• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Le syndrome Camille

Le syndrome Camille

En direct de ma Segpa

Quand réussir ne peut être envisageable.

Cela porte certainement un nom, je l'ai appelé syndrome Camille du nom d'un quartier où, très souvent, surgissait ce terrible phénomène. Il y a dans nos classes des élèves assignés à l'échec. C'est plus fort qu'eux. Ils doivent reproduire les schémas anciens du quartier, de la famille ou bien du clan. Qu'importent les espoirs et les promesses, quand la réussite pointe sa possibilité, ils cassent tout ce qui a été mis en œuvre.

Je me doute que cette année encore, le syndrome Camille va encore frapper La meilleure élève, celle qui aurait dû avoir toutes les chances de décrocher une place en lycée professionnel et certainement de réussir son brevet des collèges série technologique est en train de jouer les Attila des salles de classe : absentéisme fréquent, indiscipline et refus de travailler, comportement grossier et parfois vulgaire.

Plus l'échéance s'approche et moins elle devient contrôlable. Elle perd son temps, fait perdre celui des autres qui sont bien plus en difficulté, elle irrite les adultes et nous met en porte à faux. Comment traduire ce comportement insupportable sur son dernier bulletin sans lui barrer la route ? Comment accepter de tels agissements sans perdre toute crédibilité ?

Le syndrome Camille a ceci de redoutable qu'il prend en otage les adultes qui assistent impuissants à la course à l'échec d'un élève. Lui donner raison, accepter les échecs lors des contrôles, les refus de travail, sanctionner et décrire la réalité, c'est condamner ce jeune et lui barrer la porte. Fermer les yeux, taire ses turpitudes et ses manquements, c'est encore lui donner raison et le renforcer dans un comportement intenable qui le conduira à l'échec.

L'explication n'est plus de mise, ce phénomène est une course en avant, une accélération vers le gouffre que représente les seize ans. Car le syndrome Camille est intimement lié à cette échéance, à la fin de la scolarité obligatoire. Ce seuil franchi, l'élève qui jusqu'alors tenait plus ou moins bien son rôle semble ouvrir les vannes, se laisser aller à toutes les libertés. La limite est franchie et plus rien ne peut la remettre dans le droit chemin.

Cet autre, qui jusqu'alors ne manquait jamais une journée de classe, a rompu désormais avec cette assiduité qui faisait sa gloire. Son décrochage est plus tranquille, il est tout aussi sournois. Il indique clairement que les propositions d'orientation que nous allons lui suggérer seront sans effet. Puisqu'il a 16 ans, il se sent libéré de ce poids. La suite sera pour lui dans la vie active, sans formation ni diplôme. Il est libre !

Naturellement ce syndrome touche les milieux les plus démunis vis à vis de l'école. C'est souvent la reproduction d'un comportement qui fut celui d'un parent. L'investissement scolaire n'est pas une priorité, la conviction que l'école ne peut apporter des réponses satisfaisantes est plus forte qu'un passé d'efforts et de progrès.

Un troisième cesse de venir à l'heure. Lui aussi, son avenir, il le conçoit sans l'aide de nos dossiers et de nos instances. Il se projette uniquement dans le professionnel par l'apprentissage. Qu'importe s'il se trouvera démuni avec son peu de connaissances scolaires, seul le boulot l'attire. Comment supportera-t-il les inévitables cours au Centre de Formation des Apprentis ? Comment retrouvera-t-il cette ponctualité qui est si importante dans le monde du travail ?

Un autre vient quand il veut. Les seize ans en poche, il se considère quitte. Il n'accepte même plus de remplir le carnet de correspondance, de justifier ses absences. Il a passé la barrière. Alors, ce qui avait été mis en place pour lui, les espoirs placés dans un apprentissage éventuel vont tomber à l'eau. Quand on caresse l'éventualité d'une issue favorable ou bien d'une réussite scolaire envisageable, il leur faut tout mettre en cause au nom d'une redoutable assignation à l'échec. Nous ne pouvons que constater ces sabordages stupides.

