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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Les chiffres sur les réserves de pétrole sont faux !

Les chiffres sur les réserves de pétrole sont faux !

Le quartier général de l’Aramco, à Dhahran, est un immeuble de verre construit à proximité du désert. Les visiteurs ont droit à la projection d’un film, sur écran géant, dont le commentaire affirme : « Nous fournissons ce que le monde demande chaque jour. » Une déclaration désormais obsolète. En écho, un responsable de l’Aramco prédit, en exigeant l’anonymat : « Le monde a pu jusqu’ici compter sur l’Arabie Saoudite, mais je ne vois pas combien de temps encore une telle situation pourra durer. »

Les experts de l’Aramco ont estimé à 10,15 millions de barils/jour la capacité de production du pays en 2011. Or, selon le ministère américain de l’Energie, le royaume, pour répondre aux besoins mondiaux, devra extraire 13,6 millions de barils/jour en 2010 et 19,5 millions de barils en 2020.

Seul problème : l’ensemble de ces projections est dépourvu de toute fiabilité. La production saoudienne à cette époque sera nettement inférieure, tandis que la demande mondiale, elle, aura explosé et dépassé les estimations prévues.

J’ai fait un constat effarant en progressant dans mon enquête : les chiffres concernant l’ampleur réelle des ressources pétrolières mondiales sont faux, qu’ils émanent des pays producteurs ou des compagnies pétrolières. Une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers ; les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur rentabilité. Les gouvernements des Etats consommateurs, en fermant les yeux, évitent l’impopularité. De plus, le prix du pétrole payé par les consommateurs constitue un véritable transfert de richesse pour les Etats, à travers les taxes. En France, le montant des taxes sur le pétrole, si on ajoute la TVA, dépasse 75 %.

Parler de pétrole et vouloir prendre des mesures courageuses et nécessaires est un exercice extrêmement risqué pour tout homme politique. Jimmy Carter déclara à l’opinion publique américaine que réduire la dépendance envers le pétrole étranger était « l’équivalent moral d’une guerre ». Messager porteur de mauvaises nouvelles, il ne fut pas réélu.

En examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, je fais une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65 %, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards de barils en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils. Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à ce nouveau système d’évaluation, les réserves prouvées de l’Arabie saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50 %. Pour l’Emirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988 ; quant à l’Irak, les 49 milliards de barils de 1985 deviennent 100 milliards en 1988.

Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus.

Nicolas Sarkis m’a fourni de nouvelles données qui concernant cette fois l’Iran. Téhéran a publié en 2003 une réévaluation de 35,7 % de ses réserves, les portant de 96,4 milliards de barils à la fin 1999 à 130 milliards à la fin de 2002. Pour les autorités iraniennes, cette réévaluation phénoménale serait justifiée par l’amélioration du taux de récupération de pétrole. Un argument qui suscite une profonde incrédulité chez tous les experts. Ces exagérations sont d’autant plus faciles que les réserves « prouvées » sont inventoriées par les Etats producteurs et les compagnies pétrolières, et que ces chiffres sont publiés chaque année par les deux annuaires de référence de monde pétrolier, BP Statistical Review et Oil and Gas Journal, qui ne s’interrogent jamais sur la fiabilité et la réalité de ces informations.

46 % des ressources sont fausses

Selon Colin Campbell, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont « douteuses », sinon « fausses ». Et face à cette réalité les gouvernements sont, selon lui, pathétiquement mal informés et mal préparés.

Pendant longtemps, cet ancien géologue britannique fut une voix soigneusement marginalisée et même étouffée par les grandes compagnies pétrolières. Parce que dangereux et compétent, ou plutôt dangereux parce que compétent.

Ses analyses, solidement étayées, sur l’imminence d’un déclin pétrolier ont fait voler en éclats les discours et les vérités officiels. Il a créé l’ASPO, l’Association pour l’étude du pic pétrolier, qui regroupe d’anciens géologues et responsables de la prospection au sein des groupes pétroliers. Campbell a travaillé comme géologue pour Texaco, BP et Aramco, avant de devenir président de Nordic American Oil Company, puis consultant pour Statoil, Mobil, Amerada, Shell, Exxon. C’est donc un homme du sérail devenu un dissident. A ses côtés, le Français Jean Laherrère, qui travailla pendant trente-sept ans pour Total et fut longtemps le responsable des techniques d’exploration du groupe.

