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Kant et le principe des indiscernables

Kant et le principe des indiscernables

Kant et le principe des indiscernables

Kant, Prolégomènes à toute métaphysique future qui pourra se présenter comme science, 1ère partie, §13, éditions Vrin, pp. 48-49

Traduction par L. Guillermit, spécialiste de Kant, professeur d'Université à Aix-Marseille décédé en 1982 et auteur de Leçons sur la Critique de la raison pure de Kant (Vrin, réimpr. 2008).

Prolégomènes : nom masculin pluriel ; du grec pro, devant, avant et de legein, dire. Il s'agit d'une longue introduction placée en tête d'un ouvrage ou bien de l'ensemble des notions préliminaires à une science. Il s'utilise toujours au pluriel.

L'auteur : 

Kant (1724-1804), né à Kœnigsberg, il y passa sa vie, toute entière consacrée à la méditation et à l’enseignement. Aucun événement remarquable ne troubla cette existence toute intellectuelle.

Déclaration d'intention : 

"Mon intention est de convaincre tous ceux qui jugent bon de s’occuper de métaphysique qu’il est absolument nécessaire qu’ils interrompent provisoirement leur travail, qu’ils considèrent tout ce qui s’est fait à ce jour comme non avenu et qu’avant tout ils commencent par soulever la question de savoir “si décidément une chose telle que la métaphysique est seulement possible”. Si c’est une science, d’où vient qu’elle ne peut s’accréditer de manière universelle et durable, comme les autres sciences ? Si ce n’en est pas une, comment se fait-il qu’elle ne cesse de tout faire pour avoir l’air d’une science ? Donc, que ce soit pour démontrer qu’elle sait ou qu’elle ne sait pas, il faut une bonne fois établir quelque chose de certain."

L'ouvrage : 

"Lorsque Kant écrit les Prolégomènes, il destine son texte aux professeurs : cet ouvrage expose la manière de présenter aux élèves la réflexion développée dans la Critique de la raison pure. Rédigés dans un style clair, les Prolégomènes sont donc l'introduction idéale à Kant pour tous ceux qui hésitent à se plonger dans la Critique... et le meilleur commentaire possible de l'oeuvre pour ceux qui la connaissent déjà. Ayant pour question centrale la possibilité de la métaphysique, Kant s'attache à examiner si l'on peut dire quelque chose de Dieu, de l'âme, de la liberté, et si l'on peut jamais connaître réellement le monde qui nous entoure. Remettant en question les certitudes de son temps et les nôtres, son oeuvre est une expérience de pensée décisive et absolue qui marqua l'histoire de la philosophie et nous interroge encore aujourd'hui."

Le texte : 

"Si deux choses sont parfaitement identiques pour tout ce qui en chacune peut être connu en soi (dans toute détermination, se rapportant à la quantité ou à la qualité), il s'ensuit forcément que pour tous les cas et pour tous les rapports l'une peut se substituer à l'autre sans que de cette substitution puisse résulter la moindre différence appréciable. 

C'est ce qui arrive en effet pour les figures planes en géométrie ; mais diverses figures sphériques montrent toutefois, nonobstant cette complète concordance intérieure, une condition extérieure telle que l'une ne peut pas du tout se substituer à l'autre, par exemple : deux triangles sphériques dans les deux hémisphères ayant pour base commune un arc de l'équateur, peuvent avoir côtés et angles parfaitement égaux en sorte qu'aucun d'eux, si on le décrit seul et complètement, ne présentera rien qui ne se trouve aussi dans la description de l'autre, et cependant on ne peut mettre l'un à la place de l'autre (c'est-à-dire dans l'hémisphère opposé) ; il y a donc ici une différence interne des triangles qu'aucun entendement ne peut indiquer comme intrinsèque et que manifeste seulement le rapport extérieur dans l'espace. Mais je vais citer des cas plus ordinaires qu' l'on peut emprunter à la vie commune.