Ils finissent ainsi par confirmer le diagnostic initial, celui qui les avait placé dans l'enseignement spécialisé. « Il ne fera rien de bien, il ne réussira pas. Elle ne peut suivre un enseignement ordinaire. Il n'apprendra jamais rien ! » terribles sentences qu'ils ont entendues dans leur enfance. Ils les ont faites mentir le temps d'un parcours de succès et de confiance. Puis, l'échéance se profilant à court terme, ils ont donné raison aux oiseaux de mauvais augure …

Parfois, je me désespère devant tant d'efforts réduits à néant. Comment briser ce syndrome infernal ? Comment ne pas perdre le fil au dernier moment ? Si vous pouviez m'apporter des réponses ! Mai et juin arrivent, je vois venir les défections et les renoncements. C'est inéluctable. Que faire ?

Finalement leur.

Vidéo 


Moyenne des avis sur cet article :  4.65/5   (23 votes)




Réagissez à l'article

116 réactions à cet article    


  • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 11:55

    Nabum

    Réponse je puis apporter, mais joignez-vous à l’idée.


    • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 12:06

      Je présente une thèse, approchant la réponse,

      Ca ne peut être qu’un trip tic...


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 2013 18:41

        @ ND


        Personne ne veut même considérer que ce soit la simplement la prise de conscience, venant avec la maturité, de la parfaire inutilité de ce qui est enseigné, toute la formation scolaire actuelle. dès qu’on sait lire, ne consistant plud qu’a apprendre des shibboleth et des jeux de rôles sociaux. 

        Quand la formation touche a sa fin et que l’apprenant perd tout espoir qu’un véritable sens ou une connaissance concrète sortira de la part qui s’amenuise de ce qui lui reste a apprendre.... il jette l’éponge. Il le fait parfois avec la hargne et la rancoeur de celui qui sait qu’il a été floué. Attendons-nous a ce que toute une génération le fasse.



        Pierre JC Allard

      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 2013 21:13

        Ayant lu les autres commentaires, je regrette de ne pas avoir donné plus de détails sur ce phénomène du rejet de l’éducation. Je complete par deus liens qui dont site a celui que je donnais plus . Juste pour ceux que ça intéresse vraiment. 



        Pierre JC Allard

      • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 12:08

        Il manquait un titre à ce poème, trouvé à l’instant,

        Tombé du pic de l’essieu, puisque j’avais alors :

         .

        Seize ans

         .

        Il marchait seul le regard baissé,

        Telle la honte avançait,

        Plein d’angoisses et de regrets

        Mais sans pouvoir reculer.

        .

        Il aimait en quelques lignes

        Raconter sa petite vie,

        C’était un signe,

        Contre l’oublie.

        .

        Il voulait être aimé,

        Tant aimé,

        Il aurait tout donné,

        Tout pardonné.

        .

        Il ne pouvait subvenir,

        Aux résultats qu’on attendait,

        Il voulait juste écrire,

        Et soigner les plaies.

        .

        Il pleurait ses faits et gestes,

        S’assommait de reproches,

        Alors que de mots célestes,

        Il couvrait d’éloges.

        .

        Avec ses idées d’enfant,

        Il voulait refaire le monde,

        Un monde de sentiments,

        Et d’amitié profonde.

        .

         

        Ses yeux perçaient les regards,

        Il voyait l’âme des gens,

        Mais quand arrivait le soir,

        De ses yeux coulait le sang.

        .

        Il cachait son vrai visage,

        Pour se montrer heureux,

        Brûlait certaines pages,

        Pour masquer les nœuds.

        .

        Il cherchait l’amour,

        Bien qu’il n’existe,

        C’était son dernier recours,

        Pour se sentir moins triste.

        .

        Il était jeune et vulnérable,

        Il courait vers le doute,

        Il entendait tant de fables,

        Qu’il n’osait dire sa route.

