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Que signifie l’expression « l’homme est un animal métaphysique » ?

Que signifie l'expression « l'homme est un animal métaphysique » ?

Métaphysique : que signifie ce mot ? Métaphysique = après la Physique. On sait que l'expression vient d'un bibliothécaire de la bibliothèque d'Alexandrie qui, voulant classer un ouvrage d'Aristote où il était question de Dieu, le premier moteur, qui n'appartenait ni à la physique (science de la nature), ni à la science, ni à la morale, ni à la logique, le classa "après la physique" (meta te phusikè).

La métaphysique est donc le domaine des choses invisibles : Dieu, la liberté, l'âme... Or, pour nos sens, les choses invisibles n'existent pas. il n'y a que des phénomènes.

Mais notre raison, elle, a tendance à viser l'inconditionné, les causes premières, ce que Kant appelle les "noumènes", ce dont il nous est impossible de faire l'expérience.

L'homme est un animal.

Il a un corps, il a des besoins, c'est un mammifère. Mais l'homme est un être métaphysique en puissance.

L'homme est un animal doué de langage. Dit-on la même chose quand on dit "l'homme est un animal métaphysique" et "l'homme est un animal doué de langage ?"

« L'être humain parle. Nous parlons éveillés ; nous parlons en rêve. Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucune parole, et que nous ne faisons qu'écouter ou lire ; nous parlons même si, n'écoutant plus vraiment, ni ne lisant, nous nous adonnons à un travail, ou bien nous abandonnons à ne rien faire. Constamment nous parlons, d'une manière ou d'une autre. Nous parlons parce que parler nous est naturel. Cela ne provient pas d'une volonté de parler qui serait antérieure à la parole. On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnel veut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle de parler. Elle veut dire que c'est bien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu'homme. L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle. »(Martin Heidegger, Acheminement vers la parole, Gallimard, p.13)

L'homme parle. L'homme est un animal doué de langage. Les animaux communiquent, mais ils ne parlent pas. D'après Aristote, la plante possède une âme végétative, l'animal possède une âme végétative et sensitive, l'homme possède une âme végétative, sensitive et rationnelle, c'est un être parlant. Le langage peut porter sur des "étants" ou sur l'Etre. En tant qu'animal rationnel, l'homme s'interroge sur les "étants", il a affaire à des étants. L'esprit métaphysique débute quand il commence à se détourner des étants pour se tourner vers l'Être.

La question de l'Être a été formulée par Leibniz de la façon suivante : "pourquoi y-a-t-il quelque chose, plutôt que rien ?" L'homme est un animal métaphysique ; la métaphysique concerne les questions qui ne sont ni scientifiques, ni techniques, ni morales, ni politiques, ni juridiques mais qui concernent Dieu, la liberté, l'âme, le monde, le sens, les fins dernières.

Dans son livre L'esprit et le cosmos, Thomas Nagel explique qu'une conception cosmologique du tout qui ne prend pas en compte l'esprit, la conscience, la connaissance et la valeur est engagée dans une impasse. Il faut inclure l'esprit résultat du développement de la vie en tant qu'état le plus récent de la longue histoire cosmologique dans la théorie du Tout.

L'homme est un animal métaphysique. Il se pose des questions fondamentales. La question de l'origine, de l'essence, de la destinée. Il est le seul animal qui sait qu'il va mourir.

L'homme est un animal métaphysique quand il commence à se poser de façon authentique la question du sens : comment donner un sens à une existence finie ? Il est un animal métaphysique quand il commence à se poser la question de la mort, de la liberté. Il est un animal métaphysique quand il commence à se poser la question de l'ipséité (le fait d'être lui-même et pas un autre). Il a conscience ou il peut avoir conscience qu'il vit seul et qu'il meurt seul.

La prise de conscience de ces faits peut engendrer l'angoisse. L'angoisse n'est pas la peur. On a peur devant un danger précis : un animal menaçant par exemple. L'angoisse est sans pourquoi. On ne sait pas au juste pourquoi on est angoissé. L'angoisse commence quand on quitte le territoire du connu pour s'aventurer dans celui de l'étrangeté, l'inquiétante étrangeté dit Freud. Dans le territoire du connu, il y a toujours une réponse à nos questions, pas dans celui de l'angoisse, c'est pourquoi on fait comme si le problème était résolu au lieu de le laisser nous interroger.