Que peut-il y avoir de plus semblable, de plus égal de tout point à ma main ou à mon oreille que leur image dans le miroir ? Pourtant, je ne puis substituer à l'image primitive, cette main vue dans le miroir ; car si c'était une main droite, il y a dans le miroir une main gauche et l'image de l'oreille droite est une oreille gauche qui ne peut aucunement se substituer à l'autre. Il n'y a pas là de différences internes que quelque entendement pourrait même concevoir, et pourtant les différences sont intrinsèques, comme l'enseignent les sens, car la main gauche ne peut être renfermée dans les mêmes limites que la main droite malgré toute cette égalité et toute cette similitude respective (elles ne peuvent coïncider) et le gant de l'une ne peut servir à l'autre. Quelle sera donc la solution ? Ces objets ne sont nullement des représentations des choses comme elles sont en soi et comme l'entendement pur les connaîtrait, mais ce sont des intuitions sensibles, c'est-à-dire des phénomènes dont la possibilité se fonde sur le rapport de certaines choses inconnues en soi (x) à une autre chose, à savoir notre sensibilité."

Explication du texte : 

Kant se réfère au début de ce texte au principe des indiscernables qui a d'abord été posé par Leibniz. Selon Leibniz, il n'existe pas deux choses semblables dans la nature (par exemple deux feuilles de saules ou deux gouttes d'eau) On pourra toujours discerner des différences entre les deux feuilles ou les deux gouttes d'eau.

Note : Le principe d'identité des indiscernables (ou principe des indiscernables) est un principe qui stipule que si deux particuliers possèdent les mêmes propriétés, alors ils sont identiques. Ce principe a d'abord été posé par Leibniz. Il ne doit pas être confondu avec sa converse, beaucoup plus largement acceptée : le principe de l'indiscernabilité des identiques. Le principe de l'identité des indiscernables s'exprime symboliquement : (x) (y) [(P) (Px ↔ Py) → (x = y)]. Ce qu'on peut lire : pour tout x, pour tout y, si pour tout P, Px est équivalent à Py, alors x est identique à y.

Il ne faut pas confondre le principe d'identité des indiscernables (ou principe des indiscernables) et sa converse, le principe de l’indiscernabilité des identiques avec le principe d'identité qui remonte à Aristote, également admis par Leibniz. Le principe d'identité qui a pour corolaire de principe de non contradiction et de tiers exclu, affirme qu'une chose, considérée sous un même rapport, est identique à elle-même et s'énonce : A = A.

Gottfried Wilhelm Leibniz, né à Leipzig le 1er juillet 1646 et mort à Hanovre le 14 novembre 1716, est un philosophe, scientifique, mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaire et philologue. Esprit polymathe, personnalité importante de la période Frühaufklärung, il occupe une place primordiale dans l'histoire de la philosophie et l'histoire des mathématiques. Il est souvent considéré comme le dernier "génie universel".

Pour vérifier si deux objets plans (de la nature) sont, ou non identiques, il suffit de les superposer. Deux feuilles d'arbres, même de la même espèce, ne sont jamais complètement superposables. Par ailleurs, les objets naturels présentent des différences qualitatives notables ; deux feuilles d'arbre de la même espèce ne sont jamais tout à fait semblables.

Il n'en est pas de même de deux objets produits par l'homme. Prenons l'exemple de deux enveloppes blanches rectangulaires.

Kant distingue la détermination se rapportant à la quantité et la détermination se rapportant à la qualité. La détermination se rapportant à la quantité, c'est ce qui relève du nombre, de la mesure : les deux enveloppes ont la même dimension : la longueur et la largeur de l'une et de l'autre sont respectivement égales. La détermination se rapportant à la quantité, entraîne le fait que les deux enveloppes sont parfaitement superposables car elles ont les mêmes mesures et les mêmes aires.

Les déterminations se rapportant à la qualité est le fait que les deux enveloppes sont parfaitement identiques : elles sont toutes les deux en papier, de couleur blanche, etc.

Kant a recours à un raisonnement hypothético-déductif (si... alors). Si deux objets sont identiques (aussi bien sous le rapport de la quantité que de la qualité), alors ils peuvent se substituer l'un à l'autre, autrement dit, l'identité de deux objets entraîne nécessairement la possibilité de les substituer l'un à l'autre.

Deux objets naturels ne peuvent jamais être tout-à-fait identiques, deux objets plans fabriqués par l'homme sont identiques ou du moins "sans différence appréciable", s'ils ont les mêmes déterminations quantitatives et qualitatives. 

