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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, 1954

Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, 1954

 

p.78-81 chez Idées NRF, le philosophe a écrit :Faute de déterminer le juif par sa race, le définirons-nous par sa religion ou par une communauté internationale strictement israélite ? ... Assurément, il y eut à une époque reculée une communauté religieuse et nationale que l'on nommait Israël. Mais l'histoire de cette communauté est celle d'une dissolution de vingt-cinq siècles.

Une dissolution de vingt-cinq siècles. Je ne crois pas que nous puissions en prendre la mesure.

Elle perdit d'abord sa souveraineté : il y eut la captivité de Babylone, puis la domination perse, enfin la conquête romaine. Il ne faut pas voir là l'effet d'une malédiction, à moins qu'il n'y ait des malédictions géographiques : la situation de la Palestine, carrefour de tous les chemins du commerce antique, écrasée entre de puissants empires, suffit à expliquer cette lente dépossession.

Exit la lecture prophétique-biblique des choses.

Le lien religieux se renforça entre les juifs de la diaspora et ceux qui étaient restés sur leur sol : il prit le sens et la valeur d'un lien national. Mais ce "transfert" manifesta, comme on peut s'en douter, une spiritualisation des liens collectifs et spiritualisation signifie, malgré tout, affaiblissement.

On ne peut être plus clair : ce nationalisme est vague, et ténu, pour ne pas dire nul.

Peu après, d'ailleurs, la division s'introduisit dans le christianisme : l'apparition de cette religion nouvelle provoqua une grande crise du monde israélite, dressant les juifs émigrés contre ceux de Judée. En face de la "forme forte" que fut d'emblée le christianisme, la religion hébraïque apparaît tout de suite comme une forme faible, en voie de désagrégation ; elle ne se maintient que par une politique complexe et d'obstination.

Soyons clair : forme forte évoque ici la ferveur jusqu'au martyr, sans parler de son expansion massive (d'ailleurs, Sartre met l'expression entre guillemets) ; forme faible évoque l'exégèse très intellectuelle propre aux érudits (les rabbins) sans parler de la démographie judaïque limitée.

[La religion hébraïque] résiste aux persécutions et à la grande dispersion des juifs dans le monde médiéval ; elle résiste beaucoup moins aux progrès des lumières et de l'esprit critique. Les juifs qui nous entourent n'ont plus avec leur religion qu'un rapport de cérémonie et de politesse.

Cela me rappelle "nous autres les goys" déjà dans les années 50 ... serions-nous juifs, nous aussi ?

Je demandais à l'un d'eux pourquoi il avait fait circoncire son fils. Il me répondit : "Parce que ça faisait plaisir à ma mère et puis c'est plus propre." "Et votre mère, pourquoi y tient-elle ?" "A cause de ses amis et de ses voisins." J'entends que ces explications trop rationnelles cachent un sourd et profond besoin de se rattacher à des traditions et de s'enraciner, à défaut de passé national, dans un passé de rites et de coutumes.

1. Le rapport de cérémonie et politesse, au contraire de "nous autres les goys" pour ainsi dire lassés, constituerait ici un ancrage référentiel ;
2. Cet ancrage référentiel n'est pas historique, puisqu'il y eut "dissolution de vingt-cinq siècles" d'Israël : c'est néo-folklorique, et pourquoi ? ... sous le coup de l'antisémitisme, par quoi l'on se sent soudain une communauté dans l'adversité : l'union fait la force, dit l'adage valant pour tout le monde.

Mais précisément ici la religion n'est qu'un moyen symbolique.

Comme si toute religion n'était pas aussi un moyen symbolique ...

Elle n'a pu résister, du moins en Europe Orientale, aux attaques conjuguées du rationalisme et de l'esprit chrétien ; les juifs athées ...

"Juif athée" c'est comme dire "chrétien athée" : ça n'a pas de valeur, en dehors d'un sens culturel, si seulement c'est possible quand "le juif" justement est intégré, c'est-à-dire quand il est une personne entre les personnes partageant la même culture.