"Donc j'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c'était une racine. Les mots s'étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d'emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J'étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j'ai eu cette illumination.

Ça m'a coupé le souffle. Jamais, avant ces dernier jours, je n'avais pressenti ce que voulait dire « exister ». J'étais comme les autres, comme ceux qui se promènent au bord de la mer dans leurs habits de printemps. Je disais comme eux « la mer est verte ; ce point blanc là-haut, c'est une mouette », mais je ne sentais pas que ça existait, que la mouette était une « mouette-existante » ; à l'ordinaire, l'existence se cache. Elle est là, autour de nous, en nous, elle est nous, on ne peut pas dire deux mots sans parler d'elle et, finalement, on ne la touche pas. Quand je croyais y penser, il faut croire que je ne pensais rien, j'avais la tête vide, ou tout juste un mot dans la tête, le mot « être ». Ou alors, je pensais... comment dire ? Je pensais l'appartenance, je me disais que la mer appartenait à la classe des objets verts ou que le vert faisait partie des qualités de la mer. Même quand je regardais les choses, j'étais à cent lieues de songer qu'elles existaient : elles m'apparaissaient comme un décor. Je les prenais dans mes mains, elles me servaient d'outils, je prévoyais leurs résistances. Mais tout ça se passait à la surface. Si l'on m'avait demandé ce que c'était que l'existence, j'aurais répondu de bonne foi que ça n'était rien, tout juste une forme vide qui venait s'ajouter aux choses du dehors, sans rien changer à leur nature. Et puis voilà : tout d'un coup, c'était là, c'était clair comme le jour : l'existence s'était soudain dévoilée. Elle avait perdu son allure inoffensive de catégorie abstraite : c'était la pâte même des choses, cette racine était pétrie dans l'existence. Ou plutôt la racine, les grilles du jardin, le banc, le gazon rare de la pelouse, tout ça s'était évanoui : la diversité des choses, leur individualité n'était qu'une apparence, un vernis. Ce vernis avait fondu, il restait des masses monstrueuses et molles, en désordre - nues, d'une effrayante et obscène nudité. [...]

J'étais là, immobile et glacé, plongé dans une extase horrible. Mais, au sein même de cette extase quelque chose de neuf venait d'apparaître ; je comprenais la Nausée, je la possédais. À vrai dire je ne me formulais pas mes découvertes. Mais je crois qu'à présent, il me serait facile de les mettre en mots. L'essentiel c'est la contingence. Je veux dire que, par définition, l'existence n'est pas la nécessité. Exister, c'est être là, simplement ; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. Il y a des gens, je crois, qui ont compris ça. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un être nécessaire et cause de soi. Or, aucun être nécessaire ne peut expliquer l'existence : la contingence n'est pas un faux semblant, une apparence qu'on peut dissiper ; c'est l'absolu, par conséquent la gratuité parfaite. Tout est gratuit, ce jardin, cette ville et moi-même. Quand il arrive qu'on s'en rende compte, ça vous tourne le cœur et tout se met à flotter."

 

Jean-Paul Sartre, La Nausée (1938)

 

Sartre fait l'expérience de l'existence pure, que les choses existent alors qu'elles pourraient ne pas exister ou exister autrement, de la contingence, quand l'existence n'est pas cachée par le langage, quand elle apparaît dans sa nudité.

Emmanuel Kant a montré que la raison pure ne pouvait pas répondre à ces questions : l'existence de Dieu, de la liberté, de l'âme, du monde, etc. , qu'elles étaient du domaine de la foi et non du savoir. "J'ai borné le savoir pour laisser une place à la foi". Mais avant d'éventuellement adopter la foi ou autre chose, il faut d'abord se poser ces questions, sans y répondre nécessairement.

La mort : comme l'a montré Martin Heidegger (Être et Temps), on peut vivre et mourir dans l'anonymat du "on". L'esprit métaphysique commence quand on prend la mort au sérieux. Non pas quand on se dit qu'on va mourir, que je vais mourir comme tout le monde, mais que cet événement me concerne en propre : je vais mourir de ma propre mort et pas de celle d'un autre.

