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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Anecdote hôtelière de l’été, par Tristane Banon

Anecdote hôtelière de l’été, par Tristane Banon

En cette période estivale, nous vous proposons de vous livrer chaque semaine une anecdote hôtelière. Une personnalité viendra ainsi livrer et témoigner d’une expérience cocasse ou marquante vécue dans un hôtel ou un restaurant (français ou étranger). Ces scènes sont souvent dignes des meilleurs vaudevilles…ou thriller ! Aujourd'hui, Tristane Banon, romancière et nouvelliste de talent, nous livre notre première friandise littéraire de l'été.

"Un couteau s’il vous plaît…

Ils avaient la chambre 26 du plus bel hôtel de la ville. Elle avait toujours bien aimé ce qui se rapprochait du 13, en voyait partout dans sa vie. Alors le 26, deux fois 13, un bon présage. « Il n’y a pas d’âge pour vivre ». Elle avait lancé ça, ce matin-là, comme n’importe qui d’autre aurait demandé « Tu as bien dormi ? ». Il avait simplement répondu « Pour mourir en plus ». Il n’était pas heureux ce matin-là. Elle partait bientôt et la voir s’éloigner sur le quai lui pinçait déjà le cœur depuis plusieurs heures.

Dès les premiers pas de leur histoire, la ville avait choisi de les surnommer « Roméo et Juliette ». Il faut dire que leur histoire était compliquée. De ces histoires qui ne plaisent pas aux gens aux vies bien rangées, les pensées dans des cases, une étiquette pour justifier chaque acte du quotidien, quelque chose pour dire « Si je fais comme ça, c’est que c’est comme ça qu’On fait ».

À l’école, son professeur de français, à elle, lui avait toujours répété comme une hygiène de vie « ON est un CON ». Elle était devenue romancière et avait fait de cette règle Le Cantique des Cantiques.

Elle était trop jeune, et lui trop vieux, parfois l’inverse, et ça n’avait jamais eu d’importance pour eux deux. Mais ON ne voyait pas ça comme ça… Il faudra qu’elle pense, un jour, à prendre ON entre quatre yeux et quelques gants de boxe.

Le soleil traversait la pièce. De très loin, on aurait pu croire des lames de couteau. Et, justement, ce matin-là, c’est un couteau qu’il voulait. Un couteau pour mettre fin à tout ça. Mais pas n’importe quel couteau, un grand couteau, un couteau aiguisé, la lame plus longue que son corps à elle n’était profond. Sa taille de guêpe avait toujours été la seule unité de mesure qui voulait vraiment dire quelque chose pour eux. Avec ses bras, à lui, il pouvait en faire le tour. Il aimait bien la serrer, à lui en faire éclater les lombaires. Elle avait le corps fragile. Un jour, il ferait bien sauter quelques vertèbres sans s’en rendre compte. Mais elle aimait prendre ce risque, mourir entre ses mains ne lui avait jamais fait peur.

Il a pris le téléphone pour appeler l’accueil. Il pensait On ne peut pas se quitter comme ça. Plutôt mourir.

Au standard, ils n’ont pas bien compris. Un couteau, grand, dur, aiguisé… Ils ont cru à une blague, ou à un fou. Ils ont dû raccrocher en imaginant les deux. Mais le client du couteau avait seize ans, on n’est pas psychopathe ou assassin à 16 ans ? L’hôtesse avait pensé ça avant de partir en cuisine voir ce qu’elle y trouverait.

Dans sa chambre, elle s’était demandée à partir de quel âge on décide que l’on peut décemment être fou ? Y a-t-il un minimum d’années fixé par quelque loi obscure ? Un peu comme on décide qu’à dix-huit ans on est majeur, et responsable, comme si la divine grâce de la sagesse vous tombait dessus à votre 17ème année révolue ? Les conventions ont ceci d’étrange qu’elles sont irrationnelles. Elle avait toujours pensé qu’il n’y avait pas d’âge pour être fou, ou pour ne plus l’être. Elle en était là de sa réflexion alors qu’elle le regardait s’agiter.

