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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Noosphère, Patrice Van Eersel

Noosphère, Patrice Van Eersel

« Toute la question, à ce moment critique, est de veiller à ce que cette prise en masse des individualités s’opère non pas de façon “totalitaire”, pour user de ce mot nouveau venu d’Italie, dans une coagulation forcée et tyrannique des énergies humaines, mais dans ce que j’appellerais une “conspiration d’amour” animée par les forces de la sympathie. »

Pierre Teilhard de Chardin

« Toute la question, à ce moment critique, est de veiller à ce que cette prise en masse des individualités s’opère non pas de façon “totalitaire”, pour user de ce mot nouveau venu d’Italie, dans une coagulation forcée et tyrannique des énergies humaines, mais dans ce que j’appellerais une “conspiration d’amour” animée par les forces de la sympathie. »

Pierre Teilhard de Chardin

 

Le concept de Noosphère a été inventé et conceptualisé par Pierre Teilhard de Chardin et Vladimir Verdnaski au début du XXème siècle. Ils désignent ainsi la conscience collective émergent de l’odyssée de la matière/conscience et de son évolution vers toujours plus de complexité et de profondeur, mais aussi de verticalité. La noosphère est ce qui doit couronner l’anthropocène pour permettre à l’espèce de se transformer avant de s’annihiler…

Géologue, paléontologue, brancardier dans les tranchées au cours de la première guerre mondiale, darwiniste convaincu, et jésuite mis à l’index par le Vatican pendant toute sa vie, Pierre Teilhard de Chardin est un visionnaire au profil atypique. C’est dans les tranchées de la première guerre mondiale qu’il a la révélation d’un processus évolutif, mêlant le Christ et Darwin allègrement, qu’il ne cessera d’enrichir et de développer toute sa vie, combinant intuitions mystiques et un travail scientifique acéré et exigeant.

Vladimir Vernadski est lui aussi un scientifique de renom, dont l’amour pour la Vie et la science se prennent de plein fouet le bolchévisme et les troubles de ce début de XXème siècle. Lors d’un séjour en prison, alors que tout lui semble perdu, il a l’illumination de pouvoir toujours « s’appuyer sur l’infini » pour faire face aux vertiges de cette humanité en évolution dans le sang et la douleur. Il suivra cette voie lui aussi, sans confondre la maîtresse conscience/intuition du serviteur raison/dialectique et laisse un héritage scientifique riche et est encore considéré comme l’un des fondateurs de la géochimie moderne et de la biogéochimie. Il est aussi un des premiers à parler de l’activité humaine sur le climat, mais reste peu compris et entendu.

100 ans après, ce livre raconte la rencontre entre le jeune Sacha, persuadé de l’effondrement en cours de nos sociétés thermo industrielles et le narrateur qui tente d’ouvrir des perspectives constructives face à l’impensable. Bien que le livre soit relativement court, j’ai pris de nombreuses notes et il a été difficile de sélectionner lesquelles retranscrire ici, mais il y a sûrement de quoi donner envie de creuser !!! Les citations en italiques sont des extraits de livres et lettres de Teilhard de Chardin (TdC) ou de Vernadski, le reste, ce sont des citations du livre.

  • Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre américano-suisse initiée au feu de l’ouverture des camps de concentration en Pologne, puis projetée dans l’univers des grands hôpitaux américains, avait énoncé dans les années 1960 les cinq stades de l’agonie : le déni, la révolte, le marchandage, la dépression, l’acceptation. Le déni : je refuse de voir que je vais mourir, ou que tu vas mourir. La révolte : en prendre soudain conscience me met hors de moi, je veux tout casser, l’hôpital, les responsables politiques, ma famille, Dieu. Le marchandage : je négocie, je procrastine, je repousse l’échéance le plus loin possible, tous les arguments sont bons. La dépression : ça y est, j’ai compris, c’est fichu, je m’effondre. L’acceptation enfin… du moins parfois, pour ceux qui ont de la chance, stade que l’on peut considérer comme miraculeux, ou juste philosophique : acceptant que mon ego disparaisse, la contemplation de ce qui me dépasse infiniment illumine ma fin, et cela change tout pour moi, mais aussi pour ceux qui m’entourent, m’accompagnent, me pleurent – comme s’il y avait quelque chose « après », même pour ceux qui ne croient pas à la survie d’une conscience post-mortem.
  • Être lucide sur ce qui se passe ne doit en aucun cas nous empêcher de célébrer les forces de la vie, de la joie, du bonheur. Rester humain quoi qu’il arrive, voilà notre tâche. Et procréer en fait partie. De façon raisonnable bien sûr, il ne s’agit pas d’aggraver la surpopulation ! Ni de faire de l’enfantement une obligation…
  • Tout d’abord, ces gens, bien qu’en général d’idéologie libertaire, m’ont lavé d’une première grande illusion : ce n’est pas la finance digitalisée, ni le capitalisme, ni la révolution industrielle qui ont commencé à foutre en l’air la biosphère terrestre. Le mal a débuté bien plus tôt, au minimum au Néolithique, c’est-à-dire à l’âge où les humains se sont peu à peu sédentarisés, élevant des animaux domestiques et cultivant des plantes. Pourquoi croyez-vous que ce qu’on appelait le « Croissant fertile », au Moyen-Orient, soit devenu un désert ? Ce n’est pas l’industrie pétrolière qui en est la première responsable. Ce sont des générations de paysans qui ont surexploité les terres et épuisé l’humus, dès l’Antiquité. L’Afrique du Nord aussi était couverte de forêts. Croyez-vous que ce soit le changement climatique qui les ait ravagées ? Le processus s’est enclenché avec les Romains, qui avaient besoin de bois pour leur flotte. À entendre les scientifiques dont je vous parle, nos ancêtres paysans ne connaissaient pas les lois du vivant aussi bien que nous l’imaginons. Mais ces beatniks savants remontaient bien plus en arrière dans le temps : aussi loin que nous regardons, il semble que les ancêtres d’Homo sapiens avaient déjà joliment ravagé la biosphère autour d’eux.
  • Les écologistes ont l’habitude de nous mettre en garde : “Attention, la vie est si fragile !” C’est vrai de ses formes ultimes et sophistiquées. Mais la vie en soi ? Allons, pas fragile du tout ! C’est une force cosmique ! D’une résistance inouïe ! S’en persuader nous fait le plus grand bien. Nous sommes mus depuis l’intérieur de nos cellules par une dynamique qui nous dépasse de mille coudées. Non seulement les atomes qui composent nos corps sont des poussières d’étoiles explosées, mais les molécules géantes que ces atomes ont formées et que nous appelons ADN sont capables de s’opposer à l’entropie elle-même. À l’entropie, vous vous rendez compte ? À cette force universelle qui cherche inlassablement à dégrader l’énergie, c’est-à-dire à tout réduire en une poudre homogène et glacée – la mort, en somme ! Eh bien, même si la folie des hommes les poussait à utiliser toutes les bombes atomiques qu’ils possèdent, les formes vivantes sophistiquées en prendraient sans doute un sacré coup, mais la biosphère elle-même, pfffff, elle éclaterait de rire ! Nous ne pouvons rien contre elle. Elle a colonisé la lithosphère lorsque celle-ci était encore une boule brûlante, il y a presque quatre milliards d’années, alors vous pensez !
  • Lynn Margulis a alors ajouté : « Le défi est colossal mais clair. Si nous voulons que la technosphère humaine cesse d’agresser la biosphère qui l’a engendrée et constitue sa matrice, il faut que s’impose une sphère nouvelle. Quelle sphère ? Voilà la grande question ! Dont je vais vous donner tout de suite la réponse : il faut d’urgence que se renforce la Noosphère ! »
  • Maintenant, dans cette carrière qui découpe une clairière en une large fente rose au milieu du bois, le caporal Teilhard vit un moment de grâce. La roche l’appelle. Il colle sa joue contre elle. Sa froidure infiniment tranquille le fait frissonner Son immobilité ressemble quand même bien à un sommeil, alors que lui ne s’est jamais senti aussi éveillé. Il pense à son frère Gonzague, mort depuis déjà près de deux ans. Il pense aux centaines de milliers d’autres poilus tombés au combat. Où sont-ils à présent ? Où flottent leurs âmes ? Entre la paix abyssale de la roche et la flamme furieuse de la démence humaine se dresse dans son esprit un immense point d’interrogation. Qu’est-ce qui conduit de l’une à l’autre ? Comment l’évolution cosmique s’est-elle agencée pour partir des simples atomes et aboutir au tourbillon fou où l’humanité se trouve à présent entraînée ? Quel rapport entre la matière et l’esprit ? Les plus récents calculs des astronomes lui ont appris que notre planète était née il y a un peu plus de quatre milliards de révolutions solaires. Il ne peut s’empêcher de visualiser ces milliards d’années comme une spirale de feu. Quatre milliards d’années d’évolution pour en arriver là ?