L'ipséité (la solitude) : l'expérience de la multiplicité comme dit Alain Badiou commence quand l'enfant pend conscience qu'il n'est pas sa mère. Je commence à prendre conscience de ma dimension métaphysique quand je réalise que je suis seul, que je vis seul et que je meurs seul. Personne ne peut mourir à ma place. Personne ne peut vivre non plus à ma place. La tentation est grande de renoncer à mon individualité pour me fondre dans un groupe, d'aliéner ma liberté pour me laisser guider. Je partage les valeurs du groupe auquel j'appartiens, le groupe en retour me rassure sur le bien fondé des valeurs auquel j'adhère. Il y a renforcement dans l'aliénation. Comme le dit Michel de Certeau : "il y a quelque chose de pourri dans toute institution". Or être un animal métaphysique, c'est être un "marcheur solitaire" (l'homme qui marche de Giacometti). Un être humain peut également s'identifier à une fonction ou à une profession : il est tout entier garçon de café ou professeur.

La liberté : je suis libre dans une certaine mesure, au-delà de tous les déterminismes biologiques et sociologiques. Je me donne des excuses : "je ne l'ai pas fait exprès", j'utilise les artifices de la mauvaise foi pour échapper à cette liberté qui me fait peur. Je me réfugie dans l'immanence.

Le sens : c'est moi et moi seul qui peux donner du sens ou ne pas en donner à ma vie. Je peux choisir la solidarité humaine comme le docteur Rieux dans La Peste ou imaginer Sisyphe heureux, mais ce choix n'est pas donné d'avance. Le monde n'a pas de sens a priori. C'est à moi de choisir ou de ne pas choisir de lui donner un sens.

Dans le Mythe de Sysiphe, Albert Camus évoque l'expérience de ce que Kierkegaard appelle la "répétition" : Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le "pourquoi" s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. "Commence", ceci est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l'éveille et elle provoque la suite. La suite, c'est le retour inconscient dans la chaîne, ou c'est l'éveil définitif. Au bout de l'éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d'écoeurant. Ici je dois conclure qu'elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n'ont rien d'original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l'occasion d'une reconnaissance sommaire dans les origines de l'absurde. Le simple "souci" est à l'origine de tout." (p.106-107)

Nous pensons dans les mots (Hegel). Les mots peuvent servir à désigner l'étant, mais aussi à parler de l'Être. Tous les étants ont l'être, mais l'Être n'est rien d'étant. Tout le monde voit une prairie verdoyante, des amandiers en fleur, mais on ne peut pas voir le printemps. Qu'est-ce que l'Être ? A priori, l'Être n'est rien d'étant, c'est un fait, le fait qu'il y a quelque chose plutôt que rien.

Le langage n'est pas (seulement) un instrument au service de la pensée, ni un instrument au service de la technique, destiné à "nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature" (Descartes).

Seul la réponse à la question de l'Être fait de l'homme un animal métaphysique.

En effet, répondre à l'appel de l'Être, ce n'est pas seulement se poser de temps en temps la question de la finitude, de la solitude, de la liberté et du sens. Je peux avoir recours à des conduites d'évitement, en banalisant la mort, en me réfugiant dans le divertissement (Pascal), en échappant à la liberté par la mauvaise foi, en refusant de me poser la question du sens ou en lui répondant trop vite.

L'homme n'est pas tout le temps un animal métaphysique. On peut vivre sans se poser toutes ces questions. On peut vivre (presque) comme un animal, ou comme un animal rationnel. Mais n'y a-t-il pas, alors une dimension qui nous manque ?

 


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24 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 3 mai 11:01

    "Car le sort des fils de l’homme et celui de la bête sont pour eux un même sort ; comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle ; car tout est vanité."

    Ecclésiaste, 3, 19.


    • L’art de l’homme n’est pas de tuer, mais Maîtriser ses instincts (la nature). Comme l’homme apprivoise la mégère qu’au fond de lui il vénère., mais sans se laisser déborder. Tuer l’instinct, c’est tuer la vie. UN ARBRE MORT SANS RACINES. ou comme la lettre SHIN en Hébreux, la tête en bas...Un arbre ne peut survivre en puisant sa force dans le ciel...


