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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Principes généraux du Pouvoir

Principes généraux du Pouvoir

« Peut-être que, au moment critique, les gens ordinaires se montreront plus intelligents que les malins en tout cas je l'espère. » Georges Orwell

 

Ce présent texte est tiré d'un ouvrage de J.B.E. Goldstein, spécialiste russe des sciences politiques, né au XIX ème siècle, et dont nous ne savons quasiment rien. Cet ouvrage, « Théorie et pratique du collectivisme oligarchique », fut retrouvé dans une brocante en 2012 [1].

Ce n'est pas un livre de fiction (bien qu'il apparaisse dans « 1984 » de G.Orwell), et, il nous révèle quelques aspects et méthodes du pouvoir politique, dans la continuité du Prince de Machiavel.

(Ce passage concerne le chapitre 10, fait 1805 mots, 10868 caractères avec les espaces, et vous devrez compter 7 à 8 min pour le temps de lecture, en moyenne).

 

Rappel des principes généraux

 

Il est temps de résumer en principes généraux tout ce qui a été dit dans cette première partie consacrée à la politique intérieure, et comme préambule à la présentation de la forme que doit revêtir le pouvoir politique d'un système de gouvernance oligarchique. Ensemble, ces principes définissent une pensée politique, constituent une manière de voir la vie sociale, et forment un outil d'analyse politique et sociale. Nous pouvons même les appliquer concrètement à l'analyse de n'importe quelle période de l'Histoire. On peut d'ailleurs remarquer qu'ils sont présents dans les écrits de Machiavel, de manière implicite ainsi que cet auteur s'en est fait une règle. D'autres, tels que Pareto, Mosca, Michels et Sorel, les ont décrits de manière explicite.

Dans cette liste sont indiqués entre parenthèses les points de vue opposés aux règles du collectivisme oligarchique, ou qui servent de formes d'intentions [2] aux politiciens et aux rédacteurs de mythes. Car, pour bien comprendre ce qu'est une chose, il faut aussi savoir ce qu'elle n'est pas.

 

1°) Un science objective de la politique et de la société qui puisse être comparable, dans sa méthode, à d'autres sciences empiriques est possible. Elle doit décrire des faits sociaux et établir une corrélation entre eux. Et, sur la base des faits du passé, elle permet de formuler des hypothèses plus ou moins probables concernant le futur. Cette science doit impérativement être neutre de tout but politique pratique ; c'est-à-dire que, comme c'est le cas pour toute science, ses conclusions doivent être testées à l'aide des faits que n'importe qui peut observer, que celui-ci soit riche ou pauvre, dirigeant ou dirigé, et ne doivent en aucune manière être dépendantes d'à priori relevant d'une éthique ou d'un idéal.

(Les points de vue opposés disent qu'aucune science de la politique n'est possible, en raison de la grande richesse de la « nature humaine » ou pour quelques raisons du même ordre ; ou que l'analyse politique est toujours dépendante de programmes pratiques devant améliorer - ou détruire – la société ; ou encore que toute science politique est une « science de l'étude des classes sociales » qui est exact lorsqu’elle concerne la « bourgeoisie », mais ne l'est pas pour le « prolétariat », ainsi que les marxistes le prétendent).

***

2°) Le premier objet de la science politique est la lutte pour le pouvoir social dans ses diverses formes ouvertes et cachées.

(Les points de vue opposés disent que la pensée politique concerne l'amélioration du bien-être, de l’établissement de sa prospérité, et de règles devant apporter le bonheur à tous les citoyens, et autres idées inventées de temps à autre par les théoriciens et les philosophes).

***

3°) La loi de la vie politique ne peut être découverte par une analyse qui prend les mots et les croyances des hommes pour argent comptant. Les mots, programmes, déclarations, constitutions, lois, théories et philosophies doivent être comparés au vaste ensemble des faits sociaux, afin de pouvoir comprendre leurs sens politiques et historiques réels.

(Le point de vue opposé dit que les mots sont importants, puisque ce que les hommes disent, proposent de faire ou ont fait, sont les meilleurs preuves de leurs intentions).

***

4°) L'action logique ou rationnelle joue un rôle relativement mineur dans les changements politiques et sociaux. Il est trompeur de croire que, dans la vie sociale, les hommes agissent de manière délibérée pour consciemment atteindre des buts. L'action non-logique, stimulée par les variables des changements de l’environnement, de l'instinct, des pulsions et des intérêts du moment, est celle qui règle les évolutions, les régressions et les bouleversements.

