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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Un Conte de Noël en queue de poisson ...

Un Conte de Noël en queue de poisson ...

Les dindons de la farce

Il était une fois un gros saumon qui remontait la Loire pour aller perpétuer l’espèce. Le temps n’était pas clément, le saumon devait affronter un courant violent par une température glaciale. Il se dit qu’il ferait bien mieux de se reposer quelque temps à l’embouchure d’une petite rivière paisible.

L’animal jeta son dévolu sur le Beuvron, un choix excellent, il faut bien l’admettre car il était imité en cela par des Castors dont le terrier venait d’être inondé, contraints eux aussi de se réfugier dans ce havre de paix. La conversation ne tarda pas à porter sur le temps qu’il fait. En ce domaine, les animaux ne différent guère des humains, ils aiment à évoquer ce sujet essentiel.

Le froid s’intensifia, il fallait faire quelque chose pour se protéger des morsures de la brise. Le saumon glissa à l’oreille du papa castor que non loin de là devait être un poulailler, car il devinait dans l’eau, les reliefs des volailles. Le Castor, herbivore indécrottable ne voyait pas où voulait en venir le poisson. Il fallut que l’autre lui mette les points sur les ouïes.

« Mon cher Castor, vous qui pouvez, même de manière fort malhabile, aller sur la terre ferme, allez donc quérir un coq que nous plumerons pour nous constituer un duvet douillet et protecteur. Ne soyez pas poule mouillée mon cher, osez cette expédition ! » Le Castor qui comme chacun sait a la dent dure, reçut fort mal cette réflexion du salmonidé.

Après avoir ruminé sa riposte, il décida de consulter sa lointaine cousine, la loutre qui quoique d’une discrétion absolue, acceptait cependant de fréquenter de temps à autre la famille Castor. La Loutre pour qui l’ignore, se nourrit exclusivement de poisson, c’est sans doute ce qui mit la puce à l’oreille à notre herbivore.

Il alla voir sa cousine, lui demanda si pour la Noël, elle aimerait se régaler d’un saumon. La belle fourrure se redressa de plaisir à cette idée, la loutre était gourmande. Célébrer le solstice d’hiver avec un tel mets constituerait à n’en point douter le point d’orgue de cette année qui s’écoule. Cependant, gourmet et précieuse, elle exigea que son plat fût fumé. C’était ainsi qu’elle préférait le saumon.

Le castor s’étonna d’une telle requête. Il se demandait bien comment une loutre pouvait connaître les fantaisies des humains, toujours prompts à mettre ses frères et sœurs les animaux à toutes les sauces possibles et imaginables. Il se gratta la tête avec sa queue plate, cherchant une inspiration, une idée pour trouver fumoir dans le secteur.

Se souvenant du poulailler, il se mit en chemin pour aller demander conseil au coq. L’animal à l’approche des fêtes, était sur le qui-vive. Déjà, il avait subi une vilaine agression qui avait fait de lui un chapon. Il se sentait déjà le dindon de la farce ! Ces fêtes ne lui disaient rien qui vaille. Quand le castor lui demanda où trouver un brasier, le chapon en eut la chair de poule, il se voyait déjà embroché et condamné au feu de l’enfer.

Il envoya paître le castor, ce qui avouons-le est dans sa nature profonde. Celui-ci n’en fut pas offensé. Il plongea pour regagner sa résidence provisoire. En chemin il tomba nez à pinces avec une écrevisse qui cherchait à se protéger elle aussi sous une pierre au fond de l’eau. Le Castor crut bon l’interroger. Le crustacé ignorait tout du feu, il ne voyait absolument pas de quoi il retournait. Ce fut, à vrai dire un dialogue de sourd.

Le castor s’en revint vers la loutre, lui disant que le fumage du saumon risquerait de leur poser des problèmes insurmontables. La loutre contrariée, s’en alla dépitée. Ce cousin à queue plate n’avait pas inventé la poudre. Qu’il aille au diable ! Décidément, la période semblait mettre les nerfs à vif à tous les animaux.

