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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > De l’autre côté du pont

De l’autre côté du pont

Saint Père-sur-Loire.

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Vivre en bord de Loire provoque sans doute de curieux phénomènes. La rivière est une frontière tout autant qu’un guide. Chacun le vit à sa manière avec une constance qui ne s’explique guère autrement que par l’histoire ancestrale des comportements : « on la traverse le moins possible ! » Ainsi, pour nous, les gamins de Sully, aller à Saint Père était une aventure qui ne nous fut pas permise de si tôt.

Nos parents ne goûtaient guère que l’on puisse s’aventurer seuls sur ce pont, alors redoutable pour le piéton comme le cycliste. Suspendu, il vibrait au passage des camions des gravières tandis que ses piliers interrompaient le trottoir et nous forçaient à mettre les pieds à nos risques et périls sur une chaussée empruntée par des bolides. Le temps n’était pas aux limitations de vitesse !

Pourtant, de l’autre côté, il y avait une redoutable tentation à laquelle nous cédions bien volontiers, en dépit des risques encourus. Il est vrai que l’interdit est toujours le plus sûr moyen de pousser des gamins à tenter l’aventure. À Saint-Père, la drague était notre terrain d’exploration et de frisson, nous nous y rendions fréquemment.

Il fallait en premier lieu éviter la noria des camions et se faire discrets pour pénétrer dans les entrailles de ce monstre de bruit, d’eau et de sable. Nous y avions deux aimants, deux tentations auxquelles il était impossible d’échapper. L’une nous mettait en péril véritablement tandis que l’autre, nous entraînait dans les sentiers du rêve épique.

Un tank était là, abandonné. Il fut pour nous un terrain de jeu et d’histoires. Nous y pénétrions par sa tourelle, il exhalait le parfum d’une guerre que nous n'avions pas connue mais qui avait marqué durablement nos deux villages. Nous ne pouvions ignorer les dégâts occasionnés, les souffrances chez ceux qui avaient connu les bombardements. Nous enfreignions ainsi un interdit tout autant que nous exorcisions le passé.

Une autre guerre se livrait à deux pas de là. Une terrifiante pelle plongeait dans la Loire en descendant le long de plusieurs câbles métalliques de fortes sections. Quand le godet atteignait les flots après une descente rapide, accompagnée d’un sifflement inquiétant, un câble se tendait violemment, cinglant l’eau. Une gerbe nous octroyait un spectacle magnifique que nous rendions épique en tenant/tentant ? le diable en personne.

Nous avions quelques secondes pour passer sous le câble avant sa mise en tension annonciatrice de la remontée du godet. C’était sans doute pure folie, mais dieu que c’était grisant. Puis nous assistions à la remontée de cette immense pelle remplie désormais de sable. Elle dégoulinait d’eau et nous nous amusions à passer sous cette douche. Bien sûr, il était préférable de ne pas se faire voir, vous devez vous en douter.

Saint-Père, ce fut par la suite la cachette idéale quand nous découvrîmes les joies du baby-Foot. Le Balto nous semblait être à l’écart des regards de nos parents, persuadés que nous étions que de l’autre côté était un territoire différent. Je ne vais pas m’attarder sur ce jeu dans lequel je n’ai jamais brillé, incapable de maîtriser cette maudite rangée de demis.

Il y avait encore la Croix Saint-Nicolas au pied du pont. Elle m’a suffisamment intrigué pour devenir le point capital de mon premier conte. Elle ouvrait aussi le chemin pour nous rendre à Saint Thibault, ce trou d’eau dans lequel les vrais pêcheurs sortaient les plus gros carnassiers. Nous allions admirer leurs exploits à distance, pour ne pas les déranger.

La cale du pêcheur était aussi un endroit de rêverie. La Loire y coulait plus puissante que de l’autre côté où la plage et les herbes avaient gagné la partie sous l’action de la drague. Le chenal était de ce côté-ci, oubliant Saint Germain qui avait été jadis le port. Quand les eaux étaient hautes, nous aimions venir écouter leur grognement à la sortie des piles du pont et contre ce pierré.

