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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Sherlock Holmes et l’affaire de la lettre A

Sherlock Holmes et l’affaire de la lettre A

Voilà que Sherlock Holmes est tombé dans le domaine public, ainsi que les œuvres des agences de notation. Pourquoi ne pas les associer dans une petite enquête des nouvelles aventures du grand détective, afin de susciter des réactions  :

Les coups frappés sur la porte du 221 b baker street furent donnés avec une telle violence qu’ils me firent sursauter.

« Je veux voir Monsieur Holmes, rugit l’homme, aussitôt que je lui eu ouvert la porte ! Ceci est une affaire de la plus grande importance. Mais je ne vous donnerais pas mon nom, car je suis ici incognito ! »
Assurément c’était un cas clinique des plus intéressants. Il présentait un ensemble de troubles étonnants, allant de la danse de saint-guy, à des manifestations évidentes de désordres intérieurs. Aux Indes, j’avais soigné un horse guard Ecossais, souffrant de déshydration, et qui présentait des symptômes semblables.
Entre temps, attiré par le bruit, Holmes s’était levé, et observait le petit homme avec attention.
Celui-ci commença à raconter son histoire, avec un accent français très marqué.
« J’appartiens à une vieille famille. Jusqu’à hier, nous étions fiers de posséder trois lettres d’or dans notre blason. Trois magnifiques A en or massif qui nous furent donner jadis par le maradhajh de Maladipure.
Ors, ce matin, l’une d’entre elle a disparu ! Cette collection maintenant incomplète ruine l’image de notre famille. Ainsi que la confiance qu’elle inspirait. Ce matin, mon banquier a refusé de m’honorer une lettre de change, suspectant je ne sais quoi ! Il ne faudrait pas que l’affaire soit connue de l’opinion. ! Il vous faut retrouver cette lettre d’or au plus vite !  »
« Vous ne soupçonnez personne, au sein de vos proches ! »
« Ce sont des gens en qui j’ai confiance, et sans lesquels je pourrais pas vivre ! Un humoriste qui me donne des conseils, un croquemort qui me fait rire, pour ne pas parler de ma femme qui me joue de la guitare pour me calmer les nerfs. Hé, si vous la voyez ma femme, je peux vous dire que vous la trouveriez drôlement bien roulée !
« I see, I see, dit Holmes, imperturbable, se contentant de tirer sur sa pipe.
« Mais pour mon personnel, je serais moins catégorique, ces sont tous des bons à rien ! Je gère pourtant bien mes propriétés, mais il pourrait bien que l’un ou l’autre me vole ou braconne sur mes terres.
Et tout cela me met encore plus en rage, moi que ne pense qu’aux autres, et qui répugne à dépenser pour mon compte le moindre penny. Songez que j’ai voyagé en troisième classe pour venir jusqu’ici ! »

Il roulait des épaules, faisait des grimaces, tirait sur son nœud de cravate !
Etait-ce pour le ramener à la réalité que Holmes lui demanda l’heure ?
 Il releva sa manche aussi vivement que s’il avait été piqué par un serpent du Bengale. Je n’osais imaginé cet homme à la tête de quelconque entreprise !. De temps en temps il jetait de temps à autre un regard par la fenêtre, et j’étais bien incapable de dire si c’était par curiosité, par intrigue, ou le simple produit d’un de ces tiques étonnants.
Le syphilis, maladie notoirement honteuse, produit lui aussi des troubles similaires. Le fait qu’il soit Français, cette race si addictive au sexe, me confirmait dans mon jugement.

« Et bien monsieur Le Sherlock qui se croie plus malin que les autres et surement même que moi, je m’étonne que vous n’ayez pas encore réglé cette affaire, dit -il avec la pire goujaterie. On m’avait pourtant dit grand bien de vous. Vous me décevez déjà ! »
Par la couronne ! Ce nain me mettait hors de moi. Et si Holmes ne m’avait pas arrêté de la main, je crois bien que je me serais permis une voie de fait sur ce guignol !
« Cette lettre d’or me parait bien peu négociable sur le marché de l’art ! N’êtes vous pas sûr qu’elle n’est pas glissée sous un meuble ? »