Il voulait ce couteau, et même si elle savait que son idée était complètement folle, elle ne l’en empêcherait pas. Elle n’avait jamais vraiment su l’empêcher de quoique ce soit. Et puis il n’avait jamais aimé les au revoirs. C’était une solution comme une autre de régler le problème. Peut-être un peu radicale à son goût, à elle.

Dans la cuisine, la jeune femme avait trouvé un couteau comme elle n’en avait jamais vu avant ça. De ses objets que l’on imagine prévus pour les films ou les usines d’équarrissage. Elle avait regardé la lame, de longues minutes, « on pouvait bien transpercer un animal avec un truc pareil » elle avait pensé. Elle avait pensé ne pas prendre le couteau, faire semblant de n’avoir rien trouvé et rappeler la 26 en s’excusant l’air confus. Puis elle s’était souvenue… Seize ans, il n’avait pas l’âme d’un tueur, vu du comptoir de l’accueil.

C’est quoi l’âme d’un tueur ?

S’il se passait quelque chose, un drame ou autre chose, elle pourrait toujours se défendre que ça ne la regardait pas, elle, ce qu’il voulait faire du couteau. Elle s’est souvenue qu’il faut toujours faire le maximum pour satisfaire le client, et cette dernière pensée à achever de la convaincre à porter la lame jusqu’aux clients de la 26.

Dans l’ascenseur elle hésitait encore, devant la porte elle a retenu sa main, et une fois qu’elle a eu frappé, quand elle a vu la demoiselle allongée sur le lit, l’air triste et apeuré, elle a su qu’elle venait de faire quelque chose de grave.

Il a pris l’objet et l’a mise dehors avec insistance avant de refermer la porte.

Il ne leur restait plus beaucoup de temps.

Une fois la porte refermée, il l’a regardé. Il lui a souri, comme on sourit quand on sait que les heures à venir vont être les plus difficiles. Il lui a souri et lui a dit « C’est ça ou pleurer encore tout à l’heure, quand ton train partira. Je ne veux pas te voir pleurer ».

Personne ne les aiderait jamais à s’aimer et là, dans cette chambre d’hôtel, ils étaient encore si bien et à l’abri du monde qu’ils auraient voulu que ça dure la vie.

Il l’a regardée droit dans les yeux et a dit : « On l’fait ? » Elle n’était pas bien sûr, mais elle avait toujours vu, dans ses yeux, que tout était possible… Alors ça ou autre chose.

Il a ri en prenant le Magnum de champagne qu’ils avaient caché dans le minibar. Un magnum à deux, ils seraient suffisamment joyeux pour ne plus réaliser le départ… Saoûls comme des marins, du Havre ou d’ailleurs !

Alexandre voulait jouer les hommes, sabrer la bouteille pour la faire rire encore un peu, voir son visage s’illuminer avant le départ. Il aurait décroché la lune, les étoiles, et même toute la peinture du ciel pour un de ses sourires. À la première tentative, le bouchon était décapité… Elle a éclaté d’un rire profond en lui balançant qu’il était « la guillotine des petites bulles » et le bouchon « la Marie-Antoinette de l’alcoolisme » !

Quand le garçon d’étage leur a porté un ouvre-bouteille pour rattraper l’affaire, Flore riait encore. Alexandre avait gagné."


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16 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 13 août 2013 13:49

    Une personnalité viendra ainsi livrer et témoigner d’une expérience cocasse ou marquante vécue dans un hôtel

    On attend avec impatience que Tristane Banon nous fasse une interview de DSK racontant les folles nuits du Carlton de Lille .....  smiley  smiley smiley


    • volpa volpa 13 août 2013 13:59

      N’ est pas Frédéric DARD qui veut.

      Sa malchance à cette écrivain est qu’elle n’a pas eu faim.

      Mère député et tout le toutim ne sont pas des conditions pour favoriser l’éclosion du talent.

