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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > « Politique de la beauté »

« Politique de la beauté »

Dans ce siècle qui va jusqu'à va tisser le mot "progrès" aux cordes primaires de l'économique, dans cette tradition obstinément aveugle au fait qu'elle soit dépassée, à quelle occasion parle t-on, au juste, de la beauté ? Est-ce un ordre esthétique, qui signifierait qu'elle devrait être élaborée pour jaillir ? Est-ce une transcendance humaine, verticalité hors-monde ? Est-ce une vérité de la présence, mais alors de quoi ? Grattant de mon ongle comme les derniers vivants, et comme par nécessité, le maquillage des couleurs pour y trouver la veine du bois, la maison de sève où y reposer mes pas, c'est encore un petit livre de poésie qui est venu dans mes mains, parler de ce que, au mieux, quand ce n'est pas la violence, la peur et le mensonge, le sommeil enterre.

"Ce qui sépare de la beauté est ce qui sépare du monde". Voilà sûrement par quoi il faudrait commencer, en guise de principe de réalité, vue la laideur. On aimerait déjà pouvoir y mettre un bon coup de pied au cul. Et s'attarder sur ce constat, je veux dire s'attarder longuement. Car serait-ce un hasard, le fait que l'homme triste le soit dans un monde laid ?

Allez voir un autre hasard sous la plume de Jean-Pierre Siméon, qui titre sa tentative de réveil aux racines, "Politique de la beauté". Parce que le soi et le commun sont indivisibles. Politique, cela signifie qu'il y a toujours un possible. Lorsqu'un poète choisit ce mot, c'est sûrement parce qu'il ne renonce pas au lien, et ce qu'il en a à dire est peut-être plus grave qu'il n'y parait.

Comme il y a des raisons à tout et souvent au malheur, c'est la clarté même qui ne perce plus le brouillard sous nos yeux. La difficulté pourtant n'est pas simplement de laver ce qui doit tenir debout et qui sous la laideur s'effondre, mais encore d'ajouter que ce "nous", devenu si diaphane, n'est pas suffisant. Alors c'est encore un livre difficile à entendre face au mensonge, bien qu'écrit de manière simple, parce que c'est un livre qui va devoir aller, malgré cette difficulté, nécessairement plus loin.

 

Déliés

Imaginons que l'on puisse s'entendre ce sur premier constat, imaginons que les déchirures dans le tissu social et le fatalisme qu'entraîne le monde extérieur et ses tambours, imaginons que tout cela ne soit pas suffisant pour abîmer la volonté de se tenir debout. Qu'aurions-nous soudainement à dire ?

Étrange distance ; seuls nos soupirs pourraient exprimer au mieux l'absence et le froid qui nous sépare du monde. Le vol d'un oiseau au-dessus d'un champ de ruines nous donnerait une idée de ce que nous avons fait. On peut le dire simplement : on remet chaque matin ses chaussures, et quand, par chance, ce ne sont pas les certitudes que nous chaussons qui nous blessent les pieds, ce sont des ordres encore plus froids qui agitent ce que nous sommes, par-delà ce que nous disons. Que devenons-nous ?

Pourtant il était un temps où être absorbé par la flambée du jour était une source de construction intérieure, de savoirs, de liens et de sciences. Le geste que certains de nos lointains ancêtres faisaient, et peut-être ce pour quoi nous pouvons parler de l'humanité en millions d'années mais se sentir défaits, tout sachants que nous sommes, face à la probabilité d'un futur aussi long. Quelques atavismes ont été conservés, les jours lunaires et les mois de l'année, mais comme une langue qui oublierait sa grammaire, nous n'en vivons plus le sens ; le monde, nous l'avons rejeté dehors par vagues successives, comme on se sert d'un outil pour ne plus fabriquer que des outils, incroyablement obstinés, presque fous.

"Ce qui sépare de la beauté est ce qui sépare du monde", dit le poète, qui n'est pas un théoricien, qui ne recherche pas de système, mais qui ressemble bien plutôt à un passeur de respiration. La beauté n'est pas une forme dit-il, pas une esthétique, pas un sentiment qui nous appartiendrait : elle est un lien, la possibilité dans le monde, un accord entre lui et ce que nous croyons.