(Le point de vue opposé dit que l'action rationnelle et réfléchie est responsable de toutes les évolutions, régressions et de tous les bouleversements. L'Histoire doit être perçue comme la chronologie des tentatives rationnelles des hommes pour atteindre leurs buts).

***

5°) Pour comprendre les changements de la société, il faut identifier en priorité les divisions sociales entre les dirigeants politiques et la masse qui est gouvernée, entre l’élite et le reste de la société dont les individus ne font pas partie.

(Les points de vue opposés : soit, nient l'existence de ces divisions, soit considèrent que leur importance sont d'un intérêt mineur, soit, croient qu'elles sont appelées à disparaître de toute façon).

***

6°) Les sciences de l'Histoire et de la politique concernent, avant tout, l'étude de l'élite, de sa composition, de sa structure, et des modalités de ses relations avec le reste de la société dont les individus ne font pas partie.

(Les points de vue opposés disent que l'Histoire concerne tout d'abord l'étude des masses, ou des personnages importants, ou encore des institutions).

***

7°) Le premier propos de toute élite et de toute classe de dirigeants est de conserver ses pouvoirs et ses privilèges.

(Le point de vue opposé dit que le premier propos des dirigeants est de servir la communauté. Cette perception du leadership politique est presque invariablement tenue par tous les porte-paroles des dirigeants politiques et des gouvernements, ne serait-ce qu'en vertu de l'obligation de respect qu'ils doivent à ceux au nom desquels ils parlent. Parmi ces porte-paroles, on trouve à peu près tous les hommes qui écrivent sur les sujets de la société et de la politique, et dont les textes font autorité).

***

8°) Le pouvoir de l'élite s'appuie sur la force et la tromperie. Pour qu'elle soit efficace, la force peut être cachée, la plupart du temps, ou être montrée à la seule fin de la menace. La tromperie n'implique pas nécessairement le mensonge délibéré et conscient ; c'est le mensonge par omission qui est le plus souvent utilisé.

(Les points de vue opposés disent que le gouvernement de la société est fondamentalement un droit délégué par Dieu, ou par le « droit naturel », la raison, ou encore la justice).

***

9°) La structure sociale, dans son ensemble, est intégrée et supportée par une formulation politique qui est, le plus souvent, inspirée par une religion acceptée, une idéologie ou un mythe.

(Les points de vue opposés disent que : soit les formules et les mythes sont des « vérités », soit ils ne sont pas des facteurs sociaux déterminants).

***

10°) Les règles établies par une élite coïncident plus ou moins avec les intérêts de ceux qui n'en font pas partie. Ainsi, en dépit du fait que le premier propos de toute élite est de conserver ses pouvoirs et ses privilèges, on trouve pourtant des différences réelles et significatives dans les structures sociales, depuis le point de vue des masses gouvernées. Cependant, ces différences ne peuvent être convenablement évaluées en termes d'intentions de forme et d'idéologies, mais en ceux : a) de résistance de la communauté relativement à d'autres communautés ; b) de degré de civilisation atteint par la communauté – c'est-à-dire sa capacité à exprimer une large variété d'intérêts créatifs, et à atteindre un haut degré d'évolution matérielle et culturelle relativement à d'autres sociétés ; c) de liberté – c'est-à-dire de sécurité de chaque individu contre l'exercice arbitraire et irresponsable du pouvoir.

(Les points de vue opposés nient l'existence de différences significatives au sein des structures sociales, ou, plus fréquemment, estiment ces différences de manière formelle et purement verbale, en comparant, par exemple, les philosophies ou les idéaux de deux périodes données de l’Histoire).

***

11°) Deux tendances opposées peuvent être dans chaque élite : a) une tendance aristocratique par laquelle l'élite cherche à conserver le pouvoir de chacun de ses membres et de leurs descendants, et à interdire le venue dans ses rangs d'individus de classes inférieurs ; b) une tendance démocratique qui ouvre une porte d'accès à l'élite aux individus des classes inférieurs.

