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A Knocke-le-Zoute

Enfin les vacances, direction Knokke-le-Zoute ! Le peintre Magritte et sa femme Georgette se préparent à savourer les plaisirs de la côte belge : promenades en cuistax, croquettes de crevettes et moules-frites. Mais avant ça, ils profitent de la plage, bien installés dans leur transat. Un peu plus loin, les aboiements de leur chienne Loulou sonnent la fin du farniente. En grattant dans le sable, elle a déterré une main. Une aubaine pour René et Georgette qui vont se livrer à leur plaisir secret : traquer le meurtrier. Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague…

Dernièrement, je parlais du roman "Nom d'une pipe" de Nadine Monfils.

Il y a exactement un an, j'écrivais le billet "L'été indien à Knocke" dans lequel j'ajoutais l'histoire de la ville côtière.

Cette fois, c'est avec René et Georgette Magritte par l'intermédiaire du livre de Nadine Monfils que je vais le repasser dans ses Folles Enquêtes. 

"Nom d'une pipe" se passait à Bruxelles. Je faisais une pub pour le livre de l'écrivaine, Nadine Monfils.

Son livre suivant, "A Knocke-le-Zoute", je l'ai lu juste après "Nom d'une pipe".

C'est peut-être une erreur, le plaisir de la surprise n'y était plus.

J'avoue que j'ai préféré le premier pour sa nouveauté, pour ses trouvailles dans l'arsenal des expressions belges, pour la résolution de crimes. Le drame du premier est très psychologique et relève même de la psychiatrie : l'histoire d'une criminelle se sentant flouée dans la vie, rejetée par sa mère et placée chez les nonnes pour faire son éducation.

Allais-je procéder de la même manière par lire quelques extraits comme je le fis pour le premier livre concernant les "Folles enquêtes de Magritte et Georgette" dans le rythme de Knokke-Le-Zoute de Jacques Brel ?

En guise de préambule, les premières lignes du livre disent : "Il était une fois un gamin qui avait enfermé la mer dans une boîte à mystère sur laquelle il avait collé des coquillages. Chaque fois qu'il voulait retrouver son insouciance, il l'ouvrait et les vagues déferlaient chez lui, emportant son chapeau boule et ses nuages noirs. Ne laissant qu'une palette de couleurs pour réinventer le monde".  

Un des premiers commentaires sur Babelio m'a permis de l'éviter.

"René et Georgette Magritte m'ont réservé, dans ce petit hôtel familial donnant directement sur la plage, une jolie chambre, avec une belle vue sur la mer.
Un rayon de soleil, c'est le moment d'en profiter. A peine mes valises défaites, direction la superbe plage de sable fin avec ses cabanons de plage d'un blanc immaculé. J'y retrouve le couple qui déjà savoure les plaisirs d'une sieste sous la douce caresse du soleil. Je m'installe confortablement sur une chaise longue, regarde quelques minutes le vol gracieux des oiseaux marins en écoutant le murmure apaisant de la mer. Puis je me plonge dans mon roman. Quel bonheur !
C'est le moment que choisit Jackie pour aboyer. La chienne parait tellement agitée, creusant frénétiquement dans le sable tout en jappant que René et sa femme se lèvent et viennent à sa rencontre. En se rapprochant, quelle n'est pas leur surprise que de découvrir une main que Jackie vient de déloger du sable.
Les vacances à Knokke-le-Zoute commençaient si bien !
Fini la tranquillité. Très friands d'énigmes, René Magritte et sa femme ont décidé jouer les détectives amateurs. Quoi de plus excitant que de traquer un meurtrier pour pimenter ses vacances !
- Tu devrais faire attention, tu as tellement le goût du mystère que tu le provoques.

- Toi, tu le crées avec tes tableaux. Moi je le cherche dans la vie. On se rejoint, chacun avec ses moyens.

Grâce à Georgette, René pouvait s'évader en toute tranquillité. Elle était sa plage et il pouvait naviguer sur la mer houleuse à bord de quelques vaisseaux fantômes. Ce qui turlupine René, c'est que souvent, quand naissait l'idée d'un tableau, il existait un lien avec l'enquête qu'ils menaient tous deux. Il devait bien l'admettre, même s'il repoussait cette impression car il ne croyait guère aux liens surnaturels. ".

C'est un bon résumé de la situation de chacun dans le couple.

Allais-je procéder de la même manière par lire quelques extraits comme je le fis pour le premier livre concernant les "Folles enquêtes de Magritte et Georgette" dans le rythme "Knocke-Le-Zoute" de Jacques Brel ?

Il y a une foule de questions que je me suis posé.