        .

        Ô dieux, Ô déesses,

        Qui était ce petit,

        Faites que personne ne le blesse,

        Ou je souffrirai pour lui.

        .

        Peut-être qu’un jour il se retournera,

        Sa vie sera sa conscience,

        Son regard s’élèvera,

        Et son cœur sera son apparence.


        • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:46

          Nathanaêl


          Simplement sublime !

        • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 00:37

          Nabum
          .

          Abîmement authentique


        • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 17 mai 2013 22:19

          Magnifique poème !

          Et orthographe impeccable, d’une autre génération ...


        • Phi ka Sō Nathael Dunevy 18 mai 2013 02:35

          Parlez moi d’amour
          .
          Je transmettrai à l’auteur,
          il en sera étonnement touché.
          Merci


        • Rensk Rensk 15 mai 2013 12:12

          Que faire ?

          Punaise ; on le saurait, ont vous le dirait...


          • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:47

             Rensk


            Dommage ! 

          • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 12:18

            Oui mais, à vingt ans…

            .

             

            Maintenant que le chemin de ma vie

            .

            se trouve confronté à mes rêves, je

            .

            devient celui que j’imaginais

            .

            toujours étant enfant. Et même si

            .

            parfois, au plus profond de mes désirs,

            .

            j’aspire à des choses très personnelles,

            .

            je ne veux pas voir mon destin guidé par des

            .

            roses qui ne sont pas mes propres

            .

            rêves, car je n’écris mon histoire qu’au travers de

            .

            mes songes, dans lesquels je me perds souvent

            .

            moi même.

             

            .

            Une ligne encense le rêve,

            Une ligne sur deux, révèle le sens.


            • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 12:28

              A deux fois seize ans, à ce jour,

              à vos souhaits tous jours...

              .

              ...Après cet aveu dernier billet :

               .

              Je n’en dors pas, ce « hic » m’atteint.

              Si un moment, j’ai pu être offensant,

              J’en suis bien triste, un gros chagrin.

              Car si tourment il y a, c’est retournant

              .

              A mes bons jours, qui ne seront hélas,

              Qu’un mince au revoir. Ainsi va la vie,

              Approché de la mort, abrogé de l’âme hors.

              Un « sur » si, voile à vie, un sûr pas si sur de survie.

              .

              Alors au projet de fâcher, je veux être le dernier,

              Je confesse à tordre, que ma peur de LA première,

              A la date savamment orchestrée, ça va m’en clouer !

              Du bec à la boite, plus un mot d’où est le comté de Pierre.

              .

              Voilà Nabum, voyez là ami,

              Cette vérité sans son,

              Sept vérités à raz crochet,

              Condamné le dont.

              .

              Je ferais meilleur usage,

              Des mots moribonds,

              Je serais lien sage,

              Jusqu’au grand bond.


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:47

                Nathanael


                Hélas ils n’ont pas encore grandi !

              • volt volt 15 mai 2013 12:35

                Salut C’est Nabum,

                ce que vous rapportez relève typiquement de la psychologie scolaire, et s’il n’y a pas un psy dans les parages, à ce moment-là, oui on est mal barrés...
                d’abord, c’est beaucoup plus l’âge, à mon sens, que l’échéance d’une libération que vous supposez, je me souviens de mon cas : 15 de moyenne générale en 4ème, 06 en 3ème, c’est dire...
                à quoi c’est dû ?
                plusieurs causes possibles : 
                d’abord c’est l’âge où l’on va jouer avec les limites plus et mieux et plus sournoisement que de coutume, interroger la loi, etc. ; voilà pourquoi sur vos hésitations à sanctionner sur des bulletins lisibles à l’extérieur, on peut comprendre, mais sur le rappel des règles en interne, faut pas lésiner... en général, un ado ne rue de la sorte que pour vérifier que les murs sont solides.
                mais à quoi servirait-il de lui rappeler son intérêt, dans un moment aveugle, où il ne veut rien voir, et où tout le jeu consiste à casser ? il faut de la patience, à moins d’une patho ancrée et caractérisée, il faut accepter le principe de « pourquoi pas perdre un an pour pas sacrifier tout un parcours »...