(Des points de vue opposés nieraient l'existence de ces tendances et quelques-uns soutiendraient que l'une des deux peut être supprimée, et qu'ainsi une élite pourrait devenir : soit complètement fermée, soit complètement ouverte. Mais le point de vue le plus répandu, aujourd'hui, en est un « populaire » disant qu'il n'existe aucun mécanisme de fermeture de l'accès à l'élite de toute façon, puisque seules les capacité et intelligence conditionnent naturellement cet accès).

***

12°) La seconde des deux tendances décrites au point 11, ci-dessus, finit toujours par l'emporter. C'est pourquoi aucune structure sociale n'est permanente, ni aucune utopie statique n'est possible. Le lutte sociale, ou la « lutte des classes », ne connaît jamais de fin – c'est d'ailleurs elle qui fait l'Histoire.

(Les points de vue opposés voient la possibilité d'une stabilisation de la structure sociale. La lutte des classes, disent ceux-là, doit disparaître, et disparaîtra de toute façon, pour laisser place à une sorte de paradis sur terre qui sera une « société sans classe », parce qu'ils ne parveinnet pas à accepter le fait que l’élimination de la lutte des classes équivaudrait à l'élimination de la circulation sanguine – qui, en effet, charrie bien des maladies – , ce qui entraînerait la mort de toute la structure).

***

13°) Des renouvellements complets et très rapides affectgent périodiquement la composition et la structure des élites : ils sont le fait de révolutions.

(Les points de vue opposés : soit, nient la réalité des révolutions, soit considèrent qu'elles ne sont que de malheureux accidents qui auraient facilement pu être évités).

 

On pourrait remarquer que ces principes sont plus proches des points de vue instinctifs à l' « esprit pratique » – qui sont d'ailleurs d'actifs participants de la lutte sociale –, que de ceux des théoriciens, des réformistes et des philosophes. Ceci est tout à fait naturel, parce que les principes ne sont que des généralisations de ce que les individus à l'esprit pratique font, et ont fait ; tandis que les théoriciens, très souvent, par comparaison, isolés de toute participation directe dans la lutte sociale, sont capables d'imaginer la société et ses lois exactement comme elles leur conviendraient.

[…]

La structure de toute société gouvernée par une élite ne peut être maintenue sans une représentation théâtrale du pouvoir.[...] Le collectivisme oligarchique n'est pas exempt de ces représentations ; son élite ne peut exister et durer que tant qu'elle accepte de perpétuer le rituel de la République démocratique.

 

 

 

1. « Théorie et pratique du collectivisme oligarchique » - Histoire d’un livre maudit et mythique.

2. Je le souligne : Ibid - Chapitre 1, La méthode : « Il y a une nécessité de ne jamais dévoiler ses véritables intentions à la masse, et de lui présenter d'autres raisons auxquelles on sait qu'elle est sensible. Ainsi, il faut nettement séparer la forme de l'intention, et la véritable intention dont rien ne doit être dit. »


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77 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 12 mai 18:03

    Merci pour ce texte dont j’ignorais l’existence.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 11:09

      @Jeussey de Sourcesûre

      De rien.
      Texte que j’ai découvert tardivement, en surfant sur internet. Il était an vente sur amazon (qui l’édite) en 2014. La 1ère version était épuisée (j’ai même cru à un « fake ») mais a été rééditée en 2015, moment où j’ai pu l’acheter.


    • Giordano Bruno 13 mai 13:47

      Merci également.


    • covadonga*722 covadonga*722 12 mai 18:11

      Le premier objet de la science politique est la lutte pour le pouvoir social dans ses diverses formes ouvertes et cachées.


      Hey Marine , Jean -Luc !!
      le monsieur il parle de vous !!!!

      • JL JL 12 mai 18:57

        Le moins que je puisse dire c’est que ce texte n’est pas du tout libéral. Par exemple ceci :

         
         ’’Pour comprendre les changements de la société, il faut identifier en priorité les divisions sociales entre les dirigeants politiques et la masse qui est gouvernée’’
         
        La base du libéralisme c’est de comprendre que la différence entre un gouvernant et une gouvernante.
         
        Un peuple est adulte et son gouvernement est libéral s’il dirige les affaires (communes) et non pas individus.
         
        Le skipper du bateau gouverne le bateau, pas les passagers ! Nuance. Il ne doit pas y avoir des gouvernants d’un coté et des gouvernés de l’autre : ce mot gouverné m’est odieux. 

