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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > L’occulte cabinet conseil

L’occulte cabinet conseil

 

Au bout du rouleau.

 

Il advint qu'en cette monarchie ubuesque, alors que les braves sujets, de peu de lendemain qui déchantent, accumulaient de manière hystérique les rouleaux de papier hygiénique, retrouvant là les réflexes archaïques des sociétés primitives, le bon monarque manda un cabinet conseil pour tirer au clair, non la chasse d'eau, mais le pourquoi d'une réaction sans fondement.

Il avait bien autour de lui des conseillers, des experts, des scientifiques spécialisés dans la recommandation à haut niveau, des hauts fonctionnaires susceptibles de se pencher, contre prime exceptionnelle, sur des sujets de bas étages, mais personne dans cette cohorte de passeurs de pommade n'était en mesure d'expliquer le mystère du rouleau.

Craignant de se trouver à cours lors des questions orales, un ministre plénipotentiaire certes, mais sujet à la rétention d'information, en toucha quelques mots, entre deux portes, à son chargé de mission. Celui-ci, tenu souvent de le représenter lors des auditions de la grosse commission des finances, lui glissa à l'oreille que compte tenu de la dimension abyssale du trou financier, il convenait de se montrer prudent au risque de courir à la catastrophe.

Le mystère du rouleau laissait perplexe les sommités et les représentants de l'élite de la nation. Si dérouler un programme lors d'une campagne ne pose en aucune façon le moindre problème à cette cohorte de beaux parleurs, dérouler du papier double face sans langue de bois, est une tout autre histoire. Personne n'avait jamais été mis au parfum dans les grandes écoles qu'ils ont tous fréquentées.

Pour certains même, il y avait là une lunette de tir qui risquait fort de déclencher une réaction en chaîne. Mentir au peuple à ce propos c'était prendre le risque d'une révolte, d'une crise de régime, d'un trop plein de mécontentements accumulés là et ne demandant qu'à sortir à une explosion intestine qui ne serait pas sans conséquences. L'heure était grave, un vent mauvais soufflait sur la nation.

C'est en se rendant dans une petite cabane au fond du jardin du palais monarchique, que sa majesté comprit que son trône risquait de vaciller. Les motifs profonds et souterrains de la fièvre acheteuse sur le rouleau de papier hygiénique devaient absolument être tirés au clair dans la plus grande discrétion. Il était hors de question d'ébruiter quoi que ce fut à ce propos. Aucune information ne devait fuiter dans le grand public.

La presse quotidienne régionale, habituellement désignée sous le sigle PQR était en tout premier lieu suspect. Il appartenait aux services de ne rien confier à des baveux qui feraient leurs ventres gras de quelques miettes, récoltées ici où là. D'une broutille, un journaliste à l'affût ferait un papier qui déclencherait une tempête. Le Monarque n'avait nulle envie d'essuyer pareil désagrément.

Ayant fait le tour de la question, examinant au fond des choses, les tenants et les aboutissants de ce phénomène qui mérite des analyses approfondies, il se résolut en dernier recours à faire appel à ce fameux cabinet privé qui coûte les yeux de la tête mais reste parfaitement muet, n'offrant strictement aucune indiscrétion à la presse et aux médias.

Une fois dans les tuyaux de cette société, on peut être certain que rien n'en sortira. Avantage considérable qui épargnerait une épuration drastique dans l’administration en cas de fuites intempestives. La rétention est du reste la spécialité de cette officine qui ne prendra pas même le risque de payer ses impôts en France, afin de ne pas risquer de se découvrir. Certes, c'est une démarche un peu culottée, mais l'enjeu en vaut la chandelle.

Voilà, vous savez désormais le secret de cette collaboration entre le sommet de l'état et les réseaux enterrés d'une société cotée en bourses. Après une étude qui coûta les yeux de la tête, les susdits experts internationaux, envoyèrent quelques feuillets pour expliquer que la crise du papier hygiénique correspondait à un simple phénomène d'entraînement, une forme de diarrhée consumériste, qui toucha une population estomaquée par la soudaineté de la crise sanitaire.

Au terme de la lecture de cette note fort onéreuse, le bon monarque en fit une boulette qu’il jeta nerveusement dans la cuvette. Puis retrouvant sa sérénité, il déclara à ses proches collaborateurs : « Je ne vais pas me laisser emmerder par un phénomène erratique qui ne restera pas dans les annales ! »

À contre-vent.

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6 réactions à cet article    


  • Philippulus Kaa 4 avril 17:22

    « Je ne vais pas me laisser emmerder par un phénomène erratique qui ne restera pas dans les annales ! »

    Et après, on s’étonne qu’il ait mal occulte !


    • C'est Nabum C’est Nabum 4 avril 18:56

      @Kaa

      On peut s’en étonner si on oublie qu’il veut nous emmerder 


    • mosel 4 avril 18:25

      ou malotru ?


      • C'est Nabum C’est Nabum 4 avril 18:57

        @mosel

        Président de la raie publique 


      • juluch juluch 4 avril 21:38

        be merde alors !! qué cagade mon ami !!!

        fait ch** tout ça !!

        bon allé....je vais au pati !!!

        Bye ! Bye !!

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