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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Le tout à l’ego culturel

Le tout à l’ego culturel

Spécial Cannes !

L'empire des vanités.

Briller et être célèbre. Flamber et paraître. Se montrer pour exister, être flatté pour subsister. Une tête d'affiche, son nom sur un ouvrage, son portrait dans le journal, la course folle à la notoriété occupe bien assez d'orgueil de pacotille pour mettre un candidat de plus dans cette vaine foire aux vanités. Je passe mon tour, n'ayant d'ailleurs aucun talent pour supporter les grimaces.

Mais, que pourrai-je bien faire dans cette pétaudière ? Pourquoi faudrait-il agir pour mettre en avant le plus futile ? La personne n'est rien, c'est ce qu'il fait qui est le plus important. Alors à quoi bon ces séances de signature, ces autographes totalement inutiles, ces photographies à côté de l'idole ? Tout ce qui réduit la création à la seule façade n'est qu'illusion et détournement.

Combien de livres achetés pour un simple gribouillis de l'auteur alors qu'ils ne seront même pas lus ? Combien de disques achetés au sortir d'un concert pour avoir un mot du chanteur alors que plus jamais, vous ne réécouterez ses chansons ? Tout passe, tout lasse et seules désormais les images restent ou bien les signes dérisoires d'un moment incertain.

Les magazines sont emplis d'artistes fictifs, de créateurs pré-fabriqués, de talents artificiels. Seule leur image compte, seul le récit d'une vie trépidante atteste de leur valeur supposée. Le cinéma n'échappe pas à la mode des paillettes et de la vacuité. Qu'on puisse le qualifier encore de septième art semble de plus en plus constituer une aberration. C'est un défilé de pantins et de starlettes aussi creux les uns que les autres, aussi fats et vides que leurs sourires sont factices.

On nous bassine en évoquant alors d'antenne la culture alors que ce n'est plus qu'un vulgaire business commercial où l'opinion n'a plus aucune valeur. Les journalistes sont des adorateurs patentés, des valets au seul service du fric, du copinage, des renvois d'ascenseurs et autres courbettes indignes. Ne jamais croire le plus petit éloge télévisuel, il est effectué sur commande sans la plus petite parcelle de sincérité.

Pendant ce temps, les vrais artistes, les véritables talents, les génies de ce temps croupissent dans l'anonymat et l'indifférence. Plus rien ne permet désormais de croire que le cirque médiatique donnera sa chance à ceux qui ont quelque chose à dire. Il faut des humoristes conformes, des écrivains vendeurs, des chanteurs sans texte, des artistes aux dents blanches, propres sur eux et totalement interchangeables.

Puisque la culture est simple produit, il est naturel que les têtes de gondole soient peuplées de pantins dérisoires, de poupées futiles. Il est encore plus logique que le public s'arrache la vitrine et ne se préoccupe plus du tout des contenus de ces boîtes creuses. Tous les produits culturels sont soumis au lois du commerce. La date de péremption n'est pas inscrite sur la pochette, pourtant on sait désormais que pour un film tout se joue le premier mercredi, que pour un livre, le premier mois lui sera fatal.

Plus rien n'est consistant, plus rien ne prend le temps de mûrir. Il faut plaire immédiatement, il faut séduire et ne surtout ne rien changer. On ne veut plus d'humoristes qui remettraient en cause la société, des films qui dénonceraient les tares de notre monde, des chansons qui portent des révoltes, des livres vraiment écrits par leur auteur. Les libraires disparaissent, les cinémas deviennent des chaines insipides, les salles de spectacles ne se remplissent que pour les valeurs confirmées.

La culture labellisée par les grands groupes médiatiques, c'est désormais une diarrhée infecte, une logorrhée pompeuse, un album de famille où les fils et filles de leurs parents prennent la suite comme dans les dynasties d'avant. Est-ce le talent qui est génétique ou bien le piston qui atteste de la compétence supposée ? Le public de toute manière marche dans toutes les combines et prend pour argent comptant ce qu'on lui sert avec de jolis sourires.

