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Amours toujours ?

Nous ne sommes pas en février, mais quoi de mieux que le recul de quelques mois, pour comprendre ce qui se joue à la Saint-Valentin ? ... C'est-à-dire que ce qui s'y joue, n'est pas sans rapport avec les amours d'été, non plus. Du moins n'est-il pas idiot de s'interroger sur ce précèpte des amours vacancières ... assurément "valentiniques", comme vous allez le voir.

 

Valentin provient du latin valens, pour fort, robuste, vigoureux, énergique, et même efficace, lui-même tiré de l'indo-européen *wald, pour être puissant. Où l'on comprend des questions jugées "mièvres" telles que : L'amour est-elle la seule et unique force ? ... Ne soyons pas mesquins ; c'est souvent le cas des "raisonnables", qui s'imaginent raisonnable de dédaigner le sentiment, alors que les sentiments sont "passionnables". C'est-à-dire que, avant d'être des passions, ils sont des sensations qui nous informent raisonnablement sur l'existence. Bref.

Un rapide coup d’œil à Wikipédia nous informe ainsi sur la Saint-Valentin (extraits) :

Sur Wikipédia, il y a écrit :L'origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l'on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s'apparier. [...] Valentin de Terni fêté le 14 février est désigné par l'Église catholique comme saint patron des amoureux avec le pape Alexandre VI qui lui donne le titre de « patron des amoureux » en 1496, ce qui n'empêche pas l'Église de combattre la tradition du valentinage. [Qu'il est cocasse, qu'Alexandre VI combattît le valentinage !] [...] La Saint-Valentin comme fête commerciale se développe aux États-Unis au milieu du XIXe siècle, avec la vente de cartes qui rappellent les petits billets que s'échangeaient le Valentin et sa Valentine.

Fête commerciale, le mot est lâché, en plus aux USA, dont on sait bien qu'ils nous américanisèrent après qu'on européanisât les Amériques. C'est de bonnes relations parents-enfants (voir aussi, ou encore ceci), non ?

Seulement, USA ou pas USA, posons la question en ces termes : qu'est-ce qui n'est pas commercial, aujourd'hui ? où finalement, nous pouvons certes, fêter la vigueur des ébats - fêter la "valentinité" ... Pourtant, nous ne fêtons pas plus "la valentinité" (la vigueur des ébats) autant que la tradition historique de la Saint-Valentin ou, du moins, nous n'en fêtons plus qu'un résidu.

Mais déjà sous Alexandre VI Borgia, il s'agît de combattre les ébats (le valentinage) au profit du couple, sa fidélité et son accouplement reproducteur. Or bizarrement, quand on songe aujourd'hui à la Saint-Valentin, on en est là, à parier sur une telle vie de couple, serait-ce au sein de la culture économiste de nos mondes.

Finalement, d'après étymologie de Valentin, nous passons d'une efficacité dans l'ébat, à une efficacité anticélibat, efficace encore de ce qu'elle génère un foyer familial nucléaire, propice au commerce car consommateur, sans parler des parents (re)producteurs et des futurs adultes (re)producteurs, en la personne des enfants. Le corps est littéralement saisit par des logiques de travail, où il faut trouver symptomatique que travail renvoie autant à la productivité qu'à l'accouchement.

Pourtant, tout cela - qu'on l'oblitère ou non - passe bien par une sexologie valentinique. D'ailleurs, on ne peut pas dire que ne règne pas un certain sexologisme, aujourd'hui ... où donc, il y a plusieurs réalités qui s'intriquent là-dedans, qu'on peut nommer - à la derridienne - du néologisme de cuplicidélité : le cul, le couple, la complicité, la fidélité.

Et vous, savez-vous être cuplicidèle, en amour ?


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7 réactions à cet article    


  • Étirév 14 août 09:12

    « Nous ne sommes pas en février, mais quoi de mieux que le recul de quelques mois, pour comprendre ce qui se joue à la Saint-Valentin ? »
    Se poser cette question c’est se poser la question de « l’Amour ? ».
    L’Amour, c’est ce que l’humanité a toujours cherché, il est le but de l’homme et le rêve idéal de la Femme, il est la grande force qui régit l’univers, il peut tout, le bien comme le mal, il domine les temps et les âges, il se trouve à la source de toutes les religions, il est la religion même dans son principe ; toutes les philosophies l’ont discuté, il règne dans l’histoire des rois et dans les légendes populaires, il a été, tour à tour, béni et maudit, permis jusqu’à la licence et défendu comme le plus grand des crimes. Il est la source de mille préjugés religieux ou sociaux qui, presque toujours, résultent du malentendu qui règne sur cette question entre les hommes et les femmes, acteurs indispensables de cette idylle, mais qui ne la comprennent pas de la même manière.
    L’homme, malgré l’expérience de l’histoire, n’a pas encore compris que l’amour de la femme est un phénomène qui a une réaction spirituelle : c’est ce qui le sanctifie.
    La femme, malgré les désillusions de ses aïeules, ne veut pas encore savoir que l’amour masculin est un phénomène qui a une réaction brutale : c’est ce qui le condamne.
    Pendant que chez la femme le fluide d’amour aspire à monter, chez l’homme il aspire à descendre. C’est sur cette différence que fut basée la grande lutte de sexes dans l’antiquité ; elle dure encore.
    Faire luire sur cette question la lumière définitive de la science, c’est donner à l’humanité le moyen de sortir de l’état de malaise général que le malentendu sexuel a causé dans le monde. Il faut, une bonne fois, que chaque sexe sache comment l’autre aime et pense, afin d’éviter les heurts qui blessent l’amour-propre et finissent toujours par faire de deux amoureux deux ennemis irréconciliables.
    L’Amour


    • gaijin gaijin 14 août 09:32

      @Étirév

      « Faire luire sur cette question la lumière définitive de la science ....... »
      vaut mieux lire ça que d’être aveugle
      ou pas .....


    • Personnellement j’ai toujours eu un principe dans mes quelques vies de couple. Les non-fêtes : celles qui s’improvisent ou marquent un événement particulier (pas nécessairement heureux, les morts ont aussi droit à une hommage),...Mais Valentin est également un personnage très important. A vous de le trouver. 


      • L'enfoiré L’enfoiré 14 août 14:23
        Parler de la Saint Valentin en Août ?
        Là, il fallait un sacré désynchronisme...
        mais en fait, pourquoi pas ?
        Les amours de vacances durent ce que vivent les roses, l’espace d’un matin... smiley


        • Chourave Dr Faustroll 14 août 17:58

          C’est Valentin vieillissant et bedonnant qui rentre chez lui complètement bourré, accompagné d’une chèvre.

          Valentine, vieillissante et grassouillette est allongée sur le canapé, les yeux fermés.
          Valentin dit : « regarde la grosse vache que je me paie ».
          Valentine répond : « c’est pas une vache, c’est une chèvre »
          - ’toi, je t’ai pas parlé !’ dit Valentin.
          La vieillesse est un naufrage.

          • Macondo Macondo 14 août 18:11

            Bonjour. Très bel article. Mais me renvoyant malheureusement à mon inaptitude avérée pour une pratique confortable de cette « cuplicidélité » que je découvre par ailleurs avec joie, fusse sur le tard. Après analyse, en fait c’est surtout la « plicidélité » qui m’a plombé, ce qui reste éminemment rare il faut l’avouer ...

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