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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Charles V : ou la définition de la « rupture »

Charles V : ou la définition de la « rupture »

Le jour où la France écrasée, s’est relevée.

« Temps de douleur et de tentation

Age de pleurs, d’envie, et de tourment

Temps de langueur et de damnation

Age mineur prêt du definement »

Voilà ce qu’écrivait Eustache Deschamps, le 27 Août 1346. Déjà à cette époque, la conscience du « déclin » de la France, était fort...Et tout aussi étayé.

Pourquoi cette sensation du « déclin » ? Un jour plus tôt, la chevalerie française est mise en déroute à Crécy. Un an plus tard, Calais devient ville anglaise. Double humiliation pour le « modèle » français ! Et parce qu’un malheur ne vient jamais seul, voilà que pour cause de générosité française, envers les Génois, la peste noire entre de plein pied en France...Et qui plus est le jour de la Toussaint. Effet dévastateur sur un peuple, dont la ferveur ne peut que le conduire à penser qu’il s’agit là d’un châtiment divin, tant envers la France, qu’envers le représentant de Dieu dans le Royaume : le roi.

« Damnation » qui ne tarde pas à manifester ses effets : en un mois, la peste s’est étendue dans tout le Royaume et on compte déjà 11000 morts ! Pire encore, en trois ans, elle arrive à envoyer au cimetière une proportion d’individus bien supérieure à celle des victimes des deux Guerres Mondiales, n’épargnant ni le riche ni le pauvre !

Agriculture aux rendements décroissants, faiblesse des rémunérations, prélèvements excessifs, faillite en chaîne des banques, déclin brutal des foires, crise de la draperie, troubles sociaux en Flandre, dévaluations successives, voici quelques éléments pour caractériser la France de Jean le Bon.

Pire encore ! Le roi s’inspire du « modèle » anglo-saxon, et décide « d’assouplir » le marché du travail, pour mettre un terme à la flambée des salaires et des prix, de proclamer la liberté du travail, et de l’embauche, et de pourchasser les oisifs qui « ne veulent exposer leur corps à faire aucunes besognes...En quoy ils puissent gaigner leur vie »...Bref de traquer les faux chômeurs.

Surtout, le déclassement de la France, provoqué par les défaites, affaibli un roi dont on connaît plus l’aspect chevaleresque que la finesse politique.

Mais Crécy prépare un coup encore plus dur pour la France. Ca sera Poitiers. Et pour arranger les choses, le roi se fait capturer !...Ajoutant aux problèmes existants un grand trouble moral...Et une instabilité politique majeure (jamais le cas ne s’étant présenté avant) !

Dans le pays, l’indignation se mêle à la consternation. Dix jours après « l’évènement », l’opinion (car il en existe une) commence à réfléchir aux causes du désastre, et en profite pour chercher des solutions, qui ne peuvent, logiquement, que passer par de nouvelles perspectives politiques.

A l’épicentre du séisme, cette noblesse dont on accuse en bloc la « grant convoitise » et la légèreté. « France est à tous temps, par eux déshonorée », disent les chansons.

Les déroutes de l’armée féodale ne viennent pas de ses erreurs tactiques, écrit le moine François de Montebelluna, mais ses vices, sa lâcheté, sa paresse. Si le roi avait sauvé son honneur et fait son devoir en se battant jusqu’au bout, qu’avaient fait ces chevaliers de parade, que leur passion pour les femmes, les chapeaux à plumes, et les barbes de boucs avaient rendus inaptes au combat ?

Bref, le Peuple commence à croire qu’il est plus avisé que ceux auxquels il a confié jusqu’ici le choix de son destin. Les bourgeois de Paris sont bien entendus les plus à mêmes de demander des comptes au « gouvernement »...Ce dont ils ne se gênent d’ailleurs pas, n’hésitant pas à envoyant leurs « doléances » pour comprendre où est passé l’argent de leurs impôts et quelle usage il a été fait de la dépense publique.

