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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > En attendant mon tour

En attendant mon tour

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Récit d'une vaccination pas ordinaire.

Les êtres supérieurs de la Capitale en ont décidé ainsi : « Rendez-vous tous dans le vélodrome le plus proche de votre domicile pour une vaccination en chaîne ! » Voilà une bonne nouvelle qui allait me remettre en selle. Je ne perdais pas une seconde, enfourchant mon vieux clou pour filer dare-dare (ça s'impose pour une double piqûre) vers le lieu de ma rédemption.

Je ne suis pas le seul à être sorti du cadre familial dès l'annonce du Méprisant de l'Arrêt Public. Les routes sont encombrées de véhicules divers, chacun prenant le mode de transport le plus adapté à sa condition. Une fois encore, la notion de rayon de déplacement est battue en brèche, nombreux sont ceux qui usent de jantes pleines et de véhicules motorisés.

Dans ce capharnaüm routier, le choix de la bicyclette me libère des embouteillages même s'il se murmure que vous fluidifiez le trafic, avec des seringues torves, des soignants prélèvent les fonds de flacon pour offrir une dose supplémentaire aux naufragés de la route. Je passe à travers les gouttes, n'ayant pas la chance de profiter des surplus.

J'arrive devant le vélodrome et sans attendre les consignes ni présenter de coupe-file, passe-droit et autres formulaires réservés à tous ceux qui bénéficieront d'un privilège dû à leur rang, leur fonction ou leur notoriété pour éviter de tourner en rond en attendant leur tour (Ceux-là disposeront d'un traitement de faveur pourvu qu'ils acceptent de se laisser piquer devant des caméras), je me mets en piste.

Je me retrouve ainsi sur le parquet et dans ma confusion me sens obligé de me mettre en danseuse, emporté par la ronde incessante des candidats au vaccin salvateur. Je me rends compte que si tout le monde tourne dans le même sens car il n'est pas moyen de se mouvoir face à cette vague immense, les uns roulent en père peinard ou en mère poule, les mains sur les cocottes de frein tandis que nombreux sont ceux qui munis de sonnettes, demandent que les plus lents s'écartent pour laisser passer leur batterie. Nous les escargots du peloton qui roulons sans tambour ni trompette devons nous incliner devant ces nouveaux rois de la piste.

Rapidement je me rends compte que sous prétexte que leurs vélocipèdes ont besoin d'être rechargés, les utilisateurs de ce qui a détrôné la petite reine bénéficient à leur tour d'un passe-droit. Ils sont pris en main, munis d'un brassard pour faciliter la visée puis dûment injectés par des soigneurs réquisitionnés dans l'encadrement des équipes professionnelles de cyclisme. Je comprends mieux ce choix étonnant, nous avons affaire là à de grands spécialistes de la seringue.

Ne pensez pas que la piste se vide, bien au contraire elle ne cesse de se charger toujours plus. La vaccination ne va pas assez vite pour endiguer le flux des prétendants. Maintenant ce sont des vélos équipés de remorques qui finissent par entrer dans la ronde. Des parents ont laissé leurs enfants à la maison pour installer à leur place les grands-parents, des anciens de plus de soixante-quinze ans qui en dépit des promesses n'ont toujours pas trouvé aiguille à leur bras.

L'encombrement est à son comble, les carrioles provoquent de belles cabrioles chez les malheureux qui tout comme moi, sont montés sur un vieil engin sorti d'une remise, d'un garage oublié ou d'une cave. Les premiers signes de fatigue mécanique se font entendre parmi les utilisateurs de vieux clous. Ça grince, ça frotte, ça peine sur ces engins d'un autre temps.

On me reproche même de ralentir le trafic, de faire tache dans cet ensemble si rutilant. Nos tenues tout comme nos biclous font désordre dans ce chatoiement de vêtures fluorescentes. C'est ainsi qu'on nous contraint à tourner au sommet de la piste, ce qui pour nous est bien plus compliqué encore. Une rubalise est installée pour nous séparer de la masse. Nous nous interrogeons…

Nous sommes maintenant les derniers à tourner encore. Tous les autres cyclistes ont eu droit à leur injection. Nous voyons le vélodrome se vider de ses équipes médicales. L’inquiétude monte dans le peloton des laissés pour compte. C'est au-delà de l'heure du couvre-feu que surgit un nouveau peloton, de la gendarmerie celui-là, pour verbaliser un à un les participants à la ronde. Pour faire bonne mesure, les pandores examinent attentivement les vélos après nous avoir demandé de mettre pied à terre, nous héritons tous de nouvelles amendes pour non port du masque et différents défauts d'équipement.

Ensuite, nous sommes priés de sortir du vélodrome où une ONG nous attend. Ce sont des bénévoles des différentes associations qui remettent en état les vieux vélos. Ils s'affairent sur nos machines, resserrent les boulons, tendent les câbles, gonflent les pneus, graissent les moyeux puis mettent du dégrippant partout où c'est possible. C'est ainsi que nous recevons un curieux certificat attestant que nous avons eu droit à notre vaccin et nous sommes priés de rentrer chez nous.

Le ministre de la santé, homme plein de bon sens a suggéré cette astuce. Le dégrippant fera bien l'affaire, aurait-il déclaré en conférence du comité d'experts, pour tous les réfractaires au merveilleux monde d'Après que nous mettons sur pied avec les chaussures automatiques du pouvoir En Marche. C'est ainsi que mon tour est passé sans la moindre piqûre de rappel…

Pastichement leur.


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24 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 30 mars 11:05

    Pensez printemps ! En marche pour la rafle du Vélodrome de Printemps !


    • C'est Nabum C’est Nabum 30 mars 15:39

      @Giordano Bruno

      Ne désespérons pas
      Le pire est pour bientôt


    • Gégène Gégène 30 mars 11:18

      quand je pense que notre Méprisant se pique d’être supérieurement intelligent !


      • C'est Nabum C’est Nabum 30 mars 15:40

        @Gégène

        L’arrêt public est en marche


      • Clocel Clocel 30 mars 11:28

        Je savais bien qu’on finirait par regretter les wagons à bestiaux...


        • C'est Nabum C’est Nabum 30 mars 15:40

          @Clocel

          Hélas


        • Passante Passante 30 mars 15:10

          lecteur passe ton chemin,

          ici la banalité d’Empédocle tournoyant au sommet de l’Etna..


          • C'est Nabum C’est Nabum 30 mars 15:40

            @Passante

            Vous me flattez


          • juluch juluch 30 mars 20:01

            ca aurait pu être pire Nabum....

            Imaginez une promo sur le PQ..... smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 30 mars 20:18

              @juluch

              Pour le PQ il faut mettre le vélo sur un rouleau

              ça se fait


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 mars 21:15

              Avec tout ça pas de Paris -Roubaix ...sniff . Mais de l’autre coté nous aurons les classiques belges. Excuse pour le HS Nabum.


              • C'est Nabum C’est Nabum 31 mars 07:37

                @Aita Pea Pea

                Il est du même tonneau

                Une sorte de pavé dans la mare aux canards


              • troletbuse troletbuse 30 mars 23:14

                Un ,peu de détente : Micron pianiste, philosophe et maintenant épidémiologiste.

                Pas de rapport avec le vélo, quoique ce qui fait avancer le vélo m’interpelle  smiley

                https://infovf.com/video/macron-epidemiologiste-pianiste-philosophe-manipulation-mediatique—8584.html


                • C'est Nabum C’est Nabum 31 mars 07:37

                  @troletbuse

                  Qui est ce Macron ?



                • chantecler chantecler 31 mars 08:55
                  J’ai trouvé ça :

                  L’huitre et les plaideurs (d’après Jean De La Fontaine)

                  En virée sur le bord de la Mare aux harengs,
                  Deux pescadous jactaient en picolant un litre ;
                  Quand leurs chasses, sur le sable, gaffèrent en même temps,
                  Ballottée par la flotte, la plus bathe des huîtres.
                  Pour bibi fit le preu, je vais me la taper.
                  Et moi bava le seu, je becqu’terai des figues ;
                  Minute papillon, il ne faut pas charrier.
                  J’ai biglé le premier, cette huitre est à mézigue.
                  Des clous, c’est à bibi. Et comme deux ballots,
                  Voilà nos deux mirotons qui se cherchent des rognes,
                  Prêts à se tabasser, riboulant des callots ;
                  Aucun d’eux ne voulant dans l’coup passer la pogne,
                  Esgourdant leur raffût, arrive un pouilladin,
                  Courant aux pescadous, au rif il se rencarde.
                  Au lieu de vous filer la beigne sur le tarin,
                  Bonissez-moi pourquoi chacun de vous pétarde.
                  Nous avons, dit le preu, sur le bord du bouillon,
                  Affurés de cette huître, une vraie bégalade,
                  Et chacun d’nous voudrait s’la coller dans l’lampion.
                  Au lieu de la pêter, ou même d’aller au fade,
                  J’ai trouvé la combin’, pour vous filer d’accord ;
                  Répond le pouilladin. Et devant les deux billes,
                  Il s’envoie l’huître en douce et met les coudes au corps,
                  Laissant nos chicandiers se taper les coquilles.
                  moralité
                  Dans toutes les combin’s, y a toujours un coquin :
                  C’est lui qui se bégale et vous qui fait’s tintin.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 31 mars 13:02

                    @chantecler

                    La fontaine se dévergonde


                  • zygzornifle zygzornifle 31 mars 11:21

                    Vers chez moi pas de vélodrome mais un baisodrome, ils vaccinent ?


                    • C'est Nabum C’est Nabum 31 mars 13:01

                      @zygzornifle

                      Ils enfilent au fil de l’aiguille


                    • troletbuse troletbuse 31 mars 13:16

                      Ce matin même, j’ai vu une mougeonne qui venaient boire un café et qui dit au bistrotier : « je garde mon masque parce que je viens de me faire vacciner ».

                      Ensuite elle l’a enlebé afin de fumer un clope.

                      Comme quoi le cancer du poumon est moins dangereux que le Coviiiiiid  smiley

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