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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > La Fête de la musique ne doit pas être sa défaite

La Fête de la musique ne doit pas être sa défaite

Quand la musique fait grand bruit.

La fête de la musique nous avait promis le beau Jack qui en cette occasion avait eu une idée sublime que quelques anges lui avaient sans doute soufflée. Puis au fil du succès, d’année en année les anges se firent démons, les décibels couvrirent les mélodies, les amateurs se trouvèrent repoussés au profit de professionnels faisant spectacles (situation à rebours du projet initial) et pire encore des cars podium déversant des tombereaux de sons en galettes. La défaite de la musique était en marche forcée, non pas au son du chant en canon, mais de la toute puissance des amplifications sataniques.

La polémique bat son plein dans ma cité parce que l’échevin, dont pour une fois je vais féliciter une initiative a souhaité priver d’électricité les groupes qui se produiront cette nuit de solstice. Ce choix met le feu aux poudres, preuve s’il en est que les réminiscences des feux de la Saint Jean demeurent encore. Des candidats à la succession de ce maire qui n’a pas été élu du reste, se proposent de bien vite revenir en arrière en cas de victoire et d’électriser à nouveau le bon peuple, qui n’aime rien tant que d’avoir les oreilles qui bourdonnent.

Faut-il toujours pratiquer la surenchère et la démagogie quand on réclame les suffrages de la populace ? Je suis surpris de cette absurde volonté de faire à rebours simplement par plaisir de prendre le contre pied. L’amplification frise l’exagération, la musique devient alors une course poursuite au bruit, repoussant les chorales, les chanteurs, les musiciens acoustiques dans des espaces lointains. L’oraison du plus fort étant toujours la meilleure, le centre ville, là où la foule se presse, étant dédié à la plus délirante cacophonie.

Est-ce donc ça la fête de la musique ? Une préfiguration de la déflagration finale ? Le tonnerre précédent la fin des temps ? Plus de subtilité ni de douceur dans ce flot de sons saturés qui se mêlent et se confondent, provoquant des acouphènes et des bourdonnements d’oreille. Qui peut bien faire son miel d’un pareil capharnaüm sonore ? L’amplification devrait être prohibée en ce soir de quiétude et de douceur, de fraternité et d’harmonie.

Mais comment l’accepter quand les musiciens eux-mêmes jouent à qui aura la plus grosse ? L’enceinte accouchant d’une montagne de bruit, la souris se mord la queue tandis que le tympan hérite d’un chemin de croix nocturne. Monsieur l’échevin n’a pas tort, il convient de revenir à plus de modération, conseil qu’il devrait s’appliquer à lui-même dans les autres domaines !

La musique est devenue au fil des années le lieu de toutes les intolérances, de toutes les séparations. On appartient à une tribu à l’exclusion des autres. Les générations ont tendance à ne plus disposer du même répertoire, chacun campant sur des positions diamétralement opposées. Plus personne n’accepte les goûts du voisins, les mots sont parfois cinglants pour définir ce que celui-ci écoute.

La fête de la musique devrait être un grand moment de réconciliation et de partage, de découverte et de curiosité retrouvée. Au lieu de quoi, la course aux décibels impose d’établir des ghettos de genre. Tel secteur pour le rock, tel autre pour le jazz, plus loin ceux qui chantent en groupe, ailleurs les musiciens classiques. L’implantation même des différentes tribus impliquant une hiérarchie qui se plie le plus souvent à la dictature de le jeunesse et du plus grand nombre. Nous marchons sur la tête dans pareil cas de figure …

La musique adoucit les mœurs à la condition qu’elle s’ouvre à tous, qu’elle ne se fasse pas rouleau compresseur, qu’elle se donne sans violence et s’écoute sans souffrance. Il serait agréable en cette nuit la plus courte de l’année de se retrouver en symbiose, de ne plus se contenter d’écouter ce qui constitue habituellement notre tasse de thé et d’aller ainsi à la rencontre d’autres inspirations, d’autres expressions. Je doute fortement que l’électricité permette ce laisser-passer, ce courant sympathique, ce doux mélange qui serait le ciment d’une belle soirée.