Affaibli aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur, le gouvernement se voit obliger de rassembler, pour la deuxième fois de l’Histoire de France, les trois Ordres...Autant dire les Etats Généraux. Souffrant des humiliations des batailles, la noblesse se fait petite. Le clergé, déjà bien occupé par les problèmes liés à la peste, prend le parti du Tiers. Et fort du mécontentement dans tout le Royaume, celui-ci prend de l’assurance...Qui se manifestera dans le choix d’un certain Etienne Marcel.

Que demande les Etats Généraux ? L’exigence d’avoir une « classe politique » digne de ce nom, autrement dit des « prud’hommes sages, véritables, diligents, et loyaux » et non plus des « convoiteux », et des « avaricieux » (les nobles refusant de payer l’impôt même en temps de guerre). On ordonne au « doux prince » de restreindre ses dépenses, et aux « fonctionnaires »...Qu’on souhaite moins nombreux...De commencer leur travail « à l’heure du soleil levant » sans « muser et s’en aller sans rien faire ». Bref, on veut mettre l’Administration sous contrôle, et le prévôt des marchands est tout trouvé pour se faire le porte parole du « bon Peuple ».

Un an se passe...Sans que la situation du Royaume s’améliore. Pire, « l’absence » du roi, a mis le Royaume en effervescence, en ajoutant une querelle dynastique entre celui qui se fait nommer le Régent, le fils du roi, et un descendant de la « fille » de Louis X, roi de France de la dynastie terminée des capétiens directs...Les nobles fluctuants au gré des événements, sur le choix de leur champion.

Ce comportement ne peut qu’indigner et consterner un peu plus le Peuple, qui en est bien entendu la première victime. Les Jacqueries se multiplient, et les habitants du Royaume s’organisent contre...L’armée « royale » (les chevaliers du Royaume)...Utilisée à des fins politiques par les différents opportunistes du conflit, à savoir Etienne Marcel, ou Charles de Navarre.

S’ajoute ainsi une crise identitaire, ou plutôt le « désordre » s’installe, perturbant grandement l’ensemble du Royaume...Au risque de remettre en cause la société choisie. Pour les Français de l’époque, Dieu a assigné des fonctions précises aux trois ordres : il y a ceux qui prient, ceux qui combattent, et enfin ceux qui travaillent. Si ceux qui combattent sont incapables d’assurer leur mission (car tout un chacun peut se rendre compte que « le Royaume n’est pas bien gardé »), c’est l’ordre même de la société qui est remis en cause. Ici la guerre civile est une réponse au « désordre » dont l’élite est responsable. Depuis les défaites, beaucoup ont le sentiment qu’ils auraient mieux fait que ces soient disants experts en arme !

C’est alors qu’entre en scène le Dauphin de la Couronne : Charles V. Son père était émotif, et passionné. Charles est calme, réservé, et prudent.

Jeune homme de 18 ans, Charles n’a pas la tâche facile. Bien que prisonnier des Anglais, son père demeure le roi de France, et par conséquent tout ce qu’il signe (ou qu’on lui fait signer) est du point de vue du Royaume, légitime...Et cela en dépit du fait que son fils a pris les rênes du Royaume. Finalement, Charles trouvera une solution en se déclarant « Régent », un titre nouveau en France, mais qui a le mérite d’augmenter son poids politique face aux Anglais, jusqu’à la mort de son père, à Londres.

Vivant au milieu des intrigues, des jacqueries, Charles doit aussi faire face à la révolte de Etienne Marcel, et aux prétentions de Charles de Navarre...Qui prendront toutes deux fin avec le « lynchage » effectué par la population parisienne. Mais aussi combattre les égoïsmes de ses frères, dont l’un lui réclame le Dauphiné...Oubliant la progression de l’Anglais....Ce à quoi Charles lui rappelle sèchement ses devoirs envers la Couronne.

Comble de chance, Charles est, depuis l’enfance, atteint d’un mal à la main droite...Celle qui justement devrait lui donner la possibilité de combattre. Dans un pays en guerre, dans un pays où le courage se mesure sur les champs de bataille (les Français de l’époque ayant beaucoup de mal à faire confiance à un homme qui a quitté sans gloire Crécy...Et donc à abandonner aussi bien son père, que son roi) c’est un « inconvénient » de ne pouvoir tenir cinq minutes dans sa main une épée ! Un obstacle que là aussi il résoudra en faisant appel à Bertrand Du Guesclin.

