• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > La gouvernance mondiale : arme absolue d’asservissement des (...)

La gouvernance mondiale : arme absolue d’asservissement des peuples

En 1899, le futur académicien Emile Faguet anticipe dans ses Questions politiques, la mise en place d’un « gouvernement mondial » apatride spoliant les réels producteurs de richesses, manoeuvrant de « sa main souple, puissante et secrète » les peuples au gré de son seul intérêt, et auprès duquel la plus colossale possession territoriale d’autrefois apparaîtra comme une force « absolument insignifiante » ; un gouvernement n’ayant aucun idéal, ni moral, ni intellectuel, habile à instrumentaliser des hommes politiques dont il aura pris soin de s’assurer la dévotion ; un gouvernement considérant «  l’humanité comme un troupeau qu’il faut faire travailler, qu’il faut bien nourrir, qu’il faut empêcher de se battre et qu’il faut tondre »

 « La richesse territoriale n'est plus qu'un amusement de quelques grands seigneurs, mais la vraie richesse est tout entière mobilière. Elle consiste à avoir une part dans une grande entreprise, ou une créance soit sur une grande entreprise, soit sur un État. Cela veut dire que tout, maintenant, se fait par grande entreprise ou socialement ; cela veut dire qu'autrefois le producteur travaillait pour lui-même, pour ses voisins ou pour le marché proche ; que maintenant le marché est universel et que le producteur travaille pour ce marché universel ou pour l'État que, par conséquent, l'homme riche sera celui qui, a un des centres de ce marché universel, aura sa grosse part d'une des entreprises qui centralisent et puis distribuent la production, ou sera celui qui sera devenu le créancier pour une grosse somme soit d'une de ces entreprises, soit d'un État.
 
 « Au-dessus de lui, sera plus riche encore l'homme qui se sera aperçu que cette richesse « mobilière » est extrêmement « mobile » ; que ces « actions ou « créances » étant des valeurs de crédit, ont une valeur très différente selon les circonstances favorables ou défavorables à telle entreprise ou à tel État ; que l'on peut par conséquent les acheter bon marché et les vendre cher, spéculer sur leurs fluctuations ; et qu'ainsi le véritable riche n'est pas le possesseur du sol, n'est pas le producteur, n'est pas même le détenteur d'un grand nombre d'actions d'une grande entreprise ; mais celui qui, sans posséder le sol, sans rien produire, sans participer à une grande entreprise, participe à toutes, en passant de l'une à l'autre, ou plutôt en faisant passer rapidement par ses mains la force vive de chacune d'elles et en gardant, à chaque fois, une petite portion. Celui-ci, c'est le spéculateur, c'est le grand financier, le régulateur, le directeur, le roi du marché universel, et, à très peu près, le roi du monde moderne. Auprès de ce qu'il est, la plus colossale richesse territoriale d'autrefois est une quantité, c'est-à-dire une force, absolument insignifiante.
 
 « Ce nouveau roi du monde, en pesant sur les centres du marché universel centralisé, pèse sur toutes les transactions de la planète. Son métier est précisément de les prévoir pour les gouverner, car là surtout gouverner c'est prévoir, de les diriger, de les aiguiller dans tel ou tel sens favorable à ses intérêts, de s'opposer de toute sa force, – et ici intervient le sacrifice pécuniaire, – à tel événement qui serait préjudiciable à telle combinaison fructueuse, de provoquer tel événement ou incident qui est favorable à tel projet. Il est donc forcé, ne le voulût-il point, d'avoir un pouvoir politique ; il l'a, par son argent, créant des journaux, tuant par la concurrence les journaux qui lui seraient hostiles, pesant ainsi sur les élections et par suite sur le gouvernement et sur la politique tout entière ; faisant les frais des élections d'hommes politiques qu'il aura désormais à sa dévotion ; plus souvent, et plus facilement, circonvenant, soit par rétribution directe et brutale, soit par les innombrables services que l'homme riche peut rendre à l'homme pauvre, le député une fois nommé ; glissant partout, dans les bureaux de rédaction, dans les comités électoraux, dans les commissions parlementaires, dans les bureaux des ministères, sa main souple, puissante et secrète, qui souvent fait agir, et énergiquement, des hommes à cent lieues de savoir qu'ils agissent par elle.
 