        • Clocel Clocel 12 mai 19:50

          « ce mot gouverné m’est odieux. »

          Quel mot lui substituez-vous ?

          « Le skipper du bateau gouverne le bateau, pas les passagers ! »

          Faux !

          Un skipper est responsable de son bateau, de tous ses passagers et de sa bonne marche.

          Dans ce but, il est donc de son devoir de prendre l’ascendant sur tout l’équipage, passagers compris, même s’il y a parmi eux le propriétaire du dit navire, ce dernier retrouvera ses prérogatives à l’ancre.

          Les contrats de convoyage des voiliers sont très clairs là-dessus, vis à vis de la loi, il est pénalement responsable de tout ce qui viendrait contrarier le programme établi.


          • JL JL 13 mai 10:53

            @Clocel
             

            les comparaisons sont comme la plus jolie fille du monde qui ne peut donner que ce qu’elle a.
             
            J’ai une expérience de skipper propriétaire, et je peux vous dire que jamais je n’ai cherché à prendre quel-qu’ascendance que ce soit sur mes équipiers-passagers.
             
             Quel mot lui substituer ? Mais citoyen, tout simplement. Et le chef du gouvernement est un citoyen, soumis aux mêmes lois. 
             
             Ce ne sont pas les dirigeant de l’Etat qui dirigent les citoyens, ce sont les lois. Et le cher ff de l’Etat y est également soumis, sauf dérogations prévues à la loi.
             
             
            Quel individu adulte et responsable pourrait accepter selon vous, d’avoir un(e) gouvernant(e) de 39 ans ? Ce n’est pas le policier qui fait la loi, mais la loi qui fait le policier qui est lui-même et au premier chef, soumis à la loi. Ceux qui confondent gouvernement des affaires et gouvernement des hommes, la loi et ceux qui la font respecter, sont mûrs pour la dictature et le totalitarisme.

          • arthes arthes 13 mai 16:48

            @JL
            Sur un bateau (je skippe aussi mais en amateur ) il n y a qu un seul capitaine a bord et c est a lui ou elle de savoir mener le voilier a bon port, affronter les tempetes et le tout dans la joie et la bonne humeur.

            C est bien de la gouvernance dont il s agit.


            Si cela n est pas bien compris et pas bien fait, c est le naufrage.



          • arthes arthes 13 mai 17:02

            @JL
            Et je rajouterai que chacun doit apprendre a se gouverner lui meme en prem s et a avoir de la discipline, pour vivre en societe...Surtout sur espace aussi reduit qu un voilier.

            Apres, c est que du bonheur et les epreuves peuvent etre surmontees ensemble.

          • JL JL 13 mai 17:13

            @arthes
             

             ce j’appelle gouvernance par opposition au gouvernement des affaires, d’un Etat ou d’une entreprise, c’est l’action de mener la barque (c’est le seul point commun) dans l’objectif unique de dégager un profit maximum pour un investissement donné pour ce qui concerne une entreprise à but lucratif, ou à coût minimum pour une entreprise à but non lucratif comme l’Etat, par exemple. 
             

          • Robert Lavigue Robert Lavigue 12 mai 20:34

            Intéressant...
            Cela sent la forgerie contemporaine, mais elle est très habile !

            Un texte qui n’est pas sans rappeler le livre de Censor - Véridique Rapport sur les dernières chances de sauver le capitalisme en Italie (1975)

            Merci pour le partage.



            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 11:10

              @Robert Lavigue

              De rien.
              « Forgerie contemporaine » , vous avez trouvé le mot ^^


            • rhea 1481971 12 mai 21:25
              • Si vous avez des idées en dehors du sillon qui a était tracé, n essayez pas de les faire connaître à des personnes autres que votre entourage direct, les courriels seront bloqués au stade du serveur de votre fournisseur d’accès. Vous vous retrouverez comme Galilée avec une inquisition,celle ci sera numérique. Le seul moyen prendre sa voiture et, en ayant mis vos
              • idées sous enveloppe , et la mettre dans la boite aux lettres......

              • PiXels PiXels 12 mai 22:26

                Texte pour le moins « intéressant » mais qui présente l’inconvénient d’être considéré relativement rébarbatif après visionnage de « les marseillais vs les chtis » ou autre émission TV à fort potentiel intellectuel animée par un philosophe des temps modernes genre « Hanouna » !!!! (ou d’un « PSG/OM » !) 