Il en est de même des figures géométriques, mais plus encore, puisqu'en géométrie la détermination qualitative est éliminée au profit de la pure détermination quantitative.

Kant prend deux exemples : une figure plane, le triangle de la trigonométrie euclidienne et la figure de base de la "trigonométrie sphérique" : le triangle sphérique.

Triangles sphériques :

La trigonométrie sphérique est un ensemble de relations analogues à celles de la trigonométrie euclidienne mais portant sur les angles et distances repérés sur une sphère. La figure de base est le triangle sphérique, délimité non plus par des segments de droites mais par des arcs de grands cercles de cette sphère. Les règles habituelles de la trigonométrie euclidienne ne sont pas applicables ; par exemple la somme des angles d'un triangle situé sur une sphère est supérieure à 180 degrés.

Traçons avec un rapporteur et un compas une figure euclidienne : un triangle équilatéral. Un triangle équilatéral a trois côtés de même longueur (par exemple 10 cm), trois angles égaux mesurant chacun 60° et trois axes de symétrie. 

Décalquons cette figure. Nous obtenons un deuxième triangle équilatéral ayant les mêmes propriétés que le premier : ses côtés sont de même longueur (10 cm), ses trois angles sont égaux et mesurent chacun 60 degrés.

Ce deuxième triangle équilatéral est identique au premier. Ils ont les mêmes déterminations selon la quantité et la qualité, à savoir les mêmes mesures et les mêmes propriétés, par exemple ils ont tous les deux 3 axes de symétrie.

Comme le dit Kant au début du texte, "il s'ensuit forcément" que l'on peut les substituer l'un à l'autre, selon le principe de l'identité des indiscernables.

Kant se demande ensuite si le principe de l'identité des indiscernables, valable pour la figure d'un triangle euclidien, l'est aussi pour la figure d'un triangle sphérique.

Un triangle sphérique n'est pas délimité par des segments de droites, mais par les arcs de cercle d'une sphères. Les règles habituelles de la trigonométrie euclidienne ne lui sont pas applicables, la somme de ses angles étant supérieure à 180°. 

Traçons avec un compas un triangle équilatéral sphérique. décalquons cette figure. Nous obtenons un triangle équilatéral sphérique ayant les mêmes propriétés que le premier.

Maintenant, découpons ces deux triangles sphériques, plaçons-les dans les deux hémisphères et donnons-leur pour base commune un arc de l'équateur. Nous constatons que les deux triangles sont identiques, comme les triangles euclidiens. Il n'y a aucune différence externe entre les deux triangles : ils ont les mêmes propriétés, les mêmes mesures.

Essayons maintenant de mettre ces triangles l'un à la place de l'autre. Nous constatons alors qu'il est impossible d'échanger les positions qu'ils occupent respectivement dans l'espace.

La différence entre les deux triangles sphériques qui tient à leurs places respectives dans les deux hémisphères est une différence interne, mais cette différence interne n'est pourtant pas une différence dans leurs déterminations intrinsèques, leurs propriétés logiquement nécessaires.

Selon Aristote, la philosophie commence par l'étonnement et Kant s'étonne de cette étrangeté.

Si l'univers se réduisait à un gant, il faudrait encore préciser et expliquer pourquoi ce serait un gant droit ou un gant gauche.

Kant prend ensuite des exemples tirés non plus de la géométrie, mais de l'anatomie humaine : celui de l'image d'une main ou d'une oreille dans le miroir : "Que peut-il y avoir de plus semblable, de plus égal de tout point à ma main ou à mon oreille que leur image dans le miroir ? 

Pourtant, ajoute-t-il, je ne puis substituer à l'image primitive cette image vue dans le miroir. Si c'était une main droite, il y a dans le miroir une main gauche et si c'était une oreille droite, il y a dans le miroir une oreille gauche. 

Nous retrouvons donc au niveau du reflet des parties du corps le même phénomène "étonnant" que nous avions constaté avec les deux triangles sphériques. L'oreille droite et l'oreille gauche, la main droite et la main gauche ont les mêmes propriétés internes, et pourtant elles ne peuvent absolument pas se substituer l'une à l'autre.

Ma main gauche et ma main droite ont les mêmes caractères intrinsèques, les mêmes propriétés internes, et pourtant je ne peux pas envelopper ma main gauche avec mon gant droit. 