Pour ces hommes, la falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique. Campbell affirme : « Si les chiffres réels étaient connus, ce serait la panique sur les marchés financiers. » Laherrère ajoute : « Aujourd’hui, il est impossible pour un pétro-géologue de parler ouvertement du pic pétrolier s’il n’est pas à la retraite. » Pour traiter rigoureusement la question des réserves, selon les deux hommes, il faudrait abandonner la notion de « réserves prouvées », « probables » ou « estimées » actuellement en vigueur, au profit de « réserves récupérables à terme », c’est-à-dire la quantité totale de pétrole qui pourrait être extraite d’un gisement. Sur certains puits forés, 40 % du pétrole existant ne sont pas pompés, en raison souvent de difficultés techniques.

Commentant les manipulations des montants exacts de leurs réserves par les pays producteurs, Laherrère estime : « Les chiffres officiels des réserves pétrolières sont loin d’être des données purement scientifiques. C’est le reflet d’un patrimoine financier que les Etats valorisent ou déprécient, selon leur intérêt du moment. »


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66 réactions à cet article    


  • Hakim I. (---.---.29.67) 1er juin 2006 10:38

    Excellent article. Merci.


    • Guillaume AGNELET (---.---.1.212) 1er juin 2006 11:02

      Constatons : L’équilibre PHYSIQUE de notre Civilisation mondiale est basée sur des idées !!!

      Ce que l’on croit, ou ce que l’on ne croit pas peut provoquer des cataclysmes boursiers, donc économiques,... aux conséquences BIEN REELLES !!

      Comment la civilisation dans sont ensemble, c’est a dire l’ensemble de ses membres, peut faire pour acceder à la réalité ? Si les experts auquels la civilisation délègue le diagnostique, sont fragiles au point de mentir à toute une civilisation !!! sous la contrainte de perdre leur emploi ?

      L’independance des experts apparait alors primordial.

      Mais surtout, la CONFIANCE qui leur est accordée !!

      A qui devons nous faire CONFIANCE !!!!

      CAR TOUT EST DANS CETTE PHRASE !!

      Nous DEVONS faire confiance, car nous NE POUVONS PAS etre omniscient !!!

      Nous DEVONS FAIRE CONFIANCE !!!

      MAIS A QUI ????


      • Rocla, (---.---.124.126) 1er juin 2006 16:53

        C’ est justement ce qui est rigolo,

        On a de grands chercheurs ,de grands scientifiques,etc.. qui nous disent ceci,cela.. pour finalement que l’ on s’ aperçoive que la civilisation mondiale est basée sur des idées, on vit sur du virtuel,des élucubrations,des chimères,une vue de l’ esprit, C’est fantastique et ça me plait beaucoup,j’ ai toujours pensé que tout est tellement dérisoire,joli exemple...

        A force d’ avoir une garantie d’ un an,piece et main d’ oeuvre pour un aspirateur,on voudrait être garanti pour tout.

        Bidonnons nous,en attendant...

        Rocla


      • Guillaume AGNELET (---.---.81.51) 1er juin 2006 17:34

         smiley

        D’un certain point de vue, c’est rigolo effectivement...

        L’abscence de garantie fait partie de nos vies, et même de LA Vie.

        Qui garantie que cette gigantesque « expérience » qui s’appelle la VIE, qui a lieu depuis quelques milliards d’années sur notre planète... mène quelque part ??

        Pas moi !  smiley


      • CTZn (---.---.127.141) 2 juin 2006 03:49

        Vous vous souvenez que jusqu’au 10 septembre 2001 on ne parlait que de la récession américaine, c’est à dire de la fin de l’économie mondiale (et de sa 3ème guerre) ?