Cette remarque domestique, bien peu en rapport avec le génie du grand Holmes me surprit, tout autant d’ailleurs que l’homme, dont la réaction immédiate fut un accès de rage. On aurait dit Zébulon monté sur ressorts.
« Croyez-vous que j’ai traversé la manche pour m’entendre dire que je devrais jouer du balai dans les coins. Si je vous disais vraiment qui je suis, vous tomberiez à genoux devant moi ! »
Il se mit à éructer, à s’énerver. Une feuille dactylographiée tomba alors de sa poche. Holmes l’a ramassa avec sa souplesse coutumière de chat , et la parcourue en quelque secondes.
« Manifestement, ces messieurs Standart et Oil’s n’ont pas tout à fait la même approche des événements que celle que vous nous avez donnée ! »
C’était une missive écrite par un cabinet d’avoués bien connus de la city. Ces messieurs informaient notre homme qu’ils ne pouvaient le soutenir davantage dans ses excès. En conséquence ils mandataient un huissier pour se payer sur une de ces fameuses lettres en or massif !
Holmes l’accusa du doigt.
« Vous êtes le seul coupable ! J’ai bien peur que la perte de votre seconde lettre d’or ne soit déjà programmée si vous ne changez pas de mœurs au plus vite. Cette façon de vous en prendre à votre petit personnel est parfaitement détestable. Votre seul but en venant ici était de cacher la vérité, tout en jouant à la victime. Je parie que vous vouliez vous faire photographier avec moi par les journalistes, afin de renforcer votre prestige. 
Je les vois d’ici qui vous attendent sur le trottoir d’en face. Si vous ne disparaissez pas tout de suite par l’escalier de service, je me charge de leur dire la vérité sur votre compte »

Une grimace effroyable barra le visage du petit français. Il disparu aussi vite qu’il était venu !
« By jove, Holmes. Napoléon n’a pas tourné les talons aussi vite à la bataille de Waterloo ! Comment avez-vous pour le percer aussi vite ! »
« Elémentaire, mon cher Watson ! Il suffit de provoquer un peu ce genre d’homme pour qu’il dévoile toute l’affaire sans s’en apercevoir. C’est comme ces mécaniques à ressort dont il faut trouver le déclencheur. Et puis comment croire une seconde cet homme, qui la main sur le cœur, dit ne pas dépenser un penny pour lui ? 

Avez-vous vu cette montre, quand je lui ai demandé l’heure ?
C’était une Rollex, la Rolls de l’horlogerie en quelque sorte. Voilà ou est parti tout l’or de cette troisième lettre soi disant disparue. Assurément, tout cela n’est que la conséquence d’un train de vie insensé. Je plains sincèrement les gens qui vivent sous sa coupelle.
Ils n’ont pas fini de boire le calice jusqu’à la lie ! »


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11 réactions à cet article    


  • kssard kssard 18 janvier 2012 09:58

    Ce petit homme agité dont vous parlez est certes bien pire que le professeur Moriarty. 


    Savez vous par exemple qu’avant de vendre sa lettre d’or pour boucler sa fin de mois, il a liquidé à la sauvette, 56 tonnes d’or à la banque de France ? Vous en doutez ? : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20100401trib000494475/la -banque-de-france-a-vendu-56-tonnes-d-or.html.

    Savez qu’il se dit même, in Paris, qu’il pourrait vendre la Tour Effeil pour le prix de la ferraille afin de maintenir son train de vie. 

    Selon lui l’Afrique n’est pas encore entrée dans l’Histoire. En revanche, lui occupe une place d’exception dans l’histoire de la cinquième république : c’est un peu le héro de la Curée de Zola, dit Aristide Siccard. 

    Son toupet ravale la Dame de Fer au rang de socialo d’opérette. Une bonne partie des français lui donnerait bien le statut d’Homme en Tôle...

    Rouletabille (votre dévoué)


    • bakerstreet bakerstreet 18 janvier 2012 14:17

      Merci Kssard-Rouletabille pour votre commentaire, et pour ce lien qui montre que cette fameuse lettre en or est bien plus volumineuse qu’’il n’y parait, et dont la tour Eiffel pourrait bien être en effet le symbole.
       Ne ressemble t’elle pas à un gigantesque A ?

      Par un curieux hasard, la curée est en ce moment mon livre de chevet.