On pense généralement que les lieux différents où se trouvent des choses identiques sont comme s'ils étaient eux-mêmes identiques, et que par conséquent, la situation d'un objet dans l'espace est une détermination logique de cet objet. Mais le paradoxe des triangles sphériques ou de l'objet et de son image dans le miroir montrent qu'il n'en est rien : si deux choses sont identiques, l'une ne peut pas se substituer à l'autre pour tous les cas et dans tous les rapports.

Le triangle sphérique de l'hémisphère nord refuse d'occuper la place du triangle sphérique de l'hémisphère sud, l'oreille droite de l'oreille gauche, la main droite de la main gauche et il est impossible de considérer la place occupée par ces objets comme accidentelle et extérieure. 

Il est impossible de réduire la place occupée par l'objet à un attribut logique de cet objet puisque l'entendement ne comprendra jamais pourquoi des objets identiques ne peuvent prendre la place l'un de l'autre.

Nous ne connaissons pas les choses comme l'entendement pur les connaîtrait. L’entendement pur ne connaîtrait pas la différence entre les deux hémisphères, ni entre la gauche et la droite, car les notions de gauche et de droite ne sont pas des déterminations logiques des choses qu'elles qualifient.

L'entendement pur ne peur rien contre la dispersion des objets dans l'espace telle qu'elle nous est donnée par les sens.

C'est pourquoi l'entendement ne saurait demeurer pur sans méconnaître les conditions dans lesquelles il doit exercer sa fonction. La situation spatiale des objets ne se réduit pas à des propriétés logiques, à de pures pensées.

Si l'univers se réduisait à un gant, il faudrait encore préciser et expliquer pourquoi ce serait un gant droit ou un gant gauche.

On doit donc en conclure, selon Kant, que les objets des intuitions sensibles ne sont pas des "choses en soi", mais des phénomènes dont la possibilité se fonde sur le rapport de certaines choses inconnues (x) en soi à une autre chose, à savoir notre sensibilité.


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13 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 6 janvier 17:20

    ERREURS DE KANT
     
    PLAN
     
    2 triangles égaux (rectangles non isocèles par ex), 3 côtés inégaux, symétriques par
    rapport à une ligne du plan, sont dit « chiraux »
    Les rotations interne du petit côté vers le grand et elles sont inverses pour les deux triangles symétriques, dans le plan. On ne peut pas déjà les superposer qu’en sortant du plan 2D (en le retournant comme une crêpe)
     
    SPHÈRE
     
    Les mêmes 2 triangles sphériques symétriques par rapport à un plan équatorial : Ils sont « non congruents » (chiraux) du fait de leurs courbures inverses. Les 2 triangles équilatéraux_équatoriaux de l’ex sont congruents car ils n’ont plus cette rotation interne.
     
    MAINS
     
    Ordre ds doigts = rotations internes inverses => chiraux
     
    Pour Kant 2 formes symétriques (miroir) sont « égales » dans l’entendement (la logique) alors il faut qu’elles soient différenciées par l’intuition « à priori » de l’espace total.
     
    « L’espace n’est pas objet de l’intuition, mais l’intuition même » Kant


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 6 janvier 18:01

      @Choucas

      Pour superposer les deux triangles triangle chiraux (symétriques à une ligne du plan), il faut les plier selon leur axe de symétrie et rabattre leur hypoténuse l’une sur l’autre . 

      Mais est-ce que votre exemple n’introduit pas les notions de « gauche » et de « droite » ? (triangle de gauche, triangle de droite), ce qui n’infirmerait pas la thèse de Kant, mais constituerait un exemple qui pourrait s’ajouter au paradoxe des triangles sphériques et des images dans le miroir ? 

      Dans l’exemple que vous donnez l’axe de symétrie joue le même rôle que l’équateur pour les triangles sphériques. 

      Ce qui intrigue Kant, ce n’est pas que les triangles ou les mains ne soient pas superposables ; elles le sont, par exemple, je peux placer ma main droite contre ma main gauche, mais qu’elles ne peuvent pas échanger leurs positions.

      Plus précisément, l’intuition sensible les perçoit comme occupant une position nécessaire dans l’espace que l’entendement pur ne peut pas concevoir puisqu’elles ont les mêmes propriétés.