Acoustiquement vôtre.

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47 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 17:49
    Bonjour Nabum,

     J’ai regardé France3 à Orange jusqu’à 23:00. « Musiques en fête »
     Le reste j’ai enregistré.
     La musique, c’est ça. Elle est plurielle.
     Un ensemble de classique, d’opéra et de musiques de tous les jours.

    • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 17:52
      Et il y a eu un hommage à Maurane, tant décriée sur cette antenne.
      J’ai préféré l’originale, mais quand elle n’existe plus.... smiley

      Je n’habite pas tellement loin d’où elle habitait.
      Elle n’est pas allé s’installer à Los Angeles

    • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 18:21
      Mon article sur la musique « La musique rend plus intelligent » était un prétexte de cette fête.
      Plusieurs compositeurs et chanteurs y avaient leur place, mais comme je le disais, il vaut toujours mieux d’en connaître le contexte et qu’on l’explique..


    • Paul Leleu 21 juin 20:49

      @L’enfoiré


      la fête de la musique n’a bien sûr rien à voir avec la musique... c’est une simple « saturnale » tout ce qu’il y a de plus banal... 

      effectivement, la suspension de l’électricité a du couper les couilles à plus d’un prétentieux... parce-que les boutonneux sans Aréva, il ne reste plus rien... on les entend pas à 2 mètres, et leurs accords misérables n’attirent que le crachat et le rire des foules. 

      je connais un paquet de vrais musiciens (amateurs et professionnels). aucun ne joue le soir de la fête de la musique, et ce depuis des années. Ce n’est même plus une polémique, mais une sécession pure et simple. Et la protestation est croissante dans le Peuple tout entier contre ces prétendues « fêtes » organisées par l’Etat et les Marchands. 

      Mais ce qui est drôle, c’est que l’absence des musiciens ne semble pas gêner du tout la masse de dégénérés qui se presse à la fête de la musique. Parce-que, l’important ce n’est pas la musique mais eux et leur petit nombril. 

    • L'enfoiré L’enfoiré 22 juin 17:05
      @Paul Leleu,

       Je rappelle que j’ai parlé de la musique dans le cadre du théâtre antique de Orange du 20 juin et pas ce qui s’est passé à Nice, hier soir.
       J’ai regardé la soirée à Nice pendant exactement 5 minutes et puis s’en vont.
       C’est à ces moments-là que l’on remarque qu’on n’est plus dans le coup.

    • @Paul Leleu

      C’était surtout des festivals pour bobos : Musique du Monde avec possibilité de déguster : guacamoles et autres fantaisies. J’ai accompagné un ami à l’une d’elle, juste parce qu’il faisait beau en 2001. BOF, bobo,....quelques morceaux sympas glissés dans de la daube dégoulinante de bons sentiments,...

    • C'est Nabum C’est Nabum 23 juin 10:47
      @L’enfoiré

      Le pluriel est assez singulier quand les décibels couvrent tout

    • j’ai eu le bonheur en 1989 de me balader dans les jardins de Beloeil. Un moment magnifique, Des trios ou quatuors jouaient dans les allées et nous pouvions nous promener d’une époque à l’autre, agrémenté de feux d’artifice. Mais c’était en plein mois d’août. A Maurane pour l’avoir croisée deux Bon je vais mettre les gymnopédies,...Ma balade sera solitaire,...


      • L'enfoiré L’enfoiré 22 juin 17:10
        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
         Maurane, je ne l’ai jamais rencontré.
         On connait maintenant la raison de sa sortie...
         Des médicaments et une rencontre malencontreuse et accidentelle avec une baignoire.
         Reste ses disques et Radio Nostalgie pour la réécouter

      • C'est Nabum C’est Nabum 23 juin 10:47
        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Vive Sati

      • Cadeau :https://www.youtube.com/watch?v=h2Cmkrym07Y. Hélas la beauté ne touche pas tous les coeurs (Lavigue : je déteste la musique arabe,....)