        Tout celà n’est que partie remise, on n’aura pas le temps de fumer des clopes sans goudron que celui qui tapisse nos rues nous aura cuit et étouffé, si toutefois nous survivons au feu nucléaire... Et pourtant quel bon monde que celui sans pétrochimie, cause de (presque) tous les cancers ...

        Une bonne économie de guerre, y’a que ça de vrai : (

        Q : que restera-t-il au pays producteurs/consommateurs quand ils n’auront plus de pétrole (càd avant que je sois grand-père) ?

        R : Des armes...

        Oui, je vous le dit, rions maintenant !


      • moniroje (---.---.246.62) 1er juin 2006 12:09

        Article intéressant certes, mais attention toutefois : l’auteur découvre que de 1982 à 1991 nos réserves ont connu une croissance vertigineuse de 65% sans qu’aucune découverte etc. et suggère que c’est dû à une nouvelle façon de calculer pour masquer, tricher avec les chiffres.

        Certes, c’est fort possible qu’« ils » aient agi ainsi.... Mais je peux témoigner en tant que géologue pétrolier à la retraite que à cette époque, on avait fait de sacrés progrès !! On forait de plus en plus profond en mer !! on avait appris aussi à récupérer plus de pétrole qu’avant et on savait qu’on avait sous la main des gisements abandonnés qui deviendraient à nouveau productifs. On pouvait forer à l’horizontale ! on venait de découvrir les gisements énormes de Russie. Et en Chine, l’exploration était prise de frénésie...

        Alors, ... toutefois, l’article a sans doute raison et on imagine volontiers un gouvernement gonfler ses chiffres de production pour accroître son importance... Ou tous pays producteurs et sociétés pétrolières tricher pour retarder une catastrophe financière. Donc en ce domaine comme partout, la confiance que vous recherchez me paraît bien utopique. Il faudrait que « 60 millions de consommateurs » mette son nez en cette affaire. ou la Cour des Comptes.

        Perso je suis partagé entre deux faits : en ma prime jeunesse, je lisais dans un Science et Vie qu’il n’y aurait plus une goutte de pétrole en l’an 2000.

        Deuzio : aujourd’hui où la Chine a une voiture pour 15 habitants et espère atteindre le score de la France : une voiture pour deux habitants ; alors là, on va la siphoner, notre planète !!!! où je découvre qu’on exploite les sables bitumineux (à la fac, j’apprenais que cette ressource était en dernier ressort) ; où les constructeurs automobiles ont mis au point la voiture à hydrogène mais disent que ça peut attendre encore (évidemment, tant que la pétrole peut encore rapporter des sous), je pressens que nous allons utiliser notre pétrole restant à meilleur escient qu’en énergie polluante et rouler avec autre chose que de l’essnce ou du gazole.


        • gem (---.---.117.249) 1er juin 2006 12:16

          @guillaume.

          commentaire bien meilleur que l’article.

          Réponse : on doit faire confiance à ceux qui auraient pu nous tromper et qui ne l’ont pas fait. C’est, heureusement, la grande majorité. Sauf sur la scène médiatique, de toute évidence...


          • éric (---.---.166.26) 1er juin 2006 12:49

            La fin du pétrole nous obligera à revoir l’organisation de notre système économique mondial et c’est tant mieux !


            • Mathieu (---.---.49.160) 1er juin 2006 13:27

              Et oui, nous vivons dans une société basée sur des chiffres, des chiffres qui n’ont aucune valeur réelle. Un mauvais chiffre et hop, tout s’écroule... Pas mal pour une civilisation évoluée !


              • Antoine LE VRAI (---.---.26.110) 1er juin 2006 13:50

                En effet l’évaluation du stock gisement-pétrole a de forte chance d’être faux.