  • Les humains constituent la surface extrême du massif évolutif, comme un récif de corail, dont seule la partie supérieure respire et palpite, à la façon d’une muqueuse amoureuse, assoiffée de lumière et balayée par les vagues. Mais une muqueuse très spéciale. Ayant franchi le seuil de la conscience réfléchie, elle se retourne, se voit et s’interroge sur elle-même. Elle sait… Elle sait qu’elle ne sait pas grand-chose, mais cela change tout ! Métamorphose cruciale. En elle tout s’allume. Teilhard le sent, il en est convaincu : l’univers entier, jusqu’aux dernières étoiles des dernières galaxies, se concentre et converge vers l’effort surhumain de ces pauvres bougres de frères tirailleurs, français, sénégalais et marocains montant à l’assaut avant de se faire étriper. « Prétendrais-tu qu’ils ne s’extirpent de la gadoue puante que pour aller se faire zigouiller absurdement par la mitraille allemande ? » lui demande une voix intérieure. Non ! Tout son être intérieur se cabre. La roche lui communique alors son calme et lui souffle : « Ouvre les yeux ! Vois le processus. La consistance que tu cherchais enfant ne réside pas dans la chose, mais dans le mouvement. Pas dans la pierre, mais dans l’évolution qui l’emporte. Pas dans la fleur, mais dans le printemps. »
  • TdC :  Oui, le développement moral et social de l’humanité est bien la suite authentique et « naturelle » de l’évolution organique. Il nous paraît laid, ce développement, parce que nous le voyons de trop près, et que le libre arbitre a ses corruptions particulières et exquises, mais en fait, il est l’aboutissement normal d’un travail naturel qui n’est sans doute si « noble et silencieux » que parce que nous le voyons de très loin – comme les shrapnells autour d’un avion semble être, vus à grande distance, une scène d’agrément, purement ornementale. Toutes les perversités morales sont en germe dans l’activité la plus « naturelle », la plus passive (en apparence) entre les mains de la Cause première ; elles y sont assoupies mais point encore traversées, surmontées, ni vaincues.
  • (14-18) Or, durant ces quatre années, quasiment sans quitter le front, guidé par une étoile insolemment bonne (…), cet homme très spécial aura écrit une vingtaine d’essais philosophiques ou théologiques, dans une langue dont la force lyrique le dispute à la précision scientifique et à l’inspiration métaphysique.
  • TdC : J’écris ces lignes par exubérance de vie et par besoin de vivre ; pour exprimer une vision passionnée de la Terre, et pour chercher une solution aux doutes de mon action ; parce que j’aime l’Univers, ses énergies, ses secrets, ses espérances, et parce que, en même temps, je me suis voué à Dieu, seule Origine, seule Issue, seul Terme. Je veux laisser s’exhaler ici mon amour de la matière et de la vie, et l’harmoniser, si possible, avec l’adoration unique de la seule absolue et définitive Divinité. »
  • Bref, la pression monstrueuse de l’état de guerre oblige les humains à tordre toutes leurs habitudes et à accepter ce qu’ils refusaient avec obstination peu de temps auparavant. L’accélération générale s’effectue pour le pire, dans le totalitarisme pétrifiant propre aux situations de terreur, mais étrangement aussi, en fin de compte, pour le meilleur. Beaucoup de belles idées généreuses, démocratiques, sociales, éducatives, humanistes, dont l’application avait été jusque-là systématiquement repoussée par le conservatisme des intérêts au pouvoir – allié à la paresse et à la bêtise communes – passent soudain à l’ordre du jour. Teilhard sent venir l’avènement de la Société des nations, ancêtre de l’ONU, balbutiant embryon de ce qui pourrait ressembler un jour à une gouvernance mondiale, mais embryon tout de même, dont beaucoup d’humanistes avaient rêvé.
  • Marguerite Teillard-Chambon écrira (sous son pseudonyme d’écrivaine, Claude Aragonnès) : « Les peuples civilisés s’affrontant dans une lutte sans merci allaient à contre-courant du grand fleuve de la Vie… que le savant, lui, voyait déjà s’avancer, irrésistible, vers une unification de la race humaine. »
  • TdC : La nuit tombait maintenant tout à fait sur le Chemin des Dames. Je me suis levé pour redescendre au cantonnement. Or voici qu’en me retournant pour apercevoir une dernière fois la ligne sacrée, la ligne chaude et vivante du Front, j’ai entrevu, dans l’éclair d’une intuition inachevée, que cette ligne prenait la figure d’une Chose supérieure, très noble, que je sentais se lier sous mes yeux, mais qu’il eût fallu un esprit plus parfait que le mien pour dominer et pour comprendre. J’ai songé, alors, à ces cataclysmes d’une prodigieuse grandeur qui n’ont eu, jadis, que des animaux pour témoins. Et il m’a semblé, à cet instant, que j’étais, devant cette chose en train de se faire, pareil à une bête dont l’âme s’éveille, et qui perçoit des groupes de réalités connexes, sans pouvoir saisir le lien de ce qu’elles représentent.
