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Bouzard, président des Estivales de la BD 2018 à Monta, tire plus vite que Lucky Luke !

Pour fêter les 70 ans de Lucky Luke, Bouzard a revisité pour notre plus grand plaisir ce classique avec son humour bien à lui. Il déchire les lettres de noblesse du héros au point de le grimer et le tourner en dérision. Allo, allo : « Jolly Jumper ne répond plus » La gent animale a encore de belles heures devant elle à se fendre la gueule en BD…. !

Imaginez un héros intergénérationnelle, qui en 70 balais d’existence n’a pas pris une ride ! Au secours, les gourous du transhumanisme lui sont passés dessus ou quoi ? 

Je vous rassure, le Fluide Glacial des Requins Marteaux coule encore dans les veines de Guillaume Bouzard. Peut-être également, coquin de sort, enfant de mai 68, il a gardé en lui cette verve de rire de tout et ne rien prendre très au sérieux, de poils aux yeux !

Pilosité parlons-en ! Il commence touffu cet album… Lucky Luke apparait torse nu et coiffé en beatnik. Il se rend direct chez le Barbier de Séville pour ressortir dans l’uniforme de Lucky Luke : chemise jaune, gilet noir, foulard rouge, jean et chapeau blanc. Tout le contraire du Zorro qui lui frayait en noir, comme dans la chanson d’Henri Salvador.

C’est quand même assez osé de dessiner le même personnage dans sa tenue de tous les jours. Ne vous inquiétez pas, Bouzard sait y remédier. Sans que les fringues de Lucky s’usent après des décennies de bons et loyaux services et ignorent la cible infernale des effets de mode. A méditer.

Il n’empêche, en 2018, Lucky aurait pu troquer sa monture contre une bécane à la Lucien de Margerin et chanter en chœur : « Est-ce que mon cheval est une moto ? » de Nino Ferrer.

« Ma moto est comme un cheval / Elle vibre bel animal / Elle ronronne de plaisir / Je la caresse et on se tire ».

Ou encore ouvrir la pochette illustré de Margerin, (encore lui) et entamer le Rock n'Roll Cow-Boy du père Nino.

Je me tripote l’échalote. Mon petit doigt mouillé (comme le supputait Najet), m’a dit à l’oreille, qu’il se pourrait même que Margerin radine ses pots d’échappement cet été lors du prochain Show Bike entre les 22 et 24 juin 2018 à Monta.

A croire et j’en suis persuadée, d’ailleurs Eric Holder, écrivain du cru, ex motard lui-même l’a laissé souvent présagé. La Pointe du Médoc sauvée des eaux a ouvert de nouveaux horizons d’un far-West du Sud-Ouest, où les plaines grasses nourrissent des chevaux sauvages.

On s’attendrait à tout moment voir surgir un totem au coin de la route, avec ses joyeux Indiens déboulant bronzés et les fumées s’échapper d’un tipi.

Mais attention : vapoter à ne pas confondre avec va voter, c’est totalement dépassé. Mâcher une brindille, c’est smart. Quoique, une drogue demeure une drogue. Lucky Luke est bien placé pour en parler, lui qui a réussi à se débarrasser de cette mauvaise habitude, s’en réfère au juge qui l’a invité pour parler affaire. « Ca fait six ans que j’ai arrêté. Eh bien, croyez –moi si vous voulez, mais quand je passe devant un champ, j’ai toujours envie de brouter ». Fini le temps du gazon maudit, pfffffffffffffui !

A propos, cézigue n’a toujours pas de meuf ou de petit ami à se pieuter dans son lit. Pourtant, avec son air toujours jeune et pimpant le frais cresson, il devrait encore emballer, le Lucky Luke.

L’heure est grave. Jack Dalton, mais si vous savez, celui du milieu de la photo de famille a commencé une grève de la faim et à contrario Averell est devenu obèse. Saisissez la finesse du contraste.

Plus grave encore et c’est le leitmotiv de cet album, Joly Jumper, le célèbre cheval de Lucky Luke est aux abonnés absents. Pas de saillies équestres à se mettre sous l’oreille. C’est le calme plat. Alors forcément, le pt’it gars, ça se bouscule dans sa caboche. Divan le terrible du sieur Freud, versus animalier, ce n’est pas encore le top. Bourindubourg, le célèbre protecteur des oiseaux ne s’est pas encore penché sur le berceau des aventures de Jolly Jumper.

Dans la famille Dalton, je voudrais Ma, la mère. Bonne pioche ! Je ne vous dis pas la raison de ce tirage aux forceps, sinon à quoi bon lire la BD.

Bouzard connait par cœur tous les personnages qui tournent autour de la saga Lucky Lucke. J’ai un regret, mon pote Rantanplan est absent cette fois.

Bouzard ne fait pas du Morrris, le créateur du personnage en série. Il distille à chaque page une série de gags très travaillés qui tombent toujours pile poil pour égailler les aventures du héros un brin taciturne.

Morris aurait léché ses dessins, alors que Bouzard propose des épures. Les héros sont simplifiés à l’extrême dans leurs représentations. Ce qui ne me choque pas outre mesure mais pourrait énerver les puristes.

Bouzard prend le parti pris de sa relecture très personnelle des aventures de Lucky Lucke, avec un transfert de compétence vers l’homme qui autrefois tirait plus vite que son ombre. Désormais, en quatrième de couverte, il est réduit à « L’homme qui a eu l’idée de tirer sur son ombre ». Cet énoncé tout en finesse risque de se vérifier en fin de l’album où Lucky Luck finira par y perdre des plumes.

Enfin admirez le cavalier au galop en selle d’un Jolly Jumper broutant l’herbe.

 La couverture dit déjà tout de l’esprit dans lequel Bouzard a entrepris d’évoquer avec son humour bien à lui, le personnage de Lucky Lucke.

Les réacs chevaleresques du Lucky Lucke d’antan en prendront plein les ratiches et devront ranger leur mouchoir dans leur poche pour pleurer le désenchantement.

Moi pas, je me suis bidonné jusqu’à la dernière page et je vous conseille de vous y adonner vous aussi. Histoire aussi d’envoyer le mythe aux termites et se rincer le gosier à la santé de Jolly Jumper et son piètre cavalier.

 

Copyright, visuels : éditions Dargaud

 

Bouzard : Jolly Jumper ne répond plus, éditions Dargaud, janvier 2017, 48 pages, 13,99 euros

 

Rappel, Bouzard sera le président des prochaines Estivales de la BD de Monta, les 21 et 22 juillet 2018.

J’y reviendrai forcément, avec à suivre ma prochaine chronique qui sera consacrée à « Cosmo Bacchus, tome 1 : Lucifer » de Meybec. Fin limier dans le milieu du vin, qui sera présent pardi, lui aussi aux Estivales.


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3 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 21 mars 12:05

    Ah, Lucky Luke, l’autre histoire de l’Amérique, le génocide tranquille...

    Les bandits et les indiens sont toujours représentés comme des demeurés, le nègre apparaît peu dans le décors, le chinois est blanchisseur, bref, si l’auteur n’a pas reçu de subsides de la grande machine à décérébrer, c’est qu’il s’est fait avoir.

    Les mômes ne lisent plus ce genre de conneries, heureusement.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 mars 15:07

      Depuis qu’il n’a plus de clope au bec Lucky Luke n’est plus lui-même...L’abandon de soi à l’hygiènisme ambiant.


      •  Je hais les albums de Lucky Luke ..., l’impression que Jo c’est moi !

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