                • Antoine LE VRAI (---.---.26.110) 1er juin 2006 13:52

                  Un réflexion à faire aussi : « Où sont passés les pétro- dollars et à quoi servent-ils ? »


                • Antoine le FAUX (---.---.1.121) 1er juin 2006 15:48

                  @Antoine LE VRAI

                  « Un réflexion à faire aussi : »Où sont passés les pétro- dollars et à quoi servent-ils ?«  »

                  1. Dans la poche de politiciens et de journalistes occidentaux.

                  2. A ce qu’ils travaillent en faveur des pays pétroliers.


                • Antoine LE VRAI (---.---.245.246) 1er juin 2006 16:22

                  @ANTOINE LE FAUX

                  Vu que vous faites le clone à défaut de faire le clown..., je vous propose un coloriage magique.


                • Antoine (---.---.245.246) 1er juin 2006 16:26

                  @ANTOINE LE FAUX

                  En fait, c’est vrai, nous travaillons pour acheter du pétrole.

                  Quand au pétro-dollars, je vous ANTOINE LE FAUX de réfléchir un peu plus...QUIZZZZ !!


                • Antoine (---.---.245.246) 1er juin 2006 16:29

                  Merci de rectifier

                  Quand au pétro-dollars, je vous propose ANTOINE LE FAUX de réfléchir un peu plus...QUIZZZZ !!


                • CTZn (---.---.127.141) 2 juin 2006 03:55

                  «  »En fait, c’est vrai, nous travaillons pour acheter du pétrole.«  »

                  Et produire des armes, ne le négligez pas...


                • L'enfoiré L’enfoiré 1er juin 2006 16:09

                  Bonjour, Le bouquin d’Eric Laurent « La face cachée du pétrole » dont je faisais l’écho par son interview (cf.URL) annoncait haut et fort que tous les chiffres sur l’évaluation des disponibilités de pétrole était fausses. A+


                  • Dmx (---.---.8.124) 1er juin 2006 16:27

                    Cher L. Laurent,

                    J’ai beaucoup apprécié votre dernier livre "La face cachée du pétrole" pour ses aspects historiques et sur la géopolitique du pétrole. Mais je l’ai trouvé un peu évasif sur les conséquences économiques et géopolitiques de "Peak Oil".

                    Je vous invite à lire le texte de Dale A. Pfeiffer « Eating fossil fuels » et les analyses de D. Pimentel. J’en ai fait la traduction suivante :

                    http://dlarchey.free.fr/eatingoil.pdf

                    Je sais qu’il est difficile de parler vrai dans le domaine que vous abordez sans être immédiatement caricaturé ou traité de cassandre. Vous vous en êtes bien sorti chez Moati. Mais continuez ! Les français peuvent et doivent comprendre le monde dans lequel ils vivent s’ils veulent être capable de définir une politique énergétique et industrielle sensée et soutenable. Vous semblez avoir pris conscience de ce qui se joue actuellement : c’est la guerre mondiale pour les ressources. Nous devons refuser d’y participer sous peine d’y perdre nos valeurs démocratiques et notre âme.

                    Je vous invite à mettre en parallèle vos deux derniers ouvrages « La face cachée ... » et vous poser la question suivante : Peak Oil est-il un danger suffisament grand pour les USA qui justifierait la mobilisation impériale, si besoin est par la duperie et le meurtre de sang froid ? Puis, lisez les travaux de Mike Ruppert.

                    Bravo pour ce que vous avez déjà fait et votre singularité dans l’univers très médiocre du journalisme français.


                    • Dmx (---.---.8.124) 1er juin 2006 16:30

                      Désolé pour la typo sur le nom. Je voulais bien-sûr écrire E. Laurent et pas L. Laurent.


                    • snapshot (---.---.222.13) 1er juin 2006 16:30

                      Allez voir « Oléocène, le site dédié à la fin de l’âge du pétrole » (URL déjà donnée sur Agoravox, dans un précédent article) : http://www.oleocene.org/. On y donne les estimations des différents spécialistes sur la date du pic de production.

                      Et à ceux qui croient que nous en avons terminé avec les énergies polluantes, lire cet article publié ici-même : « La fin du pétrole, une bonne affaire pour l’environnement ? ».


                      • Olive (---.---.194.69) 28 février 2007 01:04

                        Un complément d’information à voir ici : Fin progressive du pétrole

                        Les réserves de pétrole ont été surestimées, le volume des nouvelles découvertes est depuis longtemps inférieur à celui de la production, la décroissance de la production peut être très rapide comme le montre la Norvège, la Grande-Bretagne, l’Australie.