Osez aller à la rencontre des artistes, les humbles, les anonymes. Ne croyez plus vos journaux et vos radios. Les médias font commerce d'éloges, ils exposent des produits, ils n'ont plus aucune curiosité ni aucun esprit critique. Ils sont conformes et mettent en avant ce qui ne leur fera jamais tort. La curiosité, le risque, l'envie de découvrir, le bonheur d'une rencontre, le goût de l'inattendu, le refus du stéréotype sont les envies qu'il faudrait mettre en avant.

Osez et cessez d'être de bons petits soldats de la culture, bassement, totalement, exclusivement vénale !

Culturellement vôtre.

Vidéo 


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54 réactions à cet article    


  • Muriel74 Muriel74 16 mai 2013 12:19

    Allons à la rencontre d’une culture de vrais sceptiques et non de fosse septique smiley
     ( facile celle-là !)


    • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 12:46

      Muriel74


      En grande pompe alors ! 

    • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 12:30

      C’est Nabum

      Merci pour cette pause permutée, de l’égo mélangé.
      Cette pose bermuda sous les coqs, haut t’y es.

      .
      Et l’égo a tout de l’inculture.
      .
      L’inculture est à l’égo de tout.
      .
      Le laid « Go » inculturel a tout.
      .
       Un légo atout de la culture.
      .
      .
      Voilà qui me donne une idée, permettez ?


      • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 12:47

        Nathael Dunevy


        Vous allez sans doute nous offrir un texte à votre manière
        J’attends avec impatience et j’oublie de me préoccuper des agitations cannoises !

      • Alex Alex 16 mai 2013 13:30

        Écrire que les starlettes sont creuses indique un problème relevant d’un ophtalmo. À moins que les dites starlettes n’aient beaucoup changé depuis l’époque où elles exhibaient les reliefs de leurs formes généreuses sur la plage. C’est d’ailleurs tout le « talent » que l’on attend d’une starlette.

        Pour le reste, vous avez en grande partie raison : exhibitionnisme, copinage, cul-ture, mais surtout commerce, car je pense que le peuple est demandeur : plus c’est nul, plus ça brille, plus ça se vend. Mais c’est peut-être une impression : il faudrait voir les scores des émissions consacrées à ce festival.

        Je vous suggère cependant d’équiper votre pédalo de projecteurs : si mes souvenirs d’enfance sont bons, la lumière attire les poissons ; ils vous feraient une bonne compagnie lors de vos ballades sur la Loire.


        • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 13:33

          Alex


          Il faut bien du creux pour le bourrer de silicone !


        • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 14:07

          Nabum
          .

          Un ’texte à votre manière" dites-vous ?
          .
          De quelle manière dont parlez-vous ?
          .
          La rime ? Les sauts de lignes ?
          .
          Les affreubisiaques ? En signe ?


          • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 14:48

            Nathanaël


            La mienne est marinière, à vous de me parler de la vôtre
            Cavalière
            Altière
            Sans manière ...

            Je ne sais 

          • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 14:53

            Nabum
            .
            Elle rappe où va et
            J


            • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 16:22

              Nabum
              .
              Le rap n’est pourtant pas ma mer à boire, un thé vert,
              .
              Mais au vue de l’histoire et des musiques au logis, de verre,
              .
              Il nous faut lui rendre son berceau, lui remettre son manteau, de droit,
              .
              Rappeler aux méli-mélomans, que si le jazz et la Java sont là,
              .
              .

              Elle rappe ou va et 
              j’ai à vous parler.


            • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 18:18

              • Nathael Dunevy
                Sachez mon ami que j’écris aussi des chansons de Loire 

            • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 18:51

              Nabum
              .
              Je m’en souviens, la votre fut fort jolie.
              .
              Je ne rappe guère, sauf le gruyère.
              .
              A vous faire partager, j’ai quelques écrits,
              .
              Au propos raisonnés, de vos tourments d’hier.


              • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 18:58

                Nathael Dunevy


                Partagez

                J’ai un chanteur compositeur en mal de textes !

              • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 19:55

                Nabum
                .
                Oh, mais il ne s’agit pas de chansons,
                .
                Plutôt poétiques furent les réflexions.
                .
                En entier ce serait long, quelques portions
                .
                Cependant, trouveront bien explications.


              • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 20:11

                Nathanaël


                J’avoue ne pas savoir distingué entre la prose et les versEntre la poésie et la chanson
                Entre les fables et les billets.

                Tout doit être bien écrit, pousser à la rêverie et donner du plaisir, de la colère ou bien du chagrin.

              • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 20:57

                Nabum
                .

                J’ai à vous parler. Que faire d’autre quand Perec à nos côtés gorgeait ?


              • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 21:52

                Nathanaël


                Ne faites pas de moi ce que je ne suis pas 

                Je ne suis rien ! 

              • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 22:45

                Nabum
                .

                Vous dites que vous n’êtes rien, et que cela vite

                se remarque, mais remarquez-vous, que cela évite

                surtout les remarques, car bonimenter n’est pas jouet ?


              • L'enfoiré L’enfoiré 16 mai 2013 19:17

                «  Les médias font commerce d’éloges, »

                Juste une question, qui sont les plus cons ?
                Les médias ou les spectateurs ?
                 smiley

                • C'est Nabum C’est Nabum 16 mai 2013 19:32

                   L’enfoiré


                  Le fameux libre arbitre ...

                  Face au matraquage, il en faut de la distance pour échapper au piège. Tous ne sont pas dotés d’assez d’esprit critique pour se sortir de cet affreux filet

                • Phi ka Sō Nathael Dunevy 16 mai 2013 22:19

                  Nabum
                  .

                  « La mienne est marinière, à vous de me parler
                  de la vôtre cavalière, altière sans manière ... »
                  .
                  Je pense que vous n’ignorez pas mes manières,
                  je ne sais cela dit pas ce que vous pensez tout
                  court, et j’ai bien compris que les premières
                  manoeuvres vous sont donner pour gouverner,
                  sur une invitation à comprendre les choses
                  autrement. C’est bien cela qui me plait tant,
                  c’est exaltant. Peut-être pour vous oppressant.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 17 mai 2013 06:17

                    Nathanaël


                    Rassurez-vous, je supporte parfaitement ! 



                  • Razzara Razzara 17 mai 2013 10:13

                    Toute cette sous culture de merde - désolé, mais je ne vois pas d’autre mot - n’est pas sans rappeler le monde dystopique décrit dans l’ouvrage de Ray Bradbury ’Fahrenheit 451’ :

                    http://www.amazon.fr/Fahrenheit-451-Ray-Bradbury/dp/2070415732

                    La 4 de couv. : "451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.« 

                    Un extrait de la préface de l’édition Folio SF, tellement vrai : (p.12) »Il y est aussi et surtout question de l’impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les ’informations’ télévisées. Car, comme le dit ailleurs Bradbury, ’il y a plus d’une façon de brûler un livre’, l’une d’elle, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation."

                    Et comme preuve ultime de l’avènement de cette état de fait, le rire général mâtiné de dédain condescendant qui m’est renvoyé lorsque je demande à une de mes classes d’ados accrocs du téléphone portable si il y en a qui pratique la lecture en guise de loisir, me suffit largement. 

                    Razzara


                    • C'est Nabum C’est Nabum 17 mai 2013 11:52

                      Razzara
                      Je crois bien que vous avez raison. Le livre d’ailleurs n’échappe à cette sous culture et bien des ouvrages pourraient passer dans les flammes tant ils sont médiocres ...Nous même n’échappons pas à ce mal Internet est souvent un espace de médiocrité. Heureusement que nous cherchons parfois à élever le débat.Le temps est désormais à la dérision et le rire de vos adolescent correspond à ce passage obligé quand une question dépasse sa cible.
                      Résistons


                    • Phi ka Sō Nathael Dunevy 18 mai 2013 08:21

                      Nabum
                      .
                      Quelle plus belle manière que de me dire ainsi,
                      que d’un seul grain et tout petit, mon esprit se trouve garnit.
                      .
                      Mais j’ai promis dans un courrier plus avant et pas à vendre,
                      de ne livrer aucun détail de ce parcours fort bien dressé,
                      afin et à fin de mieux tout me faire comprendre.
                      Le sens même de la contrainte,
                      le sens même de mes mots
                      incompris de mon esprit.
                      .
                      Alors quelle autre manière de m’en sortir,
                      si ce n’est de prendre la sortie,
                      d’aucun secours aguerri.
                      S’enfuir sans fuir ?
                      .
                      Une autre contrainte s’impose...