... les juifs athées que j'ai interrogés reconnaissent que leur dialogue sur l'existence de Dieu se poursuit avec la religion chrétienne. La religion qu'ils attaquent et dont ils veulent se débarrasser c'est le christianisme ; leur athéisme ne se différencie aucunement de celui d'un Roger Martin du Gard qui dit se dégager de la foi catholique. Pas un instant, ils ne sont athées contre le Talmud ; et le prêtre, pour eux tous, c'est le curé, non le rabbin.

C'est donc qu'ils ne sont pas juifs, mais que ce sont des personnes entre les personnes partageant la même culture, CQFD, et qui comme tout le monde - du moins, entre les athées dans cette culture - bouffent du curé. Ça n'a rien à voir avec quelque défense comploteuse de la religion hébraïque, à œuvrer en sous-marin parmi les chrétiens : interprétation de cons.

Ainsi donc, les données du problème apparaissent telles : une communauté historique concrète est d'abord nationale et religieuse ; or, la communauté juive qui fut l'une et l'autre s'est vidée peu à peu de ces caractères concrets. Nous la nommerions volontiers une communauté historique abstraite.

Ce que je disais en la qualifiant de vague, ténue, voire nulle.

Sa dispersion implique la désagrégation des traditions communes ; et nous avons marqué plus haut que ses vingt siècles de dispersion et d'impuissance politique lui interdisent d'avoir un passé historique. S'il est vrai, comme le dit Hegel, qu'une collectivité est historique dans la mesure où elle a la mémoire de son histoire, la collectivité juive est la moins historique de toutes les sociétés car elle ne peut garder mémoire que d'un long martyre, c'est-à-dire d'une longue passivité.

Ou, aussi bien, d'une longue activité d'insertions, évolutions et contributions dispersées, propres à chaque peuple dont on fit partie (par exemple, l'aristocrate philosophe Michel Eyquem de Montaigne, a une ascendance juive).

Qu'est-ce donc qui conserve à la communauté juive un semblant d'unité ? Pour répondre à cette question, il faut revenir à l'idée de situation. Ce n'est ni leur passé, ni leur religion, ni leur sol qui unissent les fils d'Israël. Mais s'ils ont un lien commun, s'ils méritent tous le nom de juif, c'est qu'ils ont une situation commune de juif, c'est-à-dire qu'ils vivent au sein d'une communauté qui les tient pour juifs.

Et ce point est essentiel : "les juifs" n'ont évidemment pas demandé à être extraits des sociétés européennes pour finir gazés sous Hitler, mais c'est le hitlérisme qui les astreignit à "la judéité" ("vous autres les juifs") pour ensuite décréter que cette judéité devait être exterminée.

En somme ? ... Un décret administratif, situationnel. Et cela me fait penser à ce petit fascicule, cette petite historiette, Matin brun, où seule la couleur brune des chiens commence par être déterminante, par décret. (Il faut voir alors aussi Milan Kundera !)

De manière générale, c'est ce qui s'appelle stigmatiser, comme apposer une stigmate. Et, quand elle est imaginaire, on lui invente une forme : l'étoile jaune ... par décret administratif, situationnel. Et notez bien aujourd'hui que, de ces décrets, il n'y a pas que les États pour les édicter, mais aussi les grandes firmes para-étatiques, transnationales.

Bref : qu'est-ce que "la judéité" ? ... Une situation. (Sur ce point Jean-Paul Sartre - dont le propos peut sembler devenu classique à certains - est indépassable. A Michel Onfray ne plaise ...) Et comme dit Sartre, combattre l'antisémitisme, c'est combattre pour nous-mêmes, afin que jamais nous ne soyons stigmatisés à notre tour par quelque situation que ce soit, juridique-économique désormais.

p.107-108, Jean-Paul Sartre a écrit :Les antisémites ont raison de dire que le juif mange, boit, lit, dort et meurt comme un juif. Que pourrait-il faire d'autre ? Ils ont subtilement empoisonné sa nourriture, son sommeil et jusqu'à sa mort ; comment ne serait-il pas, à chaque minute contraint de prendre position en face de cet empoisonnement ? Et dès qu'il met un pied dehors, dès qu'il rencontre les autres, dans la rue, dans un lieu public, qu'il sent sur lui le regard de ceux qu'un journal juif nomme "Eux", avec un mélange de crainte, de mépris, de reproche, d'amour fraternel, il faut qu'il se décide : accepte-t-il ou non d'être le personnage qu'on lui fait jouer ? Et s'il accepte, dans quelle mesure ? Et s'il refuse, refuse-t-il toute parenté avec les autres Israélites ? ou seulement une parenté ethnique ? Quoiqu'il fasse, il est lancé sur cette route [par la situation]. Il peut choisir d'être courageux ou lâche, triste ou gai, il peut choisir de tuer les chrétiens ou de les aimer. Mais il ne peut pas choisir de ne pas être juif [alors].

