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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Quand la grenouille se prend pour un bœuf !

Quand la grenouille se prend pour un bœuf !

Le revers de la médaille.

Notre bon échevin, quoique de substitution, se rêve malgré tout d’un destin national. Pour entrer dans la cour des grands, même en y pénétrant par une petite lucarne, un charmant et avenant colifichet à la boutonnière vous gonfle d’importance et vous introduit dans ce monde merveilleux des orgueilleux et des vaniteux. Mais revenons auparavant sur le sens de cette médaille aux multiples revers tant elle est portée par des impétrants de si peu d’honneur.

Napoléon, guerrier devant l'éternel avait conçu une distinction pour célébrer la vaillance, le courage au feu, le don de sa personne. Légion d'honneur avait-il décidé pour honorer ce groupe restreint d'individus glorieux qui sortait des rangs du commun des mortels. Les années passant, notre république distingua ceux qui portaient haut et loin la gloire de notre pays, la force de notre devise et de nos valeurs. Mais confiez quelque chose de grand à des politiques, ils ne tarderont pas à pervertir l'idée, à galvauder l'usage, à détourner les principes. Il en est de cette récompense républicaine comme du reste.

La poitrine en avant, l'homme politique se rengorge, fait le coq, se gausse, remue des ailes et se montre. Comme il ne craint rien tant que le revers électoral, il s'est créé une pensée magique : « Pour éviter l'échec, il faut piquer une rosette à son veston ! ». La belle prétention que voilà ! La médaille sans son revers électoral, la légion d'honneur sans l'acte de bravoure qui vous distingue de tous vous fait plastronner devant les obséquieux tout en vous ridiculisant devant les gens sérieux.

La belle récompense que voilà qui est décernée aux amis, aux relations, aux financiers, aux maîtresses, aux valets, aux soupirants, aux serviles de tous poils ! Tous ces gens si convenables, bien mis de leur personne, dénués le plus souvent du plus petit courage politique, se gargarisent d'un colifichet qui leur donne l’ivresse des sommets et le sentiment d’être au-dessus du commun. Les belles fripouilles que voilà, de bien piètres républicains en somme.

Pour bien se rendre compte de la vacuité de la chose, il convient de souligner encore que la récompense est généreusement attribuée au menu fretin du show-biz, au gratin de la finance, aux malins des podiums et des arènes sportives, aux coquins du pognon et tous ceux qui pensent avec le séant plus haut que ce qui leur sert quotidiennement de fondement.

Pendant ce temps, quelques pauvres bougres qui ont simplement fait leur métier ou leur devoir, qui ont perdu la vie sur un terrain militaire, dans une mission délicate, sur un incendie ou lors d'un braquage se voient remettre à titre posthume la belle médaille qui leur était interdite de leur vivant. Les humbles portent en terre ce qui affuble les guignols de la vie publique. Les uns ont mérité de l'Honneur, les autres sont le déshonneur permanent de cette civilisation de la futilité, de l'orgueil et de la fatuité.

Je ne vois d'autre solution ; comme l'école le fit jadis, en supprimant les bons points et les belles images qu'on se distribue sans mesure ni raison, de mettre un terme à cette distribution insane. Il y va de l'honneur de notre nation et de la survie de l’espèce politique car, comme le précise la fable, la grenouille à vouloir ainsi se prendre pour le bœuf, à se gonfler d’importance, à bomber le torse au moment de recevoir la récompense de toute une vie de génuflexions, oublie que l’épingle qui accrochera l’insigne à sa boutonnière, la fera éclater dans l’instant.

 

Ainsi s’achève souvent la folle ascension de ces petits animaux politiques. Ils perdent toute contenance, se vident dans l’instant. Ils explosent devant une assistance consternée qui se moque bien de ce ballet des suffisances. Mais gardons-nous bien de les piquer davantage, l’air qui en échappe n’est pas de nature à assainir l’atmosphère.

 

Honorablement vôtre.

 


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7 réactions à cet article    


  • juluch juluch 25 avril 11:28

    Bien d’accord, les décorations ont été galvaudées, elles sont données à n’importe qui qui a fait n’importe quoi ou rien d’intéressant….


    • C'est Nabum C’est Nabum 26 avril 08:51

      @juluch

      N’importe qui ?
      C’est tout à fait lui


    • Donatien Donatien 25 avril 12:05

      C’est fou cette maladie de se prendre pour ce qu’on est pas ....

      Il y a même des gars qui se prennent pour des écrivains artistes


      • C'est Nabum C’est Nabum 26 avril 08:51

        @Donatien

        Sans décoration mon cher


      • nono le simplet nono le simplet 26 avril 09:04

        @Donatien
        C’est fou cette maladie de se prendre pour ce qu’on est pas ....

        les critiques littéraires sont la plupart du temps des écrivains ratés ...


      • baldis30 25 avril 12:48

        bonjour,

        Comment voudriez-vous alimenter certaines caisses, certains isoloirs, certaines urnes si vous ne disposez pas du carburant nécessaire au bon fonctionnement de votre ego ... 

        un bon moyen c’est d’enrubanner ..

        exactement comme on fait un cadeau en remerciement !

        Oseriez vous remercier un ami qui vous veut du bien en lui offrant deux places de cinéma ?

        Enveloppez les au moins avec une décoration tricolore ! sous pli discret ...

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