Les premiers obstacles passés, il faut désormais s’occuper de la situation critique du Royaume. Ce à quoi s’applique dès son sacrement, Charles V. Le lendemain de son couronnement, il envoie à toutes les villes de France une lettre dans laquelle il mentionne qu’il entend « gouverner en justice et en équité », « réformer », et « se défendre contre ceux qui voudraient le dommager ». Bref, issu d’une guerre civile dont il a pris la mesure, il veut faire et le faire savoir.

Et ce qu’il dit, il le tient. A l’orgueil, il oppose l’humilité. Aux plaisirs de la chair, il oppose la fidélité et la sobriété. A la fougue, il préfère la prudence. Aux romans de chevalerie, il préfère Aristote.

Pour répondre à l’indignation générale sur la couardise de la noblesse, et sur ses capacités à « conseiller » le roi, Charles répond en choisissant ses conseillers parmi les « intellectuels » (très appréciés du Peuple) qui sont par ailleurs élus et non nommés.

Pour donner un signe de modernité, et satisfaire les exigences des bourgeois, il sépare dépenses de la Couronne et de l’Etat. Devant la situation d’endettement de la France, il procède à une astuce déjà mise en place par Saint Louis : l’instauration d’une monnaie stable...Ce qui a par conséquent de redonner confiance, et de mettre peu à peu fin aux jacqueries qui perdurent.

Pour répondre à la « sensation » d’insécurité (qui en fait n’est pas une sensation mais une réalité) il fait donner la chasse aux « compagnies » qui ne sont rien d’autres que des soldats, appauvris par la guerre, et qui lorsqu’ils ne sont pas employés par la Couronne, rançonnent les villes, et rapinent. A la tête de l’armée royale, chargée de pousser hors de France, ces « perturbateurs », on trouve Du Guesclin, dont l’honnêteté, et surtout la loyauté envers Charles V, sont à toutes épreuves.

Quand, à l’article de la mort, Charles demande qu’on lui apporte la Couronne de France, il a pour elle ces mots frappants : « que tu es précieuse, et précieusement très vile ! Précieuse, considéré le mystère de justice, lequel en toi tu contiens et porte vigoureusement. Mais vile, et plus vile de toutes choses, considéré le fait, labour, angoisse, tourments, et peine de cœur, de corps, de conscience, et périls d’âme, que tu donnes à ceux qui te portent sur leurs épaules »

Bref, gouverner c’est administrer la Justice, mais c’est aussi se condamner à porter une charge surhumaine.

A l’époque, Charles V incarne vraiment la « rupture » avec le monde féodal, et même la conception du rôle de roi. Il ne s’agit plus en effet de construire la Cité de Dieu sur Terre, mais pour un roi « moderne » d’assurer la prospérité et la concorde civile, les meilleurs remèdes contre la « peste sociale » et la « peste politique ».

Et pourtant ! Qui, lorsque Jean le Bon perd à Poitiers, voit en Charles V, le sage roi qu’il sera ? Personne.

Rien ne laissait penser que Charles serait capable d’écarter le brouillon prévôt des marchands, de discréditer l’ambition Charles de Navarre, et de déconfire le roi d’Angleterre, en permettant à la France de reprendre peu à peu les territoires perdus...Et cela tout en rendant prospérité au Royaume, et en assurant dans le même temps à la fois la défense de la France, et des dépenses publiques saines.

Ce qu’a compris Charles V ? Qu’une grande partie des récriminations contre la Couronne était fondée. C’est la vertu qui distingue les politiques (à ne pas confondre avec politiciens) des ambitieux.


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16 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 5 juin 2007 11:38

    Bel article sur charles V , dit le sage , qui effectivement provoqua la rupture en son temps en nommant bertrand du guèsclin connétable .


    • faxtronic faxtronic 5 juin 2007 14:10

      oui, bien. J’aime bien aussi ce roi, mais je prefere de tres tres loin Louis XI ou Henri IV, ou meme Louis XIV. Mais c’est vrai que ce roi, qui avit une bibliotheque unique en europe en taille, qui a chercher dans le « peuple » (c’est a dire lettré et bourgeoisie) ses conseillers et ses capitaines au merite et non pas selon la naissance. On a beaucoup de chose a apprendre de notre passé.