Saint-Père fut encore le lieu de rassemblement de nos années collège. Philippe habitait avec sa mère dans un de ces pavillons neufs qui firent leur apparition à cette époque. La maison reposait sous un immense sous sol. Madame vivait seule, le sous-sol n’était pas encombré, il devint le réceptacle de nos boums. Que de slows langoureux où s’illustraient mes camarades tandis que je me désolais d’être aussi stupide avec les jeunes filles. J’en ai encore des regrets !

Philippe était l’un des rares Saint Pérois que nous fréquentions. Les écoles primaires tout autant que la Loire nous avaient séparés. Ce fut le sport qui nous permit de retrouver quelques camarades. Le collège heureusement brisa cette étrange frontière. Il fit tomber bien des cœurs de sullyloises, le diable. Nous n’aurions jamais dû l’affronter sur sa rive !

Frontalièrement vôtre.

 


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21 réactions à cet article    


  • juluch juluch 24 avril 15:35

    Souvenirs....souvenirs....a partager avec ses enfants et petits enfants et...sur la toile !

    Vous vous souvenez du type de chrs éventuellement ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 24 avril 15:37

      @juluch

      je ne comprends pas votre question

      Merci pour le commentaire


    • gaijin gaijin 24 avril 15:43

      @C’est Nabum
      il me semble que juluch a perdu un A .....


    • C'est Nabum C’est Nabum 24 avril 17:05

      @gaijin

       Il était petit, américain il me semble mais pour la marque je ne sais pas


    • nono le simplet nono le simplet 24 avril 17:21

      @C’est Nabum
      un sherman sûrement ...


    • juluch juluch 25 avril 11:29

      @C’est Nabum

      On a rectifié….. smiley

      un chars bien sur….


    • velosolex velosolex 24 avril 17:14

      Merci pour cet article. J’ai toujours été attiré par les ponts. Mon père rencontra ma mère en passant à Vernon le pont sur la seine, j’ai rencontré ma promise sur celui de Joyeuse, la bien nommée, en Ardèche. 

      Le pont me plonge toujours dans la jubilation. je les aime de toutes sortes, sans modération. J’évite de passer celui du « cri » de Munch. A un moment j’ai voulu peindre en aquarelle tous ceux du Blavet, rivière bien modeste en rapport à la Loire, mais qui en son embouchure, à Lanester, se met tout à coup à croire qu’elle est le Mississipi, quand elle court vers l’océan. 

      Las, à la troisième écluse je me suis endormi, et j’ai eu le plus grand mal à sortir du papier velin dans lequel j’étais tombé, entre bleu de prusse et ultramarine

      Le pont évidemment nous fait rêver, en rapport avec ce que nous allons trouver de l’autre coté, et dont les couleurs s’étirent, comme une promesse, dans les azurs du ciel. 

      « Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre…. » Le grand Murnau avec une seule phrase vous enfonce dans l’indicible, vous laissant avec Nosferatu


      • C'est Nabum C’est Nabum 24 avril 18:21

        @velosolex

        Nous irons danser en Avignon

        cadeau :

        Le pont suspendu.


        Je suis né au sud de la Loire, fierté qui m’a longtemps permis de me considérer supérieur aux affreux, nés de l’autre côté. Il y avait pour moi un parfum de liberté, de soleil, de vacances de ce côté-là. Ne cherchez pas à comprendre les raisons de cette volonté de me distinguer ainsi ; les enfants sont ainsi constitués qu’ils se construisent une mythologie à trois sous avec de tout petits riens.

        De l’autre côté donc, il y avait Saint Père-sur-Loire, petit village qui, dans mon esprit, ne pouvait se passer de la grande ville d’en face. Il est vrai qu’à part un café, il n’y avait aucun commerce au nord. Quand j’étais vraiment petit, nous allions le dimanche rendre visite à des amis en empruntant le pont à pied. Ce fut sans doute là que je développai ma phobie pour cet ouvrage d’art.

        Le trottoir y était étroit, très étroit. Le pont était suspendu ; il était pour moi vivant : il respirait, il bougeait. Je ressens encore à son évocation la vibration et le souffle provoqués par les poids lourds. J’en tremblais d’effroi sans oser me plaindre. Avoir peur d’un pont, quelle stupidité ! Pire que tout encore : à chaque pile, il fallait que les piétons descendent du trottoir et passent sur la chaussée. C’était un autre moment d’angoisse : les voitures allant à vive allure en une époque où la vitesse n’était pas limitée.