  • TdC : Il faut avoir senti passer sur soi l’ombre de la Mort, écrira-t-il en 1918, pour réaliser tout ce que la marche dans l’Avenir a de solitaire, de hasardeux et d’effrayant, dans son renouvellement. C’est seulement lorsque le danger menace, un danger sur lequel nous ne pouvons plus rien, ni personne autour de nous, que le Futur se révèle distinctement à nous, avec ses deux faces de Fortune capricieuse et d’implacable Destinée, eau mouvante et tempétueuse à la fois, où l’on coule et qui renverse, aussi incontrôlable par son inconsistance que par sa force déchaînée. Ceux qui n’ont pas failli mourir n’ont jamais aperçu complètement ce qu’il y avait devant eux.
  • Ainsi Teilhard conçoit-il l’être humain accompli comme une « dyade homme-femme » tournée vers le divin.
  • Vernadski : Comment décrire l’état très étrange où m’a plongé cette maladie ? Comment comprendre qu’à travers des rêves fantaisistes, où pensées et images se mélangeaient d’une façon inextricable, j’aie pu atteindre un stade de réflexion authentique et profonde sur la réalité du monde ? Mais après tout, même en bonne santé, n’est-ce pas toujours par des images sensorielles et des visions fantasques qu’ont commencé mes recherches, notamment durant mes promenades méditatives ? Le scientifique strict que je suis doit finir par admettre que l’accès au réel passe souvent par des voies irréelles.
  • Vernadski : (…) le vivant n’est en dernier recours réductible à rien d’inerte. C’est un état spécifique autonome, une dimension singulière du cosmos, opposée à l’entropie, une force accélératrice considérable, dont l’humanité constitue la maigre couche consciente… mais encore beaucoup trop inconsciente malheureusement pour pouvoir vraiment appréhender la puissance cosmique qui l’habite et en faire l’usage qui conviendrait.
  • Vernadski : Autant le renouvellement permanent de la biomasse depuis l’apparition de la vie a accéléré les flux de la surface de la planète Terre d’un facteur remarquable par rapport au simple tellurisme (facteur qu’il nous reste à calculer), autant les activités humaines, dernier avatar de cette biosphère, notamment les activités engendrées par les découvertes scientifiques, ont à leur tour provoqué un bond encore plus prodigieux de cette accélération des flux. Ce bond devra lui aussi être mathématiquement calculé. Il est stupéfiant que ni les géologues, ni les physiciens, ni les astronomes et chercheurs d’autres disciplines scientifiques n’aient encore eu ne serait-ce que l’idée de mettre ce projet à leur programme. Le phénomène “vie”, la physique n’en tient déjà aucun compte. Que dire alors du phénomène “humanité” ? Pour les physiciens et les astronomes, tout se passe comme si nous n’existions pas.
  • Vernadski : « Depuis son avènement il y a des centaines de millions d’années, la vie biologique a constitué la force géologique et atmosphérique numéro un de la surface de notre planète… Cependant, depuis beaucoup moins longtemps, c’est l’humanité qui, de tous les êtres vivants, constitue la force de transformation matérielle la plus puissante. »
  • « Après la biosphère, dont je viens de vous parler, nous nous retrouvons donc désormais en présence d’une “humanosphère”, ou si vous préférez d’une “anthroposphère”, d’autant plus influente sur toute la biosphère que le niveau des sciences et des techniques est élevé. C’est donc sur nous, humains, et d’abord sur nous, scientifiques, que repose dorénavant la responsabilité géologique de l’avenir du monde ! Il est capital que les politiques le comprennent. »
  • Kropotkine : « Ma liberté est dans la joie et dans la liberté des autres »
  • Pablo Servigne : « Le problème, c’est que nous vivons dans une société capitaliste et libérale, dont l’idéologie dominante, bien incrustée dans les esprits, tord la réalité et la présente littéralement à l’envers : le réalisme serait du côté de ceux qui prônent la compétition, le libre-échange, le chacun pour soi et les lois du marché, alors que l’entraide serait un rêve de Bisounours. On marche sur la tête ! C’est du grand n’importe quoi et ça risque de nous coûter des millions de vies humaines, pour ne pas dire bien davantage. »
  • Teilhard de Chardin multiplie les critiques contre la désuétude de l’Église, comme quand il dit discerner « trois pierres périssables dangereusement engagées dans ses fondations : la première est un gouvernement qui exclut la démocratie ; la deuxième un sacerdoce qui exclut et minimise la femme ; la troisième une révélation qui exclut, pour l’avenir, la Prophétie. »