                • covadonga*722 covadonga*722 13 mai 07:11

                  @PiXels
                  après visionnage de « les marseillais vs les chtis » 



                  dites pas de mal de cette arme de destruction massive depuis sa création on a remarqué une raréfaction d’apparitions d’extra-terrestre 

                • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 mai 13:35

                  @covadonga*722

                  je crains que vous ne soyez en train de vous fourvoyer
                  l’inversion de la courbe du taux d’apparition d’OVNIS correspond aux premières diffusions de « plus belle la vie ». Depuis, la tendance ne fait que se confirmer.
                  s’agit-il réellement d’un progrès ? le débat reste ouvert

                • covadonga*722 covadonga*722 13 mai 13:40

                  @Jeussey de Sourcesûre

                  yep


                  n’absolument 

                • PiXels PiXels 13 mai 14:12

                  @covadonga*722


                  Dois-je tirer comme conclusion logique de vos pertinentes remarques que ces chers « E.T. » n’apprécient pas à leur juste valeur ces merveilleuses productions d’un « service public » que le monde entier nous envie ? (mais que nous seuls finançons !... faute de les regarder !)
                  Raison qui expliquerait qu’ils ne nous fassent plus l’honneur de leurs sympathiques visites....

                • VeloCipaid VeloCipaid 12 mai 23:19

                  @ l’auteur
                  C’est bien la première fois que une érudition vraie vient se commettre au milieu des Mastulus citoyens.
                  Il faut que je trouve ce livre si il existe....


                  • Robert Lavigue Robert Lavigue 13 mai 00:06

                    @VeloCipaid

                    Comme l’indique l’auteur du billet (dans un lien), le livre est disponible sur archive.org (site dont les scans sont presque toujours meilleurs que ceux de gallica) :
                    https://archive.org/details/TheorieEtPratiqueDuCollectivismeOligarchique

                    Très bizarrement, la couverture est un scan, mais le texte est sous word.
                    D’où le début de mes doutes + des références curieuses (trop d’exemples français ou italiens à mon goût). Mais, je n’ai fait que le parcourir en diagonale en attendant une lecture attentive.
                    Et, les livres imprimés à un seul exemplaire, ça ne me plait pas trop.

                    Et puis des références Sorel ça fait toujours tilt ! (Bien plus crédibles aujourd’hui qu’au début des années 40)

                    Par contre, si quelqu’un a des infos sur Edouard Boulard à qui le livre est dédié, je suis preneur ! (Sauf ce qu’on trouve sur gallica.)

                    Ça m’a l’air d’un sacré coco bien allumé que j’aimerais ajouter à ma collection.
                    D’avance merci



                  • rogal 13 mai 10:14

                    @Robert Lavigue
                    Voyez 13 mai 9:20.


                  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 11:12

                    @VeloCipaid

                    Il existe :
                    "Texte que j’ai découvert tardivement, en surfant sur internet. Il était an vente sur amazon (qui l’édite) en 2014. La 1ère version était épuisée (j’ai même cru à un « fake ») mais a été rééditée en 2015, moment où j’ai pu l’acheter. "


                  • VeloCipaid VeloCipaid 13 mai 00:28

                    Bas de page

                    Plutôt un guide pratique du pouvoir qu’un traité de science politique mais d’un niveau élevé.
                    Pas le genre d’ouvrage qu’une faculté de science politique recommanderait à des étudiants de première année.
                    C’est trop manichéen. L’auteur était probablement plus un praticien qu’un universitaire et je penche pour un conseiller. Il semble avoir été inspiré plutôt par Fouché que par Machiavel dans son approche générale de l’exercice du pouvoir (à mon avis).
                     Les réalités évidemment confidentielles d’à peu près tous les aspects de la direction d’un pays sont présentées (c’est le but de ce livre on le comprend dès les premières pages). Quelques chapitres sont d’une lecture difficile mais l’effort consacré à leur compréhension est toujours récompensé.
                    Comme pour le Prince ou les recommandations de Sun Tzu ce traité est intemporel. Il reste donc d’actualité. Quelques exemples illustrant les explications sont à la fois inédits surprenants et étonnamment précis. Il y en a qui dérangent forcément encore aujourd’hui mais ce livre doit certainement quelques praticiens dans l’ensemble.
                    J’ai peine à croire qu’il ait été édité pour être publiquement et largement diffusé quoique très bien rédigé et clair. C’est bien ce qui m’en fait recommander la lecture.