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40 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 1er octobre 09:51
    C’est pas toujours un avantage d’être trop instruit. Il arrive qu’à trop ruminer, on se noie dans un verre d’eau.

    Qu’est-ce qui fait le juif se demande le penseur au regard panoramique. ? Il répond : c’est l’antisémite !

    Et il consacre 150 pages à étayer sa réponse. Ce méchant petit essai provoqua l’indignation de nombreux juifs, à commencer par Raymond Aron.

    Tout cela était finalement bien dérisoire, car la vraie réponse est d’une simplicité biblique :
    Ce qui fait le juif, c’est le sentiment d’appartenance au peuple juif.

    Et cela rend dérisoires aussi, les théories d’un Shlomo Sand

    • Christian Labrune Christian Labrune 1er octobre 11:08
      Ce qui fait le juif, c’est le sentiment d’appartenance au peuple juif.
      ...................................................................... ...
      @Cateaufoncel3

      Votre remarque est d’une pertinence absolue. Il se trouve en Israël des gens venus de partout qui, lorsqu’ils y sont arrivés, souvent, ne parlaient même pas l’hébreu. Les manières de vivre, au quotidien, de ceux qui sont arrivés venant d’Europe, de Russie, du Maroc, du Yémen ou d’Ethiopie, ne se ressemblaient évidemment pas. Mais tous reconnaissent avoir quelque chose en commun, qui leur vient du fond des âges, qui ne se limite pas à la Bible, mais s’articule à une certaine attitude intellectuelle imposant avant toute chose la nécessité de l’étude et la primauté de la connaissance. C’est cela qui fait de ce très vieux peuple, plus que jamais, une nation.

      « Une nation, disait Renan, est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » 

      C’est en cela que j’admire la grande aventure sioniste, dont nous nous devrions plus que jamais prendre de la graine : l’Europe est en train de se défaire ; elle devient un je-ne-sais quoi qui est une calamité pour tous les peuples qui la composent. Dans les années qui viennent, ils n’auront pas d’autre choix que celui de se redresser comme nations pacifiques ou de consentir à crever misérablement.


    • Christ Roi Christ Roi 1er octobre 11:29

      Bon on va arrêter de perdre son temps à lire ce livre. Toutes ces réflexions « philosophiques » sur les juifs n’est que le cache-sexe d’une réalité bien plus prosaïque. 

      JP Sartre avait avec sa copine, collaboré à donf avec les nazis ( et pas qu’un peu , radio-vichy, etc.). Le nouvel occupant lui a donc passé le deal : soit tu écris ce livre encensant les juifs pour enfumer tous les intellectuels français, soit on balance ton passé pendant la guerre et tu passes à la casserole. 

    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 1er octobre 14:16

      @Christian Labrune


      « Votre remarque est d’une pertinence absolue. »

      Je vous remercie pour cette appréciation, et je vous avoue que… je la partage. Mais, je me méfie de ce genre d’intuitions parce qu’il est toujours possible qu’on puisse lui opposer un argument puissant dont l’« intuitif » - en l’occurrence, moi - n’avait pas eu conscience.

      L’argument est, ici, tellement simple que je demandais toujours pour quelle(s) raison(s) personne – à commencer par un juif – ne s’en soit servi pour liquider un type comme Sand en 12 mots et 4 secondes.

      Et je m’avise que ce que j’ai fait là, c’est du Reagan :
      On m’accuse souvent d’être simpliste, mais c’est faux. J’apporte des réponses simples à des questions compliquées.

