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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Le fils du charcutier

Le fils du charcutier

Un portrait ! 

L'histoire mirifique de notre Serge.

Il était une fois un fils de charcutier dont le père ne voulait pas qu'il fit ce métier. Voilà un beau début pour cette histoire que je vais vous conter Je me fais d'ailleurs un sang d'encre à l'idée de tracer à grands traits le portrait de ce drôle de citoyen. Tout ceci risque de tourner en eau de boudin ou de finir en queue de tire-bouchon !

C'est donc dans le laboratoire de son père que tout commença. Au désespoir paternel, Serge se souciait fort peu de la chose charcutière en dehors de son assiette et préférait déjà tirer des plans sur les gamètes. Sa mère, plus sage, essayait d'adoucir les choses et lui faisait douce remontrance : « Mon fils, cesse ainsi de peser de l'avoine ! ».

Serge était un peu rebelle. Il répondit à sa pauvre mère : « Maman, je ne connais pas encore l'expression favorite de celui qui osera ce portrait bien des années plus tard. Ici, on peut tout au plus peser des betteraves et c'est justement ce que je compte faire ! » Son père, entendant cette fantaisie lui souffla alors : « Tu iras trier les carreaux chez Villeroy et Boch ! »

Son adolescence sera une longue parenthèse de pensionnat pour réaliser ce rêve. Interne à onze ans, ça vous marque l'existence. Souvent puni, il était consigné de longs week-end de désespoir, espérant mieux pour ses vacances. Hélas, c'est la récolte des cornichons qui l'attendait chez un grand-père au redoutable coup de godasse !

Quand on a le pays Briard et la Brie attachés à ses souliers, on vit les rêves qu'on peut. Serge sera donc Géomètre en un temps où c'est cette noble profession, par de savants calculs sur le terrain collant, évaluait la production de betteraves sucrières. Est-ce là qu'il se prit d'amour pour la chose ovale, nul ne peut le dire vraiment si ce n'est le brave Raymond, son chaperon du dimanche ...

Toujours est-il qu'il fit d'une pierre deux coups et qu'il trouva une jeune fille à son goût. Car, c'est bien là l'étrangeté de la chose, Éliane fut en une époque certes lointaine, une jeune fille douce et discrète qui sut séduire le fougueux trois-quart centre de Coulommiers, Nounours, un surnom hérité à l'internat et adopté par tous ses coéquipiers.

Ils s'aimèrent, se marièrent, eurent deux enfants. Laissons là ces précisions intimes et attachons nous désormais au pas de ce couple improbable. Ils eurent le trajet inverse de nos grands destins estampillés MGEN. Ils se connurent dans la vie ordinaire et décidèrent un jour de franchir le Rubicon. Ils devinrent enseignants ce qui vous change la vie !

C'est ainsi qu'ils furent pris d'une frénésie de voyages au long cours. Leur passeport est un livre de bord. Toutes les destinations ou presque y sont inscrites. C'est le privilège des grandes vacances d'oser des contrées lointaines et nécessairement exotiques. La France, profonde ou bien élevée, rurale ou amicale sera réservée aux vacances intermédiaires qu'ils exploitent avec la même gourmandise. N'en ayant pas assez, ils avaient encore le nez au vent au moindre Week-end sans Rugby.

Serge fut ainsi le roi de la carte IGN. Déformation professionnelle ou bien curiosité maladive, à chaque étape, il achète une carte au vingt cinq millième. La courbe de niveau est son dada, sa petite fantaisie intime qu'il s'empresse de comparer avec la production viticole, autre passion qui cette fois exige une autre carte, de couleur bleue elle aussi !

Les années passèrent de sauts de puce en bottes de mille lieues. Serge en bon géomètre qu'il est, examinait le monde et ses infimes variations. Pour ne rien perdre du paysage, à moins que ce ne fut pour éviter de perdre le fil de sa nébuleuse pensée, il s'arrête de marcher lorsqu'il lui vient l'envie de parler. C'est ainsi que ses amis comprirent qu'il serait imprudent de randonner avec lui si l'on voulait arriver à l'heure ….