  • Vernadski : Quand il voit l’aube pointer à travers les lucarnes crasseuses de la prison, à bout de souffle, il lance cette question dans le vide de son esprit : « Où et comment trouver un appui quand on se découvre soudain totalement seul et désarmé ? » La réponse qui jaillit en lui est si vive qu’il a l’impression qu’elle lui brûle les neurones : « Où et comment ? Mais en t’appuyant sur l’infini ! Sur les forces éternelles de l’esprit et sur les actes de création qu’il inspire ! » (…) S’appuyer sur l’infini ? Peu à peu il se sent comme obligé d’entendre. Là où il se trouve, plus rien ni personne ne peut l’aider… sauf ce qui le dépasse infiniment. Ce qui transcende tout. Ce qui, bien sûr, détient le secret de la matière vivante qu’il cherche depuis si longtemps à décrypter. S’appuyer sur l’infini ? Vladimir n’a jamais été athée, agnostique plutôt. Prier ne fait pas partie de ses habitudes. Mais l’injonction est trop forte. Il se met à prier. Prier quoi ? L’infini.
  • Vernadski : « En ce cas, pense-t-il, il faudra… regarder la réalité… droit dans les yeux, revoir l’alpha et l’oméga de TOUTES les fondations de notre société. Tout critiquer sans limite… et oser réfléchir jusqu’au bout aux implications que cela entraîne. Alors… mais alors seulement… nos paroles auront une chance de réveiller les innombrables consciences endormies. Car pires que la mort sont l’indifférence et l’apathie. Et pour cela… je ne vois qu’une solution : il faudra que partout dans le monde se forment des pléiades de groupes créatifs incassables… dont les membres seront liés par le double ciment d’une profonde amitié et de la conviction d’œuvrer pour l’Humanité entière.  »
  • TdC : « J’en conclus que la vie biologique est “en pression” dans tout l’univers, prête à sourdre n’importe où dans le cosmos par la moindre fissure, – et qu’une fois apparue, elle s’avère incapable de ne pas utiliser toute chance et tout moyen pour arriver à l’extrême de tout ce qu’elle peut atteindre, extérieurement en complexité, intérieurement en conscience.  » Ce deuxième principe, aussi universel que son opposé, l’entropie, Teilhard l’appelle, dans son langage de prêtre, « Foi en la Vie ». Il a pour corollaire une conviction d’un optimisme que l’on pourrait dire panthéiste – mais, insiste-t-il, d’un panthéisme « christifié » –, qu’il résume de la façon suivante : « Le Monde, pris comme un Tout, est assuré d’aboutir, c’est-à-dire (en vertu du premier principe) de parvenir toujours à un état supérieur de conscience. »
  • TdC : « Un Univers qui continuerait à agir laborieusement, dans l’attente consciente de la Mort absolue, serait un Monde stupide, un monstre d’Esprit, autant dire une chimère. Dès lors qu’il admet en lui de la Pensée, un Univers ne saurait plus être simplement temporaire, ni à l’évolution limitée : il lui faut, par structure, converger et s’unifier sans fusionner, pour émerger dans l’absolu. »
  • Les deux chercheurs s’avouent mutuellement séduits par cette hypothèse iconoclaste : si les lois de la thermodynamique démontrent que tout l’univers est irrémédiablement destiné à voir son énergie se dégrader, c’est-à-dire à finir en poudre homogène et froide, puis à disparaître, à l’inverse, tout semble prouver que la vie biologique constitue une force de création, de structuration et de régénération permanente, au moins aussi puissante et têtue que l’entropie.
  • TdC : « À mon sens, c’est une fausse querelle que l’on cherche en opposant Bergson à Einstein. L’essentiel est que, d’une manière ou d’une autre, nous nous soyons définitivement éveillés à la dimension Temps. Cet éveil est irréversible. Désormais, chaque parcelle du réel ne peut plus nous apparaître approximativement comme un point, mais comme une fibre, une fibre insécable, se prolongeant en arrière et en avant indéfiniment. C’est pourquoi j’aime dire que le réel est “fibreux” et que, les fibres s’entremêlant les unes dans les autres, un observateur qui regarderait le monde “du dehors” verrait se propager de véritables “nappes de réalité” du passé vers le futur. Des nappes qui s’enrouleraient sur elles-mêmes. Car à mon avis l’évolution de la vie, ou de ce que vous appelez la “matière vivante”, s’incarne toujours dans une boucle à trois temps : récapitulation, mémorisation, innovation – puisque nous savons à présent que le saut dans l’inconnu que représente toute émergence nouvelle ne part jamais d’une tabula rasa, mais toujours d’une mémoire. »
  • TdC : « Tout se passe donc comme si, sous la pression considérable du processus de complexification cosmique appelé “évolution”, les consciences individuelles se rapprochaient les unes des autres, à la façon dont les atomes d’hydrogène attirés par la force de la gravitation s’écrasent les uns sur les autres pour donner des soleils (nous le savons depuis peu de manière certaine)… à cette colossale différence près que, là, les individualités ne disparaissent pas. Elles transcendent leurs limites et resplendissent ! À certains moments exceptionnels, il m’a été donné de percevoir l’orée de ce phénomène extraordinaire, notamment alors que je me trouvais dans les tranchées, en pleine guerre, comme si quelque chose de supérieur nous permettait de voir parfois de haut la sanglante boucherie et d’y contempler… comment dire… la violence d’un accouchement ! »
  • Vernadski : « Les nouveaux concepts doivent rester flous au début, pour que leurs différentes versions aient le temps de creuser leur lit avec suffisamment de profondeur. Je vous propose de laisser mûrir ce mot dans le flou et de nous revoir prochainement pour partager ce qu’il aura pu nous inspirer. »
