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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > La Loire, vue de selle … 4

La Loire, vue de selle … 4

 

4 : Le poids des contraintes

 

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Le programme doit s'adapter aux impondérables tout comme il doit tenir compte du réel, bien loin des prévisions établies sur carte et guide touristique. Ce matin, force est de constater que toute bien huilée que puisse être notre complexe mécanique, un grain de sable peut enrayer le plus bel ordonnancement.

Un accident sur l'autoroute A 87 a provoqué un bouchon de nature à nous décourager d'inclure Angers et la visite de son château dans le programme. Une ablation somme toute loin d'être contrariante puisque ce n'était qu'une visite libre. Un lundi, même pour un groupe qui fait l'effort de se déplacer, point de guide sur le pont ni même dans les murs.

Décision est prise d'éviter Angers et son univers fortement urbanisé pour s'exonérer des difficultés circulatoires, de se mouvoir tous en autocar jusqu'à sortir de cette nasse. Puis, à port Maillard, un groupe remontera en selle tandis que les châtelains déçus, se rendront à Gennes afin d'examiner de plus près cette fameuse Loire qu'ils pensaient apercevoir perchés sur leurs destriers.

Naturellement une telle inflexion du programme a entraîné une réaction en chaîne, si je puis dire, dans la mesure où le transbordement des vélos, devra se faire en deux étapes distinctes et en des lieux différents. Les responsables logistiques se firent des nœuds au cerveau pour envisager une solution acceptable, pratique et si possible rapide. Le dernier point prenant depuis le début quelques libertés avec l'acception habituel du terme…

À la lecture de ce paragraphe, Virginie, notre nouvelle conductrice émet des plaintes véhémentes, car elle aussi a dû se plier aux sautes d'humeur d'un itinéraire qui ne cesse de se modifier. Elle doit se plier en quatre tout en trouvant routes adéquates pour un véhicule qui doit entrer dans un certain nombre de contraintes routières. Elle souhaite qu'il soit fait mention de sa flexibilité en la matière, ce que nul ne démentira en effet.

L'après-midi pour les uns sera un long parcours de plus de quarante-deux kilomètres sous un soleil de plomb tandis que leurs camarades, plus circonspects à moins qu'ils ne fussent visionnaires, choisirent d'aller se mettre au frais dans le tuffeau pour visiter le musée des champignons. Ce fut un moment fort apprécié d'autant que tous les petits participants repartirent avec une petite culture personnelle qui d'ici la fin de l'année scolaire donnera quelques champignons.

 

La fatigue s'accumule chez certains. Les yeux se ferment parfois et finissent par conduire au doux pays de Morphée. Le ronronnement du car favorise cet abandon réparateur qui gagne de proche en proche. La soirée sera propice à la juste récupération puisque nous sommes reçus dans l'abbaye de Seuilly.

Cadre enchanteur baigné par la présence de Rabelais et sa Devinière si proche, la douceur Angevine ne s'exprime pas mieux qu'en cet endroit. Les enfants sont-ils en mesure de goûter à ce décor ? La fatigue est au rendez-vous, le conte passe à la trappe devant des paupières qui se closent. Seule la petite chambrée que je surveille aura un récit qui évoque le grand auteur. Auparavant, j'ai eu le bonheur de voir les huit garçons dont certains jusque-là assez turbulents, se coucher un livre à la main et le lire vraiment. Rien que pour ce moment, nos travaux d'Hercule sont amplement récompensés.


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