      • skrik ulfr skrik ulfr 3 mai 21:27

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Le haut plonge ses racines dans le bas, et l’arbre est bien malade qui désavouerait la terre qui le porte et qui le nourrit


      • Ce n’est pas par hasard, que THOTH HERMES (Dieu du) a comme emblème : le serpent ailé (le Caducée comme pégase qui se détache du cou de la méduse) et le Babouin (dont le lèvres ressemblent à celles de l’homme . Le cou. Cette partie essentielle qui condense ce qui donne la parole. La VOIX n’est-elle pas propre au signe du TAUreau (PTAH, le forgeron qui sculpte le corps caractérisé par son cou épais...). Bientôt l’anniversaire de Freud-TAUreau (après celui de la mort de Napoléon, au passage, un petit rappelons-nous aussi MARIE BONAPARTE qui grâce à ses relations sauva Freud d’une mort précoce mais programmée (cancer de la GORGE). Méduse celle qui tue celui qui ne voit pas au-delà de son visage (le narcissique). Persée le bien-nommé avait saisi et son armure miroitante renvoyant son propre visage à la méduse. Cabale ou Kabbale. Caballe vient aussi du Félibre : cheval ou la langue des oiseaux....Fée libre qui est en roue libre...


        • A Thoth Hermès Dieu du verbe, mais qui ne pu prendre forme que grâce à PTAH, le forgeron. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Le ciel ou Cosmos et la terre sont reliés. C’est l’arche d’alliance. L’ARC EST SYMBOLOQIE du sagittaire qui de Centaure phallique et patriarcal dominant et violent, intègre son féminin en scorpion (aquatique. La constellation du serpentaire est dite ailée aérienne. A cheval sur le scorpion et le sagittaire. Le ciel c’est L’AIR (la chanson du ciel), la musique du vent dans les voiles (les voiles du palais ou gonflement de la luette). Les ondulations du serpent ailé qui n’est plus contrarié par les obstacles du SOL (do, ré, mi fa sol la si DO) ne font-elles pas penser au passage du souffle dans la GORGE. Hildegarde von Bingen. LE CANTIQUE DE l’EXTASE (CLIMAX). Hildegarde Von Bingen dont le nom signifie en clair. Qui combat (épure) le terrain marécageux pour faire entendre la pureté de sa voix...


          • N’oublions pas que CHIRON associé aussi aux sagittaire est le thérapeute (Chiropraxie, celui qui répare les fractures, lie les opposés). Rend possible la jonction entre le Feu et l’EAU. C’est l’air (mercure : les-non dits...)


            • Tu mangeras l’ARBRE DE LA CONNAISSNCE DU BIEN ET DU MAL EN PASSANT PAR L’ARBRE DE VIE.


              • Xenozoid Xenozoid 3 mai 21:33

                cela signifie que l’homme crée sa propre réalité ainsi que 

                sa domestication on appelle cela l’auto domestication


                • Xenozoid Xenozoid 3 mai 21:40

                  @Xenozoid

                  ps : des empires se sont construit comme cela et se contruisent encore


                • njama njama 3 mai 23:04

                  La métaphysique n’est jamais qu’une perception du monde qui échappe à la raison, à l’intellect pur, comme à l’intellectualité, bien quelle lui soit connexe. Cette perception du Vivant, de l’univers, n’est pas propre qu’à l’homme.

                  Pourquoi dissocier l’homme de l’Univers ?

                  Il fut un temps, dans l’Antiquité où l’on parlait « d’intellection »..., où tous les animaux étaient doués d’intellection, jusqu’à ce que... l’ère dite des Lumières, de la Raison ne soit venue l’anéantir avec la science, le positivisme.

                  Le darwinisme n’est qu’au fond une vision racialiste et suprémaciste du vivant, une théorie bourgeoise, décadente...

                  Personnellement comme je la perçois, elle, la vision métaphysique, sourd aussi du monde végétal, et minéral, question d’ouïe, de sensibilité (métaphysique) peut-être ... comprenne qui peut...


                  • njama njama 3 mai 23:10

                    L’intellection (du bas latin intellectio, sens, signification, dér. de intellegere « comprendre ») - par signification et conscience - est un phénomène sémantique résultant de l’agencement de la signification et de la signification phénoménologique (observation des phénomènes, aux données de l’expérience avant toute considération théorique), en une entité unique.