Je crois à une politique de la beauté,
elle serait devant les êtres et les choses
non pas seulement le mot juste
mais son frisson de feuillage sous l'averse"

Vous pouvez prendre le langage comme un train. Vous vivrez vite, accoutré de vous-même, consumant, consommant, avec une armée de raisons rentabilisées, prescriptrices électroniques de vos pensées, un langage injonctif bouclé sans indécision, tel l'hypnose du paysage à grande vitesse, sans qu'aucune vie ne puisse à l'intérieur s'attarder sous vos yeux. Sciences à l’œuvre, que les idiots ignorent et que les puissants enlaidissent pour les satisfaire. Le transhumanisme a déjà commencé, et, en dehors d'être l'accomplissement du plus grand rêve de tout pouvoir - la statistique temps réel des groupes de populations, il n'est pas ce qu'on fantasme : il est bien pire.

"Marchez nomades
portez plutôt le monde sur vos épaules
et menez-le au lieu où les cœurs respirent"

Si Jean-Pierre Siméon parle de la condition humaine, il ne cesse de l'inscrire dans le monde. Le bonheur n'est pas un accident du ciel. Il ne se trouve pas sous le soleil d'une plage bondée.

 

A l'intérieur

A l'intérieur... où sans cesse nous naissons et sans cesse nous mourrons. Qu'en faisons-nous ? Peut-on réellement renaître sans enterrer une mort ? Peut-on fuir, clamer « pouvoir d'achat » pour tout deuil ? Comme les anciens japonnais, nous devrions porter notre mort entre nos bras, marcher jusqu'à l'épaule d'une colline pour la déposer, lorsqu'un échec survient, lorsqu'un espoir est défait, lorsqu'un amour disparaît. Y poser quelques fleurs, attendre là qu'un oiseau s'envole au-dessus de nos malheurs - ô comme le monde s'accorde ainsi à ce que nous sommes - et le moment venu, renaître à nouveau sous nos pas. Les fleurs déposées sur le pardon qu'on se donne ne meurent pas, elles poussent dans le souvenir : et c'est bien ainsi que vivent les hommes.

"La lumière, c'est la sueur du jour, la lutte de toutes les forces de la vie" dit encore le poète. La loi n'est pas la loi des hommes, c'est la loi du monde qu'il faut comprendre. Un poète, c'est toujours un ami qui vous parle. Comme les vivants, ils ont les yeux mordus par la pauvreté, le renoncement des foules et la pensée au ventre épais qui se recoiffe au salon.

Le soleil ne se lève pas pour nous. N'attendez pas le sourire d'un tigre. Nos ailes peuvent être brisées, mais trop souvent notre force sert notre lâcheté. Le poète en appel à vous, à nous, pour que nous évitions de dormir en vain cette nuit, et qu'au moment où nous remettrons nos chaussures, nous puissions nous reparler du bonheur.

"La joie n'est pas un don
le geste en sa douceur de soi
touche 
ce que le langage ignore

pour que le chant agisse dans les lèvres
il faut l'assentiment du souffle
et la profondeur d'un vœu"

La beauté, c'est cela. Qu'avons-nous réellement à chercher ; aucune éternité, souvent la misère, encore moins ce qui se ferait passer pour l'absolu en vous la vendant. Il faudrait pouvoir être un enfant face à la mer, le cœur battant de ne pouvoir tout contenir, pour ne serait-ce que murmurer cette étrange ouverture du vœu, cette étrange profondeur du souffle logé dans l'existence. Nous sommes bien trop contraires à nous-mêmes ; nous voudrions que rien ne meure, de la vie, des instants, de la fraîcheur, mais nous tuons sans cesse. La beauté n'a pas de place dans cette séparation. Nous sommes un feuillage qui s'agite ; le soleil écarte parfois les branches et la lumière nous nourrit tout à coup.

C'est là tout ce que nous devons accepter, tout ce que nous devons cultiver ; c'est là l'ordre du monde.

Ce n'est qu'un signe, mais quel signe. La beauté n'est pas un conte qu'il faut oublier ; elle fait partie de ce monde. Elle est au langage ce qu'est la couleur sur les ailes d'un papillon. Elle ne nous est pas dédiée, aucun tapis rouge ne brille, nous avons simplement la chance d'exister, plus ou moins, entre elle parfois, la laideur, et la vie et la mort comme conditions permanentes.

