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Soyons sport !

Applaudissons l'artiste.

Le gardien des valeurs, droit au but …

Rendons à Joseph Sepp Blatter ce qui lui revient de droit. Cet homme, au-dessus de tout soupçon, vient de nous donner une formidable leçon. En quelques enfumages il a fait la démonstration de la nature exacte de toutes les grandes institutions de cette planète ; il a mis au grand jour des pratiques qui ne sont nullement la spécificité du sport mais bien les fondements de toutes les structures qui comptent.

 

Ne cherchons pas la moindre trace de morale. Qu'importe la réalité, les faits dénoncés, les accusations, les zones d'ombre et les comportements douteux ; le pouvoir, quel qu'il soit, se passe très bien d'honorabilité, de transparence et de légalité. Quand on le détient, on dispose d'un réseau d'obligés qui sont tout disposés à fermer les yeux pour continuer de profiter des retombées mafieuses, des commissions discrètes, des voyages au frais de la princesse.

C'est le système mondial qui est de cette nature et non ce pauvre football qui aurait subi des dérives dues à son succès planétaire. Le supposé scandale dont on s'amuse à nous rebattre les oreilles n'est que le mécanisme commun de tout ce qui influence vraiment la vie des humains. Le sport, naturellement, est moins retors : il laisse davantage transpirer les dysfonctionnements. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'un politique, pris la main dans le sac, peut se reconvertir dans une structure de ce type.

Fifa, CIO ne sont que les strapontins de la mafia internationale. Les plus doués évoluent à une tout autre échelle. Merci, monsieur Blatter, de nous avoir administré cette formidable leçon. La main dans le sac, vous réussissez malgré tout à être réélu car, mis à part les naïfs que nous sommes encore parfois, chacun sait que l'on fait ce qu'on veut d'un vote : il suffit d'y mettre le prix.

Le plus drôle dans cette mascarade ce sont les cris d'orfraie de ceux qui font semblant de découvrir les dessous du système. Ils s'étranglent d'indignation pour la galerie. Ils sont parfaitement au courant puisqu'eux aussi bénéficient des même lois immuables de la magouille instrumentalisée. On croirait entendre les battus de nos grands partis politiques découvrant la fraude de leurs rivaux. Les vainqueurs sont simplement les plus doués dans l'affaire …

Monsieur Blatter n'est que le petit frère de nos grands responsables. Il s'accroche au pouvoir comme la vérole sur le bas-clergé et comme tous ses homologues de toutes obédiences. Les règles du jeu sont faites pour atteindre ce formidable objectif. Le vote, dans bien des cas, n'est qu'un prétexte, une posture de façade.

Monsieur Blatter est allé droit au but. Il se fait le gardien des valeurs d'un système pas plus corrompu que tous les autres. Réveillons-nous et indignons-nous. Cessons d'être des supporters de ce système véreux, vérolé, obsolète. Tout pouvoir qui devient une rente de position, qui permet de se maintenir en place, de faire profession d'une délégation ou d'une représentation est nécessairement porteur des métastases de la Fifa.

La farce du football devrait provoquer un choc salutaire. Rien n'est différent dans la maison des Républicains ou dans celle des Socialistes, au CIO comme dans les fédérations sportives de base. Ils ne sont pas tous pourris : ils sont simplement adaptés au système qui est pourri. Ils se sont armés des qualités nécessaires pour survivre en eaux troubles, pour surnager dans le panier de crabes. Ce sont les fruits pourris de la sélection naturelle ; les honnêtes, les sincères, les loyaux, les naïfs disparaissent et laissent toujours place à des hommes comme monsieur Blatter.

Soyons sport cependant : l'artiste a fort bien joué. Il appartient à la grande confrérie des grands dirigeants de cette planète. Ils sont tous sur son modèle. Nous devons applaudir au spectacle et ne plus nous offusquer des tacles par derrière, des tirages de maillot ou des coups tordus. Dans ce monde, seul le résultat compte. Nous devons nous incliner. C'est du grand art !

Paradigmement sien.


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14 réactions à cet article    


  • asterix asterix 1er juin 2015 09:16

    Voilà Nabum passé de la poésie au réalisme, fallait-il qu’il soit chamboulé pour en arriver à cela..
    Le mot de la fin, je le laisserai au délégué de communications de l’association belge de football, une institution ne donnant pas l’air a priori corrompue mais d’une inefficacité rare :
    « Restent aux 73 délégués n’ayant pas voté Blatter à créer une fédération concurrente...
    Un championnat mondial des Nations par exemple. 30 matchs étalés sur quatre ans, deux montants et deux descendants sur base du classement mondial actuellement existant. »
    Avec un arbitrage vidéo. Cela s’impose, Mister Platini...
    Adios le dieu pognon et une série de stades gigantesques là où la plupart des pays n’en ont besoin que d’un.