                    La notion d’intellection est assez restreinte, seuls les organismes vivants ayant système nerveux pouvant manifester de l’intellection (= compréhension).

                    Dans l’antiquité les animaux étaient reconnus doués d’intellection. C’est la science moderne du XIX° qui a réduit leur intelligence à l’instinct, ce qui est très réducteur dans leurs cas, leur déniant d’être doté d’une forme d’intelligence.

                    Peut-être fallait-il pour les besoins expérimentaux de la Science s’affranchir de l’idée d’une intelligence chez l’animal pour l’objetiser, le réifier une bonne fois pour toutes, afin de pouvoir faire des expériences sur eux.

                    Selon Porphyre de Tyr (philosophe néo-platonicien du III° s.) « Tous les êtres qui possèdent la sensation, nécessairement possèdent aussi l’intellection. » (De l’abstinence).

                    Un robot, un ordinateur ne possédant pas de sensations, comment pourrait-il être doué d’intellection par signification et conscience.

                    A la différence de ce qui est « intellectuel » et de « l’intellectualisme » qui voudrait que tout soit réductible à des idées, « l’intellection » associe en plus, la compréhension intime du sujet en impliquant tous les autres sens liés à la perception. C’est dans cette perceptive sémantique, que l’on parle d’ Intellect « agent » ou d’ intellect «  actif », c’est l’intellect qui « voit », qui « entend ».



                    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 11:06

                      @Xenozoid,
                       Cela prouve à quel point nous sommes des hommes en version actuelle, très imparfaits.


                    • Xenozoid Xenozoid 4 mai 15:56

                      @Réflexions du Miroir

                      Guy, je te comprend, mais l’imperfection n’est pas le probleme,ce sont plutot ceux qui veulent la controler de l’extérieur , qui sont le probleme...


                    • njama njama 3 mai 23:22

                      L’IA (intelligence artificielle) ne peut évoluer car elle n’a pas de conscience, elle ne peut comprendre et concevoir. C’est pour cela que le robot même le plus perfectionné n’égalera même jamais l’animal.

                      L’ IA comprend seulement par signification, non pas aussi par conscience. C’est ce que l’on appelle l’intellection formelle, ce qui la distingue de l’intellection par signification et conscience.

                      L’intelligence précède la conscience... aucune machine n’est intelligente, elle n’obéit qu’à une programmation.

                      De fait, la métaphysique échappera toujours à l’IA même la plus perfectionnée


                      • @njama

                        L’intelligence précède la conscience... aucune machine n’est intelligente, elle n’obéit qu’à une programmation.


                        Cet argument on peut le retourner comme une chaussette et dire tout simplement que nous sommes des machines... biologiques.

                        Donc sauf à supposer que nous serions quelque chose de plus (l’âme/particule divine), cet argument ne vaut pas tripette.

                        On est très très loin en IA d’arriver à égaler ne serait-ce que l’intelligence d’un pou, mais prétendre qu’il serait impossible de créer un machine aussi intelligente (voire plus) que nous est une hypothèse parmi d’autres, rien de plus.


                      • @Philippe Huysmans, Complotologue il y a deux formes d’intelligence. La partielle et la globale. La première est instrumentale, joue surtout la rapidité sans aucune connection avec l’inconscient (ou l’âme comme vous dites : oui, un ordinateur (le mot énonce clairement la couleur : ORDRE) Il pourra calculer 352289.11477
                        fois 577 ;988;2110 en deux secondes. C’est ce qu’on appelle : intellect (sec) ou mental inférieur. Très différent de l’intelligence qui sonne plus global et doux parce que se glisse l’intuition et l’âme comme vous dites uniquement propre à l’humain. L’ordinateur peut remplacer le cerveau gauche. Mais jamais le droit : créativité, intuition,....