Que dit donc le poète de tout cela ? Nous vivons de plus en plus déliés de la présence, du devenir, de la possibilité. Présence et possibilité de l'autre, mais aussi présence et possibilité du monde. L'attention est un joli mot, peut-être ce qui nous a donné un jour conscience. Attention, peut-être est-ce ce qui est le plus abîmé dans l'homme contemporain. Attention, le monde bannit qui ne sait tenir un feu dans les ruines de l'hiver. Attention, c'est la beauté qui fuit, ce don étrange dans l'existence qui s'accorde en profondeur à ce que nous sommes.

La question est double et concerne tout être vivant. Quand le poète dit que "la lumière est la sueur du jour, la lutte de toutes les forces de la vie", ce n'est rien d'autre que la beauté que nous ne devons pas, parce que nous sommes vivants, éjecter hors de nous. Nous devons lutter comme un arbre respire. La part de l'homme, c'est cela :

"qui regarde droit dans les yeux de sa mort
n'y trouvera pas un refuge
mais les raisons d'une vie entière
dépouillée de ses prétextes"

 

Tout au long de ce livre se dessine par contours et oppositions une beauté éloignée de nos modes de vie, une nécessité d'un pas vers le lointain, un appel à être vivant. Le poète ici ne témoigne pas mais manifeste sans concession contre un fatalisme qui se prend pour du réel. Les stratèges chantent comme on le faisait depuis la nuit des temps pour croire aux fontaines, mais l'eau est devenue polluée. Parce que le monde n'obéit pas au mensonge.

 

Merci pour votre lecture !

___

"Politique de la beauté", Jean-Pierre Siméon, Cheyne.


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42 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 décembre 2017 11:58

    La beauté n’a rien à voir avec l’esthétique mais vient de bellus (bonus), le sentiment de ce qui est bon.


    • Ciriaco Ciriaco 16 décembre 2017 12:04

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Combien de mots à laver...


    • JL JL 16 décembre 2017 12:22

      Bonjour Ciriaco,
       
      vous nous soumettez là un texte très ardu dont je dirai qu’il est quelque part, l’opposé de ceux que je vous ai vu contester pour la raison que, si j’ai bonne mémoire, leur sujet n’avait pas vraiment sa place sur AV.
       
      Opposé par le fait que votre sujet est un fédérateur, universel, qui concerne toute l’humanité : la beauté c’est ce qui échappera toujours aux intelligences artificielles.
       
      Opposé parce que vous n’écrivez pas ce que les lecteurs ont envie d’entendre.
       
      Bien à vous.


      • Ciriaco Ciriaco 16 décembre 2017 13:22

        @JL

        Les réseaux sociaux reflètent la nature de la démocratisation de la culture dans le temps rapide. C’est à peu près catastrophique. Seuls les livres restent des medias pertinents pour une telle chose. En tout cas ils m’aident à respirer.

        J’ai soupiré aussi durant cette lecture, baissé les yeux, ressentant l’appel et pourtant « marchant entre les murs, un regard d’automne dans les yeux », comme le dit l’auteur. Chose très commune, commun éclaté. Le poète est plus optimiste quand il parle ainsi d’habiter le monde, moi j’écris par devoir.

        Merci pour votre présence sur cet article.

      • Choucas Choucas 16 décembre 2017 20:01

        @JL
         
        OUI, AV EST UN SITE DE GÔÔÔCHE, GENRE « LE MERDIA » DE LA BAUDRUCHE
         
        DONC NIVEAU DES LECTEURS TRÈS CRÉTIN PAR TAUTOLOGIE
         
         
         smiley
         


      • JL JL 30 décembre 2017 14:24

        @Ciriaco
         
         j’ai trouvé ça pour vous : « L’industrie est la cause de toute laideur » (Oscar Wilde)
         
         


      • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 15:39

        @JL
        Merci, c’est très gentil ce geste ! Ceci dit à cette lecture et si je comprends bien, vous n’êtes un pas un gentil ! Diable smiley


      • JL JL 30 décembre 2017 16:02

        @Ciriaco
         
        ainsi donc, vous aimez vous exprimer comme ça, avec ambigüité ?!


      • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 18:41

        @JL
        Pour me faire comprendre de certains, il faudrait que Claire Chazal fasse mon autobiographie, et encore (bien entendu), sans que je sois présent sur le plateau smiley


        Je ne vous en demande pas tant...

      • JL JL 30 décembre 2017 18:51

        @Ciriaco
         
         vous ne savez pas vous exprimer clairement ? Ou bien vous le faites exprès ? Dans un cas comme dans l’autre, c’est inquiétant.
         
        Faits comme bon vous semble, mais j’en prends acte.


      • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 18:58

        @JL
        Si vous ne savez pas que nous sommes sur internet, que ce n’est pas dans un com que vous apprendrez à me connaître, ni même dans un quelconque de mes articles - si telles étaient vos intentions - c’est que vous avez du mal à comprendre pas mal de choses. Telle est l’époque !


      • JL JL 30 décembre 2017 19:10

        @Ciriaco
         
        Si j’ai du mal à comprendre quelque chose ici, c’est quelle est votre vision d’Agoravox.
         
        Vous postez des articles sérieux, et pourtant vos commentaires et vos réponses relèvent du trollage.
         
        Bizarre bizarre.
         
        Je me moque bien de savoir qui vous êtes : moi non plus, je ne me m’affiche pas. Je m’attache seulement à être clair et carré. Et j’aime savoir ce qui est dit.
         
        Mais faites comme bon vous semble, c’est vous qui voyez.
         


      • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 19:18

        @JL
        Excusez-moi monsieur, mais je n’ai pas à répondre comme vous le voudriez à vos injonctions et vos préoccupations dès lors qu’elles se montrent hors sujet en ce qui me concerne !


      • Yanleroc Yanleroc 30 décembre 2017 21:37

        @JL, 

        «  Il ne faut jamais dire ce que l’ on pense vraiment, on court le risque d’ être compris ! » le même O. W. selon ton lien. Je pense que ça a été bien compris smiley

        Mais il dit aussi : C’ est lorsqu’ il parle en son nom que l’ homme est le moins lui-même (pas très beau comme traduction en passant ), mais donnez lui un masque et il vous dira la vérité ! Olé.
        Il est donc des masques sans lieu d’ être  smiley

      • JL JL 30 décembre 2017 22:20

        @Yanleroc
         
        OW faisait du second degré : Je ne vois pas le rapport avec ce qui se dit ici.
         
        Tout ça est peut-être trop subtil pour moi.


      • Yanleroc Yanleroc 30 décembre 2017 22:50

        @JL, ah ben si toi aussi tu t’y mets smiley.

        Je te rassure il n’ y a rien de subtil la dedans (rien qui ne vaille non plus le coup de s’ attarder plus longtemps), suffit de bien relire vos posts à toi à et à l’ auteur, dont je lirai l’ article au lit !

      • JL JL 30 décembre 2017 23:11

        @Yanleroc
         
        Bah ! C’est peut-être le jeu de mot sur « gentil » qui m’a dérouté ?
         
        N’en parlons plus.
         
        La blague d’OW me rappelle cette autre qu’on pourrait mettre dans la bouche des politiciens, et particulièrement Macron : « Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé ».


      • Choucas Choucas 16 décembre 2017 14:49

         
        HÉSIODE ET LE GOGOCHON :
         
        Agamemnon rangea les phalanges d’hoplites dans un ordre cosmique explique Hésiode dans la guerre de Troie
         
        Le grec antique s’enserrait dans le monde, dans l’ordre du Cosmos, et ainsi devait devenir beau en copiant le monde (virtu). Et ainsi l’éthique était science.
         
        Le gogochon doit devenir laid comme le bidet consumériste, béton de banlieue, auge Carrouf, rap multiethniqué et Hanouna sa culture. Et ainsi l’éthique est devenue vertus individuelles de branletteur droitdelhommste, relative et sans modèle.
         
        Aussi le grec est l’enfant envié de l’Humanité disait Marx, sans science mais avec la poésie, sans connaissance mais avec l’émerveillement, sans foi mais avec la certitude.
         