      Pour en revenir aux Réflexions ( ?!?!?!), je viens de trouver, sur Wikipedia, un de ses propos désarmant d’ingénuité, que les prétendues « sommité » croient utiles, d’asséner au petit peuple, pour l’amener dans le droit chemin : « pour mettre un terme à l’antisémitisme ce n’était pas le Juif qu’il fallait changer mais l’antisémite. »

      « L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs… »

      Je ne sais pas si Renan prenait en compte la capacité de certains étrangers à s’approprier – terme à la mode, donc à la c… - l’histoire d’un peuple dont ils ne sont pas  issus. Je pense ici tout particulièrement à Malika Sorel-Suter, de parents Algériens

      « Adolescente, lorsque je vins, la toute première fois, visiter Paris, je me surpris à chercher la rue de la Ferronnerie. Je ne m’expliquais pas pourquoi j’étais saisie par ce besoin d’y mettre mes pas. Je la parcourus, à la recherche de je ne sais quels indices, jusqu’à ce que je tombe sur la plaque que je ne cherchais pas. Je fermai les yeux, comprenant à cet instant pourquoi mes pas m’avaient conduite à cet endroit précis. À l’époque, je n’avais pas encore les papiers d’identité français, mais je possédais déjà l’identité française. » - "Décomposition française - Comment en est-on arrivé là ?" Fayard 2015


    • Ouallonsnous ? 1er octobre 17:23
      @Cateaufoncel3

      Désolé de rectifier votre affirmation, mais il n’y a pas plus de peuple juif que chrétien où musulman, les croyances auquelles nous avons été soumis dans notre jeunesse ne déterminent en rien une modification de nos facteurs ethniques !!!

    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 1er octobre 18:08

      @Ouallonsnous ?

      Vous n’avez pas à être désolé, votre argumentation ne tient pas la route. S’il n’y a pas de peuple chrétien ni de peuple musulman - encore qu’on pourrait discuter de la Oumma, mais j’ai pas envie - il y a un peuple juif qui a forgé sa judéité – à ne pas confondre avec la judaïté – au cours d’une diaspora de plus de deux mille ans.

      Le sentiment d’appartenance juif n’a rien à voir avec la croyance, parce que la judaïté n’est pas une condition d’appartenance au peuple juif, c’est un sentiment, et ce sentiment n’a pas plus à voir avec des critères ethniques que le sentiment d’appartenance au peuple français.

       


    • Ouallonsnous ? 1er octobre 19:46

      @Cateaufoncel3


      Allons, allons, comme tous les doctrinaires vous niez l’évidence et les lois de la nature !

      Quand à votre diaspora de plus de 2000 ans, j’attends vos arguments, ...pertinents, j’entends !!!

      Quand au sentiment d’appartenance au peuple français, qui lui est bien réel et basé sur l’adhésion au consensus national que garantit l’universalisme qui caractérise notre République, je vous prie de ne pas le comparer aux élucubrations théocratiques dont vous êtes friand !

      En bon français on ne mélange pas les serviettes avec les torchons !

    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 1er octobre 22:39
      @Ouallonsnous ?

      « ...élucubrations théocratiques... » (sic !)

      Désolé à mon tour, mais les polémiques à deux balles, je sature.


    • Arthur Gohin 2 octobre 08:33

      @Christ Roi
      Bravo


    • Arthur Gohin 2 octobre 09:05

      @Cateaufoncel3
      « le sentiment d’appartenance au peuple juif ». Cela n’a aucun intérêt pour l’immense majorité des humains de ce monde, dont moi. Alors donc votre « existence du peuple juif » n’a aucun intérêt pour l’immense majorité de ce monde, dont moi. 

      Selon moi c’est une erreur que de s’intéresser à ce néant là. Mais vous êtes évidemment libre de vous y attacher.

    • Arthur Gohin 2 octobre 09:34

      @Christian Labrune
      « La grande aventure sioniste »... j’ai du mal à concevoir quelque chose de plus dégoûtant que cela. 

      Ce qui uni concrètement les juifs sionistes c’est de pouvoir voler impunément la terre, les maisons et aussi les organes des palestiniens, de défouler leurs pulsions sadiques en torturant et en assassinant.
      Etc...
      C’est donc cela « le sentiment d’appartenance au peuple juif ». Merci, très peu pour moi. Voilà aussi un juif israélien qui ne me contredit pas :

    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 2 octobre 10:29

      @Arthur Gohin

      « le sentiment d’appartenance au peuple juif. Cela n’a aucun intérêt pour l’immense majorité des humains.

