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La maison de famille

Dur d'être grands-parents

Passage de témoin

La maison de famille voit passer les générations ; elle porte en elle des souvenirs qui font, qu'invariablement, les uns et les autres y reviennent en dépit des habitudes qui finissent par lasser, des défauts de cette habitation si malcommode en dehors de l'été, des nouveaux venus qui n'y ont pas leurs marques. Mais elle est, pour la tribu, le lien inter-générationnel dont personne ne veut se priver.

Cette fois, les anciens : ceux qui l'ont construite, ne sont plus là. L'un a passé la main depuis quelques années déjà tandis que l'autre n'est plus en état de supporter le rythme de la maisonnée. C'est la génération suivante qui a pris le relais tandis que ses enfants sont désormais trop grands pour les accompagner. Ils préfèrent y venir en dehors de la présence de ceux qui désormais sont les « Nouveaux Vieux ».

Malgré tout, ceux-là sont encore capables de garder leurs petits-enfants en perpétuant ainsi la transmission des émotions liées à cette bâtisse landaise. Les parents sont heureux de confier leur progéniture afin que leurs enfants fassent, comme ils l'ont fait jadis, le plein de souvenirs estivaux, de soleil et de mer. À leur tour, plus tard, ils reproduiront le modèle, recommenceront la ronde des générations.

En attendant, si les parents se reposent, profitent d'un peu de quiétude malgré le fait qu'ils travaillent, ce sont les grands-parents qui redécouvrent les joies de la petite enfance. Les années ont passé ; le choc est brutal pour eux. Il faut trouver des trésors de patience après avoir oublié les contraintes des jeunes enfants, changer de rythme et se plier à toutes les volontés de ces gentils petits tyrans.

La maison de vacances devient, durant quelques jours, l'espace d'un terrible retour en arrière. Les corps et les têtes ne sont plus tout à fait aussi malléables et pourtant, il faut suivre la cadence, se montrer à la hauteur de la mission confiée. Mamie assure la maintenance, Papy joue les animateurs ; tous les deux ne cessent de trembler qu'il arrive quoi que ce soit. La plage exige encore plus de vigilance, mon dieu, quelles vacances !

Si seulement ils faisaient tous la sieste, pour récupérer un peu d'une matinée déjà bien difficile, entre devoirs de vacances, courses et préparation du repas. Les petits diables n'aident pas vraiment, c'est le moins que l'on puisse dire : ils demandent toujours la présence de l'un des deux tandis que l'autre doit s'activer afin que tout soit prêt dans les temps.

Le repas tient de l'épreuve. Il faut tout d'abord envisager les goûts et les dégoûts des uns et des autres, retrouver les astuces qui feront qu'un plat sera terminé, éviter les erreurs stratégiques dans lesquelles ne manquent jamais de plonger les chers petits anges. Papy et Mamie finissent immanquablement par se disputer : « Laisse-la manger ce qu'elle aime ! », « N'insiste pas trop avec les protéines, il a besoin de manger des légumes ! ».

 

Les petits estomacs sont réglés comme une horloge : il n'est pas question de sauter un repas ou de prolonger un apéritif qui deviendrait dînatoire. La rigueur d'autrefois s'impose à nouveau et les vacances prennent des allures de stage de remise à niveau pour les grands-parents. C'est loin d'être une sinécure, les grands-parents ne se reposent pas, bien au contraire : à bout de forces, ils finissent par attendre avec impatience le retour tant espéré des géniteurs.

Ils vont pouvoir souffler pensent-ils ! Erreur funeste : quand les parents arrivent, ils se retrouvent dans cette maison comme au temps de leur insouciance. Ils veulent sortir, prendre du bon temps, revoir de vieux camarades et c'est encore aux anciens d'assurer la maintenance et la logistique. Décidément, ce sont toujours les mêmes qui s'y collent !

Puis les valises seront faites, les petits monstres repartiront avec leurs responsables légaux. Hélas, ils ne sera plus temps de profiter enfin de la maison retournée au calme. Il faut rentrer, le travail appelle celle qui n'est pas encore à la retraite. Ses vacances l'auront laissée sur le flanc, vidée et épuisée moralement. Heureusement qu'elle pourra se reposer au travail ...