        Et puis, il y avait la Loire, en-dessous. Je la redoutais uniquement à cette place. La rambarde était faite de barres métalliques ; la rivière semblait toute proche, elle m’attirait, elle m’envoûtait, elle m’aspirait. Autant de la rive, elle était accueillante et docile, autant de ce pont et surtout en approchant de l’autre rive, elle était sombre, forte, menaçante. Quand les eaux forcissaient, la peur se décuplait plus encore ; le bruit des flots venait se mêler aux grincements de l’armature métallique de ce maudit ouvrage d’art.

        Les premiers pas sur l’autre rive était une libération. Nous passions alors tout près de ces câbles qui venaient se figer dans deux gros blocs de béton. Ce pont était beau ; il était plus encore inquiétant ! Il me fallut le dompter, surmonter mes tourments de piéton quand, cette fois, c’est à bicyclette que je le franchis, J’étais sur mon vélo bleu : un Peugeot, fier routier qui se prenait pour un coursier. Mais le jeune cycliste n’en menait pas large quand il allait seul sur ce tablier instable.

        Longtemps, le sud resta mon unique terrain de jeu. Le pont était une entrave à l’exploration de l’autre rive. Seule la drague nous poussait à oser le franchissement pour aller éprouver d’autres sensations. La drague était à environ trois cents mètres en aval du pont. Il y avait là un tank allemand, quelques vieilles carcasses rouillées, vestiges d’une retraite précipitée et les fameux câbles de la drague.

        Si je n’en menais pas large pour franchir le pont, je n’avais par contre aucune appréhension à jouer avec la mort en passant sous le terrible câble de la drague quand,soudainement, il se tendait pour ressortir du fleuve une pelle monstrueuse remplie de sable. Le danger était présent et je l’ignorais souverainement. Je n’étais pas seul à jouer ainsi le trompe-la-mort avec cet appareil du diable …

        Le bonheur était sans pareil quand nous nous glissions sous la grosse pelle qui remontait son sable captif. Elle dégoulinait d’eau qui se libérait de ce piège en nous offrant une douche qui nous réjouissait. Après avoir eu notre compte d’émotion et d’eau de Loire, nous faisions moins les farauds quand il fallait à nouveau franchir le redoutable monstre métallique.

        Ce n’était ni glorieux ni très malin. Les enfants sont parfois inconscients et, à d’autres moments, porteurs de craintes inexplicables. Le pont était mon ennemi, la drague mon amie. Curieuse inversion des valeurs et des risques. Aujourd’hui, l’un et l’autre ont disparu. Un pont à la ligne plus élégante a remplacé celui qui s’est couché dans la glace, brisé par le froid et les faiblesses de son armature. Jamais, il ne remplacera celui qui se dressait plus haut dans le ciel et venait faire ombrage au château. La nostalgie se moque bien des critères esthétiques.

        La drague a cessé de creuser le lit de la rivière. Elle a bouleversé la répartition des eaux en cet endroit. Le vieux port de Saint Germain, sur la rive sud , s’est totalement ensablé ; le chenal étant passé de l’autre côté, là où des années durant, la grosse pelle avait creusé le lit de la Loire. L’enfance se moque de ces détails ; elle avait trouvé son épopée dans la méchante bête dévoreuse du fleuve. Ainsi allait la vie en mon village d’enfance. Aujourd’hui l’eau continue de couler, mais c’est sous un autre pont, un pont sans émotion aucune !

        Traversement sien.