                     Après ça que le romancier Orwell en ait eu connaissance ou pas (comme je l’ai lu sur Wikipedia qui en parle un peu) est d’une importance secondaire eu égard à l’extrême rareté de son propos et à la qualité de celui-ci dans le cas présent.


                    • rogal 13 mai 09:20

                      Sur Archives, PDF disponible (descendre ; voir aussi les deux ’’Reviews’’). Édition très soignée.
                      Premières impressions :
                      – pas de forgerie, ou alors parfaite (mais à quelle fin ?) ;
                      – écrit vers 1943 - début 44 (Kaltenbrunner en activité) ;
                      – auteur de grande valeur : cultivé, bien renseigné ; un vrai penseur (Trotsky ?).


                      • Robert Lavigue Robert Lavigue 13 mai 10:34

                        @rogal

                        Je vais lire le texte de plus près et faire quelques recherches. Cela prendra beaucoup de temps, demandera à être critiqué et n’aura aucun intérêt à être partagé au voisinage d’une élite mitoyenne.
                        La toile est grande et accueillante !

                        1) C’est l’oeuvre d’un auteur certainement cultivé, ce qui exclu toute la gauche contemporaine et une grande partie de la droite.

                        2) Pour ce qui est du rapport avec Orwell, je ne le sens pas du tout (ce n’est qu’un sentiment)
                        Il avait largement de quoi faire tout seul vu qu’il connaissait très bien les milieux socialistes (au sens anglo-saxon du terme).

                        Une vieille manie, j’ai commencé par regarder les références bibliographiques en bas de page.
                        Il y a un côté gramscien de droite, comme ce que l’on trouve dans l’entourage d’Alain de Benoist.

                        (Cette dédicace à Édouard Boulard me laisse songeur)


                      • rogal 13 mai 10:45

                        @Robert Lavigue
                        Bien sûr, comme dans toute bonne thèse, l’essentiel (ou presque) se trouve en bas de page. Mais enfin les descriptions de la police politique française et les observations sur le Renseignement méritent aussi d’être lues.


                      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 11:25

                        @Robert Lavigue

                        Je ne sais pas si on peut qualifier cet auteur « de droite », même si on ne peut pas le qualifier « de gauche », non plus.
                        Qui est ce Goldstein ? Mystère


                      • Robert Lavigue Robert Lavigue 13 mai 14:38

                        @rogal

                        Mais enfin les descriptions de la police politique française et les observations sur le Renseignement méritent aussi d’être lues.

                        Très certainement et je ne manquerai pas de les lire, comme le reste de l’ouvrage.

                        Ma manie de commencer par les notes de bas de page (ou la bibliographie) n’est qu’une manière d’économiser mon temps.
                        Les sources utilisées (et le contexte dans lequel elle le sont) en disent toujours long sur la qualité d’un texte.


                      • rogal 13 mai 10:37

                        Une remarque sur la vidéo donnée en note 1, par ailleurs excellente. Vers 5:20 il s’observe une erreur de calcul : il y aurait 100 ans de 1894 à 1984 ! Autre clef possible : inverser les deux chiffres centraux, 8 et 9.
                        On lit usuellement que 1984 reprend, par une autre inversion, 1948, année de l’écriture du roman (publié en 1949). Observons que 1948 est aussi la date d’édition indiquée sur ’’Théorie et Pratique...’’.
                        Bref, un grand millésime que 1948.


                        • rogal 13 mai 10:40

                          Et merci a(ux) bouffon(s) du roi pour cette nouveauté captivante. N’en restons pas là.


                          • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 11:22

                            Merci à ceux qui feront un petit effort de recherche et qui nous donneront plus d’infos. N’hésitez pas à le partager ici.


                            • Louve de France Louve de France 13 mai 11:51

                              Bravo mon Bouffon du Roi ! 


                              « La théorie et pratique du collectivisme oligarchique » dépeint l’univers politique dans lequel ce monde moderne plonge de plus en plus .

                              Surtout la représentation théâtrale qui définit la volonté même de contrôler notre manière de penser par des médias omniprésent. Médias qui déforment la réalité et tentent de soumettre ce monde à l’abrutissement général via des « non-débats » et des émissions déstabilisantes pour nos cerveaux pollués. 