Il faudra revenir dans la maison de vacances à la fin de la saison pour l'entretenir un peu, faire des travaux qui s'imposent. Il n'y aura plus les petits-enfants mais tellement à faire, qu'une fois encore, ce ne sera pas de tout repos. Mais ces grands-parents-là ne vont pas se plaindre : disposer d'un tel privilège est un luxe rare dont il faut savoir payer le prix. Ainsi va la vie de ceux qui possèdent une maison de vacances ; ce n'est pas tous les jours facile mais cela laisse tant de belles traces dans les têtes.

 

Estivalement vôtre.

Pour en savoir plus :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/04/11/22215-garder-peu-ses-petits-enfants-conserve

Photographies de Jean Louis Pétrone

Merci l'ami.


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11 réactions à cet article    


  •  
     
    Fini la maison de famille ...
     
    PLUS DE FAMILLE !
    Juste Parent 1, parent 2, parent 3 ... en attendant utérus loué à ...
     
    ET GRAND BÉTON BANLIEUE DUFLOT POUR GRAND REMPLACEMENT !
     
    « En dissolvant les nationalités, l’économie libérale fit de son mieux pour généraliser l’hostilité, pour convertir l’humanité en une horde de bêtes féroces – les concurrents sont-ils autre chose ? – qui se dévorent mutuellement parce que les intérêts de chacun sont égaux à ceux de tous les autres. Après ce travail préliminaire, il ne restait plus à l’économie libérale qu’un pas à faire pour atteindre son but : il lui fallait encore dissoudre la famille  »
     
    ’Esquisse d’une critique de l’économie politique’ Engels


    • lsga lsga 13 août 2015 19:33

      en attendant l’utérus artificiel ! vivement !
       
      Ah ce vieux monde que tu aimes tant... et qui a complètement disparu... ça va ? pas trop dur ? Tu vas pas te suicider au moins ? Tu sais, si tu veux, tu peux. Essaye, tu verras, après, ça ira beaucoup mieux.


    • C'est Nabum C’est Nabum 14 août 2015 16:59

      @Touche pas à ma traite négrière capitalisto-baudruchonienne, paysan souchien des réserves !

      Vision sombre qui n’a sans doute pas sa lace dans ce billet ci


    • C'est Nabum C’est Nabum 14 août 2015 17:00

      @lsga

      Je n’arrive pas à me mettre du plomb dans la tête !


    • lsga lsga 14 août 2015 17:14

      @C’est Nabum

      ça s’adressait à la fillette néo-nazi qui chouine dans tous les threads.
       
      Les réactionnaires poètes dans ton genre on les aime bien quand même. Comme les nazis, tu chouines, mais avec un certain sens de l’esthétique.
       
      Mais fondamentalement, comme lui, tu ne fais que chouiner et chouiner encore et chouiner toujours... Les partisans du « c’était mieux avant » sont vraiment pathétiques.


    • C'est Nabum C’est Nabum 14 août 2015 17:18

      @lsga

      J’use de l’humour tout en restant pathétique


    • lsga lsga 14 août 2015 17:23

      @C’est Nabum
      non mais franchement, avec tous ces articles où tu chouines sur la disparition du monde d’hier du bon vieux temps de quand jadis c’était mieux avant, tu as déjà du y penser au suicide non ?
       


    • juluch juluch 13 août 2015 16:34

      Ah les maisons de familles !!


      Je connais bien, .....les vieilles pierres remplies d’Histoires, de conflis, de bons repas et de jeux avec les grands parents !!

      merci nabum.....
       smiley

      • C'est Nabum C’est Nabum 14 août 2015 17:01

        @juluch

        Merci surtout d’apprécier

        Vous serez le bienvenue, hors saison je précise


      • sarcastelle sarcastelle 17 août 2015 10:01

        Isga toujours incapable de s’abstraire de sa futurolâtrie. Vu qu’il est complètement dépourvu d’empathie, on continuera longtemps à profiter de ses directives mentales. 

        Je n’ai jamais eu de maison de famille, où je me serais avec la répétition prodigieusement embêtée, mais dans mon enfance mes parents et grands-parents, cadres moyens, s’associaient l’été pour louer tout le mois d’août dans le rural quelque chose de large. Par deux fois ce furent carrément des châteaux. J’ignore ce que sont devenus les prix, car je vacance en itinérant, mais serait-ce encore possible ? Je ne sais. 

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