Le castor s’en retourna vers le saumon, feignant de n’avoir pas voulu attenter à son existence, il lui avoua que ses démarches avaient tourné en queue de poisson. Cette fois c’est l’interlocuteur de l’herbivore qui prit la mouche et d’un mouvement brusque, se remit en marche vers son destin.

Le castor contrarié voulut passer ses nerfs en se mettant à l’ouvrage. Il y avait là un châtaignier de fort belle taille qu’il se mit sous la dent. Il n’eut pas entamé son grignotage que l’arbre se sentant menacé sur ses bases, entendit se défendre en envoyant quelques bogues sur la tête de son agresseur. Interloqué, le castor rongea son frein pour interrompre son action.

Il leva la tête et s’enquit de la colère inhabituelle de l’arbre. Le châtaignier lui répondit qu’il entendait rester en place car chaque année il fournissait au fermier voisin belles châtaignes que curieusement l’autre appelait marrons. Le castor de nature curieuse, s’enquit de cette erreur, commune chez les humains, qui confondent sans cesse les espèces. Lui d’ailleurs n’avait pas manqué de constater que cet affreux intrus, le ragondin, était souvent confondu avec lui par des individus peu observateurs.

L’arbre confia que ses fruits servaient à la Noël à farcir chapons ou bien dindons. Comme la dinde venait d’Inde tout comme le marron, l’abus de langage s’imposa à tous ces gourmands qui avaient la langue aussi chargé que le ventre. La période étant propice à toutes les confusions, les abus de langage s’ajoutaient eux aussi à la longue liste des fardeaux de Noël.

Le castor se dit que ce monde était fou. Il regagna précipitamment sa tanière décidé à s’y terrer jusqu’à l’année nouvelle. Malheur lui en prit, un curieux individu, portant robe de bure, avait installé un piège à l’entrée de sa petite grotte. Le pauvre animal rejoint dans ce piège redoutable toute sa famille.

Le moine, puisque ce trappeur était un soldat de dieu, remplissait son sacerdoce en préparant du saucisson de castor. L’église dans sa grande sagacité avait décrété que la queue du rongeur permettait de le ranger dans la catégorie des poissons. Dieu a toujours eu du mal à reconnaître les siens et à identifier les espèces. Mis à part l’âne et le bœuf, sa connaissance en matière de taxinomie s’est arrêtée après l’épisode du déluge.

Un saucisson de castor pouvait trouver place sur la table d’un bon chrétien lors des vendredis. Et Noël cette année-là tombait précisément ce jour dit maigre. C’est ainsi qu’en dépit de cette réserve dont personne ne tint vraiment compte, nos amis de rencontre se retrouvèrent tous à la même table à l’exception de la loutre.

Saumon, castor, chapon, écrevisse et châtaignes furent du réveillon, ce fut même leur fête ! Quant à la loutre, n'espérez pas qu’elle échappât à la folie des humains. Elle se retrouva sous le sapin sous forme de manchons.

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes. Mangez bien car je connais dans le monde merveilleux des légendes, quelques ogres qui attendent leur heure. Il se peut que l’un d’entre-vous soit à son tour le dindon de la farce.