      Par contre mon lapin, il n’a pas assoupli le marché du travail, bien au contraire :

      - En 1347-48, la peste ravage l’europe (30 millions de mort, par comparaison la population de la grande bretagne etait de 10 millions), le peuple est detruit, laminé, decimé. Consequences : La frence qui etait sutout riche de sa population est mise a genoux et la mort est veneré en europe (danse macabre). Mais autre consequence :

      - peu d’ouvriers, d’autant plus que la bourgeoisie etant aussi decimé, le niveau de richesse de la population augmente vertigeusement par les jeux d’heritages : certains paysans deviendront chatelains !!!. Peu d’ouvrier, jey de l’offre et de la demande, les salaires flambent, normal, et puis cela change de la periode 1250-1350, ou l’europe est pleine de monde et ou par consequent les conditions du peuple se degradent vertigesement.

      OR, le roi se repose sur la bourgoisie, car la noblesse est decimé par Crecy et Poitiers, et ruiné par les rancons de liberation. La bourgeoisie est la et elle est riche. le roi s’appuie dessus par sagesse que je loue. Mais la bourgeoisie reclame des actes pour developper leur business, notamment une main d’oeuvre moins cher. Donc le Roi limite PAR DECRET la paye des « mecaniques » (ouvriers et artisans). C’est surement le contraire de ce que tu dis !!!!

      En plus dire que cela s’inspire des methodes anglosaxonnes, c’est risible mais a un point !!!!!

      Ton article serait bon si il n’ya avait cette partie totalement fausse, anachronique et de propagande.

      Odile, tu es dangereux de detourné le passé pour des raisons obscures. C’est de la propogande grossiere, et tu deshonore les medievistes !!


      • odile 5 juin 2007 14:26

        Quand je parle du « modèle anglosaxon » il s’agit bien entendu, et je n’invente rien, du modèle anglosaxon de l’époque. De la même manière qu’il y avait un « modèle » français.

        Le roi qui a « libérer » le travail, est Jean II, dit le Bon (ce qui signifiait le Brave)qui n’ayant pas beaucoup « d’idées politiques », en grapillait un peu de partout, et notamment en Angleterre, comme il l’avait fait notamment pour « l’ordre de l’étoile » triste imitation de « l’ordre de la jaretière ». Par la suite, il est vrai que son fils, Charles V donc, notamment dans les dernières années de sa vie, est retourné vers un modèle plus traditionnel (assez normal : imite t on les pratiques de celui qui a essayé de nous deshériter ?)

        IL n’y a dans mes propos aucune propagande, aucun détournement de l’Histoire, simplement une analyse, certes peut être pas aussi précise que je le voudrais, de ce que j’estime être une « rupture ».


      • faxtronic faxtronic 5 juin 2007 17:09

        modele anglosaxon, modele francais. Cela ne veut rien dire au XIV siecle. tu peux parler des structures feodales remanente en France et aussi en angleterre, tu peux parler du commerce de la ligue hanseatique, ou de Gene, mais STP evite l’anachronisme de modele, et encore plus de francais ou d’anglosaxons (« anglosaxons », comme si ce terme avait un sens au XIVeme siecle, sortant juste de l’anglonormand et ou il faudra attendre le XV vraiment pour avoir un embryon de nationalisme en france et en angleterre). La nation meme de nation est presque anachronique, car c’est le debut de la « nation », le debut ou le pouvoir s’appuie sur le peuple et la langue plutot que sur les liens feodales. Les ligues de commerce (hanseatique, genoise, etc...) sont des modeles differentes. mais interesse toi a la vie economique au XIV, a travers ses structures, ses moeurs, ses evolutions et ses crises economiques. C’est vraiment genial comme etude, et cela donne vraiment a reflechir. Et aussi l’evolution de la societe urbaine/rurales entre le debut XIII et la fin XV, c’est vraiment un monde a decouvrir, et hyper interessant.

        tu peux parler de modele francais ou anglosaxon pleinement a partir du XVII, mais au XIV non.

