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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Ma thématique sensuelle

Ma thématique sensuelle

J’avais bien repéré l’étincelle dans le regard de ma cliente, et dans cet esprit, lui ai transmis, que j’écrivais la nuit, seul dans ma chambre, à l’entrée de la galerie à l’autre bout de laquelle se situait la sienne. Ma porte, à deux panneaux losanges, constituée de quinze pièces de bois sculptés tenus par vingt trois chevilles, ne jointe pas entre les pierres et laisse passer la lumière. C’est cette lueur qui l’a guidée, et j’entendis ses derniers pas, glissant sur les trois petites marches qui mènent à mon petit palier où elle frappa trois fois.

J’étais en chemise longue, ouverte et débraillée, et après avoir répondu, « oui », me levais et prenant sa direction, refermais un bouton. J’ouvris la porte en grand et la vit droite et souriante, sereine sur la marche et dominante, habillée d’une robe de chambre fermée d’un épais nœud bouclé dont elle tenait dans ses mains les deux extrémités. Son regard était appuyé, décidé et amusé. J’étais à contre jour mais l’éclairage indirect qui se reflétait sur le blanc de son linge devait lui permettre de voir que je fixais ses yeux, malgré l’obscurité.

Après cinq secondes à se chercher, dans un silence qui en dit long, elle écarta les bras, doucement mais surement, jusqu’à ce que le noeud lâche. Je sentis dans ma tête comme si un nid d’abeille venait de décoller quand elle lâcha ses liens. Ils se croisèrent et s’écartèrent, se tendirent à la dernière boucle, et partirent dans son dos, tirant sur le manteau qui s’écarta légèrement, me livrant de bas en haut, une bande nue de sa peau. Finissant son mouvement, elle tendit ses bras bien en l’air, et soupira, longue et légère, comme prête à s’envoler. En même temps mes abeilles, échangées en fourmis couraient dans toutes mes galeries, provoquant un frisson qui m’envahit de bon sur tout mon long, se donnant toutes rendez vous descendant mon couloir dorsal vers mon organe final. Je dus en une seconde monter de dix degrés, et dominer une bombe interne.

La fixant toujours dans les yeux qui pétillaient de feu et disaient oui au jeu, je levais les deux mains en tendant bien mes doigts en direction du centre de son ventre apparent. A l’instant du contact, aussi doux fut-il, je sentis comme une onde de grand influx subtil traverser tout son corps à faire baisser ses cils. Puis écartant mes doigts pour les faire glisser sous le tissu volant sans l’ouvrir pour autant, j’installais mon filet jusqu’à placer mes mains telles un grand papillon effleurant son corps frais. Elle ferma les yeux, comme pour m’accorder spontanément le reste, sa confiance, l’abandon, ses soucis, sa toison et sa bouche s’ouvrit, comme pour mieux libérer un soupir nuancé.

détaché du regard dont je perdis l’appui, mes yeux tombèrent innocemment sur la rondeur de ses deux fruits à moitié dévoilés, qui me semblèrent superbes. La courbure à l’attaque d’un angle obtus parfait, légèrement redressée, lignée d’un galbe uni, comme sculpté au doigt, restait étrangement nette jusqu’à leur rencontre, en la vallée centrale. Puis je fermais les yeux pour me laisser guider par mon sens du toucher. Approchant de sa chute, cette médiane courbe virtuelle qui sépare, ses hanches de la taille, que mes mains rejoignaient toutes grandes écartées, mes doigts toujours glissant percevaient cette pente qui révélait un net écart. A chaque centimètre franchi, je sentais son corps répondre par une ondulation d’accord avec sa franche respiration.

Mes deux paumes parallèles, et tous mes doigts tendus épousaient exactement ses formes généreuses mais sans aucune pression. Je les laissais glisser jusqu’à sa fine taille en modulant mon geste selon ses courbes pures, lui donnant la conscience de mon respect total pour l’acuité de ses mesures.