      C’est du Mazarine PINGEOT.


      • In Bruges In Bruges 13 août 2013 15:39

        « Moi j’essuie les verres au fond du café
        j’ai bien trop à faire
        pour pouvoir rêver... »

        N’est pas Piaf qui veut non plus.
        Suicidez-vous, Mathurin (littérairement s’entend, hein, j’veux pas d’ennuis avec la police).

        Signé : la chambre à louer


        • alainmarc 13 août 2013 18:23

          Pfff,
          Que c’est mauvais !
          Le nom et le statut social ne font pas l’écrivain...


          • Christoff_M Christoff_M 13 août 2013 19:32

            Qu’est ce qu’on en a a foutre des people et des personnalités !! il y a Yahoo et Pure People pour cela !!!

            Je croyais qu’Agoravox était la voix du citoyen avec des débats qui sortent un peu du lot !!

            La vous ètes en train de vous dévoyez et de vous perdre, si vous faites la même mélasse que les sites « pour tous » vous étes morts, les autres sites ont d’autres moyens que vous...

            Vous devez vous distinguer par l’originalité et la pertinence des articles, c’est loin d’être le cas actuellement !!

            Agoravox ne doit pas devenir la tribune du FG après avoir été celle du Modem (erreur !!)...

            Coup de gueule gentil et critique d’un ancien inscrit qui regrette les intervenants du début !!


            • adeline 13 août 2013 19:33

              Bonne idée mais ensuite ? mr et meme bidochon ?


              • alinea Alinea 13 août 2013 23:31

                Bof ........et même pire............ même écrit par Triston Banane


                • Budelberger Budelberger 14 août 2013 00:27

                  Dites… l’ortograf, elle est d’origine, ou c’est un petit plus en cadeau d’AgoraVox ?…


                  • Extra Omnes Extra Omnes 14 août 2013 03:38

                    c’est completement nul


                    • subliminette subliminette 14 août 2013 08:45

                      Elle se prétend romancière ? Qu’elle se contente donc d’être journaliste. Eux sont nuls aussi mais au moins on a l’habitude.

                      Texte affligeant à tous points de vue.... Il y a vraiment des éditeurs pour publier ça ? Des relations de maman sans doute ?


                      • Tall 14 août 2013 09:01

                        Bah .... elle aura eu son heure de gloire chez Ardisson quand elle a raconté l’histoire du gros socialiste qui a voulu la sauter après s’être fait la maman.


                        • Coup d'tampon Coup d’tampon 14 août 2013 09:03

                          Article anecdotique


                          • escartefigue 14 août 2013 09:05

                            Bah...non .


                            • antonio 14 août 2013 09:23

                              Où est le talent dans ce texte ?


                              • Lisbeth Ker Carradec Lisbeth Ker Carradec 14 août 2013 09:46

                                A la limite, qui a écrit quoi, c’est même pas le problème...

                                Le problème, c’est surtout que ce texte est mauvais, vide de sens, creux, d’une vacuité abyssale, d’une indigence intersidérale...
                                On n’y comprend goutte, parce qu’à trop vouloir dépeindre des atmosphères par touches subtiles, on ne fait que poser de gros aplats pompeux qu’aucun sens ne relie, à trop vouloir suggérer on ne raconte finalement rien, à trop vouloir donner dans le pointillisme des mots, on ne décrit que des points.
                                 Les personnages sont absents, la situation absolument incompréhensible, la chute tout pareil, la progression itou.
                                Le sujet est gluant, autant il vous file entre les doigts comme une limace trop grasse, autant ce qu’on croit finalement en comprendre est d’une niaiserie collante et sucrée à laquelle seul un caramel déjà sucé pourrait encore prétendre.
                                Comme me disait ma prof de français, à moi : « C’est jeune, tout ça, c’est très jeune.... »


                                • chmoll chmoll 14 août 2013 09:55

                                  c’est une Une personnalité pour clooser ou morandini (clooser tv)

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