notre réflexion et notre esprit critique.


        • Gollum Gollum 28 juillet 11:49

          @Taverne

          Oui c’est très niais en effet.

          Point 1 : il est clair qu’il ne faut jamais avoir observé la nature animale pour dire des bêtises pareilles. Même d’un simple point de vue intuitif ça ne colle pas.. Donc l’aveuglement ne peut être que de nature idéologique, l’idéologie ayant été la religion chrétienne pendant longtemps..

          Du reste cette idée provenait directement d’un verset évangélique : 

          Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

          Là encore Jésus ne devait pas souvent observer les animaux car manger est une lutte de tous les instants pour bon nombre d’animaux exceptés quelques cas particuliers finalement assez minoritaires..

          Je suis assez persuadé qu’il doit y avoir des oiseaux qui amassent de la nourriture : corvidés entre autres en tous les cas les écureuils font des provisions pour l’hiver, les pumas laissent quelques carcasses sous la neige pour pouvoir y revenir régulièrement etc...

          On a beau être fils de Dieu on n’en est pas moins bourré de lacunes en éthologie. smiley

          PS : je me sens d’humeur blasphématrice en ce moment je me demande bien pourquoi... smiley


        • Gollum Gollum 28 juillet 11:56

          @Taverne

          Le bien commun est une notion fourre-tout qui ne veut strictement rien dire. Elle a d’ailleurs été abondamment utilisée par l’Église catholique. Structure coercitive s’il en est..


        • Taverne Taverne 28 juillet 11:56

          Descartes trouva la paix en restant enfermé dans une chambre (pas de nature), Pascal fit la remarque que tous nos ennuis viennent du fait que nous savons pas restés enfermés dans une chambre. Enfin, on voit beaucoup de gens dans des monastères trouver le repos loin du trouble que produit la société sur la conscience et la santé de l’individu.

          Au vu de ces exemples, une simple promenade ne suffit pas. Bergson avec ses petits souliers de ville et son petit chapeau rond sur les sentiers bien balisé de la campagne péri-urbaine n’a pas tout bien compris. La paix d’une « retraite » prolongée est plus salutaire.

          P.S : Je m’aperçois que mon message de remerciement (ci-dessus) pourrait être perçu comme teinté d’ironie, alors je précise que je remercie l’auteur d’avoir choisi ce sujet et ces idées de Bergson qui sont très imparfaites dans le but évident de faire réagir les consciences.


        • Clocel Clocel 28 juillet 13:50

          @Gollum

          Bien commun, ça sent l’enfumoir.

          C’est un bien ou c’est un commun, mais pas les deux.

          L’ancien code rural* les reconnaît comme commun. (voir le mouvement des enclosures qui n’a pas eu lieu qu’en Angleterre).

          Dans certains coins du limousin et du Périgord, il en existe encore dans les hameaux, généralement autour d’un puits, d’un lavoir ou d’anciens abreuvoirs pour les bestiaux.

          L’entretien est la charge de la collectivité, les avantages sont répartis parmi les ayants droit, ils y tiennent énormément, ainsi qu’aux chemins communaux et vicinaux qui ont été rendu au collectif après avoir été subrepticement squatté par des agriculteurs peu scrupuleux.

          Les arbres qui les bordent, souvent taillés en trogne offrent du bois de chauffe aux plus démunis, c’est la règle.

          Des fruitiers sont plantés partout où c’est possible.

          * qui n’a fait en la matière que reprendre le Droit coutumier.


        • Taverne Taverne 28 juillet 14:00

          @Clocel

          Je formule l’espoir qu’il existe encore des esprits libres parmi cette jeune génération d’écoliers qui étudient ce texte de Bergson : un Gollum ! Un Clocel ! Un Taverne !

          Sinon, c’est à désespérer et demain le monde sera invivable ou discipliné. Et ce site n’aura plus la même gueule…

          Espoir, espoir...


        • Robin Guilloux Robin Guilloux 28 juillet 16:49

          @Taverne

          Vous avez bien compris le principe. En effet, Bergson n’est jamais allé au-delà de son XVIème arrondissement (sauf aux Etats-Unis, je crois au moment de la première guerre mondiale pour une mission auprès du gouvernement américain). Il ne connaissait pas grand chose de la vie à la campagne et au « struggle for life » des animaux.


        • Gollum Gollum 28 juillet 11:17

          Ah ben j’ai parcouru la fin. L’homme seul à être « libre » bla bla bla et bla bla bla...

          Responsabilité collective, éthique, etc.. images d’Épinal là encore assez vieillottes..

          Sauf que l’on sait que cette liberté est un leurre puisque l’homme est souvent dans l’« instinct » plus ou moins à la merci de son inconscient, de ses affects, et de bien d’autres chaines...

          Quant à la ligne sociale qui décide qu’elle soit juste ou pas ? Le plus grand nombre ? Les élites ? Le gouvernement ? 

          Bon bref en fait c’est pas si simple.


          • rhea 1481971 28 juillet 12:07

            Après avoir lu « matiére et mémoire » j’ai déduis que la vitesse de la 

            lumière est complexe 299792458 + 7110718,049 i mètres / seconde

            et que la pensée est partout.


            • mmbbb 29 juillet 07:12

              «  Au contraire, dans les sociétés humaines, on observe que les individus peuvent chercher à défendre et à assouvir avant tout leur intérêt personnel, sans se soucier de celui des autres. Le riche pas exemple cherchera à devenir plus riche, à posséder davantage de biens, de maisons, de voitures, d’objets de luxe, etc. sans se préoccuper des autres. Le dandy ne se préoccupe que de son apparence, le parasite ».

              Faut il être philosophe pour écrire ceci !

              L argent est le nerf de la guerre , c est une tautologie


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