                        La diminution de la production mondiale du pétrole, c’est pour 2007 ou 2008. Selon une estimation raisonnable, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans.


                      • JiPi (---.---.181.168) 1er juin 2006 16:41

                        Lors des premiers chocs pétroliers pendant les années soixante-dix, on nous a dit et redit que l’augmentation régulière du prix du baril permettrait de garantir les financements nécessaires à la découverte et la mise en exploitation de nouveaux gisements toujours plus coûteux. Pendant environ 25 ans, cela s’est vérifié.

                        Or depuis environ une dizaine d’année, une rupture semble s’être opérée. Le baril a fortement augmenté sans que le niveau de production en profite.

                        Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus de pétrole à découvrir, ou alors que le prix actuel est encore trop bas pour stimuler les investisseurs ?

                        Autrement dit, sommes-nous déjà rationnés ou confrontés à une montée des enchères ?


                        • Forest Ent Forest Ent 1er juin 2006 18:51

                          « Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus de pétrole à découvrir, ou alors que le prix actuel est encore trop bas pour stimuler les investisseurs ? »

                          ... ou bien que le prix n’a pas été élevé pendant assez longtemps pour qu’ils aient une visibilité suffisante sur le retour des investissements énormes qu’il faut consentir.


                        • JiPi (---.---.181.231) 2 juin 2006 02:15

                          Soit, mais vu les profits record engrangés par les principales compagies du secteur, je doute fort que ce soit la vraie raison de leur immobilisme financier.

                          Donc l’épuisement des ressources en serait la cause réelle et dans ce cas, les compagnies pétrolières devraient prioritairement réinvestir dans le développement des énergies de substitution.

                          Mais je pense que ces gens-là préfèrent financer des guerres pour s’emparer de tous les gisements.

                          Le pétrole est au prix du sang. Et ce n’est qu’un début. Le Venezuela et certains pays producteurs d’Afrique auront à en souffrir, je le crains.


                        • jebthebear (---.---.3.72) 1er juin 2006 19:07

                          Les personnes que je connais, travaillant sur des plateformes pétrolières, m’ont toujours dis que les réserves du pétrole étaient truquées (pratiquement depuis que j’ai l’age de comprendre le sujet). Il est donc naïf de croire que nos dirigeant se font berner : les plus « aware » d’entre eux le savent très bien, et depuis bien longtemps.

                          Ce qui me fais un peu plus « peur » paradoxalement, c’est de voir que l’état autorise (enfin) les véhicules hybrides... Pourquoi maintenant au juste ? Il y a de cela qq années, un francais avait voulu monter une boite permettant aux véhicules (car et autobus compris) de rouler au colza : il s’est fait proprement shooté admnistrativement par le gouvernement ! Tu m’étonnes, les taxes sur le colza monteront difficilement a 75/80% !!

                          Aussi, sachant que lorsqu’il s’agit des recettes de l’état, il n’y a plus de « patriotisme économique » (terme et surtout principe qui me gonfle) qui tienne, pourquoi autorisent ils aujourd’hui des véhicules pouvant rouler sans essence ? La technologie est deja bien huilée au Brésil et en Asie, donc tintin pour l’industrie tricolore sur les brevets...

                          Aussi, il n’y a pas de raison particulière sauf peut etre d’avoir peur de voir l’imposture des reserves pétrolières dévoilée au grand jour d’ici qq mois ? Cela fait un peu parano mais sachant que les politiques calculent presque toujours tout ce qu’ils font...