      • velosolex velosolex 24 avril 19:57

        @C’est Nabum
        Comme dit Nono pas simplet, les ponts de notre jeunesse étaient grands. Plus nous grandissons, et plus le monde rentre dans ses chaussures. Et dire que parfois nous voulions encore nous faire plus petits. Comme nous avions raison. Gulliver ne gagne rien à son gigantisme. Giono et Bosco sont les deux grands écrivains qui ont fait résonner au mieux le chant des rivières,. J’ai lu « le chant du monde », en grand état d’exaltation, de crue, il faut le dire. Le monde s’est rétréci sans doute. 
        La Loire est fort belle, mon fils il y a quelques années l’a remonté à pied, en partant de Nantes jusqu’au Gerbier. Je me suis contenté de remonter les canaux impassibles à vélo, celui du canal de Nantes à Brest, qui est une merveille, et d’autres rivières, comme la Mayenne, rivière méprisée comme son département, mais qui vaut plus d’un coup d’œil. Je me souviens d’un endroit, peut être près du Lyon d’Angers, où dans le temps, le passeur exigeait des enfants, un prix exorbitant pour les amener à l’école qui était de l’autre coté. Si bien que certaines familles renonçaient. Le pont finit par mettre un terme à ces abus...L’histoire suinte dans chaque trou de rivière en ce pays ou des indiens immobiles le long du fleuve nous regardent. . 


      • nono le simplet nono le simplet 25 avril 04:18

        @velosolex
        dans mon enfance on jouait avec les copains dans un coin isolé sur une colline coupée en deux, rabotée par la petite route qui conduisait à une ferme esseulée dans le quartier loin de la ville de l’Auzelou (les oiseaux en patois) ... d’un côté de cette « tranchée » il y avait une « falaise » qu’on appelait la « carrière » ... en haut de cette falaise on construisait nos cabanes en parachutant de jeunes châtaigniers sans les casser pour ne pas se faire engueuler ... c’était nôtre montagne, nôtre Cervin ... un de mes cousins éloignés était un alpiniste de grand renom et nous nous lancions dans des courses insensées à la conquête de sommets inviolés ...
        j’y suis retourné avec mes enfants, très longtemps après, ayant quitté le quartier à 12 ans ... la « falaise » est une vague butte de granit pourri de 3-4 m de haut ... dans le bois de châtaigniers tout proche quelqu’un a construit une maison et rasé les arbres autour dont un très vieux châtaignier creux dans lequel on pouvait entrer à deux ...
        je n’aurais pas du y retourner, c’est déprimant ... ce jour là j’ai compris que ma jeunesse était partie sans espoir de retour sauf dans mes souvenirs ... c’est vrai qu’elle était haute cette falaise ...


      • velosolex velosolex 25 avril 10:25

        @nono le simplet
        Lis donc « un peu d’air frais » d’Orwell, qui raconte lui aussi cette aventure. Un père de famille qui prend seul sa bagnole, pour retourner sur les lieux de son enfance...Et revoir ce lac où il rêvait de pécher quand il était gosse...Tu devines déjà la suite. ..Beaucoup ont vécu cette expérience. En 78, j’ai passé plus de trois mois près de Cavaillon, passant la un de mes plus beaux été vivant avec quelques amis dans une grotte, sur la colline saint jacques alors sauvage. Cuisine au feu de bois...Nous mangions tous dans la même gamelle, et dormions sur des cartons, mangeant de melons en pagaille en fumant quelques joints......Il y avait là un argentin, une couple d’espagnols fuyant le régime….Nous travaillions dans les expéditions, rêvant de partir tous l’hiver avec l’argent gagné….Ce que nous fîmes, après encore deux ou trois vendanges, traversant la France sur un vieux vespa 125 de 68 acheté à un grand père... Mais la Grèce n’arrivait pas à la cheville de notre Provence….J’ai gardé la nostalgie de ce formidable été, et au début des années 2000, sur la route des vacances, avec mes gamins on a fait ce détour, pour voir...Le pont sur la Durance était toujours là, mais le reste avait bien changé...La colline saint jacques avait maintenant un lotissement, et rien n’était plus pareil. Barbara le dit aussi « Il ne faut jamais retourner sur les lieux de son enfance »..Peut être. Mais la tentation est trop forte ; De toute façon, nous garderons toujours les vieilles images en nous


      • nono le simplet nono le simplet 24 avril 17:33

        les ponts de ma jeunesse étaient grands mais ont rétréci avec le temps ... tous sur la modeste Corrèze ... le pont des soldats ... le pont de Vimbelle ... comme c’est vallonné chez moi ce sont surtout les barrages, les étangs et les cascades qui m’ont marqué ... comme celles de Gimel, sauvages à l’époque, sans baraque à touristes, à 30 mn de chez moi en vélo