A égale distance entre la pression franche et le trop survolé, mes mains créaient ainsi ce reflux électrique qui génère l’énergie complètement extatique et déferle dans le corps par tous les réseaux vifs, dont le trop plein transpire en de puissants soupirs, réguliers et plaintifs. Allant de l’une à l’autre en suivant bien le rythme de ses expirations allègrement vibrantes, j’observais en montant son ventre se creuser entraînant la pression dans ses poumons vidés, et tout en descendant son ventre se bomber créant la dépression dans son couloir doré et prêt à avaler l’organe complémentaire.

L’une d’elle était si vive que j’en ouvris les yeux et contempla comment les mains dans ses cheveux son visage rayonnait de plaisir merveilleux. La suivante fut si forte qu’elle en ouvrit les yeux, et s’arrêta tout net. L’écoutant au millimètre j’en fis autant au même moment. Nos regards se fixèrent l’un dans l’autre, comme tout le reste d’ici peu. Elle dégagea d’un joli geste son tissu de lin pendant que la lâchant, je décrochais le mien. Elle attrapa l’air décidé mes deux épaules, pris bien appui, et dans une vive impulsion, jeta son sexe contre mon ventre, ses seins contre mon nez, et ses jambes écartées se rejoignirent dans mon dos refermant ses deux pieds en étau. Après quelques secondes d’intense unité, comme poussés par un aimant mille volts, ne pouvant respirer l’air de ses poumons, pour reprendre mon souffle je dus lâcher pression au risque de la percer. Car en effet, je sentis bien au bout du membre bien tendu un doux contact humide, direct, frais, mais tant voulu.

Et c’est à ce moment que j’eus deux idées saugrenues :

Mais...demain, vais-je lui faire payer sa nuitée sachant qu’elle va peut-être la finir dans mon lit, et bien que nous comptons tous les deux sur l’amour, quand on aime on ne compte pas, et donc ne va-t-elle pas se vexer si j’offre, pour le prix du désir, ma facture oubliée ?

Et la seconde pire encore, pourquoi prenais-je trois heures pour écrire et décrire ces trois petites minutes de montée du désir en bien plus de mille mots, alors qu’une simple vidéo fait en deux temps tout le boulot !

 

Mathématique (sangsuelle), quand tu nous tiens !

 


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34 réactions à cet article    


  • Gül 4 août 2009 10:31

    Tout est dans l’étincelle.... Celle de l’allumette que l’on craque... smiley

    Sangsue alitée.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 11:01

      Si tu n’éteins celle que tu viens de craquer et la laisse jusqu’au bout lentement se consumer, ayant changé de main, pour ne pas te bruler, l’autre bout tu verras, va se redresser...et tu réchaufferas cet été bien frisquet bien plus que la chanson de Johnny à l’idée...sangsue alitée, quand tu nous tiens...

      Tu as remarqué, Gül, je n’ai inclus dans ce texte aucun des mots clés. N’est ce pas cela l’érotisme ? Tout susciter sans rien nommer.


    • Gül 4 août 2009 20:01

      Oui, Lisa,

      C’est toute la magie de l’instant....


    • hysope 4 août 2009 12:12

      Le plus agréable c est quand on monte l escalier pour aller voir l écran noir de nos nuits blanches.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 12:44

        La montée d’escalier, où l’on laisse une à une, nos frusques éparpillées ; to looooose...


      • PhilVite PhilVite 4 août 2009 12:51

        Déjà que l’argent ne fait pas le bonheur, si maintenant en plus, il gâche le plaisir !!


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 13:02

          C’est tout à fait exact, on sait plus qui excite, le bonheur ou le sexe, le temps ou la &olex, on s’enfile vite...et claque !