                          A voir... Sinon, @Mathieu et Guillaume Agnelet > « L’abscence de garantie fait partie de nos vies, et même de LA Vie. » « Et oui, nous vivons dans une société basée sur des chiffres, des chiffres qui n’ont aucune valeur réelle. Un mauvais chiffre et hop, tout s’écroule... Pas mal pour une civilisation évoluée ! »

                          De tout temps, l’homme a voulu tout maitriser, tout comprendre, afin de se rassurer (mécanisme totalement humain et « inné ») : comment se sentir tranquille dans un monde soumis au hasard sinon ? Pourtant, plus la science (maths et physique notamment) avancait, et moins on avait de réponse : la physique dite classique de Newton nous a longtemps fait vivre dans ce carcan rassurant, jusqu’au jour ou la physique quantique est apparue (ya plus d’un siècle quand meme), et prouvée (par Alain Aspect en 1982, cocorico !) : nous sommes désormais officielement dans un monde soumis au hasard, mais cela va a l’encontre du désir humain ! Aussi avons nous besoin de cacher certaines infos, certaines valeurs, au profane.

                          Le problème, c’est quand cet obscurantisme est voulu pour vous plumer ! C’est ce qui se passe depuis des années sur les réserves pétrolières, mais aussi tous les jours dans le monde de la finance (le mien) : qui sait qu’en septembre 1998 (on désaoulait a peine de notre titre de champion du monde) la planète finance (et donc les états les plus riches) a été a deux doigts de se planter magistralement ?? La faute à LTCM, une boite de petits cons (dont deux « prix de la Banque de Suede d’économie en la mémoire d’Alfred Nobel », soit un prix Nobel qui n’en a pas le nom) se prenant pour les maitres de l’Univers qui avaient joué plusieurs centaines de Md de dollars sans en avoir plus de 10% en poche : badaboum, ils se sont vautrés mais l’argent qu’ils perdaient n’existait pas ! Krasch mondial ? Oui, sauf que la « Fed » a pris les reines et a réussi a sauver les meuble in extremis... C’est passé totalement inapercu, circulez ya rien a voir.

                          Aussi, dire qu’on vit dans un monde d’idée et de chiffre (modélisant ces idées) est absolument vrai, puisque d’un coté la physique nous l’impose, et de l’autre, les puissants (les plus malhonnetes d’entre eux) nous racontent ce qui est rassurant a nos oreilles... Tout en oubliant pas d’en tirer profit bien sur !

                          Bienvenue dans la vie .com ! Mais ya rien de nouveau sous le soleil !!

                          Jeb


                          • NORMAND (---.---.221.104) 1er juin 2006 20:56

                            A quoi cela me servirait de savoir que l’arabie saoudite n’a pas 130 milliards de barils mais juste 90 milliards ? D’autant plus qu’on me dit que tout le monde triche. Soit ! l’arabie saoudite me ment puisqu’elle n’a pas autant de pétrole qu’elle le dit. Mais c’est pareil pour Shell, le Vénézuela, Amoco. Peut-être même qu’on pourrait penser qu’ils ne mentent pas puisqu’ils n’en savent rien ou tellement peu. C’est vrai, ce ne sont que des chiffres. Quantifier n’est pas tellement important. Tout le monde sait que ce n’est pas une ressource éternelle et qu’on devra la payer de plus en plus cher


                            • Rocla, (---.---.124.126) 1er juin 2006 21:01

                              Derrière ça l’ autre naze Enarque ou sciences mécouilles de chez Vivendi,vient nous éxpliquer qu’il lui faut pour sortir de sa boîte,je ne sais combien de millions d’ euros,faudrait-il pas l’ envoyer dans un autre monde voir si nous y sommes ?Ce connard d’ abruti,qu’ a-t il d’ humain pour prétendre à ça ?De combien a -t- il enrichi réellement sa société ? Et s’ il l’ a enrichi ,était ce la sienne dE société ? C’ est logique qu’ avec des enfoirés de son genre notre société parte en couilles. Les mecs qui prétendent percevoir Dix« mille » fois plus que les autres sont des malades et il faut les enfermer.

                              Rocla


                              • parkway (---.---.18.161) 2 juin 2006 14:42

                                t’y va pas par quatre chemins !

                                mais vrai, les coups de pieds aux culs se perdent !