        • arthes arthes 22 juin 09:49
          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
          Moi ça me donne envie de dormir carrément

          La ça donne plutôt faim et ça réveille « la bête », c’est mon kdo for you


        • @arthes


          Aucune chanteuse afro-américaine n’arrivera à la cheville de Billie Holiday.

        • Graal 22 juin 18:56
          @Met la sourdine
          « n’arrivera à la cheville »
          en partant du haut ou du bas ?


          • C'est Nabum C’est Nabum 23 juin 10:48

            @Clocel


            Le son c’est bon pour les ânes

          • Mon père prénommée Jean aurait dû tenir encore deux jours. Il a peut-être eu peur de finir comme Jean-le-Baptiste (lui qui habitait Molenbeek-Saint-Jean-le-BAPTISTE). Et puis, il aimait trop les chats et à l’époque du Roi Soleil, ceux-ci étaient jetés dans des feux de le saint -Jean,...Ce jour est celui de l’oignon qui n’invite pas vraiment au rire (excepté en pleurant). Mort le jour du seigle. amusant, remède contre la migraine (ergot de seigle). 


            • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 19:17
              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              « Mort le jour du seigle. amusant, remède contre la migraine (ergot de seigle). »

              Je suppose que c’était une fête de musiques à cette occasion.
              J’admire les enterrements qui se font en musique comme à la Nouvelle Orléans.
              Vous vous souvenez de ce James Bond avec Roger Moore.Il y a un enterrement de la sorte si je me souviens bien


            • keiser keiser 21 juin 19:38
              Salut Nabum

              Et ben tu vois, ma maison est sur une place d’une petite ville du Sud.
              Depuis un moment, un habitant de la dite place à décidé de transformer la fête de la musique en pompe à fric.
              Tout y est, restauration, bar, etc ...
              Sans oublier les mégawatts du groupe à reprises banales et souvent les flics en clôture de la fête.
              En plus, il fait une chaleur de ouf et je ne peut même pas fermer mes baies vitrées.
              Alors, je voulais te demander comment on fait pour couper l’électricité ? ... smiley 

              • C'est Nabum C’est Nabum 23 juin 10:49

                @keiser


                Perversion hélas fort commune

              • Parmi les meilleure belgesses : https://www.youtube.com/watch?v=W0We6e7bZfA. Mélanie de Blasio.



                  • Quel vertige ! j’espère que cette artiste belge va nous faire vibrer encore longtemps .https://www.youtube.com/watch?v=cBNFEqeWaQs


                    • Kapimo Kapimo 22 juin 15:50
                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                      Mélancolique, en bordure de neurasthénie. Ou comment exprimer sans le dire que la vie est une m.... dans un bas de soie.

                      En beaucoup moins sophistiqué, probablement plus près des tripes, plus populaire et en belge, il y a ça :



                    • @Kapimo


                      Une étude sérieuse a démontré que les musiques dites mélancoliques (jazz, Miles Davis et autres,...) ont exactement l’effet inverse sur le cerveau et augmentent la sérotonine (hormone du plaisir) à l’inverse des musiques dites euphorisantes genre zim boum tralala et la danses des canards (qui rendent indirectement dépressifs,...). 

                    • keiser keiser 22 juin 16:59

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                      La sérotonine n’ a rien à voir avec le plaisir.
                      Tu confonds avec la dopamine, qui d’ailleurs n’agit pas sur les mêmes récepteurs.
                      C’est un peu la même confusion qu’avec l’adrénaline. 

                    • @keiser

                      d’accord pour la dope à mine,....Précision pour le lecteur concernant la sérotonine : Elle est impliquée dans la régulation du cycle circadien8 dans le noyau suprachiasmatique (siège de l’horloge circadienne), dans l’hémostase, dans la mobilité digestive et « dans divers désordres psychiatriques tels que stress, anxiété, phobies, dépression ». Elle est ainsi la cible de certains outils thérapeutiques utilisés pour soigner ces maladies mais elle est aussi celle de produits psychotropes qui en modifient l’activité (par exemple l’ecstasy)7.