    A titre personnel, je regrette que Poutine ait demandé à son Ministre de Sports qui est aussi le délégué russe de voter Blatter.
    Et tant qu’à faire, si rien ne change, j’exigerai de chaque pays votant d’avoir sur son territoire au moins un stade de foot avec gradins et onze joueurs à mettre sur le terrain.
    Les Tuhamutu, les îles Caïman... Toute la grosse artillerie du foot business, quoi !


    • C'est Nabum C’est Nabum 1er juin 2015 11:17

      @asterix

      Le ballon rond ne pouvait qu’attirer les sommes rondelettes distribuées en dessous de table.

      Que quelques délégués se prennent les pieds dans la pelouse, ce n’est qu’une petite conséquence de la bouderie américaine qui vient pointer ses chaussures à crampons dans la mafia FIFa pour le seul plaisir d’ennuyer les Russes.

      Vive le sport !


    • L'enfoiré L’enfoiré 1er juin 2015 19:22

      @C’est Nabum,


       Vive le sport, mais pas n’importe lequel et pas n’importe comment.

    • oncle archibald 1er juin 2015 10:01

      Bravo ! Pire encore, les honnêtes, les sincères, les loyaux, les naïfs n’ont même pas à disparaitre, ils se reconnaissent battus d’avance et laissent toujours place à des hommes qui se sont « adaptés au système » qui est pourri.


      Pourri par qui ? Pourri par quoi ?? Par le Dieu Pognon, qui actuellement plus que jamais mène le bal. Contrairement à ce que les vieux dans mon genre ont entendu rabâcher dans leur enfance tout s’achète et tout se vend, y compris l’honneur !

      • C'est Nabum C’est Nabum 1er juin 2015 11:22

        @oncle archibald

        Tout va bien
        Le pire est désormais toujours certain

        C’est la fin de la glorieuse incertitude du sport, nous savons que c’est le fric qui commande tout !


      • gogoRat gogoRat 1er juin 2015 10:05

         Hé oui, ’sport’ et politicaillerie sont les deux faces d’un même attrape-nigauds
         mais ne jouons les naïfs : le phénomène est connu depuis la nuit des temps ... ou presque.
         J’en veut pour preuve la fameuse formule : 
         - que demande le peuple ? - panem et circences !
         
         Les érudits vous diront qu’il serait naïf de croire que le circenses ne faisait allusion qu’aux aspects purement ludiques des jeux du cirque ( déjà tout de même plus matures - avec des enjeux directs de vie et de mort pour les gladiateurs - que nos amusements passifs avec des professionnels payés pour courir après des baudruches remplies de vent  !). En fait, déjà le populos était bien autant motivé par les paris que par les performances des esclaves, dans ce circenses .
         
          Nombre de nos politicailleurs, arrivistes, voire à la limite un rien machiavéliques, le savent si bien qu’ils ont démarré leur carrière politique en gravitant dans les sphères du ’sport’ à la française .
         
         Par contre, ce qui s’est certainement perdu, c’est ce que recouvre ce mot anglais, malheureusement intraduisible en français, de fair-play.
         Wikipédia nous propose cette remarque :
        ’Sébastien Nadot considère que le fair play est né de deux mondes a priori antagonistes : celui de la guerre et celui de la courtoisie, deux arts pratiqués simultanément par les chevaliers médiévaux.’
         
         Où, sinon dans nos rêves, inavouables tant ils seraient considérés aujourd’hui comme ringards, pourrait-on chercher un esprit chevaleresque ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 1er juin 2015 11:23

          @gogoRat

          Et si nous montions sur nos grands chevaux, nous les nigauds, les naïfs, les couillons pour mettre à bas tous ces odieux discourtois ?


        • Le p’tit Charles 1er juin 2015 10:13

          +++++

          Nul doute..le système est corrompu..La société (dans son ensemble..) marche de travers..mais le pire ce n’est pas la « MAFIA » mais ces mafieux qui nous font la morale à longueur d’année..pour nous imposer leurs turpitudes...La France est un grand Panthéon rempli de décérébrés content de nager dans toute cette merde..Ils en redemandent même.. ?

          • C'est Nabum C’est Nabum 1er juin 2015 11:25

            @Le p’tit Charles

            La formule est assez juste

            Merci

            Hélas, pour être au panthéon des margoulins ils n’en demeurent pas moins en pleine santé.


          • Garance 1er juin 2015 10:20

            Toute cette boue remuée par les américains n’a qu’un seul but : les faire paraître comme des Parangons de vertus 

            « Dénonciateurs » de ces « arnaques » ; ils espèrent en récolter le fruit

            Coca Cola ce nectar divin en vaut bien la chandelle

            Que le délégué russe ait voté pour Blatter est on ne peut plus logique

            Poutine joue la montre pour sauvegarder son acquis de 2018 : il a assez raqué pour l’avoir ; on lui doit et ne lâchera pas l’affaire 


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