                mais à ce « cas général » ou à cette déviation de base en gros, à bien vous lire, on doit en ajouter deux autres :

                - l’échec voulu et fabriqué par soi, pour soi, dans un parcours et une histoire particulière, on est à la limite de la « névrose d’échec », et là vous n’y pouvez pas grand chose, sans psy, sinon lire l’excellent « la psychopathologie de l’échec » de Laforgue qui fut le psy de Dolto, trouvable en payot je crois.

                -et bien sûr il y a pire, ou imbriqué, c’est l’ado qui va se mettre à échouer parce que ça lui est demandé, exigé de lui ; donc pas toujours se faire trop d’illusions sur l’adulte qui râle sur l’échec de son bambin, quand inconsciemment il y veille de près... souvent on échoue... pour quelqu’un.

                seulement n’allez pas vous compliquer la vie avec toutes ces couches, vous devez avoir assez de problèmes comme ça, rien qu’à lister les foirages.
                donc bref, quand une mise en échec soudaine se manifeste de la sorte, il faut tenir bon, ne rien changer, essayer de raisonner l’adulte-enfant, et surtout expliquer qu’un passage par le psy n’a rien de patho, que c’est de bon conseil.

                • volt volt 15 mai 2013 12:40

                  à relire votre dernier paragraphe, je pense à « mieux vaut prévenir que guérir »... vous nous racontez cette histoire, ou ce schéma vous le rapportez ici, avez-vous songé à leur en parler à eux ? à en faire soit un conte, soit un compte-rendu, voilà ce qui vous attendrait... ce que mon expérience m’a appris... tombez pas dans ce panneau grossier et grotesque, etc. ?


                • volt volt 15 mai 2013 12:41

                  songez à la Camille de l’Enéide ! smiley


                • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:49

                  Volt


                  Le problème avec mes élèves c’est qu’ils n’ont plus de temps

                  À 16 ans, leur avenir se joue et parfois leur absence d’avenir pour la vie

                  C’est terrible

                • volt volt 15 mai 2013 14:03

                  ah je vois, c’est donc simple comme bonjour cette histoire, à quoi sert ce mamouth qui protège l’espace sans protéger le temps ?

                  quelle absurdité, à seize ans, de n’avoir pas le temps... vraiment -
                  alors donc si « c’est terrible », comme vous dites, c’est bien une terreur, et il s’agit du temps de l’entourage, pas de son temps.

                  depuis, Camille, sous la terreur, elle a bien réussi, 
                  sauf que c’était pas son temps à elle, donc pas sa vie, nie son avenir...
                  comment trouver sa vie et son avenir et son temps dans toute cette réussite qui était si peu la sienne face à la terreur alentour ? 
                  comment, dans cette équation, enfin jouir d’être soi ?
                  en faisant bien tout foirer à la dernière minute, 
                  qu’il prennent bien tout ça dans la gueule...
                  voilà, votre Camille c’était pour rire, puis c’est pas votre Camille,
                  plutôt qu’elle soit rien que de n’être pas de son temps...

                  pauvre victime de toute cette manip de la première à la dernière minute, 
                  que le désir des autres, ravageur, ravage heure.