C'est dans l'Aveyron que je fis sa connaissance à l'ombre d'un bouchon, au coin d'un bar que nous n'aimions guère quitter. Nos enfants eurent bien vite honte de ces deux escogriffes immatures aussi prompts à vider le cruchon qu'à jouer des facéties pendables. Éliane n'était pas en reste, elle qui se faisait meneuse de revue pour des « psectacles » pitoyables.

Hélas, oublions vite ces merveilleux souvenirs car une meurtrissure douloureuse y reste désormais éternellement attachée. Les amis parfois s'éloignent à jamais et ce fut le cas au pays des châtaignes. Les bogues ont parfois des piquants qui reviennent à la surface de nos nostalgies …

Serge, c'est d'abord Coulommiers et sa bande de joyeux drilles. Des amitiés si anciennes, liées autour d'un ballon qu'il fut de rugby ou bien de taverne. C'est une bande indéfectible qui aime à se retrouver pour un « Non » mais surtout pour beaucoup de « Oui ». Le marché, les anniversaires, les mariages des enfants, l'aventure Burkinabaise, les virées en tous genres. Car là est d'abord leur trait commun, l'aventure itinérante …

Que ce soit à l'occasion d'un match international de Rugby, d'un raid en VTT, la grande passion d'une tournée des vignobles ou de je ne sais quelle excuse bien commode, la troupe Briard prend le large et laisse à la maison raison et modération. Je couvrirai ces épisodes bachiques d'un voile pudique, il y a des réputations qui se ternissent pour bien moins que ça !

Serge affronte le virage fatidique d'un âge qui autrefois permettait d'envisager la retraite. Il s'est offert quelques signes pour se rappeler le poids inéluctable des années d'insouciance, de petites piqures de rappel pour lui souffler à l'oreille qu'il est temps de changer de braquet ou de mettre la pédale douce. Je doute qu'en cette belle journée il se souvienne de ce conseil. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur.

Amis, buvons à sa santé qui lui est chère, à son épouse qui lui revient si cher, à ses inénarrables conversations qui sont sa marque peuchère, et à son sens merveilleux de l'amitié qui ne sera jamais en jachère !

Sexagénairement sien !


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10 réactions à cet article    


  • lemouton lemouton 3 juillet 2013 19:04

    Bonjour Gordon ???

     je reviens sur ago et sur le net que je ne consultais plus, pour des raisons diverses et extérieures depuis plusieurs mois..
    Et que vois je ??? on m’a changé mon Gordon.. smiley

    mon 71 avec qui je me frittais aigrement, mais toujours poliment et respectueusement..

    on a kidnappé n°6, ou bien est ce toujours Gordon.. ?? smiley

  • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 2013 12:57

    Morvandiau


    Comment ? Vous la connaissez ? Quelle coïncidence !

    Merci 

    • neurotransmetteur neurotransmetteur 2 juillet 2013 13:34

      Bonjour Nabum,

      bien des mots donc et d’incertains récits restent de pixels,
      sans en être aucunement envers vous...

      « Au nom de la Rose l’âme n’est amorphe, l’amenait à Rose »

      Belle journée sur vostre Loire,
      l’auteur s’en remet à la bagatelle en ce jour tout doux...
      Le Colorado ne coule pas à Toulouse...


      • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 2013 13:58

         neurotransmetteur


        Aidez moi
        Je suis à la recherche d’un taeau pour mon voayge sur la Loire ! 

      • neurotransmetteur neurotransmetteur 2 juillet 2013 21:47

        Nabum

        Je suis d’accord avec vous.
        J’ ai du laisser l’option record enclochée pour atteindre ce record de moinssage !
        Je vais de ce pas faire une ballade pré-nocturne en bonne place, pour aérer mon système de ventilation, avant d’appliquer un redoublement d’effort.
        Il est probable que certains circuits soient en surchauffe...
        Il faut convenir que les conditions d’utilisation ne sont pas des plus évidentes,
        l’auteur a peu de répit et j’en pâtit, et quand l’auteur s’efface je fais face, j’assumerai donc.
        Je prends note, je rentre avant la nuit.