      On peut donc dire que de même que l’existence n’est pas une qualité mais une position (cf réfutation de la preuve ontologique), la position dans l’espace n’est pas une propriété des choses.

    • Choucas Choucas 7 janvier 00:57

      @Robin Guilloux
       
      Plus précisément, l’intuition sensible les perçoit comme occupant une position nécessaire dans l’espace que l’entendement pur ne peut pas concevoir puisqu’elles ont les mêmes propriétés.
       
      C’est ce que je dis, pour Kant elles ont les mêmes propriétés car elles semblent logiquement par entendement se superposer pt à pt, échanger leurs formes « en-soi ».
      Et les propriétés « topologiques » de la forme sont celles de l’espace et non de la « topologie »
      Mais un triangle réfléchi par un miroir où ligne dans un autre n’implique pas qu’ils soit égaux où chiraux, c’est 2 cas possible 
      La réflexion ne dit pas si 2 formes sont égales où différentes. En fait ce qui symétrisé (réfléchi) c’est la relation de copie (isomporphisme) qui rattache les 2 mains, on inverse l’isomorphisme en passant de G à D où D à G.
      Alors la rotation interne G devient la rotation interne D. Et la non-rotation interne N devient la non rotation interne S (triangle sphérique)
       
      Alors Kant pense que c’est l’imagination 3D espace total qui fait le boulot =>
       
      Plus précisément, l’intuition sensible les perçoit comme occupant une position nécessaire dans l’espace que l’entendement pur ne peut pas concevoir puisqu’elles ont les mêmes propriétés.
       
      Donc pour Kant chiralité => identité en-soi pour l’entendement, ce qui est faux, 
       
      Mais c’est probable que c’est l’intuition qui fait le boulot avant que l’entendement cherche les rotations internes conceptuelles des formes...Seulement une fois les phénomènes différenciés, et que le concept de chiralité parte de leur différenciation intuitive. Et à l’inverse, que la différence intuitive soit effacée par l’entendement qui retrouve l’identité. Donc que les 2 concepts ne sortnt pas des formes mais de la différenciation/identité spatiale.
       

       

       

       

       


    • Choucas Choucas 7 janvier 10:55

      la position dans l’espace n’est pas une propriété des choses.
       
      Attention ! Pente glissante vers la théorie du genre, relativisme de Naïade Vagino Bécassine contre la position du missionnaire et pour la triplette sodomique avec le gode bébé, de l’intuition kantienne au sociétal Ploutocrate Sexialiste y a pas loin...
       
      Je crois que c’est Heidegger qui parle de forêt et de troupeaux de moutons, et qui dit qu’une forêt ce n’est pas une juxtaposition d’arbres mais une forêt. Une sphère ce n’est pas une juxtaposition de triangles sphérique mais une sphère comme catégorie propre. Les catégories kantiennes sont des méta catégories, langage codé par l’évolution.
       
      Dans l’intrication quantique, où bien l’électron seul passant une fente de Young, la chose a comme propriété l’espace (l’électron seul surfe un océan de vide animé de vaguelettes d’interférences, il connaît si la fente à coté est ouverte où pas)

      «  Le langage c’est la limite de mon monde » Wittgenstein


    • Choucas Choucas 6 janvier 17:34

      Et puis faudrait arrêter de parler d’un philosophe qui a pavé le lisier gogochon libéral-libertaire, passer à un vrai anti-capitaliste, anti-monialiste, anti-bobo, Hegeuuuuul par, ex, dont la seule invocation gutturale terrorise le bobo qui poussent alors des cris d’Orfray
       
      « Kant a donc vicié le problème de l’espace en le confondant avec une géométrie universelle. Peu d’années après qu’il eut achevé son chez d’œuvre, le hasard a voulu que Gauss découvrit la la première géométrie non euclidienne, dont l’existence incontestable a démontré qu’il y a plusieurs espèces d’étendue à trois dimensions strictement mathématiques, toute certaines « a priori », sans qu’aucune d’elles puisse être appelée la « forme de l’intuition » » Le déclin de l’Occident Spengler
       
      (rem : Gauss en a pas trop parlé ... la géométrie euclidienne c’était le réchauffement climatiiiiik de l’époque, la doxa de la majorité ignarde gogochonne des bonobobo vers)
       