        Mais du dernier gogochon renaîtra le Cyborg, le maître absolu de l’hubris. C’est lui qui réveillera les dieux et leurs rires mortels.
         

         
         


        • Ciriaco Ciriaco 16 décembre 2017 16:04

          @Choucas

          Les mythes sont des lignes, une forme à la fois compréhensive et synthétique de l’histoire. On devrait être attentifs à cet empirisme, surtout quand on parle de « Nouveau Monde » pour dire en fait bien plus de choses que laisser, simplement, mourir l’ancien au profit d’opportunités.

        • Choucas Choucas 16 décembre 2017 20:12

          Vous lisez trop Jüng où Elliade peut être...
          Mais c’est aussi la critique que faisait Marx le matérialiste à Feuerbach l’idéaliste :
           
          « Tous les mystères dans lesquels s’égare une mythologie en mal de mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la praxis rituelle et dans l’intelligence de cette praxis » Marx
           
          Le Capital c’est « la révolution permanente » gôôôchiste, l’effacement de l’Histoire, de la famille, de la Nature, des mythes, de l’homme en fait, dans le purinement cher à gogochon.
           
          « De Smith à Say, Ricardo, Mill, etc... l’économie politique n’accuse pas seulement une augmentation relative du cynisme [...] il faut aussi y voir le choix conscient, positif, de se distancier de l’homme plus rigoureusement [...] ils le réduisent à son être inessentiel [...] c’est que leur principe est le principe de cette division [ontologique] » Marx


        • Choucas Choucas 16 décembre 2017 20:23

           
          Mais vous ne ramènerez pas les grecs, le gogochon est le dernier homme, il est remonté dans l’arbre, pour se branler avec l’Iphone.
           
          « Les fonctionnalistes [le mythe praxis subjectivée...] au lieu de le cherche dans le texte, c’est à dire dans l’objet [du subjectif] ils le situent ailleurs, dans les contextes socio-culturels où apparaissent les récits, c.a.d dans les modalité d’insertion du mythe au sein de la vie sociale. Le mythe perd chez eux la spécificité de ses valeurs de signification [imaginaire] »
           
          Mythe et société en Grèce ancienne,
          J.P Vernant
           
          Après vous pouvez parler du mimétisme de Girard : le gogochon écoute du rap comme les américains, car il est perroquet simiesque.
           


        • Pauline pas Bismutée 16 décembre 2017 20:02

          @ l’auteur

          Quel plaisir, ce texte … et quelle phrase magnifique "Ce qui sépare de la beauté est ce qui sépare du monde".

          La beauté peut-être aussi une intention …

          Aurions-nous peur de notre grandeur, plutôt que de notre petitesse … A force de manque d’attention, de diversions constantes, nous ne pouvons plus déchiffrer les signes et affirmer notre présence …

          Pour certains, il n’est pas nécessaire de dire. Les poètes de l’art manuel, les artisans, peaufinent leurs pièces avec patience et amour, attention et présence, en participent ainsi à leur possibilité dans le monde …

          Merci pour cet article (et de ne pas avoir écrit sur Jhonyyyyyyyyy....aargh)



          • Ciriaco Ciriaco 16 décembre 2017 23:54

            @Pauline pas Bismutée
            Prenez plaisir, gardez bien ça au chaud...


          • HELIOS HELIOS 16 décembre 2017 20:42

            ... ne confondez vous pas « beauté » et « harmonie » ???


            • Pauline pas Bismutée 16 décembre 2017 21:12

              @HELIOS

              je ne sais pas a qui le commentaire s’ adresse, mais il y a des beautés (objets, visages etc ...) non harmonieuses ...


            • Ciriaco Ciriaco 17 décembre 2017 00:59

              @HELIOS
              La vie est accidentée, mortelle. Nous pouvons penser l’ordre mais en réalité tout est imprégné de temps. Dès lors, que veut dire savoir vivre avec son temps ? Méfiez-vous grandement quand il est compressé.