      Il y a tellement de peuples, su terre, dont le sentiment d’appartenance n’intéresse personne. Qui se soucie du sentiment d’appartenance des Ikpen, des Zaghawa, des Kukukukus ou des Arrernte.

      «  Selon moi c’est une erreur que de s’intéresser à ce néant là. »

      Pour moi, ce n’est pas un néant dans ma vision de la situation du Proche-Orient. Comme je l’écrivais à Croshouplon : je me situe complètement hors du clivage sionistes/antisionistes.

       

      IL m’apparaît que nous sommes en présence de deux peuples, dont chacun considère que la présence de l’autre est usurpatoire. L’affrontement est donc celui de deux sentiments d’appartenance, et il faut être bien naïf pour croire qu’on pourrait y introduire de la raison. Les deux peuples élèvent leurs enfants en conséquence et ça finira mal pour l’un des deux."

      « Mais vous êtes évidemment libre de vous y attacher. »

      Je ne m’attache à rien, ça fait bientôt trente ans que je pense ainsi et ça fait aussi bientôt trente ans que je me désintéresse des événements et des « événements » qui se produisent dans la région. Je me contente de saisir au vol des titres de médias, qui passent à ma portée, sans leur accorder plus que le minimum syndical de crédibilité

      En six mots comme en cent, j’attends que ça se décante. Depuis tantôt trente piges


    • Jonas 2 octobre 13:35

      @Ouallonsnous ?


      C’est une remarque d’un homme qui vit dans une bulle. Une bulle occidentale 
      Faites quelques voyages , en Inde , Thaïlande, Cambodge , ou dans les 57 pays musulmans ou les 54 pays Africains et vous verrez que la religion est collée à la peau des habitants de ces pays notamment dans les pays musulmans. Essayez de vous promener avec un sandwich et une bière dans un pays musulman pendant le Ramadan ou de dire que Dieu est une fumisterie , et vous constaterez la différence entre ces pays et l’occident. 
      Le philosophe et historien Marcel Gauchet a bien analysé la sortie du christianisme dans les pays occidentaux avec juste raison « Le désenchantement du monde ».Mais les autres pays , eux, sont de plus en plus religieux , par manque de démocratie, de liberté et à cause de la misère physique et morale. Les régimes en place poussent leurs compatriotes de se réfugier dans la religion , pour mieux les asservir.  
      Ce qui veut dire que la religion n’est pas vécue partout pareil , il y a ceux qui ont fait leur aggiornamento, et ceux qui appliquent encore sans tenir compte de l’évolution du monde. 

    • Arthur Gohin 2 octobre 14:35

      @Cateaufoncel3
      Moi je ne me désintéresse pas du tout aux évènements. Je participe et cotise à BDS, l’association « boycott désinvestissement sanctions » que vous connaissez peut-être malgré vos airs supérieurs au dessus des évènements. 

      Je n’attends pas du tout que cela décante, mais la fin d’Israël, fin bien annoncée depuis une dizaine d’année. Dans votre mépris souverains des évènements, vous avez peut-être quand même remarqué que le plan Israélien de destruction de la Syrie est en échec total, et qu’il va se retourner de façon virulente contre l’entité sioniste. 
      Vous prétendez ne vous attacher à rien, mais dans votre post au dessus vous défendez quand même cette identié juive. Je vous rapppelle que les sionistes ne sont pas les juifs, bien des juifs sont anti sionistes, bien des sionistes ne sont pas juifs. 
      Votre conscience vous fait apparaître deux peuples que vous prétendez renvoyer dos à dos dans leur conflit. Mais moi je vois des envahisseurs et des envahis, des voleurs et des volés. 

      En conclusion, « le sentiment d’être juif » vous paraît bien réel, mais vous paraissez incapable d’avoir un sentiment sur le chaos et la souffrance du moyen orient, desquel Israël déclare ouvertement se réjouir. 
      C’est une façon d’être sioniste comme une autre. 