      Les mœurs de cette époque flambeuse, y sont tellement en parfaite adéquation avec la notre qu’en en est troublé....
      Tout ceci se terminera t’il par le traditionnel désastre de Sedan ? Ce Sicard, qui se fait des couilles en or ne ressemble t’il pas à une nouvelle version du roi Midas, dont le vœu de changer en or massif tout ce qu’il pouvait toucher l’amena à ne plus pouvoir boire ni manger ?

      La grosse horloge de big Ben ne semble pas battre de la même façon pour tous les hommes.
      Quant à Sarkozy
      En voilà un qui n’aurait pas été assez grand pour faire partie de la garde du palais de Buckingham, mais qui tente de toucher de la tête l’arche de l’arc de triomphe, en se haussant sur les pieds.

      « C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles ! » disait déjà Shakespeare dans le roi Lear.


    • kssard kssard 18 janvier 2012 16:29
      @bakerstreet, 


      Certes, il est possible de comparer l’intéressé au roi Midas.


      La personnalité fort complexe disons polymorphe du triste Sir (qui ravale Jack le menteur, avec sa fameuse fracture sociale) au rôle d’amateur, m’amène à dire que si Midas faisait de l’or avec tout ce qu’il touchait, lui prend l’or tout simplement. 


      En revanche, oui il salit, souille, pourrit tout ce qu’il touche : qu’il s’agisse des promesses de Gondranges ou d’une visite aux Resto du Coeur, c’est la nausée et la souffrance toujours. N’importe quel Gentleman dans sa situation , aurait laissé un petit chèque de 1000 € ou plus aux Restos du Coeur. Vous imaginez la portée qu’aurait pu avoir un tel geste ...

      Mais comme disait très justement Victor Hugo : "C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches".


    • Maurice Maurice 18 janvier 2012 14:36

      Bonjour bakerstreet,

      Des commentaires aux articles, c’est toujours un plaisir de vous lire. A quand un article, où le résidant du 221b bakerstreet s’attaque au spoliateur de sa belle ville londonienne, j’ai nommé la City ?

      Pour ce qui est de ce froggy d’origne hongroise, il n’a été que le paroxysme du clientélisme de nos hommes politiques qui ont cru que l’emprunt pouvait faire fonctionner nos services publics pour l’éternité...

      A bientôt pour un nouvel article


      • velosolex velosolex 18 janvier 2012 16:01

        Maurice
        Ce qui a changé avec l’époque victorienne, c’est que les criminels ont changé de quartier. Auparavant à Whitechapel les voilà maintenant à la City.
        J’en ai parlé dernièrement au capitaine Blake, du foreign office, et à monsieur Mortimer, citoyen belge, avec qui j’ai partagé mon tabac à pipe.
        Ils restèrent dubitatif.
        Tout cela est terriblement opaque
        J’ai le projet de me déguiser en ramoneur pour aller voir ceci de plus près

        A propos de pipe, je précise que monsieur Strauss Kahn n’était pas convié cette petite sauterie


      • bakerstreet bakerstreet 18 janvier 2012 16:21

        Merci Maurice

        Tout autant pour votre point de vue de promeneur en montagne.
        Ce magnifique paysage me rappelle les chutes de Reichenbach où feu le professeur Moriarty me poussa naguère.
        A trop forcer le destin il se retourne parfois contre nous.
        Il n’est qu’en s’élevant que l’on émerge au dessus de de maudit thick fog, dont la disparition de la houille ne nous a pas débarrassé.

        S’il nous encombrait les bronches hier, aujourd’hui, c’est l’esprit.

        Mais, en ces temps moroses, 
        où l’on troquerait bien son royaume pour un velosolex,
        qu’il est bon de sentir les poignées de main faire fondre le givre
        qui recouvre les fils du télégraphe !