        Des ruptures ! la par contre ok avec toi. 1347 est une date de rupture general, meme si c’est symbolique car la fin du XIII eet le debut du XIV sonne deja la fin de la societe feodale. Mais le XIV et le XV (j’adore l’histoire du XIV et du XV) est riche en crises monstrueuse qui furent geree et resolu par des politiques geniaux, pragmatique et moderne. Donc rupture oui mais ton article sonne trop collé-collé avec la semantique sarkozsite pour etre honnete. Sarkozy, c’est surement pas une rupture.


      • faxtronic faxtronic 5 juin 2007 23:21

        et surtout, il y a eu la grande peste en europe. Les jeux des rois pour reguler l’economie etaient peanuts par ropport au cataclisme de la peste dans l’europe entiere (1347-1348 pour la france ; 1349-1352 pour le nord de l’europe), du genre bombe nucleaire sociale avec au bas 30 a 40% de la population europeenne detruite, Jean II n’a surement pas liberé le travil, il s’est fait emporter par le tsunami devastateur que fut cet evenement. La posterité a laissé a Jean II la reputation d’un roi chevalier avec de l’air dans la tete, un peu comme francois I. Il a surtout pas eu beucoup de chance, et il est peu reconnu, comme charles VII, alors que ce dernier fut un roi remarquable je trouve.


      • odile 5 juin 2007 17:25

        Comme je l’ai déjà dit, cet article n’est en rien partisan. Il n’a que l’ambition de montrer la personnalité d’un roi avançant avec son temps.

        A ce que je sache, je n’ai pas rajouté, « comme le fait actuellement notre président ».

        D’ailleurs, si j’étais la « sarkozyste » que vous pensez que je suis, je n’aurais certainement pas choisi Charles V. Il me semble en effet qu’entre les deux hommes il y a suffisament de différences, pour qu’on ne confonde pas leur méthode, ni l’usage qu’ils font du terme « rupture ».

        Comme l’action de Charles V n’est pas un simple changement, mais pas pour autant une révolution, il fallait bien que je trouve un terme qui me semblait aproprié. Désolé si Monsieur Sarkozy en a fait son fond de commerce. La langue française ne lui appartient pas je pense.

        Voilà. Et excusez moi encore si mon article a pu vous sembler trop « partisan ». Bien que je cherche franchement la ressemblance entre la sagesse « capétienne » et « l’énergie » sarkozyste.


        • faxtronic faxtronic 5 juin 2007 23:13

          je veux bien vous accorder que les termes « france en declin », « rupture », remettre les chomeurs parasites au boulot, « modele francais » et « modele anglosaxons » soit de pures coincidences avec la baragouinage politique de votre pays. Je suis tres suspicieux sur la propagnde cachée des deux cotés que je trouve tres vicieux et antidemocratique.

          Neamoins votre article est une analyse anachronique, avec des concepts non existants a l’epoque. Neanmoins la sagesse de Charles V est veritable, s’entourants de marmousets competents (qui vont passer a la trappe sous charles VI dès que la noblesse aura repris du poil de la bete un peu avant azincourt et declenché une guerre civile destructrice que seule poigne energique du vieux charles VII, mais surtout de Louis XI que j’admire par dessus tout).


        • moebius 5 juin 2007 18:49

          Ce déclin n’est pas une sensation c’est une réalité... Y’aurait t’il un modéle français du déclin ? (et que vient ici nous importuner ce Dusguéglin) « le déclin » fait’il maintenant parti intégrante de notre identité nationale, attendez au moins son homologation et son inscription au journal officiel par le ministere du meme par .Face au pragmatisme des archers anglais nos preux chevaliers déclinant ne feraient pas le poids !!!! Et vous ne l’avez pas fait expres ! c’est dommage, l’article est bon.


          • La Taverne des Poètes 6 juin 2007 09:11

            Un contre-exemple bien plus récent : Charles X. Attaché aux privilèges de la noblesse en 1789 et plus royaliste que le roi selon son frère même, il refusera d’élargir le droit de vote du Tiers-Etat, fit le coup de force contre la liberté de la presse et les élections, réprima les libertés à la faveur des insurrections. Guizot qui défendait des idées libérales changea complètement lorsqu’il fut au pouvoir à ses côtés, renia ses convictions, renforça la monarchie, soutint tous ses préjugés, toutes ses initiatives imprudentes.

