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Accueil du site > Culture & Loisirs > Mode & tendances > La nostalgie des années 80

La nostalgie des années 80

Alors que le film « Star 80 » qui raconte l’histoire d’une tournée des stars des années 80, s’apprête à sortir, le sociologue Eric Donfu revient sur la nostalgie propre aux années 80, justement. Une décennie, coincée entre les années 70, et leurs excentricités, et les années 90, avec ses lucidités. Une décennie qui retrouve des attraits, parce que le présent n’est pas à la hauteur de ses promesses ? Un entretien réalisé par le journaliste Romain Clément…

 

Qu’est-ce que cette nostalgie des années 80 révèle de notre société ?

Par rapport à notre société contemporaine, et comme le traduit la romancière Gaëlle Bantegnie, dans son roman « France 80 » ces années étaient les dernières ou l’on pouvait aller traire une vache dans une étable, alors que, en 2005, les fermes sont transformées en cliniques. Donc il s’agit d’années plus insouciantes qu’aujourd’hui.

Tout d’abord, nous arrivons à un espace de temps significatif : 32 ans depuis 1980, 22 ans depuis 1990, c’est-à-dire l’espace d’une génération. Ensuite, nous sommes vraiment dans une autre époque : les années d’avant internet, d’avant le portable. Et puis ce sont les premières années des « radios libres, dans une société qui se méfie encore du bloc de l’est, dominé par l’URSS.

Le mot nostalgie vient du grec nostos, le retour et de algos, la tristesse, et la souffrance. Cette éthimologie nous pousse à considérer que le retour s’accompagne de tristesse. Et bien ce n’est pas le souvenir des années 80, dont les tubes envahissent les ondes…. Jean jaques Goldman, Daniel Balavoine qui disparait le 14 janvier 1986, Michel Berger, France Gall, mais aussi Dalida, disparue le 7 janvier 1987, ou encore police avec « message on the bottle »

Mis les chansons qui cartonnent dans ces années sont aussi celles du groupe licence IV, avec « viens boire un pt’i coup à la maison » ou « la danse des canards » par Jean-Jacques Daviel..

Alors que Serge Gainsbourg chante la marseillaise, a cappella, devant les bérets rouges, et que jean Paul Goude prépare son défilé déjanté du 14 juillet 1989, ces années, apparaissent aussi comme les dernières années « fric », celles d’une certaine facilité de vivre. 

Qui sont les nostalgiques des années 80 ?

Et bien ce sont les quinquas et les sexas qui ont le regret de leur jeunesse, mais pas seulement. Je me souviens, personnellement de ces années, avec une certaine précision, mais je n’en ressens pas de nostalgie. En revanche, on sent en effet un courant assez fort vers ces années des trentenaires et des quadras, voire des plus jeunes encore, qui n’ont pas vécus ces années, mais les voient comme une période avec un peu de ciel bleu par rapport à la situation d’aujourd’hui, bouchée. Les années 80 apparaissent comme une période où les Forbans « chantent, chantent, chantent » encore.

Quels sont les évènements qui ont marqués, ces années, les Français ?

Des années qui marquent les trentenaires….. Dans un sondage réalisé en 2008, leur demandant les trois évènements marquants de la société, ils citent la chute du mur en 1989 (46%) comme l’apparition de l’épidémie du sida au début des années 80 (45%) comme les évènements marquants de la société contemporaine, dans les années 80 même si c’est derrière les attentats du 11 septembre 2001 (pour 53%)

Alors, nous sommes bien dans un passé proche, avec les années 80… Années Coluche, qui prouve aussi, avec la création des restos du cœur en 1985, que ces années sont aussi celles de l’apparition des premiers « nouveaux pauvres » Il s’agit aussi des années qui ont vu la communauté gay décimée par le sida.

Mais ces années sont aussi les « années Mitterrand », élu le 10 mai 1981, de l’abolition de la peine de mort, avec robert Badinter le 18 septembre 1981, et celles de la réélection de Mitterrand, de « tonton » en 1988. Mais il s’agit aussi, en 1986, des années de mobilisation lycéenne et étudiantes contre la loi Devaquet, celles de la mort de Malik Oussekine, et de la naissance d’une prise de conscience antiraciste, avec « Sos racisme » qui réunit des concerts géants. Des années ou un tube pouvait partir d’un coup, comme ce fut le cas pour « c’est la ouate » chanté par caroline Loeb, en 1987. Et, personnellement, je garde un faible pour ce tube du groupe Luna Parker : « tes états d’âme, Eric »…..

Propos recueillis par Romain Clément.