                              Nous ne décidons plus du chemin que nous voulons prendre car il y’a un travail de neutralisation permanente de notre pensée .


                              Dommage que vous n’ayez pas pu éclaircir la mystère Goldstein. Parfois la façon dont il présente les choses me fait penser au livre fake (ou pas) du « Protocole des sages de sion ». 


                              Qui est Goldstein ? Un homme bon qui voulait nous prévenir de ce qui adviendrait ? Un collabo de la pire espèce au système oligarchique qui aurait rédigé le mode d’emploi de la pire dictature sous maquillage de démocratie libérale ? 



                              • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 mai 13:49

                                @Louve de France

                                Merci ma chère smiley

                                Pour Godlstein et ce bouquin, on pourrait même être « conspi » à fond. Peut être, est-ce une création des services, à distribuer sur internet ?? ^^
                                Toutes les hypothèses sont « probables » ... smiley

                                ps : j’attends toujours les disponibilité pour le bbq ; les beaux jours arrivent, et rien de mieux que l’air pur de la campagne ^^


                              • Louve de France Louve de France 13 mai 14:15

                                @bouffon(s) du roi


                                C’est marrant, mais je trouve que le nom de Goldstein sonne faux. Comme dans un roman bien connu d’ailleurs... 

                                Ah ! la la ...Ma maison ! J’en rêve jour et nuit ! Je suis toujours dans l’attente de diagnostics obligatoires et je trouve le système français très compliqué par rapport au système américain. C’est long.... Très long...

                                Je meurs d’envie de rentrer dans mon pays. Le ré-enracinement des peuples sera la seule solution face aux seigneurs oligarques du mondialisme. Les solutions de Charles Maurras pour lutter contre l’aristocratie financière sont extraordinaires mais son nom est sali par les bienpensants. Il faudrait pourtant lire et relire son livre fabuleux qui s’appelle : 

                                « LE COUP DE FORCE EST POSSIBLE »

                                Il préconise une révolution par l’esprit et la constructions d’arcanes humaines dominées par une aristocratie de l’âme. Une élite aristocrate d’esprit (pas de sans, mais d’esprit)

                                Charles a tout dit dans ce livre et il explique les splendides failles de tous les sytemes. C’est par ces failles que l’élite éduquée organisera un coup de force. 

                                J’y crois. Il suffit de voir comment une seule personne a réussi a bouter les Anglois hors de France. Elle était serveuse dans l’auberge de son oncle, pucelle, et elle a atteint les hautes sphères de l’histoire. 

                                Elle était la première nationaliste de l’histoire de France. 

                                Preuve que le coup de force est possible par le biais transcendant du nationalisme. 

                              • Louve de France Louve de France 13 mai 14:20

                                Une élite aristocrate d’esprit (pas de SANG, mais d’esprit)


                                Satané correcteur Anglais. Avec leur langue de cons et d’incultes ! 

                              • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 14 mai 12:06

                                @Louve de France

                                Tu t’en vas ? Tes interventions ont le mérite d’être là en tout cas ^^
                                mais c’est compréhensible.


                              • Louve de France Louve de France 13 mai 11:54


                                Preuve s’il en est que le libéralisme-ultra est sur le point de se transformer en Super-Communisme global.Nos sociétés ont les mêmes caractéristiques que celles de l’Union Soviétique et de son Soviet Suprême. 

                                Bienvenue dans le monde de l’horreur ! 

                                Orwell l’avait bien compris. 

                                • izarn izarn 13 mai 17:09

                                  Sorti d’un vide grenier, ça mérite d’y rester.
                                  Dans un vide grenier j’ai trouvé « Le Prince » de Machiavel...
                                  C’est plus intelligent...


                                  • rogal 13 mai 18:36

                                    Sur l’image du livre on aperçoit un peu le dos – pas la quatrième – de la couverture (tout à gauche).
                                    Si le N peut venir de Bronstein, les caractères plus bas paraissent incompatibles avec le titre. Ça sent fort le montage (couleurs aussi), ce qui ne permet pas de conclure grand chose quant au reste.

                                    @Louve
                                    Goldstein n’est pas sans rappeler Bronstein, le patronyme de Trotski. Bron(z), Sllver, Gold : le podium !

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