  • TdC : « Depuis la fin de la guerre, je vois s’exprimer beaucoup d’opinions désabusées et sceptiques chez les intellectuels et les artistes, même chez des esprits brillants, qui finalement en viennent à prôner le chacun pour soi – par conformisme snob, par antimilitarisme ou par crainte des régimes antidémocratiques. On peut les comprendre, mais cela ne saurait conduire qu’à des résultats pervers. La chose n’est peut-être pas facile à faire assimiler à nos congénères, mais le chemin vers ce que nous appellerons la “Noosphère” me semble passer par le double impératif d’une profonde liberté intérieure (sinon tout serait vain) et d’une participation active des individus à une cause commune. Comment combiner les deux, voilà la question. »
  • Vernadski : « Savez-vous que la molécule de notre hémoglobine est cousine de celle de la chlorophylle ? Nous n’avons aucune idée des potentialités de mutation dont nos cellules sont porteuses ! Et l’univers végétal, qui prend les formes les plus invraisemblables – avec une imagination insensée –, peut nous donner des leçons… sidérantes. »
  • TdC : « D’abord, chère madame, je dirais que, malgré tous les fardeaux qui peuvent s’abattre sur nos épaules, “être” me semble valoir mieux que “ne pas être” – seuls les nihilistes diraient le contraire. Ensuite, plus j’ai avancé dans l’apprentissage et la recherche, plus la faramineuse beauté du monde en évolution m’a invité, par conviction très intime, à épouser les courants ascensionnels de la matière et non pas, comme certains esprits religieux que je connais bien, à m’en méfier. Selon moi, les courants ascendants dont je parle conduisent vers une unification universelle d’autant plus mystérieuse qu’elle ne fait pas fondre les individualités dans un même magma, mais au contraire les fait resplendir ! Tel est mon optimisme : nous sommes parvenus à l’ère de la Personne. Or pourquoi l’univers se serait-il fatigué, depuis tant de milliards d’années, à faire apparaître puis resplendir la valeur croissante de cette Personne, dans toute sa singularité, pour brusquement et absurdement l’éteindre ? Je pense donc qu’à travers nous se manifeste une présence que rien ne peut éteindre. La biologie seule, même si elle résiste, finirait dispersée par l’entropie. Seule l’émergence de l’humain change définitivement la donne : pour moi, ce qui sera définitivement conservé, c’est l’énergie humaine, c’est-à-dire la Personne. (…) Par contre, ce que je craindrais actuellement, plus que ma disparition individuelle, c’est l’échec du projet global dont nous portons tous la responsabilité. L’humanité en est visiblement arrivée à un point de bascule. Elle découvre, depuis peu, qu’elle constitue une sorte de cerveau collectif très particulier, un cerveau dont chacun des neurones serait conscient de l’ensemble. Appelons cela “Noosphère”. Toute la question, à ce moment critique, est de veiller à ce que cette prise en masse des individualités s’opère non pas de façon “totalitaire”, pour user de ce mot nouveau venu d’Italie, dans une coagulation forcée et tyrannique des énergies humaines, mais dans ce que j’appellerais une “conspiration d’amour” animée par les forces de la sympathie. »
  • TdC : « L’amour a toujours été soigneusement écarté des constructions réalistes et positivistes du monde. Il faudra pourtant bien qu’on se décide un jour à reconnaître en lui l’énergie fondamentale de la Vie – ou, si vous préférez, le seul milieu naturel dans lequel puisse se prolonger le mouvement ascendant de l’évolution. Je crois à une “amorisation” de l’univers ! Sans amour, nous avons devant nous le spectre du nivellement et de l’asservissement, une humanité réduite à l’état de fourmilière ou de termitière. Alors que l’amour seul resserre sans les confondre ceux qui s’aiment – dans toutes les relations humaines, y compris celles que l’on s’imagine extérieures aux sentiments. »
  • TdC : « l’humanité constitue ce moment où l’univers se met à converger vers lui-même et où chaque élément trouve son achèvement non pas dans sa disparition par fusion, mais dans son incorporation au sein d’un pôle supérieur de conscience, dans lequel il peut entrer en contact avec tous les autres. Cette convergence, il faudrait désormais être aveugle pour ne pas la voir opérer ; mais l’aveuglement est encore très partagé et ne disparaît souvent hélas que sous la pression… je dirais la pression d’une très grande “intensité noosphérique”, si vous acceptez l’expression. Je vous parle là d’un phénomène que j’ai eu l’occasion de constater dans les tranchées de la Grande Guerre… »