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3 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 5 octobre 2012 17:06

    Mieux vaut la nostalgie que la mélancolie. Avec la première, on se raccroche à des souvenirs heureux et à des symboles, avec la seconde on ne se raccroche plus à rien et l’on sombre.

    Personnellement cela m’agace qu’on retienne toujours de l’arrivée de Mitterrand au pouvoir l’abolition de la peine de pouvoir. D’abord les Français n’ont pas été consultés par référendum et restent encore partagés sur la question aujourd’hui. Ensuite, les gens n’en ont rien à battre et sont surtout content d’avoir obtenu une semaine de congés payés supplémentaire par exemple. Et la libération de l’audiovisuel, le subventionnement de la culture des jeunes. Bref, tout un tas de choses plus réjouissantes que la loi de ce monsieur Badinter.

    Aujourd’hui peut-on encore parler de futur ou de « foutur » (contraction de « foutu » et de « futur ») ? Pauvres jeunes qui n’auront même pas connu les années 80 !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 octobre 2012 17:40

      Coté musique on a pas eu les memes années 80......


      • Christian Hivert Christian Hivert 8 décembre 2012 19:05

        Bonjour,

         

        Je vous prie de bien vouloir passer un agréable moment à la lecture de mon livre « Reine », livre premier de la série « Les chevaliers ivres », racontant ces années 80 chez les marginaux et dont voici une possible présentation :

         

        « Les chevaliers de Reine sont ivres de révoltes, de gloire parfois, de désespoir souvent, la vie leur échappe et ils en perdent un peu en courant.

        Reine et Arthur son amoureux prennent deux chemins différents mais parallèles, leurs illusions, l’un en un monde meilleur et plus juste, l’autre dans une liberté possible, se jouent d’eux à chaque détour.

        Et tous les chevaliers des trottoirs parisiens arpentés et des squats en lutte sont ivres, résolument ivres et en dérive.

        Les Gens Bons de Paris s’en prennent plein la tranche et n’en reviennent pas.

        Tous ces pauvres s’agitent et manifestent, non mais gare, ils veulent les mêmes droits que les Gens Bons n’auront plus.

        Il va falloir encadrer sévèrement tout cela, il faut une association et un responsable aux ordres. »

         

        La lecture d’un éventuel curriculum me concernant pourrait faire apparaître une logique de choix individuels autant qu’une vie professionnelle chaotique et précaire. Après un apprentissage professionnel sur le tas lors de nombreux chantiers de réfection d’appartement sur Paris et région, mon expérience de travail non déclaré rend possible des embauches multiples de courte durée.

        Une activité sociale et une proximité permanente avec des précaires est un des matériaux de base de mes travaux d’écriture (« Ne peut être vendu », "De l’autre côté de la rivière« , »Reine« , »Destin majeur" en cours).

        Depuis l’âge de huit ans et la rédaction de l’éphémère "Les fabuleuses aventures de Jeannot Lapin", racontant l’épopée enfouie de la découverte d’un appartement Parisien par un lapereau apeuré et Nivernais, j’ai toujours eu un goût prononcé pour la littérature, celle des autres , la mienne.

        Volant la clé de l’armoire secrète où une maman craignant pour ses beaux livres entassait une bibliothèque classique fournie, je m’installais des heures durant dans la lecture de tout Balzac, Victor Hugo, Emile Zola…

        Mon adolescence fut plus intéressée par des auteurs modernes et surréalistes de Rimbaud à Vian. Jules Vallés nourrit mon indignation. Plus tard je découvrit les étranges étrangers Istrati, Hikmet, Kundera, Fante , Auster, tant d’autres

        Vint alors la nécessité de réunir tout mes parcours dans une écriture portée sur le réel des oubliés, et de dire nos indignations, nos révoltes, de couvrir un peu le brouhaha des paroles portées par des arrivistes politiciens.

         

        Voici donc le livre premier, « Reine », d’une série, "Les chevaliers ivres", qui comptera six autres volumes.

         

         Livre disponible en numérique et en télechargement pdf gratuit à fr.calameo.com/books/0018762416e0b88e31399 

        et en version payante sur amazon à

         http://www.amazon.fr/Reine-ebook/dp/B009Y6OVQU

         

        Cela mettra en scène les mêmes personnages et mêmes situations vus sous différents angles, depuis les années 1980 jusqu’ à nos jours. La saga des réprouvés et marginaux plus ou moins politisés n’en n’est qu’à ses balbutiements.

         

        Le livre II « Destin majeur » depuis le point de vue d’un mineur en fugue est en cours d’écriture.

         

        Cordialement

        Hivert Christian

         

         

         

         

         

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