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Monsieur Mari

Le candidat par procuration ...

L'envers de la défaite.

Quand une femme prétend à des fonctions électives, elle doit laisser forcément dans l'ombre son conjoint, son compagnon. La chose vaut naturellement dans l'autre sens et nul ne s'étonne de la discrétion des femmes d'élus ou de vedettes de la politique. Rares sont les exceptions à cette règle qui semblait pourtant échapper à nos présidents de la République …

J'aimerais vous évoquer un monsieur Mari qui ronge son frein de n'être pas sur le devant la scène politique locale. Il brise le principe de discrétion qui prévaut dans ce cas et ne cesse de pérorer, de se montrer, de remuer ciel et terre pour qu'on parle de lui et de sa candidate de mari. Ses efforts me paraissent vains et même bien souvent contradictoires.

L'ambition de Monsieur Mari est si visible qu'on finit pas se demander, qui de lui ou bien de sa femme, aspire aux plus hautes fonctions. S'étant autoproclamé porte-parole officieux de sa dame ; il s'agite , fait du vent, monte sur ses ergots pour chanter plus fort que la basse-cour ambiante : ceux et celles qui ont l'honneur de figurer sur la liste de sa dame.

On devine alors qu'il n'a pas intégré ce déclassement familial, cette relégation au rang de subalterne qui lui fait si mal. Oubliant son obligation de discrétion , il revendique, il communique, il s'expose, il se multiplie tant et si bien qu'on s'interroge sur le sens de cette candidature double. Bref, il empiète et m'exaspère tant, qu'il fait perdre à la candidate une voix qu'elle ne retrouvera jamais.

Monsieur Mari n'en a cure. Il est persuadé d'être le meilleur soutien, le plus sûr jugement, l'avis le plus éclairé, le phare de sa dame. Comment lui faire entendre raison ? Il conduit les électeurs vers les récifs, il va entraîner le naufrage mais il n'est pire sourd que celui qui hurle plus fort que ceux qui lui susurrent de se taire …

Monsieur Mari défend l'indéfendable ; aveuglé par l'amour ou l'ambition par procuration, il est le pire conseil pour sa candidate de cour. Il se fait son preux chevalier, pourfendeur des pauvres égarés qui osent émettre quelques réserves sur les choix stratégiques, sur le marketing politique employé par les troupes de sa femme.

Il se peut que parfois, pourtant, des remarques soient fondées. Mais Monsieur Mari , incapable de tolérer la divergence, sans prendre le temps de la réflexion, réfute immédiatement la réserve au nom d'une adhésion sans faille, conviction inébranlable que tout ne peut qu'être parfait dans son camp. Il est vrai qu'il doit participer aux choix et qu'à ce titre, ils sont forcément les plus pertinents qui soient.

Monsieur Mari est le bras armé de sa dame. Sur les réseaux sociaux, il attaque, réplique, pique et parfois mord. Cependant, il a établi une hiérarchie :il ne s'adresse plus aux gens de peu ; il ne répond directement qu'aux gens de son niveau, de sa distinction, de sa coterie. Visiblement il se voyait désormais dans la posture du mari de la Maire, inaccessible personnage pour les manants et les faquins.

Monsieur Mari est ainsi. Son combat semble désintéressé et pourtant .... Il a déjà montré qu'il a besoin de sentir les projecteurs braqués sur lui alors qu'il est dans l'ombre d'une autre. Je me souviens de sa prestation télévisuelle magnifique quand il n'était que le suppléant d'une conseillère générale élue. Il était le vainqueur réel : celui sans qui rien ne serait arrivé. Il pérorait, il jubilait de sa modestie légendaire.

Monsieur Mari m'insupporte et, vous l'aurez deviné, il m'interpelle sur l'improbable victoire de sa dame. Que serait-il devenu alors ? Quel statut eût été le sien dans une ville qui n'avait pas pour habitude de prendre en considération les opinions du conjoint du maire ?

Exaspérément sien.

Je ne doute pas que Monsieur Mari n'apprécie que fort peu ce pauvre pamphlet écrit bien avant la raclée électorale d'un parti qui semble avoir perdu toutes ses valeurs. J'ai eu la délicatesse d'attendre le verdict des urnes pour ne pas être accusé d'avoir accentué une déroute si prévisible.

Les erreurs commises dans cette campagne lamentable ne lui sont pas toutes imputables ; je force le trait comme à l'habitude ! Il n'est certes pas nécessaire de s'étrangler devant une caricature venant d'un bouffon dérisoire. Puisque le parti en question est sourd aux plaintes de la base, que Monsieur Mari et ses amis fassent ici la sourde oreille, maintenant qu'ils n'ont plus que les yeux pour pleurer leurs errements stratégiques et leur si ridicule communication ...


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