            Charles X me paraît plus d’actualité en ce moment que Charles V !


            • dimanchesoir 9 juin 2007 11:36

              Mon cher monsieur,

              Votre conclusion est exacte, lequel de ses pairs et de ses barons aurait pu imaginer en Charles le futur grand roi qu’il fût, en raison de son handicap et de la situation du royaume ? Aucun.

              Mais vous faites erreur, la France était en guerre, son sol occupé par les Anglais et aux mains des brigands. La France d’aujourd’hui est vendue aux Américains par son président fantôche. Il n’y a aucun point commun entre Du Guesclin dont la tombe est placée aux pieds de Charles V et Fillon, aucun entre Charles le Sage et Sarkozy.

              Du Guesclin et Charles V ont mis toute leur vie au service du Royaume afin qu’il retrouve son intégrité et sa souveraineté, Sarkozy c’est le contraire qu’il nous promet. Avec lui, la France s’enfonce dans l’indignité quand il va négocier des bras au Sénégal pour une immigration supplémentaire dont nous n’avons plus nul besoin car il se trouve sur notre sol des hommes et des femmes qui restent aux portes de l’emploi et que dans le même temps il envoie son sous-fifre Hortefeu à Toulon récupérer des clandestins au port, morts !

              Une chose les rapproche, l’impôt excessif. Mais Charles V l’annulera au seuil de sa mort. Sarkozy nous n’aurons que 5 ans à souffrir et pas 40 pour en sortir.

              La rupture ... ne pas en rester aux analyses de premier degré lorsqu’on interroge l’Histoire.


              • moebius 9 juin 2007 22:56

                ,,,,,, ???????? chez les fous !!!!!!!!......


                • moebius 9 juin 2007 22:58

                  Charles v et sarkosy et que penser de laurel et hardy et de de gaulle


                • moebius 9 juin 2007 22:59

                  que pense Charles V de l’intervention américaine en Irak


                  • moebius 9 juin 2007 23:00

                    Charles V a t’il voté non au référendum sur le traité européén


                  • moebius 9 juin 2007 23:02

                    Charles V etait’il centriste


                  • glop 30 juin 2007 17:09

                    mouai...

                    L’histoire médiévale revue et corrigée par des yeux du 21° siècle !

                    quelques différences notables :

                    La langue est tout à fait différente, le français n’est parlé que dans l’Ile de France et la Loire quasiment...

                    Le féodalisme existe encore à cette époque...

                    Il n’y a pas de modèle national... Les seigneurs se vendent au plus aoffrant ou au moins prenant ( aquitaine)

                    Les rois ne sont que de super seigneurs habilités à juger leurs pairs et les appels... Ils sont très intéressés par les possessions car la richesse vient de la terre...

                    Les villes se vendent ou se donnent en fonction des intérêts des « bourgeois » et/ou du seigneur administrateur...

                    La présence anglaise n’est pas importante dans la population... les anglais n’occupent que quelques places fortes sinon tout le reste est géré par des nobles acquis ou alliés... Il y a env entre 5 et 6 millions d’anglais contre plus de 12 millions de fançais quand on compare les deux « pays » ( la notion de nation n’existe pas à l’époque)

                    le retournement ne se fait que lorsque l’Angleterre connaît une période de vide politique...

                    Quand on parle de guerre au MA, on parle surtout de pillage ( voir l’épopée d’Edouard 3), mais l’important n’est visiblement pas de détruire l’adversaire comme dans les guerres modernes ( du 20° siècle)... de là les trèves, pactes, accords, soumissions, traitrises divers et variés...

                    Charles V fut un grand roi mais n’a pas révolutionné grand chose dans une France ravagée par la grande peste... ( entre 25 et 30% de la population en moins en 50 ans)ce qui fait que le coût du travail enchérit et que l’essor économique du 13° est stoppé, il a surtout accru son pouvoir par rapport aux bourguignons et tenté de conserver le plus possible de territoires sous sa tutelle. La notion d’état n’est encore qu’une ébauche...

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