Comment vivraient René et Georgette Monfils à l'époque d'aujourd'hui ?René, ne se serait-il pas complètement déphasé avec son époque et dépité par le paradigme numérique d'aujourd'hui comme j'en connais quelques exemples ?

Aurait-il pris le chemin hasardeux des réseaux sociaux ?

René n'aimait pas les voyages. D'accord. Mais n'aurait-il pas succombé à la vague virale des voyages et d'évasions bien plus lointaines qui s'intensifient dès les années 80, poussé par son épouse Georgette, moins casanière et qui aurait pu en avoir marre d'aller tous les ans à Knokke ? La Belgique est un beau mais relativement petit. 

Méthode de Nadine Monfils 

Nadine Monfils a été chercher beaucoup d'indices et de références au sujet de la famille Magritte. Je l'en félicite. Elle a rencontré et interviewé Georgette Magritte bien après le décès de son mari René survenu 20 ans auparavant celui de Georgette.

Elle reste une interprète romancée du passé des Magritte comme pourrait le faire une historienne qui après des recherches obtiendrait des indices sur les personnages qu'elle décrit. Mais cela ne reste que des indices quand ce sont des personnages qui n'ont pas pu être interviewés plusieurs fois.

C'est un peu comme la vision de la situation de Bruxelles en 1908 colorisée par Rick88888888 que des historiens ont pris en considération en faisant remarquer que ce n'était pas à prendre totalement à la lettre, vu que les photographes et cinéastes ont toujours une tendance de rendre les choses plus belles qu'elles ne le sont en réalité. 

Il est peut-être très intéressant d'écouter l'interview de Jean-Noel Liaut pour son livre "Andy Warhol, le renard blanc" qui a nécessité une analyse de 30 ans avant d'être publié pour tirer quelques conclusions de la personnalité de quelqu'un pourtant bien connu dans la vie publique. (lien). 

D'après les deux livres de Nadine Monfils, on pourrait en déduire que René était un surréaliste rêveur dans ses pensées tandis que Georgette était plus terre à terre, prompte à remettre son époux sur la voie de la sagesse et de la raison dans la réalité.

René pouvait avoir des idées géniales pour sa passion de faire des enquêtes policières et les représenter ensuite sous forme de peinture, mais l'intelligence de Georgette était probablement plus aiguisée que lui pour lui apporter des réflexions profitables au progrès de l'enquête. 

Quand René est mort, j'allais avoir vingt ans. Nadine, quatorze ans.

Elle vit depuis 22 ans à Montmartre. Je suis né à Bruxelles et j'y vis. Ce n'est pas la même approche.

Ce 21 août, j'étais dans les endroits qui étaient référencés dans le premier livre : les Marolles, la Place du Jeu de Balle, les quatre rues parallèles très typiques : des Brodeurs, des Chaisiers, des Tonneliers et des Charpentiers. 

Aujourd'hui, à Bruxelles, un magasin ferme et un autre le remplace le mois suivant. La ville est en évolution continuelle et même en ébullition. Si on sort du cadre et de l'environnement seulement après un mois, on ne découvre pas la même situation. Nadine écrit dans "A Knokke-Le-Zoute :

- Vous êtes ravissante ! fit-il à l’égard de Georgette, qui se mit à roucouler.
Ah les femmes, pensa René, toutes les mêmes ! Un loup qui les flatte et elles le suivent. Après elles s’étonnent de se faire avaler tout cru !

Cette situation pourrait se retourner contre Nadine Monfils comme in le verra dans l'Annexe de ce billet.

Jacques Brel dans les deux histoires du couple Magritte 

Le dernier album de Jacques Brel a un titre générique "Les Marquises" "où gémir n'est pas de mise"... L'album est identifié par celui de cette chanson qui clôt le disque.

Il y a seize autres titres qui sont connus et que Brel a écrit comme testament.

"Jaures", "La Ville s'endormait", "Le Bon Dieu", "Les Flamingants", "Orly", "Les Remparts de Varsovie", "Voir un ami pleurer", "Jojo", "Sans exigences", "Avec élégance", "Mai 40", "L'Amour est mort", "La Cathédrale" et...

"Knokke-Le-Zoute tango" dont les paroles viennent en échos. . 

Mais ce soir
Y a pas d'Argentines
Y a pas d'espoir
Mais ce soir
Y a pas d'Espagnoles
Y a pas de casseroles
Mais ce soir
Y a pas de Caracas
Y a pas de t-évanescentes

Y a pas d'doute, non ce soir
Il pleut sur Knokke-le-Zoute
Ce soir comme tous les soirs
Je me rentre chez moi
Cœur en déroute
Et la bite sous l'bras

Ces paroles de la chanson de Brel sont ambigües.