 « Il n'est pas vrai encore, il le sera demain, que, sous tous les gouvernements officiels de la planète, il y a des gouvernements occultes qui dirigent tout sans paraître et qui élaborent la vie politique sans qu'il semble qu'ils s'y mêlent. Il ne sera pas vrai demain, mais il le sera après-demain peut-être, que sous tous les gouvernements officiels de la planète, il y a un seul gouvernement qui mène le monde et qui tient, sans montrer ses doigts, tous les rouages, tous les leviers d'aiguilleur, tous les fils et toutes les ficelles. Ce gouvernement en voie de formation n'a aucun idéal, ni moral, ni intellectuel. Il n'est ni bon ni méchant. Il considère l'humanité comme un troupeau qu'il faut faire travailler, qu'il faut bien nourrir, qu'il faut empêcher de se battre et qu'il faut tondre. Il est essentiellement pacifique, dévoué à l'ordre matériel, et insoucieux de tout progrès intellectuel, artistique ou moral. Il ressemble trait pour trait à l'empire romain. Comme lui il veut « la paix romaine » et le monde tranquille dans une concorde et une unité toutes matérielles ; comme lui il est international, ne tient pas à une capitale plutôt qu'à une autre, regarde toutes les nations du même oeil, ne favorise nullement la prédominance de l'une sur l'autre, n'a pas de patrie, et tend, sans du reste s'en inquiéter, à exténuer dans le monde l'idée de patrie comme lui il est rebelle aux innovations de l'ordre intellectuel ou moral, et s'il naissait un nouveau christianisme, le verrait s'élever avec déplaisir. »
 
(Extrait de Questions politiques, paru en 1899)
 
Image : Émile Faguet
 
© La France pittoresque
Web : http://www.france-pittoresque.com
Magazine : http://www.magazine-histoire.com
Facebook : http://bit.ly/gtwKCc

Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • DUCATI 8 janvier 2011 13:48

    Je vois dans la description d’Emile l’empire Chinois dans lequel le pouvoir gère tout et tous dans un cadre économique capitalistique.
    c’est pour être cela 


    • JL JL 8 janvier 2011 15:26

      Excellent article qui me fait dire que Malraux s’est trompé, et nous a trompés !

      La bonne formule est : « les guerres du vingt-et-unième siècle seront religieuses ou ne seront pas ».

      Ce gouvernement mondial, s’il arrivait à éradiquer les nations et les entités politique par la globalisation, n’arriverait jamais à éradiquer les croyances religieuses : un monde globalisé laïc est au delà de toute espérance.

      Si bien que ce n’est pas vers un gouvernement mondial que nous nous dirigeons, mais vers un retour au Moyen Age. Et Régis Debray le dit bien par cette formule : « Quand l’Etat est à la baisse les féodalités sont à la hausse  ».


      • millesime 8 janvier 2011 16:45

        Le monde est dirigé par toutes autres personnes que ceux qui nous gouvernent (Disraëli)
        http://millesime.over-blog.com


        • jef88 jef88 8 janvier 2011 17:46

          "un gouvernement n’ayant aucun idéal, ni moral, ni intellectuel, habile à instrumentaliser des hommes politiques dont il aura pris soin de s’assurer la dévotion"
          Cela existe !
          A la commission de Bruxelles !!!


          • Capone13000 Capone13000 8 janvier 2011 22:41

            Ce gourvenement mondial ne marchera pas, pas plus que l’union européenne, seule une dictature mondiale pourra l’imposer.
            Je vous invite à visionnez les conférences de Francois Asselineau de l’UPR pour comprendre les lois de l’entropie et pourquoi les empires finissent toujours pas s’effondrer


            • Gargantua 1er septembre 2011 23:54
              Quand un occultiste de renommée mondiale évoque la « main anonyme et vagabonde »…

              « Tout groupe social, comme tout être humain a des organes visibles et invisibles. Pendant que les lois actuelles sont appliquées, d’autres lois s’élaborent en secret quelque part…

              A côté de la politique nationale de chaque Etat, il existe des organismes peu connus de politique internationale… […] [Les grands enjeux mondiaux] se posent dans ces conseils internationaux auxquels prennent part, non pas des politiciens de carrière ou des ambassadeurs galonnés, mais quelques hommes modestes, inconnus, quelques grands financiers supérieurs, par leur conception large des actions sociales, aux politiciens orgueilleux qui se figurent, une fois ministres éphémères, gouverner le monde ». (Papus – Revue Mysteria – avril 1914.)

              Papus, est plus connu sous le nom de Dr Encausse. Le site Wikipedia en dit très peu mais suffisamment pour comprendre que Papus était une très haute pointure des sciences occultes.

              Faut-il s’étonner de l’impuissance apparente des pantins politiques dans la crise actuelle, dirigée avec maestro par ces personnages peu connus du grand public et qui décident dans « ces conseils internationaux auxquels prennent part, non pas des politiciens de carrière ou des ambassadeurs galonnés, mais quelques hommes modestes, inconnus, quelques grands financiers supérieurs ». La force de ce groupe d’individus, c’est l’aveuglement, malheureusement coupable de la grande majorité de nos contemporains qui peinent à croire ce qui, pourtant, est aveuglant.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON









Palmarès



Partenaires