                • ninou ninou 18 mai 2013 11:41

                  Prof dans le primaire, je peux certifier que la volonté de ne pas réussir se manifeste très tôt...
                  Il est vrai, qu’il y a souvent reproduction du modèle parental (les parents sont allés en « perf », les enfants iront en « segpa »).
                  Mais je pense que ce blocage psychologique est souvent plus social qu’individuel. Et l’école y participe ! Avez-vous déjà pensé à la souffrance d’un enfant qui découvre, en maternelle, qu’il doit tous les jours s’adapter à un monde (l’école) dont il ne comprend ni les règles, ni le langage, ni l’utilité, et qu’il est, en sus, sommé d’y réussir. Nulle place pour ses centres d’intérêts, pour son monde, son milieu. Il doit l’oublier pour « s’élever » !
                  Le dédain qu’il reçoit en pleine face, soit il l’absorbe et ne se sent jamais à la hauteur, complexe d’infériorité, soit il le brave et devient insolent (au mieux) ou violent (au pire).
                  Mais on n’a pas LE TEMPS de faire autrement !
                  Oui le temps manque ! Et ce, dès le primaire ! Les élèves doivent être efficients et très vite. Dès l’école maternelle, les évaluations assènent des jugements sur des enfants qui jusque là étaient (pour la plupart) aimés et considérés tels qu’ils étaient.
                  On n’a pas (plus ?) le temps de prendre l’enfant tel qu’il est, de l’écouter, de le comprendre, de lui proposer des choses qui lui « parlent ». Il faut vite en arriver aux objectifs pédagogiques !
                  Alors, même quand on essaie de prendre en compte chaque élève (il faut individualiser les parcours), même quand on ne prend pas les programmes pour la bible, on fait toujours classe pour un groupe « moyen ».
                  Je pense qu’on est à côté de la plaque !
                  Donner le goût d’apprendre prend DU TEMPS. De là seulement peut venir la capacité d’écoute active, l’acceptation du travail comme moyen d’accéder à un plaisir : le savoir.
                  Les enfants qui arrivent en segpa, sans parler des difficultés de compréhensions qui peuvent exister ( eh oui, on ne naît pas tous avec les mêmes atouts en main), ont subi bien des violences subtiles de la part de notre jolie institution. On n’a pas pris LE TEMPS de les prendre en considération en tant que personnes. Ils ont fait partie d’un troupeau indifférencié.
                  Alors, à l’adolescence...
                  Leur réaction de rejet est compréhensible.
                  Il ne faut pas culpabiliser.
                  Individuellement, on fait ce que l’on peut. Il faut essayer de rester à l’écoute de ces jeunes. Ne pas s’agacer devant eux.
                  Notre système scolaire n’est pas fait pour eux et ils le sentent bien (contrairement à bien des enseignants qui préfèrent continuer à y croire).
                  La réussite de chacun ? paroles ! paroles ! paroles !


                • Radix Radix 15 mai 2013 12:56

                  Bonjour Nabum

                  Une hypothèse qui pourrait expliquer ce comportement : la scolarité obligatoire s’arrête à seize ans, si ce gamin a de bon résultats il va repiquer pour deux ans en école professionnelle !

                  Il n’a a pas la moindre envie !

                  Radix


                  • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:50

                    Radix


                    Je peux comprendre mais pourquoi brûlent-ils aussi leurs promesses d’apprentissage ?

                  • Radix Radix 15 mai 2013 21:40

                    Bonsoir Nabum

                    Pourquoi il fusille ses promesses d’avenir ?

                    Peut-être par ce que personne ne lui a expliqué en quoi consisterait son avenir s’il se tirait de son école à seize ans sans diplôme ?

                    Il est vrai que pour lui décrire le monde du travail il aurait peut-être été nécessaire que quelqu’un ayant une expérience du travail en entreprise vienne lui dire que l’école à coté : c’est des grandes vacances !
                    Il aurait pu rencontrer ces personnes dans une école professionnelle, mais visiblement là c’est foutu, il écoute beaucoup plus ses potes à la sortie du collège qui ont un gros poil dans la main et se font de l’argent facile !

                    Mais pour lui dire tout cela encore faut-il l’avoir vécu, avoir eu un petit chef sur le dos toute la journée qui menace de vous virer à la moindre boulette, avoir vécu ce harcèlement quotidien peut vous rendre parfois un peu intolérant vis à vis de gens vivant dans un milieu « très protégé » des vicissitudes qui font l’ordinaire de la plupart de vos contemporains !