        • C'est Nabum C’est Nabum 24 avril 18:21

          @nono le simplet

          Fermez les yeux

          Ils vont s’agrandir


        • velosolex velosolex 24 avril 21:34

          @nono le simplet
          Très belle chute de rein de rivière.
          C’est pas pour rien qu’on en appelle beaucoup « des voiles de mariées »
          Les cascades gamin m’étourdissaient.
          Qui n’a pas frémi en lisant les aventures de Zorro qu’avait sa planque, dans une grotte cachée par le rideau d’eau.
          La cachette, toujours, cabane abri, perchoir sur un arbre où nous regardions le monde bien plus haut que des tours de notre dame.
          En ce temps là j’étais libre, livré à moi même, et construisit avec quelques copains un radeau sur lequel nous descendîmes la rivière.
          Mais c’était une rivière de l’Eure, la Risle,
          aussi tranquille qu’une vache Normande,
          et nous restions des heures, immobiles,
          à attendre une crue qui n’arrivait jamais. 


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 avril 21:42

          @velosolex

          Perso un gonflable Fina gagné avec des points essence...L’ a duré pas longtemps sur une chute d’ un mètre .


        • troletbuse troletbuse 24 avril 21:47

          @Aita Pea Pea
          Non, j’en ai eu une aussi avec 2 rames, et 5 compartiments gonflables pour la sécurité. C’était dans les années 70. Il était de très bonne qualité . Mais en ces temps, il n’était pas fabriqué en Chine.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 avril 21:57

          @troletbuse

          Moi c’était le modèle gagné par mon pater avec quelques pleins d’essence...il a du faire une après -midi . Bon faut voir qu’il a mangé...on avait dix ans avec les potes et pas nourris au Nutella .


        • troletbuse troletbuse 24 avril 22:07

          @Aita Pea Pea
          Je l’ai gardé 10 ans environ. Je crois que je l’avais payé 100 balles dans une station Fina..


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 avril 22:30

          @troletbuse

          A me rappeller ce devait être un pour la plage vu que j’habitais sur la côte d’opale . Il était jaune ça je me rappelle...une marrade terrible .


        • velosolex velosolex 24 avril 23:44

          @Aita Pea Pea
          Ah les lots obtenus avec les pleins d’essence !
          J’ai eu des bouées, des bande dessinées, des livres de poche, la collection en pièces soit disant de collection des grandes batailles de Napoléon
          Des porte clés, un disque de Nicoletta ! Oh Mamy blue….Ca me revient
          C’était l’époque où y avait partout des stations d’essence, c’était super. Dans chaque village, tout était encore vivant sauf le cimetière.
          La fille du garagiste venait faire le plein de mon solex en mini jupe...Oh là la que de splendeurs j’ai rêvé, petit poucet, quand je la voyais s’agiter à la pompe deux temps, pour agiter le mélange qui moussait, d’un geste vigoureux du bras. 
          Les vélos électriques ne furent pas un progrés
          Avec le temps va tout s’en va on oublie le meilleur
          Geignait Léo Ferré qu’un quidam s’amusait à mettre et remettre 
          Au juke box de ce café du commerce genre « chez Lorette »
          Moi je préférais « Satisfaction » et « Daydream » quand je jouais au flipper
          Et Procol Harum pour les tournées de Baby foot. Je suis repassé au village il y a un an de ça avec mon beauf qu’à reconnu sa bobine, assis sur le toit de la R10, enlaçant quatre copains, juste devant le café. Une vraie photo à la Doineau.
          Une photo qu’ils avaient trouvé dans les archives du journal et agrandi en quatre mètres sur trois format affiche, afin de montrer aux jeunes générations comment c’était dans ce temps là. La génération des R8 gordini après celle des chars Sherman. « On avait de la chance et on le savait pas ! », nous disaient les anciens !
          Mon beauf est resté un moment interloqué, scotché devant le temps retrouvé. Et puis il a souri. Je voyais bien qu’il cherchait comment remonter sur le toit de sa R10 !


        • troletbuse troletbuse 25 avril 01:07

          @Aita Pea Pea
          Si ma mémoire est bonne, fond bleu, les 2 boudins rouge et blanc

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