          • PhilVite PhilVite 4 août 2009 17:44

            Wouarf  !! C’est un vrai jeu de piste, j’ai dû passer par 15:46 
            What a shame.... (langueur estivale, sans doute)
            Bravo


          • Montagnais Montagnais 4 août 2009 13:18

            Alors ?.. Embarquement pour cythère ? Ou voyage en enfer ? Ou plaisir solitaire.. J’ai été tenté de faire un cop&past, d’abuser de la paternité et d’envoyer tout ça à nos flirts d’été .. Texte si réussi que le résultat en était garanti.


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 13:50

              Quel magnifique outil que l’interactivité, merci d’avoir vibré.

              What is a « cop&past » ?


            • Montagnais Montagnais 4 août 2009 15:06

              cop&past, façonné chic de « Copier/coller ».. Lili me dit de vous dire merci, que c’était bien fait..


            • catastrophy catastrophy 4 août 2009 14:13

               Dans la scène d’amour de l’honneur des Prizzi, John Huston tourne cela de manière que le couple, filmé horizontalement vers le haut de leur tête, dessine un cercle et la scène est finie.


              Savoir dessiner un cercle. Cela prend du temps. Quand j’étais jeune je ne connaissais que la vectorisation et c’est en apprenant à dessiner des courbes que j’ai appris la valeur du cercle.

              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 14:28

                Exact, Calamity, heu pardon, Catastrophy.

                Dans mon autre article sur Edf, http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/electricite-de-france-va-nous-59266 sur la dernière photo apparait l’enseigne du bar d’en face, dont j’ai dessiné l’enseigne. Et curieusement, je m’en suis aperçu après, toutes les lettres sont faites de courbes et qui, comble du sujet, ne représentent que des seins, des mollets...ah la la ! est ce que c’est bien raisonnable tout ça ?

                Tiens, bien en rapport avec la sagesse que tu exprimes avec science : http://www.dailymotion.com/video/k26pLNOMDw8NQdXch4 a+. L.S.


                • Montagnais Montagnais 4 août 2009 15:10

                  Après l’Enfer de la Bibliothèque Nationale, voilà l’Enfer d’AgoraVox édition spéciale.. Une vraie belle opportunité : Tea, Text & Tunes.. pour l’été.

                  NB : Lili me charge de vous dire merci.. Babeth aussi.


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 15:46

                    Par Montagnais (xxx.xxx.xxx.29) 4 août 13:18... Lecture et partage.

                    15 h o6... Lili...

                    Babeth... 15 h 10...

                    C’est plus rapide que Philvite

                    Par Montagnais Profil ’’ L’essence de la Cavalerie, la Vraie, celle qui permet d’aller plus loin, ... c’est pas l’essence, c’est le foin. " Ha ! je comprends mieux...Babeth et Lili sont vos montures.


                  • Paul Villach Paul Villach 4 août 2009 19:41

                    @ Lisa Sion 2
                    C’est un bonheur de vous lire, chère Lisa Sion 2 !
                    L’érotisme n’est-il pas la seule oasis où se retrancher que deux êtres promis à la mort peuvent s’inventer pour voler et goûter un court moment d’éternité ? Paul Villach


                    • Gül 4 août 2009 19:58

                      Ca, Paul, c’est de l’inter-con-icité, ou je m’y connais pas !

                      Désolée, je sors... : -)


                    • Montagnais Montagnais 4 août 2009 21:23

                      A ce moment, Marie monta sur la banquette. Bataille.

                      NB, Xcusez, Paul.. Il nous faudrait dire « cher »... pas chère.. « artiste inconnu »..

                      Duas et bene pendentes.



                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 22:51

                      Salut popaul,

                      érotisme, façon de parler, mon histoire tient en fait plutôt d’érotourisme...Excuse c’est la pleine lune !

                      Cordiamant.


                    • Paul Villach Paul Villach 4 août 2009 23:13

                      @ Gül

                      Je suis ravi, Chère Gül, que le mot « intericonicité » vous soit désormais familier, tant il rend compte de notre façon de voir. Paul Villach


                    • Paul Villach Paul Villach 4 août 2009 23:14

                      @ Lisa Sion 2

                      Je vois que vous êtes dans les Pléiades : c’est l’époque des étoiles filantes ! Paul Villach


                    • barbouse, KECK Mickaël barbouse 4 août 2009 19:55

                      @lisa sion 2

                      bon texte, belle plume, que dire à part merci :))

                      amicalement, barbouse 


                      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 22:46

                        @ partouze ...heu...pardon, barbouse,

                        merci d’être venu déposer ta petite sem...heu pardon, sentence.