      • mahatma mahatma 18 janvier 2012 15:01

        Hello Bakerstreet,

        une rumeur circule concernant Mycroft, il serait en « mission » en Syrie et les pourpalers avec les gouvernants, et cela ne semble pas du tout progresser dans le sens des intérêts de la reine et de ses alliés, pensez-vous qu’ils feront appels à Sherlock pour « clarifier » la situation ?
        Dans ce cas précis, sa logique, ses capacités étendue d’analyse ne risquent-elles pas de lui révéler ce qui se trâme en réalité dans cette région du globe ?
        Son patriotisme ne risque t-il pas de se dissoudre face son propre esprit de justice ?
        Les techniques, manoeuvres et moyens utilisé pour ces projets n’auraient-ils pas fais palir de jalousie le professeur Moriarty ? Même dans ses rêves les plus fous, il n’aurait pu songer à une telle armada pour parvenir à soumettre un ennemi récalcitrant. ^^


        • bakerstreet bakerstreet 18 janvier 2012 17:12

          Mahatma
          On vous aura mal renseigné.

           Mycroft est actuellement aux Falkland, entendez les malouines, pour une mission toute aussi secrète. Mais pour le reste, comme vous le dites, cela ne semble pas du tout progresser pour les intérêts de la reine.
          Les prétentions de l’argentine sur la territorialité des iles, sont anciennes et légitimités par la proximité géographique, effectivement plus probantes que celle du tower bridge et du palais de Buckingham.

          Les prétentions de Londres à ne rien céder sont réactivées par des découvertes de gisements de pétrole.
          Jusqu’à où montera de nouveau la tension entre Londres et Buenos Aires ?

          Cristina Kirchner a informé les Nations unies qu’elle envisageait de révoquer l’autorisation permettant aux avions en provenance de Punta Arenas (dans le sud du Chili) et en direction des îles de survoler le territoire continental argentin. Une telle mesure aurait de graves conséquences pour l’économie malouine.

          Le mois dernier, les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) avaient décidé d’interdire aux navires battant pavillon des Malouines de mouiller dans leurs ports, par solidarité avec l’Argentine.
          Diable ! Ceci est facheux !

           A Buenos Aires, le gouvernement qualifie d’“irritante” l’arrivée du prince sur les îles en février prochain. Celui-ci s’y entraînera pendant six semaines sur une base militaire installée par les Anglais après la guerre. S’agit-il d’une préparation en vue des jeux olympiques ?

          Plus sérieusement, Gageons que dans sa belle armure de combat, il saura porter au mieux les intérêts de l’union jack, et mériter de l’ordre de la jarretière !


        • mahatma mahatma 18 janvier 2012 18:27

          « S’agit-il d’une préparation en vue des jeux olympiques ? »

          De l’humour anglais, je présume ?
          Ainsi donc, de toutes les bases anglaises, le prince a décidé de s’entrainer dans celle-ci, effectivement, cela n’est pas fortuit.
          Cette situation aux falkland risque de fâcher la reine, surtout que d’après les services de renseignement britanniques ne cessent de constater des désagréments dûes à ces associations de contestataires bolivariens qui menacent l’empire.
          Ce Mercosur est un nid à dérangements pour les intérêts britanniques,
          l’accord militaire qui unit les pays sud américains qui y adhèrent,
          risque de déclencher un conflit qui n’est pas négligeable.
          Et cette situation avec ces argentins arrive à un moment inopportun,
          nombre de soldats britanniques se sont basés à proximité de la Syrie et participent avec ses alliés au « remplacement » de régime en Syrie. Surtout que le « petit » peuple, et pas seulement sur ce seul continent, semble de plus en plus partager les idées révolutionnaires de ces « dictateurs » hispaniques qui, juste par leur existence, insultent le royaume.
          Le temps où le rayonnement de l’empire berçait le sommeil des populations du monde d’une manière unilatérale semble s’être dissous avec le réveil de leurs consciences et surtout l’émergence et la circulation plus fluide de l’information.
          Il est de plus en plus ardu de leur faire accepter la pensée supérieure des élites qui ont mené jusqu’ici ce monde. God will save the queen ?


        • suumcuique suumcuique 18 janvier 2012 16:07

          La correspondance de Conan Doyle est tout aussi intéressante, dans laquelle il montre qu’il était parfaitement conscient que l’empire britannique était géré en coulisse par des Levantins.


          • Cyr1l83 Cyr1l83 20 janvier 2012 16:01

            Ce qui est bien c’est que tous les livres sont tombés dans le domaine public et donc c’est bien pratique pour des réalisateurs comme Guy Ritchie qui produit l’un des films les plus attendus de 2011 !

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