    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 2 octobre 22:02

      @Arthur Gohin

      "Dans votre mépris souverains des évènements, vous avez peut-être quand même remarqué que le plan Israélien de destruction de la Syrie est en échec total… »

      Ca me laisse froid C’est précisément le genre de choses dont j’attends les conséquences pour en avoir une juste appréciation

      « … et qu’il va se retourner de façon virulente contre l’entité sioniste. »

      Ca, c’est vous qui le dites, tandis que moi, j’attends que ça se décante.

      « Vous prétendez ne vous attacher à rien, mais dans votre post au dessus vous défendez quand même cette identité juive. »

      Je ne la défends pas, je la considère en tant qu’identitaire moi-même. Pour moi, les juifs sont des gens qui tiennent contre l’hostilité du monde entier, en se coagulant autour d’une idée : « L’an prochain à Jérusalem ».

      « En conclusion, « le sentiment d’être juif » vous paraît bien réel, mais vous paraissez incapable d’avoir un sentiment sur le chaos et la souffrance du moyen orient… »

      Pas du tout, soit vous ne l’avez pas lu, soit vous l’avez oublié, toujours est-il que j’ai écrit : « Il m’apparaît que nous sommes en présence de deux peuples, dont chacun considère que la présence de l’autre est usurpatoire. L’affrontement est donc celui de deux sentiments d’appartenance, et il faut être bien naïf pour croire qu’on pourrait y introduire de la raison. Les deux peuples élèvent leurs enfants en conséquence et ça finira mal pour l’un des deux. »


    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 2 octobre 22:06

      @Cateaufoncel3

      Rectification :

      Pour moi, les juifs sont des gens qui ont tenu contre l’hostilité du monde entier, en se coagulant autour d’une idée : « L’an prochain à Jérusalem ».

      ...puisqu’ils y sont !


    • Morologue Morologue 3 octobre 22:34

      Eho ! JP Sartre, en 1954, s’adresse à des Occidentaux. Il n’y a de question juive qu’au titre du passif historique catastrophique : l’abattage militaro-industriel managerial d’humains sous le IIIème Reich. Aussi pouvez-vous causer encore longtemps.


    • Christian Labrune Christian Labrune 1er octobre 10:40
      . (Sur ce point Jean-Paul Sartre - dont le propos peut sembler devenu classique à certains - est indépassable.
      ===================================
      à l’auteur,
      Ce texte de Sartre n’est pas « indépassable », il est absolument lamentable. Le bonhomme pensait probablement, en publiant ça, soigner sa mauvaise conscience, mais il n’y est pas parvenu : les Juif, lorsqu’ils ont une culture philosophique, et depuis Raymond Aron, n’ont jamais cessé, à très juste titre, de le critiquer.

      Sartre aura passé sa vie, après la guerre à essayer, en vain, de faire oublier ses anciennes erreurs politiques et ses lâchetés, pour tomber à pieds joints dans d’autres encore plus grossières. Il avait passé un an à Berlin, de 33 à 34, pour étudier la phénoménologie de Husserl, mais il ne s’y était même pas rendu compte de ce qu’était la montée du nazisme. L’ontologie seule l’intéressait, à l’époque, et il aurait mieux valu qu’il ne s’en éloignât jamais, ce qui lui aurait évité de proférer tant de sottises. Pourtant, il reviendra de Berlin plus fasciné par le philosophe nazi Heidegger que par Husserl qu’il trouve le moyen, dans ses Cahiers pour une morale, (publication posthume) de traiter de « petit philosophe ».

      Durant la guerre, toute son activité de résistance se sera limitée à produire quelques tracts dans les sous-sols de Normale-Sup, et cela ne l’empêchera pas de soumettre en même temps quelques pièces de théâtre à la censure allemande pour les faire créer par Dullin. C’est seulement après la guerre qu’il devint, comme beaucoup, un résistant résolument « engagé ».