      • Decouz 6 janvier 18:58

        La raison humain considère des événements analogues, mais du point de vue de la Possibilité Universelle, chaque événement, chaque être est singulier, ce n’est pas qu’il soit incompréhensible du point de vue de l’unité- et encore on peut objecter que dans ce cas la singularité n’est plus, mais qu’il y a l’objet singulier, sa racine principielle, et/ou le plan de réflexion et/ou l’organe de liaison, un ternaire donc, mais on peut dire que ce ternaire est unique au sens de singulier- mais il ne peut pas être catalogué, ni comme modèle, ni comme exemplaire d’un modèle.

        Il n’y a donc pas de répétition mais des analogies, et cette non répétition est une cause d’étonnement car il y a chaque fois du nouveau, mais si ce nouveau est saisissable d’une manière spirituelle ou esthétique, il échappe à la raison individuelle si elle cherche à l’enfermer dans une case dogmatique.
        Y a t il alors insuffisance prévisible dans la compréhension si on cherche uniquement à lier/discerner par des classes, hiérarchiques ou horizontales les objets et événements ?
        Il faut distinguer les deux ordres de production/création, une directe, c’est la Puissance pure (les religions diront puissance divine, mais on peut le voir exprimé autrement dans les traditions orientales non théistes), et indirecte, c’est la production par les causes secondes, celle qui est accessible à la raison et à l’expérimentation.
        Si la raison et l’expérimentation conviennent ce qui est analogue, progressif, évolutif, analogique, il faut supposer que l’accès à ce qui est direct demande une approche différente.


        • Decouz 6 janvier 19:09

          Pas mal, j’ai feuilleté ça cet après-midi, les principaux systèmes philosophiques sont exprimés en schémas visuels, pédagogiquement intéressant  :




          • Choucas Choucas 7 janvier 22:35

            KANT SAUVE LE DUALISME PAR L’EMPIRISME MOU
             
            mâtiné d’à priori transcendantal
             
            Si un sauvageon sur une île, sans miroir naturel (lac), qui avait toujours vécu seul, voyait un jour sa photo clouée à un palmier, il ne se reconnaîtrait pas
            Si on lui clouait un grand miroir, il s’apercevrait vite qu’il se voit lui même (une pie s’en rend compte).
            Si le miroir était truqué avec un écran LCD et caméra, et que son image était inversée que pour une main (2 mains droites par ex) probable il finirait par percevoir la bizarrerie.
            La conscience de soi plus absolue permet à l’humain de distinguer la charité des objets, par analogie avec ses propres mains. Probable qu’un chimpanzé ne percevrait pas une fausse image incohérente alors qu’il sait qu’il a une tâche sur le front comme la pie. Il est dans une conscience moins intentionnelle. Alors qu’il perçoit parfaitement l’espace et le temps court.
             
            « J’ai dû... limitant la connaissance, faire place à la foi » Kant
             

             


            • Choucas Choucas 7 janvier 22:53

              « Mais comment une intuition de l’objet peut-elle précéder l’objet même ? » Kant Prol.
               
              « L’organique est un objet […] qui a chez soi le procès dans la simplicité du concept. […] Chez l’être organique, toutes les déterminités par lesquelles il est ouvert pour d’autres choses sont liées sous l’unité organique simple ; aucune ne surgit comme déterminité essentielle, qui aurait une relation libre à autre chose ; et l’organique se conserve donc dans sa relation même. [...]
              C’est dans cette nature propre à ce qui est, et qui est d’être dans son être son propre concept, que réside tout simplement la nécessité logique ; elle seule est le raisonnable et le rythme du tout organique ; elle est tout autant savoir du contenu, que le contenu est concept et essence – ou encore : elle seule est le spéculatif. La figure concrète, en se mouvant elle-même, fait d’elle une déterminité simple, et par là s’élève à la forme logique et est dans son essentialité ; son existence concrète n’est que ce mouvement et est immédiatement existence logique. »
              Hegel, SdL
               


            • Choucas Choucas 7 janvier 23:06

              http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/?p=1290
               
              (accepter le pb de certificat)
               
              Un site d’une extraordinaire richesse. Jacques Darriulat a été professeur à Paris IV et en lettres supérieures au lycée Henri IV. Spécialiste de philosophie esthétique, il met en partage les leçons qu’il a prononcées sur une trentaine d’années. Grâce à lui la lecture des grands auteurs et en particulier Kant et Hegel s’en trouve facilitée. Si dessous, le plan général du site qui permet d’accéder à tous les articles proposés.


