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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > La chocolaterie du Saint siège

La chocolaterie du Saint siège

 

Crise de foie au Vatican

 

Une cloche, un lapin et une poule tinrent grand conciliabule autour d'un œuf qui les intriguait tous les trois. Si les deux premiers étaient certains de n'être en rien responsables de l'œuf la poule prétendit la main sur le cœur que son coq lui ayant depuis longtemps posé un lapin, il n'était pas question pour elle de procréer en ce jour de la résurrection du Christ.

Que l'œuf se trouvât ou se trouve ? sous cloche et non pas sous couveuse sema le trouble chez le lapin qui songea qu'il pouvait y avoir là un autre miracle, une nouvelle expression de la métempsychose par le truchement d'un morceau de la vraie croix, une forme de clou du spectacle pour parachever dignement la période du carême.

La cloche fut prise de violents maux de tête. Non seulement on lui avait envoyé tous les chemins qui peuvent se rendre à Rome mais qui plus est, on la rendait responsable d'un miracle qui tenait plus de la coquille que de la légende dorée. Il y avait de quoi avoir le bourdon, ce qui ne manqua pas de lui arriver.

Les trois complices se dirent alors qu'il serait bon de proclamer pour l'occasion une trêve en ce jour béni. La chose fut établie quand un comparse sonna le rappel en prétendant que l'œuf venait de faire un malaise. Il se fendillait de toutes parts sans pour autant laisser s'échapper un poussin. Bien au contraire, il y avait en son cœur matière inerte d'une couleur inhabituelle.

Les trois amis s'approchèrent pour constater de visu l'affirmation de ce quidam, un koala réputé pour être particulièrement excité. Ils se méfiaient de cet animal chaud du bonnet et d'un commerce discutable. Ils voulurent s'assurer par eux-mêmes de la déclaration d'un personnage en qui, il ne fallait pas se fier.

La cloche sonna le rappel pour que le constat se fit collectivement. Le lapin se fit tirer l'oreille tandis que la poule lançait des œillades à ce koala qui ne la laissait pas indifférente. Malgré tout, ils parvinrent à s'approcher de ce curieux phénomène. L'œuf n'était pas conforme aux standards de la catégorie. Si la taille n'est nullement un critère en la matière, sa composition laissait les observateurs dans l'expectative.

Chacun resta sur ses gardes, craignant que la Pâques n'entraîne une nouvelle manifestation spectaculaire de nature à bouleverser la face du monde. Ils avaient bien raison car ce qui se tramait sous leurs yeux allait effectivement transformer à jamais les rituels du bouc émissaire. C'est la cloche qui se résolut à faire le premier pas vers ce mystère insondable. Sortant d'un fondeur de réputation internationale, elle se dit qu'il fallait battre le fer tant qu'il était chaud.

C'est donc de la pointe d'un bourdon rentré précipitamment d'un long voyage aérien qu'elle effleura l'œuf mystérieux. Celui-ci, sans doute touché par la grâce se mit à fondre, trahissant dans l'instant une composition qui méritait qu'on s'y pencha attentivement. La poule trempa son bec, la lapin une patte, pensant qu'en ce jour sacré, cela pourrait lui porter chance.

Tous de constater que la chose avait fort bon goût et je ne sais quoi de revenez-y qu'ils appliquèrent à la lettre. Si l'œuf était marron, nos trois amis n'en furent pas pour autant chocolat, bien au contraire. Ils venaient de déguster cette délicieuse confiserie que le grand créateur sème à tout va en ce jour de renouveau pour son cher fils.

Hélas, mille fois hélas, ce patriarche était de plus, un formidable confiseur. Emporté par son élan et surtout par son enthousiasme d'avoir trouvé un symbole digne de ce nom pour célébrer le renouveau de nature et le miracle de la résurrection, il fit subir la même transformation à nos trois amis. Une poule, une cloche, un lapin et un œuf en chocolat furent exposés l'année suivante à la vitrine de la pâtisserie du Saint Siège. Le koala se dit qu'il avait eu chaud et parti sans demander son reste. Depuis ce curieux épisode, il est de coutume de manger leurs effigies en chocolat pour le plaisir de tous les gourmands.

À contre-emploi


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9 réactions à cet article    


  • Pas d’allusion à Kinder surprise et Ferrero. Tiens Macron le Christ est ressucité, il s’est mis à l’écologie... De vert de rage, il est devenu vert de trouille....


    • C'est Nabum C’est Nabum 19 avril 18:20

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Je risque le carré blanc

      Ce serait lait et moi je serais chocolat 


    •  En France, vous avez les Oeuf de Pâques de la Fourche.... Cela ne s’invente pas. 10 rue des Frères Lumières à Issy les Moulinaux... Ils sont devenu mes pôtes... https://lafourche.fr/collections/paques-1



        • 2 euros 50 pour une bouteille de jus de légumes. Partout ailleurs, plus de 5 euros...


          • Correction, c’est à Mitry Mory... je ne connaissais pas en France...pas loin de Sainte Saint-Denis...Sous l’ère gallo-romaine, le domaine de Mitry-Mory était occupé vraisemblablement par deux villages : Mintriacum et Mauracum, dont les noms ont évolué par la suite en Mitry et Mory.


            • juluch juluch 18 avril 19:02

              Bonne Pâques à tous !!


              • C'est Nabum C’est Nabum 19 avril 18:20

                @juluch

                Merci l’ami 


              • chat maigre chat maigre 25 avril 00:53

                depuis ma plus tendre enfance j’ai toujours adoré les œufs sous toutes les formes, qu’ils soient durs, à la coque, pochés, cocotte, mimosa, bénédicte, mollets, brouillés, à la diable, en omelette, au plat et même cru façon fouine pour les plus frais encore tout chaud...c’est toujours un régal

                j’adore aussi les œufs de caille et pour moi une raclette sans œufs de caille ce n’est pas une « vrai » raclette, après avoir cuit du bacon ou tout autre tranche de charcutaille je fais cuire mes œufs de caille au plat dans la graisse qu’il reste, magnifique.

                les œufs de caille durs dans les salades c’est super aussi !!

                venant du sud-ouest j’aime aussi les œufs de cane et d’oie mais il faut bien les faire cuire.

                ma passion pour les œufs m’a naturellement poussé à les collectionner, j’ai commencé par les œufs à repriser les chaussettes, j’en ai des dizaines en bois, en pierre, en métal ou en céramique...il y en a de toutes tailles et de toutes couleurs.

                un jour une de mes sœurs est allée faire un an de mission humanitaire en Roumanie près du château de Dracula et la spécialité locale c’est les œufs peints.

                la finesse de motifs et la multitude de couleurs en font de véritables œuvres d’art.

                j’ai appris plus tard que les roumains s’étaient inspirés des pysanky qui veut dire « écrit » en ukrainien qui sont les plus beaux œufs décorés au monde.

                cette tradition remonte à l’époque paienne et les plus beau sont ceux réalisés avec la méthode de la cire, ils utilisent de la cire d’abeille pour dessiner sur l’œuf et ensuite le plonge dans un bain de la couleur souhaitée, ensuite ils font fondre la cire et ils répètent cette opération pour chaque couleur, un vrai travail de forçat !!!

                traditionnellement c’était les femmes qui faisaient ça mais de nos jours de nombreux artistes s’y sont mis et il y a de vrais collectionneurs dans le monde entier.

                voilà je vous ai partagé un peu ma passion pour les œufs et j’espère que vous ne me verrez pas dorénavant comme un zoziau  smiley  smiley

                en ukraine cette tradition remonte à l’époque penne

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