      Je conseille de lire cet article :
      On y trouvera une information désormais bien connue, qui n’est pas à sa gloire :

      "Cependant, une surprise récente n’aide pas à faire de Sartre l’incarnation de l’écrivain engagé en temps de guerre. Pendant le procès Papon, Jean Daniel révèle dans un éditorial du Nouvel Observateur en octobre 1997 qu’à la rentrée 1941, Sartre a pris la place au lycée Condorcet d’un professeur juif révoqué. Ingrid Galster explique dans Les Intellectuels et l’Occupation [3] que Sartre ne devait pas ignorer la raison de l’éviction de son prédécesseur, ce qui ne l’a pas empêché d’accepter ce poste qui lui demandait moins de travail qu’au lycée Pasteur et lui permettait de mieux se consacrer à l’écriture.« 

      L’Etre et le néant avait été un essai tout à fait intéressant, mais dès la Critique de la raison dialectique illustrant cette idée saugrenue que le marxisme serait l’horizon indépassable de la philosophe du XXe siècle, Sartre sombre dans le gâtisme. Il ne s’était pas »engagé" dans les années 40, il s’appliquera à soutenir servilement le FLN, pendant la guerre d’Algérie, sans faire preuve de la moindre distance critique. Plus tard, ce sera le soutien au terrorisme allemand de la bande à Baader puis l’approbation des pires exactions palestiniennes (septembre noir).

      Si on n’est pas encore persuadé de l’inconsistance ridicule de la philosophie politique de Sartre, on n’aura qu’à lire les entretiens avec Gerassi. Ils sont tout à fait accablants. Son gâtisme ne date pas de la fin des années 70. Il commence au moins trente ans plus tôt.


      • Morologue Morologue 3 octobre 22:37

        Ah, « les bons procès » qui reviennent sempiternellement, mais la bonne cause n’a pas toujours raison. Ils sont des millions, les Français à avoir fait avec le contexte d’occupation. Il n’était pas évident, en 42-43, et même avant le débarquement pour bien des gens, de faire sans. Pétain leur était aussi naturel, coprésentiel, que nous l’est Macron, alors.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er octobre 11:31

        Patrick Modiano me semble le mieux à même d’aborder la question juive. 


        • Morologue Morologue 3 octobre 22:43

          @Mélusine ou la Robe de Saphir. L’ambiance de ses romans se répète beaucoup.


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er octobre 11:32

          L’amour,.....la haine,.... 


          • Morologue Morologue 3 octobre 22:43

            Empédocle, ... etc.


          • papat 1er octobre 14:27

            les juifs c’est pas ces mecs qui tirent à balles réelles sur des HOMMES désarmés ?


            • Ouallonsnous ? 1er octobre 17:26
              @papat

              Ce sont des judéo-sionistes, qui utilisent la religion juive pour se défouler sur ceux qui n’ont pas les mêmes croyances !

            • Morologue Morologue 3 octobre 22:38

              L’amalgame. Il y a des cons partout, non ? Ici, aussi.


            • tiers_inclus 1er octobre 16:31

              JPS, n’a-t-il pas entrevu (ou feint de ne le percevoir) que le ciment juif c’était l’EGO et sa revendication d’ELU ? Et cela explique tout.


              • Morologue Morologue 3 octobre 22:38

                JP Sartre, en 1954, s’adresse à des Occidentaux. Il n’y a de question juive qu’au titre du passif historique catastrophique : l’abattage militaro-industriel managerial d’humains sous le IIIème Reich. Aussi pouvez-vous causer encore longtemps.


              • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 4 octobre 13:01

                « Il n’y a de question juive qu’au titre du passif historique catastrophique : l’abattage militaro-industriel managerial d’humains sous le IIIème Reich. »

                C’est votre impression, et c’est un anachronisme. La première édition des « Réflexions » date de 1946 et voici ce qu’en dit Nicolas Weill dans Le Monde du 14 juillet 2008 :

                « Beaucoup des reproches récents adressés à l’ouvrage semblent négliger une évidence : le propos sartrien ne vise nullement à anticiper sur le réveil culturel juif des années 1960-1970 ni à répondre à une conscience publique du génocide, d’autant plus éloignée des esprits de 1946 qu’on se refusait alors à établir la moindre distinction entre déportation « politique » et « raciale ». »

                 https://www.lemonde.fr/idees/article/2008/07/14/reflexions-sur-la-question-juive_1073182_3232.html


              • tiers_inclus 1er octobre 17:19

                JPS, n’a-t-il pas entrevu (ou feint de ne pas le percevoir) que le ciment juif c’était l’EGO et sa revendication d’ELU ? Et cela explique tout.


