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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Une énigme tarabiscotée
#66 des Tendances

Une énigme tarabiscotée

De Joël Dicker, j'ai lu "La vérité sur l'affaire Harry Quebert"  et il m'avait plu. Il a été adaptée en série télévisée, produite par MGM et réalisée par Jean-Jacques Annaud et diffusée sur TF1 le 21 novembre 2018. Joël Dicker disait « Annaud a mieux compris le livre que moi-même. C’est un bonheur de voir les pages vivre devant moi. ».

J'ai lu : "L'Énigme de la chambre 622" et il m'a déçu. La pensée de J.J. Annaud se renforce dans ce livre de Joël Dicker mais avec moins de bonheur..

Son livre m'apporte l'idée qu'il a un esprit brouillon et qu'il ne contrôle pas la trame de son histoire du début à la fin. 

Un roman à tiroirs, d'accord. Mais ne faut-il pas les ouvrir dans un ordre aléatoire ?

Son livre se construit sur 3 idées maîtresses : pouvoir, argent et amours ratés. Des concepts généraux intéressants pour le fond, mais la forme déséquilibre le lecteur dans des flash-backs en va-et-vient qui ne se suivent pas dans un ordre synchronisé dans le temps et l'espace.

Préambule par Joël Dicker

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Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier ?
Avec la précision d’un maître horloger suisse, Joël Dicker nous emmène enfin au cœur de sa ville natale au fil de ce roman diabolique et époustouflant, sur fond de triangle amoureux, jeux de pouvoir, coups bas, trahisons et jalousies, dans une Suisse pas si tranquille que ça.

 

Commentaires de lecteurs

Les commentaires de Babelio, n'apparaissent pas très élogieux.

Une cote moyenne de 3,43 sur 5.

J'aurais donné à peine 2,5, tous frais payés tellement cela me semblait brouillon.

Le fond : L'Écrivain (parce que, étrangement, c'est lui-même qui parle et pas un des ses personnages du roman) enquête sur le mystère du numéro de chambre 622 dont le numéro est sauté.

Des années auparavant, le jeune banquier Macaire voit la succession de son père à la tête de la présidence de la banque familial compromise. Lutte de pouvoir et d'argent s'en suivent.

La forme se présente dans une gymnastique temporelle, chapitre après chapitre (et parfois en sous-chapitres) sous une accumulation de date autour de l'instant du meurtre “16 ans plus tôt”, “vingt ans plus tôt”, “la veille du meurtre”, “cinq mois plus tôt”. Cette manière rend la lecture complexe au lecteur sans un fil rouge sur une ligne de temps qui dévoie la compréhension.

En perdition, le lecteur s'épuise à tenter de suivre l'histoire. Il engendre son dépit sans extirper le moindre grain positif en accumulant les clichés dans un tissage d'intrigues trop emmêlés pour qu'il y ait un soupçon de crédibilité qui pourrait se terminer par une sortie qui enchante sous un happy-end. La construction du livre semble celle d'un architecte fan dans un Légoland où on saute dans le temps comme dans une mécanique narrative sans accroc dans un zoo à millionnaires.

Si la chronologie progressive avait été respectée le meurtre survenu le 16 décembre 2018, comme point central de l'enquête, tout aurait été plus simple à suivre et à lire, mais ce n'est pas la voie choisie par Joël.

Quatre titres des parties en parallèle comme seul fil conducteur non suivis dans les chapitres

  1. Avant le meurtre
  2. Le week-end du meurtre
  3. Quatre mois après le meurtre
  4. Trois années après le meurtre. 

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Questions : Comment a-t-il pu écrire son livre sans se perdre lui-même dans son histoire ?

La réponse est perplexe...

L'a-t-il écrit en continu ou en ajoutant des touches supplémentaires au fur et à mesure du progrès de l'écriture dans une sorte de bulles, de phylactères ou de piles comme si on progressait sur Internet d'hyperlien en hyperlien pour expliquer un chapitre précédent et revenir au point de départ, une fois, l'avoir parcourue en First InFirst Out ?

Comment ne pas rencontrer de redondances ?

Comment garder le cap jusqu'à destination ?