                        amicalament. L.S.


                        • Tompurar 4 août 2009 22:55

                          L’auteur porte un prenom feminin et ecrit comme un homme ?!?

                          Cependant c’est bien ecrit et ca aurait sa place dans play boy !


                          • PhilVite PhilVite 4 août 2009 23:15

                            Ah la vache ! ça c’est le compliment qui tue !


                          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 23:21

                            Merci à tous les bling-bling et les top jet-sex, et rendez vous à Saint Protez...


                          • kitamissa kitamissa 4 août 2009 23:39

                            ah nom de Dieu !

                            ..j’ai la prostate qui explose,les saucisses de la choucroute qui défoncent la porte du frigo,et les courgettes du bac à légumes qui se réveillent !...


                            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 août 2009 23:46

                              Hé ben ! kitamissa dans la tête ! Allez, Kitamissa est. Amen.


                              • brieli67 5 août 2009 04:00

                                Que de fois n’ai-je pu observer le sourire des hôtesses, et leurs gambettes - sur les vols inter/nationaux distribuant un grand canard XXL et
                                http://membres.lycos.fr/britlogic/

                                Dans le style Magazine de l’Homme Moderne
                                il nous reste en hollandais
                                http://www.biertijd.com/
                                images et vidéos parlent d’eux-mêmes.

                                http://www.biertijd.com/mediaplayer/?itemid=14623
                                preuve en est...


                                • Fergus fergus 5 août 2009 09:08

                                  Et le vit, c’est la vie !

                                  Félicitations Lisa, pour ce texte rafraîchissant.


                                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 5 août 2009 10:51

                                  Un petit massage de trois minutes, et Fergus sonne.

                                  merci à toi et à tous les ptits coquins. L.S.


                                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 août 2009 15:09

                                  Là, Popu, vous me l’avez coupée...


                                • barbouse, KECK Mickaël barbouse 6 août 2009 10:29

                                  bonjour lisa Sion

                                  merci d’etre passé voir ma petite bafouille, je vous répond ici 

                                  on a deux façon d’écrire assez différente c’est vrai, vous, vous faite dans la phrase allusive/ suggestive, et tout en subtil sous entendu, ce qui patine votre prose d’une fine couche d’esthètisme poétique,

                                   mais... si je fais dans le sentencieux ( je l’ai mal pri, surtout que c’est un peu vrai :)), parfois vous démarrez trop sur des sous entendus et vous rend difficile a suivre pour qui ne percute pas dès le début de quoi vous parlez exactement . 

                                  Sur cet article, votre style est brillant, tout en nuances.

                                  amicalement, barbouse


                                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 août 2009 15:06

                                    Bonjour barbouse,

                                    effectivement, mes titres et même mes articles sont pleins de sujets mélangés ce qui les rend difficile à assimiler. C’est ainsi que je me retrouve avec, au haut de ma page d’accueil, plus de Thèmes de l’auteur que d’articles. 32 pour 2O. C’est expressément que parfois le sujet traité apparait enfin dans la dernière ligne comme Hadopi dans « tapis rouge... »

                                    Ne le prenez pas mal, j’apprécie tout à fait cette discipline qui parait comme shéma de toutes vos interventions et tout autant votre article qui reflète en langage actuel la pensée de la Rochefoucault, même si ce shéma strict doit vous peser peut-être.

                                    En tout cas, que vous n’ayez pas mal pris la réponse que j’ai fait, plus haut, à votre remerciement prouve par là votre grande souplesse d’esprit. Soyez en rassuré.

                                    Amicalement, L.S.

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