                      • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 10:04

                        @njama,
                         Ce que vous définissez est l’IA 1.0. (enfin parfois avec des indices décimaux supérieurs à 0). On appelle dans le jargon cela l’IA faible.
                         Pourquoi ?
                         Parce que les machines sont encore trop lentes, basées sur le système binaire et donc très numériquement vôtre. 
                         La machine actuelle ne fait qu’imiter imparfaitement l’homme analogique. 
                         L’arrivée vers la version suivante, la 2.0 et après à la 3.0 se passera irrémédiablement lorsque les erreurs conceptuelles de l’homme seront effacées, annulées par des algorithmes intelligents qui dépasseront celles-ci en mêlant le digital à l’analogique au niveau quantique.
                         Nous avons un esprit quantique qui associe les deux, mais nous le faisons relativement mal. On pourrait appeler cela l’homme augmenté dans le posthumanisme quand la pensée humaine s’intègrera dans la machine.
                         Il ne faut pas avoir peur des machines mais de ceux qui les programment.
                         En principe, les trois lois de Isaak Asimov.
                         Dans combien de temps ?
                         C’est ça la question avec timing très variable à laquelle j’hésite seulement à répondre.
                          


                      • @Réflexions du Miroir. Comme vous le dites parfaitement. Tout dépend qui pilote l’engin. J’avoue avoir beaucoup bénéficier d’internet comme source d’information et Bibliothèque. Passer des heures l’ALBERTINE pour faire une recherche,...Mais cela reste une énorme bibliothèque et comme je crois à la mémoire akashique (ou éons qui font le tri sélectif...Hier ,je fus très étonnée. Deux messages qui ne m’intéressent plus depuis longtemps sont passés comme cela dans la corbeille. Conseil : passez de temps à autre vérifier les spams...


                      • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 10:34

                        Bonjour Mélusine,

                          Les bibliothèques avec des livres papiers, c’est dépassé. Un lecture trop linéaire.

                          Via les hyperliens d’internet vous irez beaucoup plus rapidement avec lecture en réseaux sans fin.

                          Les livres et les cours scolaires suivent la même logique linéaire.

                          On donne des cours d’histoire, de langues, de mathématique et d’autres disciplines dans des classes séparées, spécialisées et on forme des jeunes de la même façon alors que si elles étaient généralisées, intégrées non séparées en discipline qui permettrait de globaliser les connaissances en apportant sa propre intelligence (qui si elle n’existait pas rendraient les connaissances inopérantes voire inutiles).


                      • @Réflexions du Miroir
                         quand on nettoiera ou éliminera les images pornos et sites pédophiles, on en reparle. Je distingue clairement porno et érotique. les images érotiques sont vivante et les personnages aussi. Le porno est surtout partiel :.. ; bites, chattes,...cru...


                      • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 12:56

                        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                        « on éliminera les images pornos et sites pédophiles, »
                        Nous serrons tous androgynes, tous égaux. Ni tout à fait homme, ni tout à a fait femme, si vous souvenez de mon billet « Paroles d’hommes ».
                        A quoi cela servirait encore d’avoir du féminisme jusqu’au boit des ongles ou du machisme à coups de poings ? 
                        Non, Mélusine, tout va changer... Tout doit changer... Covid oblige... évidemment. 


                      • Et comme le dit bien le mot, il s’agit d’une « intelligence » ARTIFICIELLE« . Comme une fleur en plastique (parfois les imitations sont surprenantes) par rapport à une ROSE, dont émane une essence il est vrai que dans la fleur on peut intercaler une essence (mais cela restera du »fabriqué....Tiens Gates et Melinda se séparent. L’informatique n’a manifestement pas réussi à résoudre leurs problèmes de couple...


                        • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 10:20

                          @Robin Bonjour,

                           Vous vous posez des questions existentielles, Elon Musc pour ne citer que lui, a bien dépassé ce stade.

                           Ce n’est pas par la voie du transhumanisme qu’il faut penser, mais à une amélioration de l’existence au niveau psychologique et sociologique.

                           A quoi servirait une existence du style de Mathusalem si on s’y emmerde en permanence.

                           J’écoutais ce matin parler d’un livre avec le titre « Paresse pour tous » à travailler 3 h par jour.

                           La question devient comment utiliser ce temps gagné par la paresse ?

                           A dormir, à bailler aux corneilles diront certains

                          Bâiller consiste à ouvrir la bouche sous l’effet de la fatigue, de la faim ou encore de l’ennui. ... Depuis le XVIIe siècle, à cause de la concurrence de bâiller, il n’existe plus que dans la tournure bayer aux corneilles, qui signifie “rêvasser”, “perdre son temps à regarder en l’air niaisement

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