                              • alex (---.---.75.207) 1er juin 2006 21:11

                                Je ne sais pas s’il est bien prudent de supposer qu’il y aurait une espèce de conspiration du silence pour cacher la vérité à propos des réserves pétrolières mondiales. Pour avoir étudié en détail le secteur, je peux dire que les estimations de disponibilité de pétrole ont toujours été très imprécises. Dans les années 1920, le prix Nobel de Chimie Svante Arrhénius prédisait déjà la fin du pétrole pour les années 1930... Il est certain que le pétrole finira par s’épuiser et que nous aurons besoin de solutions alternatives si possible durables. Il est également établi que les techniques d’exploitation évoluant, le rendement que l’on peut espérer d’un gisement augmente (car nous ne pouvons pas extraire tout le pétrole présent dans une nappe pour des raisons techniques). Par conséquent, il n’est pas anormal d’avoir des variations de nos estimations dans le temps. Par ailleurs, selon les méthodes utilisées pour estimer les capacités, selon les hypothèses faites sur la productivité et la durée de vie de certains équipements, selon les modèles géophysiques utilisés, les estimations varient... Voila pour les points qui expliquent certaines des variations.

                                Maintenant, ce qui est absolument délirant c’est que les service officiels américains fassent sérieusement des prévisions de demande à 19 millions de barils par jour. Peut-être qu’il est temps pour l’administration US de s’éveiller un peu aux impératifs du développement durable... Et bien sûr c’est difficile à faire pour un pays qui vit au rythme trimestrialisé de l’existence imposé par les mutants de Wall Street.


                                • Antoine (---.---.17.198) 2 juin 2006 10:24

                                  @alex (IP:xxx.x1.75.207) le 1er juin 2006 à 21H11

                                  Oui, sans doute concernant votre remarque mais, je pense qu’il y a une différence entre affirmer que le stock est de x barils disponibles et d’appuyer cette affirmation à des fins politiques et économiques ou simplement reconnaître que les estimations de stock sont simplement difficile à établir.

                                  Cela sert une idée, non de faire croire que l’on sait ce que l’on ne sait pas trop bien. Et donc d’entretenir le sentiment unilatéral de surplus toujours disponibles, ceci entraîne alors une déresponsabilisation pour chercher des moyens alternatifs. C’est une sorte de dictature du mensonge.

                                  Oh, pas pour de noirs desseins, non pas vraiment, mais pour endormir les vélléités de changements responsables tant il y a de l’argent à la clé et tant il faut maintenir les choses en l’état.


                                • Alain (---.---.0.25) 1er juin 2006 21:17

                                  Peut-être un peu hors fil mais je n’arrive pas à trouver :

                                  Savez-vous où je pourrais trouver les sources d’approvisionnement en pétrole (les différents pays) des différentes compagnies pérolières ?

                                  Merci à ceux qui pourront me procurer l’info.


                                  • licos1 (---.---.88.180) 1er juin 2006 22:05

                                    On voit bien que les prévisions ne sont que des planifications spatio-temporelles : quota-consommé=> limite X ; quota-technique=> limite Y. Il est donc grand temps de développer la fusion ou en attendant le nucléaire avant que le lobby du pétrole n’ impose des prix exponentiels devant le goufre du vide ... des réserves pétrolières.


                                    • Graeme (---.---.70.211) 1er juin 2006 22:58

                                      Voici une carte des réserves de pétrole dans le monde. Elle a été réalisée à partir des données de L’Oil and Gas Journal.


                                      • NicoM (---.---.105.57) 2 juin 2006 07:36

                                        Et oui on nous méne en bateau depuis des années ! Mais bon on le veut bien. Il y a dèjà des années que des spécialistes parlent de la dérive des chiffres et du pic de hubert ! Alors, quand je lis dans cet article « j’ai découvert ... » je souris doucement. Vous n’avez pas peur de vous ridiculiser monsieur le journaliste grand reporter spécialiste du monde ... Vous pouvez lire le monde diplomatique de mai il vous donnera de nouvelles infos pour vos futur articles d’investigations. NIcoM


                                        • Le sondagophobe (---.---.126.57) 2 juin 2006 08:13

                                          J’ai l’impression de me retrouver en 1973-1974, lors du choc pétrolier, et d’entendre René Dumont, le premier candidat écologiste aux élections présidentielles.