                • JPCiron JPCiron 1er octobre 22:15

                  « Juif athée » (...) ça n’a pas de valeur, en dehors d’un sens culturel (...)


                  « Juif Athée », cela met en valeur une identité profonde, où se mêlent la Tradition, l’ Histoire, la Famille, le Mode de Vie, les Mythes fondateurs. Le Religieux reste important pour ceux qui en ont besoin.

                  • Ouallonsnous ? 2 octobre 18:16
                    @JPCiron

                    Un juif athée n’existe pas, c’est un athée tout court !

                  • Morologue Morologue 3 octobre 22:39

                    Ce qui est bien, avec ce genre de propos, c’est qu’ils donnent raison à Sartre.


                  • Raymond75 2 octobre 09:32
                    Je crains le pire avec ce genre d’article ...

                    Je pense que l’auteur confond ’Juif’ et ’israélite’ : être juif, c’est appartenir à une communauté, à une diaspora, et peut être à un peuple’, défini par sa naissance (c’est la mère qui transmet la judaïté) et un certain nombre de coutumes codifiées. Lorsque l’on observe un ashkénaze blond aux yeux bleus et un séfarade physiquement sosie d’un arabe, on ne peut que douter de l’homogénéité de cette communauté.

                    Un israélite est une personne qui adopte une religion précise et codifiée. On peut donc être juif et croyant et aussi juif et athée, comme on peut être arabe et musulman, et arabe et athée. Dans les deux cas la pression communautaire et parfois les lois s’opposent à l’athéisme. Ce fut la même chose en France jusqu’à la loi de 1905 qui sépara religion, église et état.

                    Mais c’est aussi l’histoire qui a façonné le fait de ETRE juif, car ce sont les autres qui ont montré du doigt cette communauté, l’ont repoussée et martyrisée. Ce passé fait office de liant, tout comme ce sentiment, souvent réel, d’être détesté et menacé. Il me semble que JP Sartre disait que les Juifs ont besoin de se sentir détestés pour exister en tant que juif ; je ne sais pas, je ne le suis pas par hasard de ma naissance.

                    Mais comme toutes les communautés, il y a aussi un enfermement au sein du groupe qui vous isole et créée une distance avec les autres, où que vous soyez. Et cet acharnement communautaire à assimiler toute critique de l’état d’Israël (état reconnu par toutes les nations) à de l’antisémitisme, donc le fait de racistes, ne peut qu’engendrer un rejet.

                    Comme tout pays, Israël peut voir sa politique critiquée, tant elle oppresse méticuleusement un peuple depuis 70 ans. Ce refus communautaire de critiquer (en tout cas publiquement), associé à une propagande constante et outrancière (il suffit de consulter les commentaires de ce type d’article), ne peut que susciter un sentiment de rejet. La boucle est bouclée : on me déteste donc je suis Juif ...

                    • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 2 octobre 10:38
                       = @Raymond75« 

                      On peut donc être juif et croyant et aussi juif et athée »

                      Effectivement, et j’ai découvert n’étant pas un spécialiste des religions, que deux termes servent à désigner la posture des deux sortes de juifs

                      On peut donc être juif et croyant = judaïté
                      et aussi juif et athée = judéïté

                    • Ouallonsnous ? 2 octobre 18:22
                      @Cateaufoncel3

                      Il n’y a pas deux sortes de juifs, heureusement pour l’humanité, il y a les croyants en la religion juive et les judéo-sionistes qui font semblant de croire, ce qui revient au même !

                      Arrêtez de vouloir enc.... les mouches !!!


                    • Morologue Morologue 3 octobre 22:41

                      Si vous aviez lu le livre, vous auriez pu voir qu’il a le souci que vous relevé. Donc plutôt que de craindre d’emblée, il vaudrait mieux se concentrer sur ce qui est extrait sans trop spéculer. C’est-à-dire lire sans surinterpréter.


                    • Raymond75 2 octobre 13:28

                      Étrange : cet article a très rapidement disparu des écrans ...

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