            • alinea alinea 30 décembre 2017 19:31

              La beauté est perçue par cette part de nous-mêmes qui ne possède pas les mots, en cela elle est peut-être indicible, mais on peut la partager, l’évoquer, et la ressentir.
              Elle habite l’évidente adéquation au monde, la justesse d’un geste, d’une attitude, elle est Vie, et lumière, notre société en manque cruellement, qui se trompe toujours dans l’artifice.
              Voyons...nous sommes tous d’accord devant la beauté. Mais pas tous capables de la voir.
              J’ai toujours pensé que l’Homme n’aurait pu être là que pour la contempler, en prendre conscience, en être témoin, un témoin fou de l’air qui le suffoque à s’y attarder ; hélas, il n’a eu de cesse qu’il n’ait obtenu sa raréfaction ! oui il s’en est dépourvu, mais elle subsiste, ailleurs !


              • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 19:48

                @alinea
                Oui, c’est aussi cela qui est dit par le poète. Lorsqu’il y a une belle lune, je m’assois sur un de ces bancs en ville. Parfois un jeune, sachant à peine parler, me demande une cigarette. Je lui propose toujours quelques mots, rares sont ceux qui s’assoient. Dans les yeux de certains, il y a une peur incroyable, dévastés. Comme ses enfants qui ont connu la guerre et qui serrent les dents et les poings dès qu’un regard se pose sur eux.


              • alinea alinea 30 décembre 2017 20:06

                @Ciriaco
                je vois... comme un film invisible qui les empêche d’être, il suffirait d’un rien pourtant...
                Mais c’est ça le mysticisme, la beauté ne se regarde pas, comme un film ou un tableau, on y participe à condition d’être quasi transparent, d’avoir posé son humanité avant d’y entrer. Il y a des êtres tellement abîmés qu’ils ne le savent pas, et c’est comme une peur.


              • Ciriaco Ciriaco 30 décembre 2017 20:50

                @alinea
                Ces stigmates sont ceux que révèlent certains, quand ils étudient les situations de guerre à l’étranger. Pourtant ces gosses sont souvent de chez nous. A mon âge, les gens vivent entre eux, les plus confortables se font des raisons, mais vous verrez nombre de bistrots à solitude pour les autres. Ce n’est pas ce qui parait de plus dur, mais pourtant le prix de la laideur est immense.


              • alinea alinea 30 décembre 2017 21:24

                @Ciriaco
                oui... chaque solitude est un monde plein de ses beautés..et d’immenses souffrances. Nous sommes encore des moins que rien.


              • Xenozoid Xenozoid 30 décembre 2017 19:34

                la laideur a quelque chose que la beauté n’a pas,elle dure.


                • Antoine 30 décembre 2017 19:49

                  @Xenozoid
                  Je crois personnellement que c’est l’inverse qui est vrai. Le laid n’est que le moment transitoire où le beau se régénère, pour naitre à nouveau.


                • alinea alinea 30 décembre 2017 20:08

                  @Xenozoid
                  C’est nous, qui la rompons.


                • Xenozoid Xenozoid 30 décembre 2017 20:08

                  @Antoine
                  on peux tout metre dans une vue d’esprit.sauf le temps


                • Xenozoid Xenozoid 30 décembre 2017 20:12

                  @alinea
                  C’est nous, qui la rompons.

                  c’est nous qui la jugeon


                • Antoine 30 décembre 2017 20:38

                  @Xenozoid
                  SI l’on regarde le monde dans la durée, c’est bien le beau qui apparait comme une constante et le laid comme un passage éphémère.


                • alinea alinea 30 décembre 2017 21:20

                  @Xenozoid
                  Oui, je n’aurais pas dit « juger » ; mais c’est nous de toutes façons qui percevons,pensons, organisons, etc. c’est effectivement sans intérêt... sortir de là...et vivre !


                • Xenozoid Xenozoid 30 décembre 2017 21:51

                  @alinea
                  bonne annee prochaine alinea,comme les anglos disent « it is all in the eye of the beholder »


                • Yanleroc Yanleroc 30 décembre 2017 21:42

                  Pas de beauté sans désir (désirance ? pas libido), me semble t-il, 

                  car je ne crois pas que celui qui s’ apprête à mourir soit encore à même 
                  d’ apprécier le Beau, 
                  encore moins s’ il a déjà eu, un aperçu de ce qui l’ attend dans l’ au-delà (NDE par ex.), ou la Félicité remplace avantageusement la Beauté !

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