                                          • xamence (---.---.125.110) 2 juin 2006 10:33

                                            Et les progres technologiques dans tout ça, sont-ils pris en compte ? L’article semble faire le point sur tes découvertes mais il ne fais que relancer un débat impossible é trancher sans une connaissance exhaustive du sujet. Il me paraît déjà important de dissocier politique commerciales et situation géographique ! Il me paraît effarant d’attendre des sociétés pétroliéres et les états producteurs de jouer gisement sur table, alors qu’aucun enjeu industrielle ne le fait ! Ensuite comment demander à des hommes de connaitre le niveau des réserves géologiques, quand les débats sur la couche d’ozone divergent ca ne choque pas grand monde mais quand les débats sont stimulé par les théories du mensonges issus de la présence des dollarrs tout le monde saute au plafond !!


                                            • Dmx (---.---.8.124) 2 juin 2006 12:00

                                              Les progrès techniques n’ont qu’un impact limité sur la courbe de production de pétrole d’un champ pétrolifère donné. Comme celà a été bien montré par C. Campbell dans le cas du champ du Prudhoe Bay en Alsaka, cela ne change pas fondamentalement la courbe de production. De plus, plus on décale le pic de production par des artifices techniques, plus la chute est vertigineuse après le pic, comme celà se produit en ce moment même dans les champs de la mer du Nord ou dans le champ de Cantarell au Mexique (prévision de baisse de production de 7% par an).

                                              Bien-sûr on peut augmenter le taux de recouvrement, c’est à dire la quantité de pétrole extractible d’un puit donné. Mais plus on essaye d’augmenter ce taux, plus cela coute en ENERGIE. Le pétrole qui reste est plus difficile à extraire et à raffiner. Savez-vous qu’en Arabie Saoudite, on injecte plus d’eau de mer dans les puits qu’on extrait de pétrole, pétrole lui-même pollué par le sel.

                                              Le résultat, c’est que même si on peut augmenter la quantité de pétrole extractible, le « nouveau » pétrole coûte beaucoup plus cher en argent mais surtout en ENERGIE. Et il reste toujours du pétrole dans un puit car il faudrait plus d’énergie pour l’extraire que celle qu’on obtiendrait : le pétrole n’est alors plus une source d’énergie mais juste un vecteur d’énergie ce qui est très différent. D’autres exemples de vecteurs sont l’hydrogène ou encore les bio-carburants.

                                              Le rapport clef, c’est le EROEI, "Energy Returned On Energy Invested". Il était très élévé pour les puits du Moyen-Orient (plus de 10 contre 1) mais est par exemple de 3 contre 1 voir moins pour les schistes bitumineux d’Alberta au Canada, ou ceux du Venezula.

                                              L’énergie n’est pas une commodité comme une autre. On ne peut pas transformer des dollars en pétrole, même si on dispose de milliards. Il faut que ce pétrole existe et qu’on dispose des moyens de l’extraire. Si on ne trouve pas de source alternative d’énergie abondante à court terme (10 ans), ce qui parait de plus en plus probable, notre modèle économique va s’effondrer car il POSTULE l’absence de limites à l’énergie disponible, et surtout la croissance perpétuelle de sa consommation.

                                              Vous vous demandez encore pourquoi les ultra-riches s’enrichissent et s’enrichissent encore ... ils préparent leur avenir.


                                            • JiPi (---.---.181.235) 2 juin 2006 12:29

                                              Constat implacable mais parfaitement lucide.

                                              Les cigales se font fourmis voleuses.


                                            • Adolphos (---.---.59.170) 3 juin 2006 02:28

                                              « On ne peut pas transformer des dollars en pétrole, »

                                              Si, avec du charbon.

                                              Vous en faites pas, votre délire sur la fin du capitaliste n’est qu’une des variantes connu depuis Marx.


                                            • zen (---.---.192.172) 3 juin 2006 12:25

                                              Prés pertinent, Dmx, là-dessus, toutes les études sérieuses convergent...

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