                      • C'est Nabum C’est Nabum 18 mai 2013 08:49

                        Nathanaël


                        Restez !

                        Pas de contrainte ici, uniquement quelques règles que l’on se donne !

                        Simplement par plaisir de l’écrit cadré

                      • Phi ka Sō Nathael Dunevy 18 mai 2013 09:40

                        .
                        .
                        .
                        La contrainte de l’Öde d’un petit grain devenu tempête,
                        redevenu petit grain,
                        puis plus rien
                        après le
                        grain.
                        .

                        Ô,

                        Un

                        Grain.

                        Ogre 1,

                        Petit grain,

                        Tout petit un,

                        Au saint graal,

                        Et au gras le sein.

                        Un petit grain au sal,

                        Essuyé au matin. Âpre

                        Y est le grain, à prier le sein

                        Graal. Au bout du grain, et non

                        Du sein, c’est mal mieux que bien.

                        Un petit grain de sable, une graine bien

                        Mauve, aisé, mauvaise et sans fruit, se voit

                        Mise à l’air, se sentir bien mieux, que six pieds

                        Sous terre. Un grain ocreux, au creux du sujet, fut

                        Oublié, délaissé, évité, sous estimer, par les sous-moi

                        De mon esprit au désarroi de vouloir m’éngrainer, à commencer

                        Par ce petit grain. Voyez-vous grands enfants, le tout petit créancier

                        d’honneur qu’il me reste, mes craies en scies ont les dents bien acérées

                        contre mon involonté développée. Cela dit, m’aidant d’un grain d’Eugène, et

                        l’autre sans croa, à lasser le Chemin aux grands hauts petits égrainés d’un grain,

                        dans un coin de mon esprit, laissons-les donc ces nœud Rhône, qui ternissent la Loire,

                        tous ces faibles d’affable terminer leur fable, et retournons à notre grain, celui des gentils.

                        Un grain tempétueux souffle les braises d’un feu de camping devenu feux de campagne, à

                        cause d’une allumette jetée torturément, par ma main colorée d’un blanc salivisé. Votre

                        campagne de guerre en étau ne fut guère vaine, au poteau j’y plante ce grain, celui

                        que vous m’aviez réservé. A ce petit, tout petit petit grain, pingre comme bonsoir,

                        j’appose enfin son point, son dû retrouvé. Sans chapeau il prend froid, sans

                        tréma il m’attraie moins, amputé d’un son doublement plus piquant.

                        Habillé de toutes ces parures, il m’est très précieux comme

                        l’anneau, c’est mon grand témoin. Remplumé en son

                        sein, recouvert d’un manteau, il m’est bon couvert.

                        C’est certain, en hommage à ce petit grain,

                        j’offrirai un dessin, mais pas en forme

                        de grain. Je dois lui faire parvenir,

                        mais avant de dîner à la table

                        au grain noble, il me faut en

                        priorité, lui donner un nom

                        à ce petit grain de paille.

                        Où est-il donc se son

                        perdu ? Béni mon

                        riz ce gâteau, de

                        la seule bougie

                        de ce prix de

                        moquerie,

                        l’allégorie.

                        Et go,

                        l’égo

                        rie,

                        hi.

                        .



                        • C'est Nabum C’est Nabum 18 mai 2013 09:56

                          Nathanaël


                          Que répondre ?

                          Se taire et remercier !

                        • Phi ka Sō Nathael Dunevy 18 mai 2013 10:56

                          Nabum
                          .
                          Remercier ces rangs versant... ?
                          .
                          « Méfiez-vous des beaux parleurs ... »
                          .
                          Je ne joue pas à faire semblant ;
                          .
                          On ne peur jouer seul contre tout un choeur.

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