Malicieusement vôtre

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4 réactions à cet article    


  • Étirév 26 décembre 2019 09:55

    Sur l’origine du symbole du poisson et de sa queue...
    D’emblée, rappelons qu’il n’y a d’immuable et d’invariable que la Vérité, qui est l’expression des lois de la Nature.
    Quand ces lois sont violées, il ne reste plus que l’imagination des hommes qui engendre l’erreur sous des formes multiples.
    Voilà qui est dit.
    Quand les hommes se virent comparés par les femmes à un océan d’erreurs, un déluge éteignant toutes les lumières de l’Esprit, continuant eux-mêmes ironiquement le symbolisme, ils se comparèrent à des poissons.
    Et ce nouveau symbole ichtyologique va jouer un grand rôle dans les mythes religieux. On mettra le poisson dans le Zodiaque et dans les constellations. (Le poisson astral)
    Hygin dit : « que les hommes sont nés du poisson astral. » Et n’est-ce pas là le premier germe de l’idée fausse que l’homme vient de la mer et qu’il a passé d’abord par la forme du poisson ? Ce poisson devint par la suite un monstre marin, représentant le grand persécuteur, le grand oppresseur de la Femme.
    C’est le grand Léviathan de la Bible avalant les Yonijas (les féministes).
    Puis le symbole, après avoir subi l’amplification de l’imagination orientale, s’amoindrira dans les esprits vulgaires, et le monstre deviendra une baleine et les Yonijas deviendront Jonas. Rappelons cette histoire rapidement :
    Un petit livre ridicule, qui du reste n’a que 4 chapitres, raconte que Jonas fait un voyage en mer pour s’enfuir d’un endroit où il est poursuivi. Une tempête met le vaisseau en danger, et les marins, sachant que c’est la présence de Jonas qui en est la cause, le jettent à la mer. Voici le texte qui suit :
    « Mais l’Eternel avait préparé un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas demeura dans le ventre du poisson 3 jours et 3 nuits.
    « Et Jonas, dans le ventre du poisson, appela l’Éternel et lui dit : « Tu m’as jeté au profond, au cœur de la mer, et le courant m’a environné, tous tes flots et toutes tes vagues ont passé sur moi ; et j’aurais dit : Je suis rejeté de devant tes yeux. Cependant je verrai encore le temple de ta sainteté ! Les eaux m’avaient environné jusqu’à l’âme ; l’abîme m’avait enveloppé de toutes parts ; les roseaux m’avaient entouré la tête. J’étais descendu jusqu’aux racines des montagnes, mais tu as fait remonter ma vie hors de la fosse ».
    Alors l’Eternel fit commandement au poisson et il vomit Jonas sur le sol. »
    Et cette littérature est appelée « L’ÉCRITURE SAINTE », et on enseigne cela à nos enfants.
    Aussi, pendant que les Féministes deviennent « un homme », les hommes, changeant, dans un autre sens, le sexe de la Femme, arrivent à la symboliser, elle, par le poisson. C’est ainsi qu’on arrive toujours à renverser les rôles. Il était difficile, cependant, de ne pas mettre la Femme sur l’eau, elle qui avait toujours été l’Émergente. Cette figuration était trop avancée dans les esprits pour disparaître complètement. On arrangea les choses, on en fit une amphibie, une Déesse dont la partie supérieure du corps émerge, mais dont la partie inférieure plonge dans l’Océan, et c’est un symbolisme qui représente dans la Femme l’Esprit en haut, la vie animale en bas.
    Tout l’Orient a représenté la Femme sous cette figure bizarre : un corps de Femme terminé en queue de poisson.
    La Derceto des Phéniciens, la Vénus d’Aphaca et toutes les Vénus orientales sont ichtymorphiques, l’Oannès des Phéniciens aussi, ainsi que Vishnou s’incarnant en poisson.
    Les sirènes étaient aussi des femmes émergeant de l’eau et dont la moitié inférieure avait le corps d’un poisson. Peut-être parce que, dans la lutte de sexes, l’homme les avait attirées à lui et plongées avec lui dans l’océan de l’erreur. C’est peut-être pour cela que, dans le langage vulgaire, on garde cette expression « se terminer en queue de poisson » pour indiquer une chose qui finit mal, comme a fini la puissance féminine.
    La sphinge des Egyptiens, forme ridiculisée du sphinx, se termine aussi en queue de poisson. C’est donc à tort qu’on a dit que les Egyptiens n’avaient pas de déluge dans leurs traditions, seulement, ils ne l’expliquent pas par un cataclysme physique, mais lui laissent sa signification symbolique d’un bouleversement moral.
    Le sphinx avait représenté l’Esprit féminin dans son plus pur rayonnement, « l’influx d’Isis », symbole qui, d’ailleurs, ne resta pas exclusivement égyptien, mais devint universel.


    • C'est Nabum C’est Nabum 26 décembre 2019 11:59

      @Étirév

      Merci pour ces précisions


    • juluch juluch 26 décembre 2019 10:21

      ils n’ont pas eu de bols les pauvres !!

      Merci nabum pour cette allégorie 

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