              • Choucas Choucas 9 janvier 11:57

                KANT ET ADORNO
                 
                http://pensee-radicale-en-construction.overblog.com/la-critique-de-la-pens%C3%A9e-rationaliste-des-lumi%C3%A8res-chez-adorno-et-horkheimer-norbert-trenkle

                http://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1983_num_69_1_2138 (Tertulian)
                 
                (la dialectique négative, la dialectique de la raison, Adorno Horkheimer)
                 
                (l’Odyssée vu par Adorno c’est marrant, 1ère partie LDdlR)
                 
                 
                « La structure fondamentale, figée en dualisme, du modèle kantien de la critique de la raison, redouble celle des conditions de la production dans lesquelles les marchandises tombent des machines, comme ses phénomènes du mécanisme cognitif ; où le matériau et sa propre déterminité sont en face du profit aussi indifférents que chez Kant qui fait matricer ce matériau. Le produit fini doté d’une valeur d’échange ressemble aux objets kantiens produits subjectivement et acceptés par lui comme objectivité. La permanente reductio ad hominem de tout ce qui apparaît, apprête la connaissance en vue des fins d’une domination interne et externe ; son expression suprême est le principe de l’unité, emprunté à la production, décomposée en tâches parcellaires »
                 
                La dialectique négative, T. Adorno et ses homologies.
                 

                « L’hostilité au bonheur de la pensée critique officielle est surtout sensible dans la dialectique transcendantale de Kant, qui voudrait pérenniser la limite qui sépare l’entendement et la spéculation, et empêcher, comme l’exprime cette métaphore caractéristique, ‘le débordement dans le mondes intelligibles’.
                Si la raison, qui se critique elle-même, doit avoir chez Kant les deux pieds sur terre, se fonder elle-même, elle se forme hermétiquement, selon son principe le plus profond, contre toute espèce de nouveauté [fixité des catégories, séparation des objets], et contre la curiosité également dénoncée par l’ontologie existentielle [le sujet est inconnaissable], qui est le principe de plaisir de la pensée.
                Ce que Kant reconnaît dans le contenu de ses écrits comme finalité de la raison, l’instauration de l’Humanité, l’utopie, est interdit par la forme, par l’épistémologie qui ne permet pas à la raison de dépasser le domaine de l’expérience, réduit par le mécanisme des simples matières et des catégories invariables à ce qui a toujours été.
                Mais l’objet de l’essai, c’est la nouveauté en tant que telle, qu’on ne saurait traduire en l’assimilant à du passé, à des formes existantes. »
                 
                Notes sur la littérature. T. Adorno


                • Olivier 9 janvier 12:24

                  « C’est pourquoi l’entendement ne saurait demeurer pur sans méconnaître les conditions dans lesquelles il doit exercer sa fonction. »


                  Soit, mais cela n’implique pas que cet entendement ne puisse arriver à une connaissance fiable du réel, au-delà même du filtre de notre appareil perceptif. 

                  Or toute la thèse kantienne est au fond le postulat de l’impossibilité d’une connaissance des objets « en soi » du fait de l’insuffisance supposée de notre sensibilité à en rendre compte de façon absolue. Tout cela pour en arriver à l’impossibilité d’une métaphysique qui prétendrait trouver une explication et une justification au réel, pente ô combien glissante pour l’athéisme philosophique de Kant.

                  Mais c’est une attitude d’idéologue. Il ne lui est pas venu à l’idée que nos sens sont justement le moyen de percevoir le réel, et non un obstacle qui empêcherait de voir le réel !

                  • Choucas Choucas 9 janvier 16:56

                    @Olivier
                     
                    La 1ere aporie qu’a relevée Jacobi : parler de « chose en soi » qui existent dont on ne sait rien...
                     
                    Quand à la pente glissante elle a été vue par tous les bords (voir au dessus)
                     
                    « Le kantisme a les mains pures mais il n’a pas de main » Péguy

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