Elles prouvent peut-être que Brel n'aimait pas trop Knocke-le-Zoute après tous ses voyages dans le monde.

René et Georgette Magritte aimaient Knokke d'après le premier chapitre du livre.

"A Knokke-le-Zoute, René était chez lui" était-il écrit dans la première page du livre.

Knokke et la Côte belge qui font partie

Que faire aujourd'hui à Knokke ?

Du shopping de luxe, du vélo comme le montre cette vidéo...

A Blankenberg et son Pire dans cette vidéo...

J'ai aussi des souvenirs de Blankenberg quand j'étais jeune.

Je me souviens que j'ai appris la comptabilité en vendant sur le sable des fleurs en papier de toutes les couleurs que les acheteurs payaient avec des coquillages.

Je devais avoir 8 ou 9 ans sur des photos..

A Ostende, la Reine des Plages, j'ai d'autres souvenirs tout aussi intimes que cette vidéo ne rappelle pas totalement.

Sous un autre angle plus récent, les "Perles d'été" présentait son street art dans cette vidéo

De Dunkerque à La Panne, la côte des dunes et en général, plus sauvages avec moins d'attractions dans cette vidéo

Il existe une fondation Magritte qui se charge de conserver ses oeuvres.

Annexe

Deux échanges ont généré une polémique qui n'a fait que s'empirer jusqu'à la rupture franche et définitive avec, à bureau fermé, des insultes à peine voilées.

Les insultes ne sont vraiment graves qu'à condition de trouver les réponses adéquates et à la hauteur de l'événement, sans s'écraser et sans générer une guerre d'opinions perdues d'avance.

 - Je n’ai pas le temps de tous ces mails et je ne lis que mes mails professionnels" ajoute-t-elle alors qu'elle prenait le temps d'écrire sur Facebook à ses fans, encore une fois, probablement à la mode professionnelle en se réservant des interviews à la presse.

Offusqué, je traduis : "vous m'emmerdez, il n'y a que ce qui est professionnel et des amis qui m'intéressent".

- C'est donc uniquement intéressée par le pognon ? J'ai passé ce stade depuis 15 ans, lui répondis-je..

 Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai ressenti une énorme désinvolture et un désintérêt vis-à-vis de ce qu'elle pense de ces lecteurs au moment où ceux-ci veulent en savoir un peu plus sur sa personne.

Vous connaissez la phrase de la Fable de La Fontaine "Le corbeau et le renard" qui dit "Sans mentir, si votre ramage... Se rapporte à votre plumage,... Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois".

C'est vrai, je l'avoue, déformation professionnelle due au management de personnes, j'ai testé Nadine Monfils.

L'âme humaine est plus difficile à cerner qu'un problème relié au numérique surtout quand il s'y greffe un problème idéologique et analogique.

Le bug informatique, avec un peu d'expérience, pourra être relativement vite corrigé pour qu'il n'y ait plus de récidive.

Il faut beaucoup lire avant d'écrire quoi que ce soit. 

S'il faut se parler seulement entre amis, où ira-t-on demain ?

Dès que j'entame la lecture d'un article ou d'un roman, je consulte leur "A propos" en parallèle avec la lecture de leurs billets ou romans pour voir si ce qu'ils écrivent correspond à ce qu'ils écrivent. 

Quand il y a un clash, c'est le compromis "à la belge" et le calme qui s'imposent. Dommage d'en arriver là mais c'est comme ça...

Nadine Monfils n'a pas pu comprendre que quand on est retraité, on peut écrire rien que pour le plaisir sans y ajouter un contexte commercial, sans relations mondaines ou avec la presse et sans chercher des amis pour autant.

Dans un échange à bureau fermé, on ne répond même plus à ce que l'interlocuteur peut avancer pour sa défense. Seul un ombudsman peut alors dénouer ce qu'on peut appeler un drame de conception identitaire entre deux personnalités opposées. 

Furieuse, elle a bloqué le moyen de le lui dire en dehors de Facebook.

Je terminerai par la philosophie que Mathieu Pelletier donnait ce samedi (lien) et cette chanson de Dutronc version 67 (l'année de la mort de René Magritte) : "Les cactus"

Allusion

 


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2 réactions à cet article    


  • Schrek Lampion 23 août 12:22

    la suite aussi est ambiguë :

    « Je les voudrai fraîches et joyeuses
    Bonnes travailleuses, sans parlotte
    Mi-Andalouses, mi-anguleuses
    De ces femelles qu’on gestapote
    Parce qu’elles ne savent pas encore
    Que Franco est tout à fait mort »


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