                    Et encore, je ne parle que de ceux qui ont la chance d’avoir un boulot !

                    Radix


                  • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 17 mai 2013 22:36

                    Il aurait pu rencontrer ces personnes dans une école professionnelle, mais visiblement là c’est foutu, il écoute beaucoup plus ses potes à la sortie du collège qui ont un gros poil dans la main et se font de l’argent facile !

                    C’est aussi tout ça. Mes Camille ne s’intéresse à rien dans le cadre scolaire parce que c’est le cadre scolaire. Dès le portail du collège franchi l’environnement des glandouilleurs qui se la pètent les attire comme des mouches, filles et garçons de même. Ailleurs l’herbe est plus verte et si jusqu’ici j’ai pu être fringué Nike et Addidas, il n’y a pas de raison que ça s’arrête.

                    Un avenir professionnel ?
                    L’une va travailler en nocturne dans un bar dès la prochaine rentrée, elle est ravie de gagner de l’argent, « elle va pouvoir faire des cadeaux à son chéri ... » l’autre va rejoindre l’équipe de son père pour trimbaler au black des sacs de ciment sur des chantiers jamais terminés. Ils n’en ont rien à cirer d’autre que le jour même ces gamins et n’ont pas les mêmes critères de réussite que nous, de par leur milieu socio-culturel bien sûr. Ceux qui ont voulu s’en sortir sont sur d’autres voies.

                    Je regrette la scolarité obligatoire portée à 16 ans parce que c’est à 14 ans qu’un apprentissage est efficace, le gamin est encore motivable même s’il rue dans les brancards pour le principe. A 16 ans il n’a déjà plus envie, deux années d’échec supplémentaires ne font que les désintéresser définitivement et irrémédiablement.


                  • Radix Radix 18 mai 2013 19:53

                    Bonsoir Nabum

                    Non la scolarité obligatoire aurait du être portée à dix huit ans, car c’était la seule façon de former des êtres humains en leur donnant les clés d’un minimum d’instruction.

                    A quatorze ans avec le certif pour tout bagage, vous êtes juste bon à devenir un ouvrier docile !

                    Radix


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 mai 2013 20:09

                    Faux Radix très faux même , 


                    Perso suis parti de l’ école justement à 14 ans sans haine ni regrets . 

                    J’ ai eu le plaisir d’ avoir une vie pleine et variée .

                    Mon pote le meilleur également sorti au même âge , a monté une super boite , 
                    donne du travail à 500 personnes , s’ est éclaté dans son turbin , a pris d’ immenses risques financiers et coule des jours heureux . Sans jamais savoir la trigonométrie 
                    le théorie de la consanguinité . 

                    Il est né avec un solide bon sens .

                    Les bla bla bla des profs pas motivés , des enseignants estourbis de leur 
                    hauteurs de vue juste on les prend pour les cons qu’ ils sont . 

                    Sauf les vrais bons , ceux comme genre Nabum qui ont une âme au contraire 
                    de tous les gougnafiers qui entrent dans l’ EN par défaut . 

                    L’ école n’ a jamais rendu intelligent .  

                    Laissez apprendre un métier à ceux qui s’ emmerdent à l’ école .

                  • gaijin gaijin 15 mai 2013 12:59

                    la peur de réussir et une variante de la peur de l’échec

                    si j’essaie vraiment de réussir et que j’échoue alors là je serais obligé d’accepter l’idée que l’on m’impose que je suis une merde
                    alors que si je n’essaie pas vraiment dans mon fort intérieur je préserve mon estime de moi .......

                    des solutions ?
                    il y en aurait mais inabordables pour « ces gens là » un suivit indviduel avec un bon professionnel : psy, sophrologue ou autre donne de très bons résultat
                    mais autant vouloir atteindre la lune avec une échelle
                    hélas


                    • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:51

                      gaijin


                      Nous ne sommes pas tout ça et les dégâts sont grands !