                    • keiser keiser 22 juin 17:11

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                      Oui, c’est un régulateur.

                    • Kapimo Kapimo 22 juin 17:24

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                      Pas vraiment convaincu, il faudrait voir les contours exacts de telles études. D’abord, nos cerveaux diffèrent significativement les uns des autres (par exemple les psychopathes qui nous gouvernent ont très probablement un fonctionnement cérébral et hormonal particulier).
                      Sinon, pour prendre un cas simple, au-delà des études, je pense etre à meme de percevoir ce à quoi je suis sensible et notamment ce qui me déprime. En tant qu’etre humain empathique, je suis d’abord et avant tout sensibles aux voix, plus précisémment aux voix habitées et puissantes qui viennent des tripes (Piaff, Winehouse, etc.. et aussi Dani Klein) et qui expriment plus que de la mélancolie : de la douleur. Et ce, que la musique et l’air soient classiques, jazzy, blues, rock, guinguette ou que la chanson soit a cappella. Je ne sais pas sur quel type d’hormone agit ce genre de voix, mais l’effet plaisant qui en découle sur moi est limpide.

                      Bon, Melanie de Biaso, c’est très bien (et très élaboré). Mais au delà de la musique excellente, je ne ressens pas sa voix comme venant du ventre : sa mélancolie me parle peu, son expression manque de générosité, et pourrait finalement me déprimer.

                      Allez, une petite musique euphorisante, avec des boums et des zims



                    • @Kapimo


                      désolé, mais la danse des canard et Tata YOYO me dépriment. Question de tempérament. Je peux vraiment planer en écoutant : Elle est impliquée dans la régulation du cycle circadien8 dans le noyau suprachiasmatique (siège de l’horloge circadienne), dans l’hémostase, dans la mobilité digestive et « dans divers désordres psychiatriques tels que stress, anxiété, phobies, dépression ». Elle est ainsi la cible de certains outils thérapeutiques utilisés pour soigner ces maladies mais elle est aussi celle de produits psychotropes qui en modifient l’activité (par exemple l’ecstasy)7.
                      Zbigniew Preisner


                    • Kapimo Kapimo 22 juin 18:02

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                      Hé bé. Si c’est pas de l’ésotérisme, c’est du nihilisme.
                      Bon, les gouts et les couleurs, etc....


                    • bob14 bob14 22 juin 08:58

                      L’Elysée salle de Cons-Sert.. !


                      • bob14 bob14 22 juin 09:35

                        @bob14....Avec Manu la névrose et dame Botox.. smiley


                      • bob14 bob14 22 juin 09:37

                        @bob14....Musique « ELECTRO »...musique nucléaire qui mettra des milliers d’années pour dépolluer la Gaule... !


                      • C'est Nabum C’est Nabum 23 juin 10:50

                        @bob14


                        La défaite de la musique est en marche chez Macron

                      • bonnes idées 22 juin 12:31
                        Quelle triste époque quand même quand plus personne ne sort de son étui son instrument pour jouer quelques mélodies apprises avec cœur, moi qui jouait tout seul il y a seulement un couple d’année sans peur du petit canard et de la critique facile de la foule blasée de tout. Hier soir je me suis promené à la recherche de musiciens sans jamais les trouver, enfin si mais ils étaient tous à la buvette, se faisant attendre comme les stars capricieuses. Dans les rues étroites de la petite ville d’à côté les gens étaient bien présent à la recherche du son de leurs jeunesses mais rien n’y faisait puisque il n’y avait presque aucun musicien.
                        A 22 heures les deux amplis étaient rangés dans les coffres de voitures et les guitares sèches remises dans leurs housses alors que les stands de sandwichs étaient pleins à craquer de casse-dalle, de merguez et de frite s’attendant surement à faire le bénéfice du siècle. Je me souviens encore le temps ou chacun au pied de sa porte jouait de son instrument et où les rues sentaient bon la mélodie.
                        Quelle triste époque quand même.

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