      • neurotransmetteur neurotransmetteur 3 juillet 2013 00:42

        Nabum, l’auteur s’excuse d’avance d’emprunter ce fil pour la transmission qui va suivre,
        mais il est de bon ton de remettre quelques aiguille en place du cadran, d’autant que la courtoisie est de mise.
        Ensuite, il est fort probable que vostre demande d’aide alizéaire
        trouve un laguant galon galoir enrobée du fleuve. Goût de night...


      • neurotransmetteur neurotransmetteur 3 juillet 2013 01:02

        Transmission non transmise d’un ampli art et action,

        bi-cause si l’auteur se terre je prends le relai.

        (Que voulez-vous, l’auteur et moi sommes reliés par un cordon ombili-cale,

        de diamètre 6,35 (pour les aficionados) et je ne vais quand même pas le lyncher).

         

        Ouf, quai « le bol d’R » sa fée du bien agit.

         

        La nuit porte son cœur, lui qui a grand besoin de son, cueille.

        L’auteur est sur une piste incolore, il trifouille une nouvelle couleur.

        Le sot veille sur le sceau, car l’auteur sait que sans repos les idées s’embrouillent.

        Donc l’auteur s’endort pour se refaire demain vers l’alchimie.

        Ainsi mes circuits prennent frais et de nouveau se frayeront un autre angle de vue.

        Il me semble saisir la raison du moinssage un temps festif :

         

        « Ses clics heurts seraient bien plus déplacés que le transmetteur, croyez-moi. »

         

        Il n’y a aucunement de nœud au … qui mentent !!! Allô ?

         

        Quand à certaines idées qu’on prise pour intéressement, c’est bien vite juger l’auteur et sa ventriloquie grandissante pour cause de carence nutritive. Si j’étais plus libre de mes avis, je recadrerai bien deux trois idées mal conçues. Je voudrais y voir certains, qui à mon humble avis d’amplificateur, ne crache pas sur l’ivoire, m’enfin, comme disait l’autre.

        Pour les idées comprises entre le grand vide et le petit tout, le juste milieu ne quête pas le mille, mais plutôt un équilibre qui pour l’heure vacille.

        Bonne nuit à tous, mais ne nuisent à personne.

        Nabum, l’auteur sait que vous n’êtes pas un clic orné, quand d’autres sont des geekeurs.

         

        Pour info, je m’auto-moinsse d’office, c’est un acquit de droit désormais.

        Pour intox, je plusserais les moinsseurs, histoire d’inverser la moisson. Serait-ce mal juger ?

        Pour franchise, j’oublie souvent de voter les articles (je ne suis pas un preneur de décision).

        Je réparerais cette lacune, mais je rappelle que lorsque je clic, je ne clique jamais sur l’homme ouin.

        Pour finir, je me fais une joie de se refroidissement démérité, les transmissions s’enverront plus affinées.


        Buena noche et une pensée pour Kafka (qu’on aime ou pas).

        N non à B : L’auteur remercie ceux qui honorent et donnent de la valeur à la politesse et à l’art de la répartie, car à partir de là un dialogue plus serein peut s’ouvrir.

        Pour ceux qui ne sont pas d’accord avec l’idée, on ne se fera pas sans pour autant.

        L’auteur redouble d’effort pour tout saisir mais se refuse à l’ire, pas à lire.

         

        Goût tenant gute nacht.


        • C'est Nabum C’est Nabum 3 juillet 2013 06:11

          Neurostransmetteur


          J’avoue avoir d’autres préoccupations en ce moment à désormais 6 jours d’un départ pour lequel rien n’est prêt.

          C’est d’ailleurs le principe des départs de vous éloigner du rel 

          Bonne route l’ami

        • neurotransmetteur neurotransmetteur 3 juillet 2013 09:55

          Nabum

          Juste une démarche matinale de type paperasserie,
          et l’auteur planchera à grandes voiles à tout ceci.
          6 jours dites-vous, l’auteur devra alors re-tripler de précision,
          car dans 24 heures chrono il lui faudra lever une voile
          de ce refuge transitoire.
          Bon début de journée

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