                    • gaijin gaijin 15 mai 2013 16:56

                      nabum
                      et quand bien même vous le seriez on ne vous laisserait pas bosser ......
                      monde inepte ....


                    • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 17:00

                      gaijin


                      Vous avez mille fois raisons !

                    • voxagora voxagora 15 mai 2013 13:17

                      Alors ça y est, pour Elle, «  réussir n’est pas envisageable ’ » ?

                      C’est plié, perdu, foutu, constatable et irrémédiable.
                      vous ne pouvez plus qu’ « qu’assister, impuissant ’ ».
                      (J’espère qu’« assister », là, veut dire « regarder », et pas « accompagner »....)
                      Dans cette Ecole d’aujourd’hui, soit ça passe soit ça casse ?
                      et si ça casse c’est : « casse-toi ! » il n’y a plus rien à voir, à faire, à dire ? on te croyait des nôtres et finalement tu es bien « de Camille », indécrottable, pas repêchable, retour à l’envoyeur.

                      Et si, à partir de ce que vous dites d’Elle, de ses capacités, de son être, on tentait, vous et moi, à chercher d’autres sens possibles à son comportement ? 
                      Vous dites qu’Elle fout en l’air tous ses acquis par une sorte de réintégration dans certaine communauté,
                      et si Elle les mettait en jeu non pas pour ré-intégrer sa communauté (celle du quartier de la loose), mais pour EN SORTIR, Elle ne peut se faire que dans une crise, où Elle va tester les limites des deux cotés : limites du quartier, limites de la communauté enseignante.
                      et si, pour sortir de ce qui est son entourage, son histoire, son QUARTIER (pourquoi Camille ?) il lui était nécessaire de d’abord leur montrer qu’Elle ne Les renie pas, qu’elle ne les renvoie pas, qu’elle sait ce qu’elle leur doit, qu’elle ne les abandonne pas à leur sort en étant « mieux » qu’eux,
                      et que dans un deuxième temps seulement, une fois ce non-reniement carrément « mimé » (elle peut s’y perdre, aussi) elle pourra sans remords filer vers d’autres quartiers.
                      Une sorte de tribut, en somme.
                      Il se pourrait (toujours compte tenu de vos remarques sur ses capacités) que mimer ce qu’on appelle en psychanalyse le fantasme constitutif qui anime tout psychisme, qui est fait d’une oscillation perpétuelle entre deux pôles ?
                      les deux pôles étant « aller de l’avant » (meurtre symbolique du père) et « revenir en arrière » (désir de mère, là où on était si bien).

                      il y a longtemps que je ne suis pas intervenue sous vos articles,
                      si je peux me permettre je vais vous faire une demande :
                      celle de ne pas me répondre, sous ce commentaire, juste le lire.

                      Si je me base sur ce que vous écrivez sur Elle, il est possible qu’Elle ne fasse que mettre en scène une crise. Il est possible qu’en lui gardant votre confiance, en vous disant qu’Elle réussira, un jour, pas forcément cette année, pas forcément de la façon que vous envisagiez pour Elle, que peut-être elle ne fait que procéder par essais et erreurs, et qu’Elle s’en sortira.

                      C’est ce que je vous souhaite.

                      • volt volt 15 mai 2013 13:30

                        Salut Voix,

                        vous ne trouvez pas qu’il est étrange votre comment taire ? 
                        je veux dire qu’après l’excellence de ce tour où vous décortiquez bien des inconnues, ouvrez tant de pistes, non sans ce tribut au passage, soudain... régression complète sur cette charnière entre « l’avant et le retour », vous adoptez complètement, royalement, le comportement de Camille même - 
                        car, soyons clair : 
                        que fait Camille ? 
                        d’abord elle excelle, et puis soudain, elle passe à la mise en acte, avec condition expresse de se taire sur la question ; 
                        vous avez ainsi donc mimé le cas que vous étiez en train de lire ?