Pour remettre le livre dans le bon ordre, j'ai tenté de rendre l'histoire plus linéaire dans le temps à l'aide des titres des chapitres et des dates et heures qui étaient précisées pour les accompagner. Je n'y suis pas parvenu parce que même dans un chapitre, le lecteur peut se retrouver tour à tour dans le passé avant le meurtre, au moment du meurtre ou dans le futur après le meurtre. 

Tout tourne autour de l'argent et de cette banque.

Est-ce que Joël Dicker approuve ou rejette cette situation ?

La question tout aussi tarabiscotée dans la "Dérive des continents" se pose : 

"Les riches ont-ils le droit de polluer un peu plus ?"

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Joël Dicker dit : "je semble ignorer mon cheminement moi-même".

En Suisse, tous les cheminements passent par les banques et l'argent.

Si la vie n'est constituée que d'un puzzle dont il faut assembler les pièces et que certaines sont en double, elles ne trouvent pas leur place dans l'ensemble.

L'émission les "Petits papiers" dans laquelle Joël était invité et devait sélectionner des mots, il ne permettait pas mieux d'éclairer sa manière de penser par sa technique alambiquée  : podcast

.

Son livre a été écrit pendant le confinement de 2020 et dans ce genre de situation, on sait où on commence l'histoire mais on ignore où elle finit à la recherche de la meilleure sortie.

C'est un manuscrit envoyé à un éditeur d'un bloc et pas un eBook comme j'en ai l'habitude écrit progressivement avec seulement deux chapitres précédents sa publication sur ce site sans en connaître la fin.

Joël Dicker explique sans l'expliquer le genre de livre qu'il a voulu écrire.

C'est une enquête qui ne respecte pas les codes du polar mais on connaît ni la victime ni le meurtrier jusqu'à la fin.

C'est une histoire d'amour, de filiation, de transfert de pouvoir...

Un melting pot "page turner" demande à être revu, même à la 65ème version, ou relu pour être compris par le lecteur dans sa version finale. 

"Quand on n'a pas de plan, on ne sait pas ce qu'on veut et on découvre ce qu'on ne veut pas et c'est ainsi que je fonctionne", dit Joël.

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Les dernières lignes de son roman sont pleines de sagesse et justifie peut-être sa technique surréaliste.

Le nerf de la guerre n'est pas toujours l'argent.

La motivation peut aussi faire partie de l'énigme d'une vie. 

"La vie est un roman dont on sait déjà comment il se termine. A la fin, le héros meurt. Le plus important n'est donc pas comment notre histoire s'achève, mais comment nous en remplissons les pages. Car la vie, comme un roman, doit être une aventure. Et les aventures, ce sont les vacances de la vie".

Chaque petit geste même tarabiscoté compte pour se donner de l'énergie même après les fastes et les dépenses en voyages pour assister aux funérailles de Elisabeth II...

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Allusion


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2 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 20 septembre 16:31

    Bonjour, Réflexions du miroir

    Personnellement, j’ai plutôt bien apprécié La vérité sur l’affaire Harry Quebert  quoique sans comprendre l’énorme succès de ce polar , et nettement moins L’énigme de la chambre 622, un bouquin effectivement confus.

    Cet auteur ne fait pas partie de mon panthéon d’auteurs de polars.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 20 septembre 17:26

      @Fergus bonjour,
       Personnellement, j’écris aussi des fictions comme je le mentionnais dans mon billet précédent.
       C’est dire que je connais la différence entre écrire un billet et ce que j’appelle un eBook écrit sur Internet exclusivement.
       « L’énigme de la chambre 622 » est un livre papier qui est transmis à un éditeur qui devient son cheval de bataille en prenant une partie de la responsabilité financière de l’entreprise d’édition.
       C’est aussi une différence d’approche. Il y a de la rentabilité de l’opération qui prend une part importante de l’entreprise d’écriture.
       Un véritable écrivain doit se mettre à la place d’un lecteur en oubliant ce qu’il a écrit de l’histoire pour s’en extraire et pour déterminer s’il est consistant du début à la fin. 
        C’est ce que j’ai reproché à Joël.
        Le fond de l’histoire était bon. La forme, un peu moins. 

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