  • Vernadski : « Kropotkine a méthodiquement démontré, à l’adresse des scientifiques comme du public non averti, que si la vie a su traverser tant de milliers de millénaires et venir à bout de tant de cataclysmes, c’est que son principe moteur obéit infiniment plus à la coopération et à la symbiose qu’à l’agressivité. Cette coopération joue entre individus comme entre espèces, entre familles, embranchements ou règnes. La matière vivante est un tissu essentiellement fraternel ! Et même les humains, qui nous donnent si souvent l’impression d’être avant tout des êtres égoïstes et agressifs, ne le sont en réalité que dans une proportion infime de leurs interrelations. L’altruisme nous est naturel. C’est ce que nous apprennent aussi les grands artistes – je pense d’ailleurs impossible de séparer la science de l’art. Tous les jours de ma vie je me suis nourri de musique et de poésie, confie-t-il en regardant sa femme. Mais que je lise un traité de géologie, ou de mathématiques, ou des vers de Fiodor Tiouttchev, de William Blake, ou de l’immense Goethe, je retombe sur une affirmation puissante et simple : l’outil par lequel l’humanité est invitée à prolonger et à métamorphoser l’élan vital premier s’appelle la “Raison” !  (…) Je parle de la Grande Raison, qui intègre bien sûr l’amour, je veux dire l’amour véritable. La Grande Raison sait, par exemple, qu’il faut aimer un enfant pour l’éduquer… »
  • Vernadski : « La totalité du processus évolutionnaire s’inscrit donc en chacun de nous. »
  • Vernadksi : « La vie prend un poids considérable si elle touche l’infini même une seule fois. Souvent, dans le parcours d’un homme, la vraie vie n’existe qu’un bref instant, ne pensez-vous pas ? Mais grâce à cet instant, quelle que soit la forme qu’il prend, tout trouve un autre sens. Cet instant l’imprègne profondément… (…) D’éros sans doute, ou de sentiment religieux, ou peut-être d’oubli de soi par amour des autres. En tout cas, cela lui donne accès à une partie éternelle de lui-même. Oui, cela, je l’ai découvert en lisant Dostoïevski et dès lors j’ai été hanté par une question : que pèse le sort de l’univers entier face à la souffrance d’un enfant martyrisé ? »
  • Vernadski : « La Noosphère pourrait ressembler à un astre, à une étoile, à un soleil où les “atomes” des consciences individuelles se trouveraient irrésistiblement attirés les uns vers les autres pour finalement déclencher, au-delà d’un certain seuil de densité et de température, non pas une “réaction thermonucléaire”, comme l’appelle le Britannique Arthur Eddington, mais une réaction thermospirituelle, provoquant un brusque saut vers un niveau supérieur de conscience. Une conscience qui serait devenue véritablement collective. Pensez-vous donc que l’on puisse parler de “pression” ou de “température psychique” ? »
  • TdC : « Ce que j’aime appeler la “planétisation de l’humanité” est sans doute la première marche vers cette sorte de réaction que vous qualifiez de “thermospirituelle” et qui est justement le propre de la Noosphère. L’humanité aurait alors la liberté peut-être de “super-organiser” la matière, mais surtout d’expérimenter les forces de la sympathie collective. L’image d’un cerveau collectif nous vient facilement à l’esprit, n’est-ce pas ? Mais que dire de cette réalité bien plus cruciale que serait notre cœur collectif ? »
  • Vernadski : « Nous devons considérer la conscience comme une composante de l’univers, une force de la nature, au même titre que la matière et l’énergie. »
  • Vernadski : « L’existence dans le cosmos d’une conscience-raison humaine contredit de manière insurmontable le “cosmos sans raison ni conscience” qui a si longtemps satisfait les chercheurs de la vérité scientifique. »
  • TdC : « Il me semble que ce qui fait la ruine morale de beaucoup de gens, ce n’est pas de prendre la Matière, mais c’est de la prendre incomplètement, par petits bouts faciles, au lieu de l’aborder résolument dans sa richesse totale, son mystère sacré et son incomparable majesté. Le jouisseur abuse du tangible, parce qu’il l’émiette en si petits morceaux qu’il s’imagine en être le possesseur et le maître. S’il savait regarder, d’ensemble, la grandeur de ce qu’il profane, il tomberait, au contraire, à genoux. Le mal fondamental dont nous souffrons (et je crois que ce mal est fondamental parce qu’il est le manque, le pressentiment et l’annonce de la vertu ou de la qualité requise à nos progrès du moment), c’est l’incapacité de voir le Tout. »
  • TdC : « D’autres que moi sauront intégrer mon travail à une vision plus vaste. Parler scientifiquement de l’amour est une chose très difficile. Or la Noosphère ne pourra pas s’atteindre sans amour. »
  • TdC : « Au fond, ce sont les utopistes (et non les “réalistes”) qui ont scientifiquement raison : eux au moins, même si leurs anticipations font sourire, ont le sens des dimensions vraies du phénomène humain. »
  • TdC : « À l’intérieur de groupes restreints (le couple, la fraternité, l’équipe, l’association…), c’est une expérience quotidienne : l’union, loin de diminuer les êtres, les accentue, les enrichit et les libère sur eux-mêmes. L’union, la vraie union d’esprit et de cœur, n’asservit pas, ni ne neutralise les termes associés. Elle les super-personnalise. Généralisez maintenant le phénomène à l’échelle de la Terre. Imaginez que, sous l’effet de l’étreinte planétaire qui se resserre, les humains s’éveillent enfin au sens d’une solidarité universelle, fondée sur leur communauté profonde de nature et de destinée évolutive. Alors tous les spectres de brutalité et de mécanisation qu’on agite pour nous effrayer, pour nous empêcher d’avancer, s’évanouissent. Ce n’est plus la dureté ou la haine : c’est une nouvelle forme d’amour, non encore expérimentée par l’homme, que fait pronostiquer et qu’apporte dans ses plis l’onde, montante autour de nous, de la planétisation. »