                        hélas, C’est Nabum est parfois si attentionné, humble et délicat, qu’il risque de vous prendre au mot (j’ai écrit au « mor » en lapsus, vous déduirez...), mais comme il est perspicace, je ne suis pas sûr que sur ce coup, l’injonction de Camille réussira à la lui couper ; il suffit d’ailleurs de parcourir son autre publication du jour pour se douter que le capitaine connaît ses remous, au millimètre.

                      • C'est Nabum C’est Nabum 15 mai 2013 13:52

                        voxagora


                        Je vous ai lu ! 

                      • volt volt 15 mai 2013 14:06

                        hélas ....


                      • volt volt 15 mai 2013 14:25

                        bien, 

                        c’est donc moi qui (en) répondrai.

                        Bonjour voxagora.

                        je n’ai aucune idée de votre historique vaguement évoqué avec l’auteur, ce n’est pas la question.
                        A vous lire de près, on sent que vous suggérez, de loin, et de raison, l’implication de l’enseignant, elle est incontournable.
                        On pourrait formuler l’hypothèse que vous en appelez au silence de peur que justement cette interrogation ne soit poussée et que, psychanalyse sauvage aidant, les choses ne dérivent -
                        mais il ne tient qu’à vous de tenir cette réserve ?

                        comment conciliez-vous ce fait que sur la plupart de vos interventions, ici et alentours, vous linkez continuellement sur ce dada de vos sites lacaniens, grand philosophe de la parole s’il en est, et que, simultanément, vous en appeliez ainsi, d’abord, si tyranniquement, et en caractères bien gras, au silence ?

                        la castration c’est super, mais quand on en fait un préalable à toute prise de parole c’est qu’on y est plongé jusqu’aux dessous ?

                        comment concilez-vous la teneur fortement psy de votre discours, sachant que c’est leur affaire d’aider à verbaliser, avec votre demande expresse de d’abord... se la fermer ?

                        ne faudrait-il pas que le royaume de cette tribune soit bien inhumain pour que la prise de parole semble ainsi impliquer en retour... le silence de l’autre.

                        le mot « dialogue », il y a dans littré.
                        ce que C’est Nabum respecte ici ?
                        votre peur ?

                        pire encore ?
                        C’est sachant la délicatesse de l’auteur que vous en abusez (et attardez-vous bien sur ce vocable), car nulle part ailleurs je ne vous ai vu(e) formuler pareilles instructions.
                        une tribune, c’est vraiment bien, sauf que certains ne voient là nulle estrade.
                        quand à l’obsession de l’estrade, il faudrait encore n’avoir pas saisi que malgré tout son génie indéniable, vu sous un autre angle, Lacan (et tout le freudisme d’ailleurs) n’est encore qu’un patenté couillon.
                        je vous souhaite d’atteindre au plus vite à ce savoir, il est celui de l’échange.

                        C’est Nabum a cédé sur rien moins que la France.
                        je veux dire : la liberté, l’égalité, la fraternité.

                      • voxagora voxagora 15 mai 2013 14:48

                        Il va me falloir un peu de temps pour remonter sur mon cheval.

                        .

                      • volt volt 15 mai 2013 15:04

                        Ne jouez pas cette carte-là voxagora, votre voix est précieuse. Ce serait donner libre cours à répétition, culpa à reboire, le verre de trop, n’y trinquons pas. C’est question d’un instant, laissez partir cette cavale, et la promenade n’en serait que plus plaisante, et même altière. Vous verrez, la belle jambe, que ça vous fait.


                      • Phi ka Sō Nathael Dunevy 15 mai 2013 14:02

                        Nabum

                        « Je vous parlerais bientôt de vous,

                        Dans un billet doux. »

                        .

                        Vous êtes un Génie mon ami !

                        Ingénu, c’est peau dure contre poul mou,

                        Habiller ainsi, tous propos d’antre à vie,

                        J’en fais « L’avenue d’être à genou. »

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires