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En Grandes Pompes

Le dilemme de l’heure

 

 

Faudra-t-il mettre les petits plats dans les grands et inaugurer le Festival de Loire en grande pompe que ce soit en godillots ou bien escarpins, pourvu que ce soit loin des va nus pieds et vilains gueux alors que précisément l’eau viendra cruellement à manquer. Tel est le dilemme pour l’amoureux des mots qui n’effleurent sans doute pas les tenants de la manifestation solennelle de la joie ligérienne.

Ceux qui comptent ainsi parader et pérorer espèrent que d’ici l’ouverture officielle, il aura assez coulé d’eau sous les ponts pour laver les reliquats de vaines polémiques selon eux. Il est vrai que la Fête sera belle, que la ferveur gagnera les spectateurs comme les acteurs de cette magnifique manifestation fluviale, pour laquelle cependant, dame nature n’a semble-t-il pas l’intention d’ouvrir les vannes du ciel.

Il restera cependant bien des griefs qui ne seront pas lavés par un violent orage ou une réussite spectaculaire comme lors des éditions précédentes, ce que naturellement on ne peut que souhaiter sincèrement. L’eau est au cœur des interrogations de l’heure, se contenter de colmater les brèches ne sera pas suffisant et il apparaît évident que pour la prochaine campagne électorale, le sujet sera au centre des débats.

La Loire, le canal, la gestion des eaux usées, la concession de la distribution de l’eau potable, l’arrosage des cultures, l’accès à l’eau pour tous, les fontaines publiques, sont autant de dossiers « chauds-brûlants » en période de dérèglement climatique. Il convient aussi de porter un regard attentif sur la vedette du moment, la Loire, qui laisse apparaître bien des signes d’inquiétude à qui sait l’observer en dehors de ce quai voué au seul plaisir urbain.

Le canal quant à lui n’est pas question subalterne ni vaine promesse pour enchanter les gogos. Oui bien sûr, chacun rêve de voir se réaliser la jonction de ces deux canaux prestigieux afin d’établir cette fameuse échappée belle sur l’eau. Mais là encore, l’argent ne suffira pas à combler les lacunes, les erreurs du passé, les abandons d’une époque récente e ou alors il conviendra de dépenser à fonds perdus.

Il faut envisager le problème dans toute sa complexité, en reprenant les recettes d’autrefois, en relevant les stations de pompage, en réorganisant les retenues d’eau, en repensant la gestion de ce bien précieux qu’il n’est plus question de jeter sans discernement à la Loire, elle même en manque cruel. Le bétonnage des berges, la disparition des arbres au profit d’un pont, d’un aménagement, d’une base de loisirs, sont autant d’indices contradictoires à votre volonté affichée.

Renouer avec le fleuve c’est aussi se soucier de ses réalités propres, de son rythme personnel. Les fêtes de Loire placées à la fin de l’étiage, ça a interrogé dès le départ, les véritables connaisseurs de la rivière. Il faudrait maintenant s’interroger sur un changement de calendrier pour éviter les scènes qui choquent les orléanais qui sont aussi des contribuables et des électeurs.

Bien sûr que le pompage de l’eau de la Loire pour alimenter un canal à sec est un épiphénomène aux regards des quantités de liquide en jeu. Mais ce qui n’est pas anecdotique c’est d’avoir laissé les poissons crever sans réagir pour seulement vous manifester à l’approche de la seule échéance qui vous préoccupait. Ce n’est pas non plus sans conséquence de voir se remplir difficilement du reste ce canal sans qu’il n’ait été débarrassé de tous les immondices jetées par les inciviques usagers des quais. Ça fait désordre pour qui aime à penser que votre amour de ce bief est sincère. Ce n’est toujours pas sans conséquence de laisser se déverser les eaux blanches et nauséeuses d’un égoutier si bien nommé en amont de la ville.

Pire encore, vous avez réussi parfaitement l’appropriation des quais par les habitants au point d’en faire un espace déraisonnable de bruit, d’alcool, de souillures multiples et diverses sans que vous mettiez tous les moyens nécessaires pour réguler les conséquences de votre volonté de voir se constituer au cœur historique de la cité, une promenade des badauds si prisée désormais que la vie des riverains est devenue un enfer. Là encore, la colère de ceux-là s’exprimera dans les urnes.

Parfois, je m’interroge. Ne marcheriez-vous pas vous aussi à côté de vos pompes et en la matière, je peux vous certifier que je suis particulièrement bien placé. Allez donc regarder vos pompes placées dans la Loire pour sauver la face et la fête. Elles se bouchent non pas pour vous contrarier mais pour vous faire toucher du doigt l’état réel de la rivière. Il est grand temps d’en prendre conscience tandis que le sable investit la petite Loire après des travaux qui se sont avérés calamiteux il y a quelques années en amont de la ville au risque de mettre en danger le pont royal, par trop de pression.

Tout ceci naturellement ne relève pas des festivités à venir. Ces dossiers seront à affronter sans pirouettes ni évitement après un Festival que je souhaite brillant, chaleureux, convivial, spectaculaire et populaire. Mais pour qu’il ne soit pas l’annonce du déclin, il faudra rapidement prendre les véritables mesures qui s’imposent. Merci !

Ligériennent vôtre. `

Problème de rentrée des classes pour les élèves d'Orléans

 

Vous prendrez en compte par facilité la date du 1 septembre comme point de départ de l'opération.

Le bief d’Orléans est à sec. Il convient d’en remplir une partie pour le Festival de Loire, en tenant compte des données suivantes :

Dimension de la partie éligible au remplissage : 880 mètres

Largeur moyenne de cette partie : 8 mètres

Hauteur d’eau espérée : 1 mètre 50

Pour remplir ce segment du bief deux pompes ont été installées qui puisent l’eau dans la Loire. Vous devez inclure les données suivantes dans votre calcul :

Une pompe est capable de puiser 60 mètres cubes par heure.

L’état de la Loire provoque une obstruction progressive de la pompe évaluée à 1/ 20 de son débit à l’heure.

Qu’une seule pompe fonctionne pour l’instant

Hélas des impondérables viennent ajouter leur grain de sable à cette nécessaire opération.

Des fuites qui persistent à hauteur des ventaux de l’écluse qui provoquent une déperdition estimée à 15 mètres cubes par heure et de celles du mur digue estimées à 3,5 mètres cubes par heure

L’évaporation sur une base moyenne de 0,2 kilogramme d’eau par mètre carré

Dans combien de temps le canal aura-t-il atteint la hauteur d’eau souhaitée ?

Questions subsidiaires

 

Le Festival de Loire ouvrant ses portes le 18 septembre

Le canal sera-t-il plein à temps ?

Quand faudra-t-il mettre en action la seconde pompe ?

Pourra-t-on inaugurer le Festival en grande pompe ?

Pour les écoliers trouvant la bonne réponse, Orléans Métropole offrirait un boulier chinois (source non vérifiée)

 

NB : On me demande si les calculs doivent tenir compte des 2 mètres cubes environ d'immondices laissés négligemment au fond d'un canal qui aurait pu être nettoyé avant son remplissage. Je vous laisse libre de votre choix pourvu qu'il soit formulé dans votre réponse.

 

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