 

Source de l'article : https://unmultiple.wordpress.com/2022/04/15/noosphere-patrice-van-eersel/


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8 réactions à cet article    


  • Oui, mais il y a le réel. Et pour le moment les humains sont fixés au stade égocentrique. Ils se choisissent non sur le principe des opposés (comme la prise mâle et femelle en électricité (le turquoise tirant sur le vert émeraude est composé de bleu et de jaune...). C’est le dernier Chakra de la spiritualité. Le jaune, c’est le soleil et le bleu, la mer, l’eau.... En musique, c’est l’association de RE et du LA (une sizygye). Mais il y a un niveau encore plus éleve qui triangle la dualité des opposés : LE VIOLET des couleurs principales bien dosée : le bleu, le rouge et une pointe de jaune. En musique des sphères, c’est la planète mars (dite rouge, mais qui est plutôt violette. C’est l’octave cosmique. Là où le particulier rejoint l’universel, c’est le DO ou 40ème octave. 


    • Vous ne pouvez demander à un âne de boire alors qu’il n’a pas soif. Pour avoir, il faut aspirer à (la spiritualité, c’est le souffle, l’inspir ation). L’expir, c’est le temps mort nécessaire pour faire le plein, non de ce qui vous ressemble, mais de ce qui est à l’opposé. Le même, c’est l’« homo » généité. Elle ne peut faire alliance. Dans le spectre des couleurs, pour faire du brun, il faut du noir. Et le noir, c’est le mélange des trois couleurs avec beaucoup de jaune. Raison pour laquelle, les peintres évitent le mélange mais acceptent l’expir ou le temps mort entre deux couches. Le temps de séchage entre deux couches étant au moins d’un quartier de lune (sept jours)... L’acrylique a un défaut que n’a pas la peinture à l’huile. Elle est opaque. Les couches du dessous ne traversent pas les autres.... Le beige, L’homogénéité. Le sable du désert est beige. Et le désert est stérile.... 


      • Bertrand Loubard 16 avril 15:08

        Merci pour votre article. Personnellement j’ai été très intéressé par la pensée de TdC depuis un certain temps déjà (années 1960) car la notion (entre autre) de Noosphère m’est particulièrement chère, surtout actuellement où le « transhumanisme » semble prendre, dans son essor, les formes que l’on connaît. Certes, celles-ci ne sont probablement que les premiers balbutiements .... malheureusement plein d’effets pervers .... inhérents à toute forme de « renaissance » (Médiocratisation opportune). Julian Huxley (biologiste, eugéniste, internationaliste, premier directeur de l’UNESCO et fondateur du WWF) était un grand admirateur de TdC dont il avait traduit en anglais certaines des œuvres, ce qui est intéressant en soi. Son frère, aussi, Aldous Huxley a décrit d’une manière particulièrement interpellante la vision que déjà Zamiatine (1920) avait développée, mais dont il ne semble rester dans la mémoire collective que des aspects de critiques négatives.
        Mais je me pose la question suivante : comment Tdc a-t-il pu écrire la Messe sur le monde ? Il est vrai qu’il a été quasiment « exilé par Rome ». Il en est de même du Chanoine Lemaître (big-bang) : comment ce religieux a-t-il pu rester dans les ordres de l’Eglise Catholique ? Je pense que je dois encore beaucoup réfléchir.
        Bien à vous.


        • marko 21 juin 14:42

          @Bertrand Loubard
          Bonjour, ce sont des réflexions qui m’habitent aussi et j’ai tendance à me dire que Chardin a réussi l’équilibre subtil entre intuition et raison.
          Du ce fait, si on shématise, un lecteur de TdC obnubilé par son mental analytique y verra les prémices de l’idéologie transhumaniste... Un lecteur obnubilé par la spiritualité et se privant de son esprit analytique y verra sans doute ds échos aux théories New Age...FAIRE UN DON
          Et entre deux, on essaie de faire des ponts en se posant des questions, en aimant, en lisant, en partageant et en sachant bien que notre Corps-Esprit-Conscience a ses limites au sein de l’illimité :)
          Je viens de finir le livre de Philippe Guillemant sur Le Grand Virage de l’Humanité et celui-ci a bien nourri ma pensée tout en faisant très plaisir à mes tripes et à mon âme ;)


        • Furax Furax 16 avril 16:29

          Merci pour cet article.

          Je vais m’empresser de lire ce livre et j’en profite pour remercier Patrice Van Eersel, ancien soixante huitard (revue « Actuel »), qu, après une enquête sur la mort (« La Source Noire ») , a très positivement réorienté son existence et sa carrière.


          • marko 21 juin 14:44

            @Furax Oui, j’ai lu aussi ’La Source Noire’ et c’est un très bon ouvrage sur les EMI... C’est un sujet assez captivant et dont la prise en compte aide nos esprits à tisser des liens entre conscience et raison analytique :)


          • Joséphine Joséphine 17 avril 09:19

            J’ai cru lire « Nonosphère », j’ai eu peur ! 


            • marko 21 juin 14:45

              @Joséphine
              Qu’est-ce que c’est Nonosphère ? Il y a une référence ?
              La sphère du Non ? En cela, ce serait en effet l’antithèse de la Noosphère :)

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